L’essentiel
- La carrière longue permet de partir en retraite dès 58 ans (début d’activité avant 16 ans), 60 ans (avant 18 ans), 60 à 62 ans (avant 20 ans) ou 63 ans (avant 21 ans). Deux conditions cumulatives : avoir commencé à travailler jeune et justifier d’une durée d’assurance cotisée suffisante.
- Depuis le 1er septembre 2026, la durée cotisée requise baisse pour les générations 1964 et 1965 (jusqu’à 2 trimestres en moins) et les âges de départ sont avancés pour les générations 1965 à 1970.
- Les trimestres de maternité comptent en totalité comme réputés cotisés, sans aucun plafond. Nouveauté : 2 trimestres de majoration éducation deviennent aussi réputés cotisés (article 104 LFSS 2026, décret n° 2026-700).
Éligible à la carrière longue ?
Tableau complet des âges de départ par génération · barème septembre 2026
Le principe
Les 2 conditions
Âges de départ
Vérifier son début d’activité
Durée cotisée requise
Trimestres réputés cotisés
Nouveautés septembre 2026
Pièges à éviter
FAQ
Une salariée née en 1966, entrée dans la vie active à 18 ans avec un CAP, totalise 172 trimestres cotisés à 59 ans. Sans la carrière longue, elle devrait attendre 63 ans et 3 mois pour percevoir sa pension. Grâce à ce dispositif, elle peut liquider ses droits dès 60 ans, soit plus de 3 ans avant l’âge légal. La retraite anticipée pour carrière longue est le principal dispositif de départ anticipé en France, et ses règles ont été remaniées en profondeur par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Voici le fonctionnement du dispositif tel qu’il s’applique aux retraites prenant effet à compter du 1er septembre 2026, avec les âges de départ génération par génération, les trimestres retenus et les pièges à connaître. Les changements de septembre 2026 sont intégrés dans chaque tableau.
La carrière longue permet de partir en retraite jusqu’à 6 ans avant l’âge légal
Le principe de la carrière longue est simple : plus l’activité a commencé tôt, plus le départ en retraite peut se faire tôt. Un assuré qui a commencé à travailler avant 16 ans peut partir 6 ans avant l’âge légal de sa génération. Le dispositif s’adresse à tous les assurés du régime général, des régimes alignés (salariés agricoles, indépendants) et, dans le cadre des accords internationaux, à ceux qui ont cotisé à l’étranger. Il ne s’agit pas d’un simple abattement sur l’âge : la pension est calculée au taux plein de 50 %, sans décote, à condition de remplir deux critères précis.
Deux conditions cumulatives ouvrent le droit au départ anticipé
La circulaire Cnav n° 2026-17 du 12 juin 2026 pose deux conditions qui doivent être remplies simultanément. Aucune des deux ne suffit à elle seule.
Condition 1 : avoir commencé à travailler jeune
L’assuré doit justifier de 5 trimestres d’assurance validés avant la fin de l’année civile de ses 16, 18, 20 ou 21 ans, selon la borne d’âge visée. Pour les assurés nés au 4e trimestre de l’année civile (octobre à décembre), le seuil est abaissé à 4 trimestres. Les trimestres retenus pour cette condition sont larges : ils incluent les périodes cotisées et les périodes assimilées (chômage, maladie, service national, AVPF, AVA) dans tous les régimes de base obligatoires. Les périodes étrangères accomplies dans un État lié à la France par un accord de sécurité sociale comptent aussi.
En revanche, les versements pour la retraite (VPLR) demandés à compter du 13 octobre 2008 ne sont pas retenus pour cette condition, à une exception : le rachat de trimestres d’apprentissage pour un contrat conclu entre le 1er juillet 1972 et le 31 décembre 2013.
Condition 2 : justifier d’une durée d’assurance cotisée
L’assuré doit totaliser un nombre de trimestres cotisés et réputés cotisés égal à la durée requise pour le taux plein de sa génération. Cette durée varie de 170 à 172 trimestres (voir le tableau par génération). Les trimestres réputés cotisés sont des périodes non cotisées que la loi assimile à des cotisations, mais dans des limites strictes (voir la liste complète). Cette condition est plus exigeante que la première : seuls les trimestres effectivement cotisés ou réputés cotisés comptent, pas les simples trimestres assimilés.
