Retraite • Trimestres • Relevé de carrière
1/9
Pensions avec erreur (Cour des comptes)
1 803 €
Seuil pour 1 trimestre (2026)
8
Trimestres gratuits par enfant
12
Trimestres rachetables (max)
Une pension de retraite sur neuf contient une erreur, selon la Cour des comptes. Les causes : des trimestres gratuits jamais crédités, des périodes travaillées disparues du relevé, ou des erreurs de report entre caisses. Un seul trimestre manquant, c’est une décote à vie, parfois plusieurs centaines d’euros par an.
Prenons Sylvie, 61 ans. Son relevé de carrière affiche 5 trimestres manquants, soit une décote de plus de 80 euros par mois, à vie. En vérifiant ligne par ligne, elle retrouve des congés maternité jamais crédités, un job d’été introuvable et un arrêt maladie oublié. Résultat : plus de décote, départ au taux plein, et près de 19 200 euros récupérés sur 20 ans de retraite. Voici chaque type de trimestre récupérable, et la marche à suivre pour les faire valoir.
Un trimestre n’est pas une durée, c’est un montant
Contrairement à ce que le mot suggère, un trimestre de retraite ne correspond pas à trois mois de travail. C’est un seuil de rémunération. En 2026, dès 1 803 euros de salaire brut soumis à cotisation dans l’année, l’assuré valide 1 trimestre. Le plafond est de 4 par an, atteint dès 7 212 euros. Un été de travail à temps plein suffit souvent à valider une année entière.
Les trimestres gratuits que la plupart des assurés ignorent
En dehors de toute cotisation, certaines périodes de la vie ouvrent droit à des trimestres dits « assimilés » ou « de majoration ». Ils sont gratuits, mais souvent mal reportés.
Enfants : 8 trimestres par naissance
Chaque enfant donne droit à 8 trimestres, soit 2 années de retraite. Ils se répartissent en 4 trimestres au titre de la maternité (réservés à la mère) et 4 au titre de l’éducation (attribués à la mère par défaut, dont 2 transférables au père dans le privé, sur demande dans les 6 mois suivant le 4e anniversaire de l’enfant). Une mère de 3 enfants cumule ainsi 24 trimestres, 6 années validées sans cotisation supplémentaire.
Les congés parentaux comptent aussi. Pour un enfant en situation de handicap, une majoration spécifique peut ajouter jusqu’à 8 trimestres de plus.
Chômage, maladie et service militaire
Toute période de chômage indemnisé génère des trimestres : 2 ans au chômage, c’est 8 trimestres. Le chômage non indemnisé compte aussi pour la première période, à hauteur de 6 trimestres maximum.
| Situation | Trimestres validés |
|---|---|
| Enfant (à charge) | 8 par enfant (+ 8 si handicap) |
| Chômage indemnisé | 1 par tranche de 50 jours |
| Chômage non indemnisé (1re période) | Jusqu’à 6 |
| Maladie / accident du travail | 1 par tranche de 60 jours d’IJ |
| Maternité | 1 par tranche de 90 jours |
| Service militaire | 1 par tranche de 90 jours |
| Congé parental | Selon durée |
| Parent au foyer + allocations (CAF) | Via l’AVPF (automatique) |
| Aidant d’un proche (depuis 2023) | Selon durée |
Le service militaire reste l’un des oublis les plus fréquents : 1 an sous les drapeaux, c’est 4 trimestres, une année entière. Beaucoup d’hommes ne l’ont jamais vue créditée sur leur relevé.
Les périodes travaillées qui disparaissent des relevés
Les trimestres « gratuits » ne sont pas les seuls à manquer. Des périodes réellement travaillées et cotisées se volatilisent aussi. Les jobs d’été et petits boulots étudiants sont les premiers concernés : un été à temps plein dépasse souvent le seuil de 1 803 euros, mais l’employeur a pu fermer ou changer de nom depuis, et les données ne sont jamais remontées.
Même problème pour les stages rémunérés, les périodes d’apprentissage, et les années travaillées à l’étranger (prises en compte grâce aux conventions bilatérales). La règle d’or : ne jamais partir du principe qu’une période ne compte pas. Si un salaire a été versé, un trimestre a pu être acquis.
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Vérifier et corriger son relevé de carrière
C’est l’étape décisive. Le relevé de carrière est consultable gratuitement sur info-retraite.fr dès 55 ans, ou sur lassuranceretraite.fr pour le régime général. Il faut le comparer, ligne par ligne, avec ses propres documents.
Les 4 erreurs les plus courantes
Les anomalies suivent un schéma récurrent. Un : une année de début de carrière incomplète, un job d’été ou une année d’apprentissage qui manque. Deux : une période de chômage ou de maladie jamais reportée, faute de transmission entre caisses. Trois : un ancien employeur disparu ou ayant changé de nom, dont les trimestres se sont volatilisés. Quatre : des trimestres pour enfants mal répartis ou jamais crédités.
Les justificatifs qui font foi
Chaque trou du relevé se répare avec le bon document. Salaire manquant : bulletins de paie. Période de chômage : attestation France Travail. Arrêt maladie : décomptes d’indemnités journalières de la Sécurité sociale. Service militaire : état signalétique des services (disponible auprès des archives militaires). Enfants : livret de famille.
Une fois le justificatif rassemblé, l’assuré signale l’anomalie à sa caisse via son espace en ligne. La correction prend généralement quelques semaines.
En cas de refus : recours amiable et médiateur
Le rachat de trimestres, dernier recours
Si, après vérification, il manque toujours des trimestres, le rachat permet d’en acquérir jusqu’à 12, pour des années d’études supérieures ou des années incomplètes (moins de 4 trimestres validés).
Deux formules existent. La première, moins chère, n’agit que sur le taux : elle efface la décote. La seconde, plus coûteuse, joue aussi sur la durée d’assurance et augmente le montant de la pension. Le coût varie de 1 000 à 6 700 euros par trimestre, selon l’âge, les revenus et la formule choisie. Plus l’assuré est jeune, moins le rachat est cher, et un tarif réduit existe pour les années d’études rachetées dans les 10 ans suivant la fin du cursus.
Le piège des carrières à plusieurs régimes
Avoir été salarié puis indépendant, fonctionnaire puis salarié, ou agriculteur puis commerçant multiplie le risque d’erreur. Chaque caisse ne connaît que sa part de la carrière. C’est aux jonctions, quand l’assuré passe d’un régime à un autre, que les trimestres se perdent le plus souvent.
Attention aussi à un malentendu fréquent : cotiser à 2 régimes la même année ne donne pas 8 trimestres. Le plafond reste de 4 par an, tous régimes confondus. Depuis 2017, un relevé unique regroupe l’ensemble des carrières, mais les périodes antérieures sont souvent mal reprises.
La complémentaire Agirc-Arrco, l’autre pension à vérifier
Tout ce qui précède concerne la retraite de base. Mais les salariés du privé perçoivent aussi une retraite complémentaire Agirc-Arrco, qui représente souvent près d’un tiers de la pension totale, et jusqu’à la moitié pour un cadre. Elle se calcule en points, pas en trimestres, et souffre des mêmes oublis : anciens emplois mal reportés, points de chômage ou de maladie jamais crédités. Le relevé est vérifiable sur l’espace personnel Agirc-Arrco. C’est parfois là que dort le plus gros manque à gagner.
Questions fréquentes
Le nombre varie selon l’année de naissance. Pour les assurés nés à partir de 1965, il faut 172 trimestres, soit 43 ans de cotisation. Un seul trimestre manquant entraîne une décote de 0,625 % par trimestre manquant, appliquée à vie sur la pension de base.
Le relevé de carrière est consultable gratuitement sur info-retraite.fr dès 55 ans, ou sur le site de chaque caisse (lassuranceretraite.fr pour le régime général). Il faut comparer chaque ligne avec ses bulletins de paie, attestations France Travail et relevés d’indemnités journalières.
En principe oui, mais les erreurs sont fréquentes. Les 4 trimestres de maternité reviennent à la mère. Les 4 trimestres d’éducation sont attribués à la mère par défaut, mais le père peut en récupérer 2 dans le privé, s’il en fait la demande dans les 6 mois suivant le 4e anniversaire de l’enfant. Vérifier le relevé reste indispensable.
Cela dépend du nombre de trimestres manquants et de l’espérance de retraite. Racheter 2 trimestres pour effacer une décote de 80 euros par mois se rembourse en quelques années. Sur 20 ans de retraite, le gain net dépasse souvent 15 000 euros. La somme versée est déductible du revenu imposable, ce qui réduit la facture réelle.
L’assuré dispose de 2 mois après la notification de refus pour saisir la Commission de recours amiable (CRA) de sa caisse. Si la CRA rejette la demande, il peut contacter le médiateur de l’Assurance retraite, puis saisir le tribunal judiciaire. Beaucoup abandonnent au premier refus alors qu’une deuxième chance existe.
Sources : Cour des comptes (rapport sur la certification des comptes de la Sécurité sociale). Info-retraite.fr (relevé de carrière). Code de la Sécurité sociale, articles L351-1 à L351-6, R351-9, L634-2.





