Erreurs dans les pensions de retraite : comment vérifier si vous êtes concerné ?

Retraite • Mai 2026

1 pension sur 9 comporte une erreur

Suivez ADCF sur Discover Google News

1 sur 9

Pensions avec erreur (2025)

100 000

Retraités Agirc-Arrco lsés

55 ans

Âge pour corriger sa carrière

Rétroactif

Rattrapage en cas d’erreur

Selon la Cour des comptes, une pension de retraite sur 9 attribuée en 2025 comporte une erreur financière (contre 1 sur 10 en 2024). En parallèle, l’Agirc-Arrco réexamine 100 000 dossiers de pensions suspendues à tort. Les erreurs sont le plus souvent au détriment du retraité.

Un ancien salarié du bâtiment découvre, trois mois après sa liquidation, qu’une année entière de cotisation manque sur son relevé de carrière. Quatre trimestres en moins, 45 € de pension en moins chaque mois, soit 540 € par an perdus en silence. Il ne s’en est aperçu qu’en comparant ses fiches de paie avec le relevé en ligne. Valérie Batigne, présidente de Sapiendo Retraite, résume : « Ce sont des fichiers transmis par de multiples acteurs pendant 40 à 50 ans, sur des systèmes informatiques qui ont migré. »

Les erreurs de pension progressent chaque année

La Cour des comptes constate une dégradation continue. En 2024, une pension sur 10 était erronée. En 2025, c’est une sur 9. Trois facteurs expliquent cette hausse :

  • Moins de contrôles humains : les caisses de retraite ont réduit les vérifications manuelles au profit du traitement automatisé
  • Des failles informatiques : les logiciels de calcul ne sont pas toujours à jour, notamment après les réformes successives
  • L’incompatibilité des systèmes : les données circulent entre l’Urssaf, France Travail, la CAF, la CPAM et les caisses de retraite. Après 40 ans de carrière et plusieurs migrations informatiques, des périodes peuvent disparaître

Le cas Agirc-Arrco est emblématique : près de 100 000 retraités ont vu leur pension suspendue à tort, pour un montant total estimé à 850 millions d’euros de rappels. Fin avril, sur 35 000 dossiers déjà analysés, 20 000 ont donné lieu à un rétablissement de pension. Le régime a provisionné 300 millions d’euros dans ses comptes pour couvrir les arriéré;s. Deux profils sont principalement concernés : les retraités vivant à l’étranger (certificat de vie non transmis) et les bénéficiaires d’une pension de réversion (non-remariage non certifié).

Comment vérifier son relevé de carrière

La vérification se fait sur le site lassuranceretraite.fr, espace personnel, rubrique « Mes droits » puis « Corriger ma carrière ». Le relevé de carrière affiche toutes les périodes validées (trimestres cotisés, chômage, maladie, service militaire) et signale les trous dans la chronologie.

  1. Se connecter à lassuranceretraite.fr (FranceConnect ou identifiants Ameli)
  2. Accéder à « Mes droits » → « Corriger ma carrière »
  3. Vérifier chaque année : le nombre de trimestres correspond-il à la réalité ?
  4. Comparer avec ses bulletins de salaire ou attestations employeur
  5. Signaler toute anomalie avec les justificatifs (la caisse a 4 mois pour répondre)
💡
La correction est possible dès 55 ans
L’assurance retraite permet de corriger le relevé de carrière à partir de 55 ans. Mieux vaut s’y prendre tôt : retrouver des justificatifs datant de 20 ou 30 ans prend du temps. Les démarches de préparation retraite incluent cette vérification.