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Pour la condition de début d’activité, tous les trimestres validés comptent (cotisés et assimilés). Pour la condition de durée cotisée, seuls les trimestres cotisés et les réputés cotisés (dans leurs limites) sont retenus. Un trimestre peut donc compter pour la première condition et pas pour la seconde.
Les âges de départ en carrière longue, génération par génération
L’âge de départ en carrière longue dépend de la date à laquelle l’activité a commencé. Quatre seuils existent, chacun ouvrant un âge de départ différent :
| Début d’activité | Âge de départ possible |
|---|---|
| Avant 16 ans | 58 ans |
| Avant 18 ans | 60 ans |
| Avant 20 ans | 60 à 62 ans (selon la génération) |
| Avant 21 ans | 63 ans |
Les trois premiers cas (avant 16, 18 ou 21 ans) donnent un âge fixe, identique pour toutes les générations. Le cas le plus complexe est le départ avec un début d’activité avant 20 ans : l’âge varie selon l’année et parfois le mois de naissance.
Détail du départ « avant 20 ans » par génération
| Naissance | Départ possible dès | Durée cotisée |
|---|---|---|
| 01/09/1963 au 31/12/1963 | 60 ans et 3 mois | 170 trimestres |
| 1964 | 60 ans et 6 mois | 170 trimestres |
| 01/01/1965 au 31/03/1965 | 60 ans et 9 mois | 170 trimestres |
| 01/04/1965 au 30/11/1965 | 60 ans et 9 mois | 171 trimestres |
| 01/12/1965 au 31/12/1965 | 60 ans et 8 mois | 171 trimestres |
| 1966 | 60 ans et 9 mois | 172 trimestres |
| 1967 | 61 ans | 172 trimestres |
| 1968 | 61 ans et 3 mois | 172 trimestres |
| 1969 | 61 ans et 6 mois | 172 trimestres |
| 1970 | 61 ans et 9 mois | 172 trimestres |
| À partir de 1971 | 62 ans | 172 trimestres |
La génération 1965 est la plus fragmentée : trois sous-périodes avec des durées cotisées et des âges de départ différents selon le mois de naissance. Les assurés nés en décembre 1965 bénéficient d’un âge de départ légèrement inférieur (60 ans et 8 mois) à ceux nés entre janvier et novembre (60 ans et 9 mois).
Comment vérifier son début d’activité sur le relevé de carrière
Le relevé de carrière, téléchargeable sur le site de l’assurance retraite (lassuranceretraite.fr) ou sur info-retraite.fr, indique le nombre de trimestres validés année par année. Pour déterminer son âge de début d’activité, il faut repérer l’année à la fin de laquelle les 5 premiers trimestres ont été obtenus (4 trimestres suffisent si l’assuré est né au 4e trimestre), puis calculer l’âge atteint au 31 décembre de cette année. Cet âge détermine la borne applicable.
Un assuré né en janvier 1968 qui a validé 5 trimestres à la fin de l’année 1986 avait 18 ans cette année-là. Il a donc commencé son activité avant 18 ans et peut prétendre à un départ dès 60 ans, soit 3 ans et 9 mois avant l’âge légal de sa génération (63 ans et 9 mois). Une assurée née en novembre 1968 (4e trimestre) qui a validé 4 trimestres à la fin de 1988 avait 20 ans : elle a commencé avant 20 ans et pourrait partir dès 61 ans et 3 mois.
Pour cette condition de début d’activité, tous les types de trimestres validés comptent : cotisés, assimilés (chômage, maladie, service national), AVPF et AVA. Les seuls trimestres exclus sont les rachats VPLR postérieurs au 13 octobre 2008 (hors apprentissage).
La durée d’assurance cotisée varie de 170 à 172 trimestres selon la génération
Quel que soit l’âge de départ visé (58, 60, 61, 62 ou 63 ans), la durée d’assurance cotisée exigée est la même : celle requise pour le taux plein de la génération concernée. La LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) a abaissé cette durée pour les générations 1964 et 1965, commentée par la circulaire Cnav n° 2026-07 du 5 mars 2026.
| Naissance | Durée cotisée requise | Changement LFSS 2026 |
|---|---|---|
| 1963 | 170 trimestres | Inchangé |
| 1964 | 170 trimestres | Était 171 (−1 trimestre) |
| 01/01 au 31/03/1965 | 170 trimestres | Était 172 (−2 trimestres) |
| 01/04 au 31/12/1965 | 171 trimestres | Était 172 (−1 trimestre) |
| À partir de 1966 | 172 trimestres | Inchangé |
Ce tableau s’applique uniquement aux retraites dont la date d’effet se situe à compter du 1er septembre 2026. Pour un départ avant cette date, les anciennes durées restent opposables (171 pour 1964, 172 pour 1965). La durée cotisée intègre à la fois les trimestres d’interruptions de carrière reconnus comme réputés cotisés et les trimestres issus de cotisations effectives.
Les trimestres réputés cotisés : la liste complète et leurs plafonds
Les périodes réputées cotisées sont des trimestres non cotisés que la loi accepte de compter dans la durée cotisée, mais chaque catégorie est plafonnée. Voici la liste exhaustive applicable aux retraites prenant effet à compter du 1er septembre 2026 :
| Nature de la période | Limite sur toute la carrière |
|---|---|
| Service national | 4 trimestres |
| Maladie, accident du travail | 4 trimestres |
| Maternité, adoption | Toutes (aucun plafond) |
| Invalidité | 2 trimestres |
| Chômage indemnisé + activité partielle | 4 trimestres au total |
| AVPF / AVA (parents au foyer, aidants) | 4 trimestres |
| Compte pénibilité (C2P) | Tous |
| MDA éducation (nouveauté sept. 2026) | 2 trimestres par assuré |
Le total de trimestres cotisés et réputés cotisés ne peut pas dépasser 4 par année civile, tous régimes confondus. Si l’assuré a des trimestres assimilés de catégories différentes sur une même année, la solution la plus favorable est retenue.
Les trimestres de congé maternité (périodes indemnisées par l’assurance maladie) sont réputés cotisés en totalité, sans aucune limite. Les trimestres de majoration de durée d’assurance pour éducation (MDA, attribués pour avoir élevé un enfant) sont une catégorie distincte : ils ne deviennent réputés cotisés qu’à compter de septembre 2026, dans la limite de 2 par assuré (pas par enfant). Les trimestres attribués par enfant recouvrent plusieurs mécanismes différents qu’il ne faut pas confondre.
Ce qui change au 1er septembre 2026 pour la carrière longue
La loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026) et ses décrets d’application apportent trois modifications majeures pour les retraites prenant effet à compter du 1er septembre 2026.
La durée cotisée requise baisse pour les générations 1964 et 1965. Les assurés nés en 1964 passent de 171 à 170 trimestres, ceux nés entre janvier et mars 1965 de 172 à 170. C’est un gain de 1 à 2 trimestres qui peut avancer la date de départ de plusieurs mois.
Les âges de départ pour le cas « début d’activité avant 20 ans » sont aussi avancés pour les générations 1965 à 1970. Les assurés nés en 1968 qui ont commencé avant 20 ans peuvent partir à 61 ans et 3 mois au lieu de 61 ans et 6 mois sous les anciennes règles, soit 3 mois de gagnés.
L’article 104 de la LFSS 2026 crée une troisième avancée : les trimestres de majoration de durée d’assurance pour enfant (MDA éducation) deviennent réputés cotisés, dans la limite de 2 trimestres par assuré (pas par enfant). Cette mesure concerne principalement les mères de famille qui ont bénéficié de cette majoration sans que ces trimestres ne comptent auparavant pour la carrière longue.
Source : circulaire Cnav n° 2026-07 du 5 mars 2026
Les pièges qui peuvent bloquer un départ en carrière longue
La carrière longue est un dispositif technique dont certaines subtilités échappent régulièrement aux assurés et parfois aux conseillers eux-mêmes.
Le chômage non indemnisé ne compte pas
Seuls les trimestres de chômage indemnisé (allocations de France Travail, ex-Pôle Emploi) sont réputés cotisés. Le relevé de carrière ne distingue pas toujours chômage indemnisé et chômage non indemnisé. Un assuré qui a traversé une longue période sans allocation peut se retrouver avec un compteur réel bien inférieur à ce que le relevé laisse supposer.
Le tableau « trimestres cotisés pour le minimum » est trompeur
Sur le relevé de l’assurance retraite, un tableau en bas de page indique le nombre de trimestres cotisés pour le calcul du minimum contributif. Ce décompte obéit à des règles différentes : il retient par exemple jusqu’à 24 trimestres d’AVPF, alors que la carrière longue n’en accepte que 4. Se fier à ce tableau pour évaluer son éligibilité à la carrière longue conduit presque toujours à surestimer ses droits.
Les TUC et stages des années 80 comptent pour le début, pas pour la durée
Les trimestres validés au titre des travaux d’utilité collective (TUC) ou des stages de formation sont des périodes assimilées : ils comptent pour la condition de début d’activité (prouver qu’on a commencé jeune) mais pas dans la durée d’assurance cotisée. Seule la part validée par le salaire (souvent faible) entre dans la durée cotisée. De nombreux anciens stagiaires remplissent la première condition mais pas la seconde.
Un relevé non à jour fausse toute vérification
Des points de carrière manquants (périodes de chômage, de maladie, d’emploi à l’étranger) peuvent faire croire à une inéligibilité. Avant toute projection, mieux vaut vérifier et corriger les trimestres manquants sur son relevé, justificatifs à l’appui.
Questions fréquentes sur la carrière longue
Deux conditions cumulatives : 5 trimestres validés avant la fin de l’année civile des 16, 18, 20 ou 21 ans (4 si naissance au 4e trimestre), et une durée d’assurance cotisée égale à la durée requise pour le taux plein (170 à 172 trimestres selon la génération). Les périodes non cotisées (maternité, chômage indemnisé, maladie, service national) sont réputées cotisées dans des limites fixées par la circulaire Cnav n° 2026-17.
Avant 16 ans : départ dès 58 ans. Avant 18 ans : dès 60 ans. Avant 20 ans : entre 60 et 62 ans (selon la génération, voir le tableau détaillé). Avant 21 ans : dès 63 ans. Ces âges s’appliquent aux retraites prenant effet à compter du 1er septembre 2026.
170 trimestres pour les assurés nés en 1963, 1964 et de janvier à mars 1965. 171 trimestres pour ceux nés d’avril à décembre 1965. 172 trimestres à partir de la génération 1966. La LFSS 2026 a réduit la durée pour les générations 1964 et 1965.
Les trimestres de chômage indemnisé sont réputés cotisés dans la limite de 4 trimestres sur toute la carrière (activité partielle incluse). Seul le chômage indemnisé compte : le relevé ne fait pas toujours la distinction avec le chômage non indemnisé.
Trois changements : la durée cotisée baisse pour les générations 1964 et 1965, les âges de départ sont avancés pour les générations 1965 à 1970 (cas « avant 20 ans »), et les trimestres MDA éducation (majoration pour enfant) deviennent réputés cotisés dans la limite de 2 par assuré.
Sources : circulaire Cnav n° 2026-17 du 12 juin 2026 (retraite anticipée pour carrière longue à compter du 01/09/2026) ; circulaire Cnav n° 2026-07 du 5 mars 2026 (âge légal et durée d’assurance) ; circulaire Cnav n° 2024-28 du 14 octobre 2024 (AVA) ; loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, articles 104 et 105 (LFSS 2026) ; décret n° 2026-700 (MDA éducation réputée cotisée) ; article L 351-1-1 du code de la sécurité sociale.
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