Les erreurs les plus fréquentes

  • Trimestres manquants : une période d’emploi qui n’apparaît pas, souvent liée à un changement d’employeur ou à un travail saisonnier
  • Salaires sous-évalués : le montant reporté ne correspond pas au salaire réel (erreur de déclaration de l’employeur à l’Urssaf)
  • Périodes de chômage non comptabilisées : les trimestres validés au titre du chômage indemnisé peuvent ne pas remonter correctement
  • Service militaire ou national oublié : donne droit à des trimestres gratuits, mais pas toujours intégré automatiquement
  • Majoration enfants absente : 8 trimestres par enfant pour la mère (naissance + éducation), souvent oubliés en cas de carrière fragmentée
Les erreurs sont majoritairement au détriment du retraité
La Cour des comptes note que les erreurs entraînent plus souvent un montant de pension inférieur à ce qu’il devrait être. Un retraité qui ne vérifie pas son relevé peut perdre plusieurs dizaines d’euros par mois pendant toute la durée de sa retraite, sans jamais s’en rendre compte.

Cas concret : 4 trimestres manquants, 540 € perdus par an

Cas concret

Jean-Pierre, 64 ans, 42 ans de carrière dans le bâtiment

Pension calculée 1 380 €/mois
Pension versée (4 trimestres manquants) 1 335 €/mois
Perte annuelle −540 €/an

Après correction (rattrapage rétroactif)

+1 620 €

3 ans d’arriérés versés + pension corrigée à 1 380 €

Jean-Pierre a retrouvé ses fiches de paie de 1998 et les a transmises à la Cnav via la messagerie sécurisée. La correction a pris 3 mois. Sans ses bulletins, l’erreur serait restée invisible à vie.

Le scandale Agirc-Arrco : 100 000 pensions suspendues à tort

Parallèlement aux erreurs de carrière, l’Agirc-Arrco fait face à un problème distinct : des pensions complémentaires suspendues après l’absence de réponse à des courriers de contrôle. Deux profils sont principalement touchés :

  • Retraités vivant à l’étranger : certificat de vie non transmis dans les délais (courrier perdu, changement d’adresse, barrière linguistique)
  • Bénéficiaires d’une pension de réversion : non-remariage non certifié après demande de l’organisme

Fin avril, sur 35 000 dossiers déjà analysés, 20 000 ont donné lieu à un rétablissement. Le régime a provisionné 300 millions d’euros pour couvrir les arriérés. Les retraités concernés peuvent contacter le 0 970 660 660 (service gratuit) ou se connecter à leur espace personnel Agirc-Arrco pour vérifier l’état de leurs versements.

Que faire si une erreur est détectée après la liquidation

Si la pension est déjà liquidée et qu’une erreur est découverte après coup, la caisse procède à un recalcul rétroactif. Le retraité reçoit un rappel sur les mois écoulés depuis la date de liquidation. La demande de révision se fait par courrier ou via la messagerie sécurisée de l’espace personnel, avec les justificatifs. Pièces à préparer : bulletins de salaire, attestations employeur, RIB, pièce d’identité, et pour les expatriés le certificat de vie.

Questions fréquentes

Selon la Cour des comptes, une prestation de retraite sur 9 attribuée à d’anciens salariés comporte une erreur financière en 2025, contre une sur 10 en 2024. Les erreurs sont le plus souvent au détriment du retraité.

Se connecter à l’espace personnel du site lassuranceretraite.fr, rubrique « Mes droits », puis « Corriger ma carrière ». Le relevé de carrière indique les périodes validées et les éventuels trous. Toute période manquante doit être signalée avec les justificatifs (bulletins de salaire, attestations employeur).

La correction du relevé de carrière est possible à partir de 55 ans sur le site de l’assurance retraite. Il est recommandé de vérifier bien avant le départ pour avoir le temps de rassembler les justificatifs et de faire rectifier les erreurs.

En général, oui. Si une erreur est détectée après la liquidation, la caisse recalcule la pension et verse un rappel sur les mois écoulés. Les modalités varient selon les caisses (régime général, MSA, fonction publique, Agirc-Arrco).

Trois causes principales selon la Cour des comptes et Sapiendo Retraite : la diminution des contrôles par les caisses, les failles dans les outils informatiques de calcul, et l’incompatibilité entre les systèmes (Urssaf, France Travail, CAF, CPAM) qui échangent des données accumulées sur 40 à 50 ans de carrière.

Facebook
Twitter
LinkedIn

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *