Supprimer l’âge légal de départ à la retraite : pourquoi l’iFRAP juge l’idée contre-productive

Retraite • Réforme • Présidentielle 2027

Âge légal ou durée de cotisation : le match des réformes

50 Md€

Économies si âge légal à 67 ans

< 25 Md€

Économies si 184 trimestres

64 ans

Âge légal actuel

Plusieurs candidats à la présidentielle 2027 proposent de supprimer l’âge légal de départ à la retraite pour ne conserver que la durée de cotisation. La directrice de la Fondation iFRAP, Agnès Verdier-Molinié, s’y oppose : selon les simulations du Sénat, le report de l’âge génère deux fois plus d’économies que l’allongement des trimestres.

Le sujet s’installe dans le débat pré-électoral. Eric Ciotti, président de l’UDR, a jugé qu’« on peut indéfiniment jouer sur le curseur de l’âge, mais ça ne sera pas définitif », tout en plaidant pour l’introduction d’une part de capitalisation. Gabriel Attal, ancien Premier ministre, estime que « la question de l’âge légal ne sert plus à rien » et préfère se concentrer sur la durée de cotisation. Au Rassemblement national, Jordan Bardella a affirmé que « l’âge légal ne sert à rien », tandis que Marine Le Pen défend un retour à 62 ou 60 ans avec 40 à 42 années de cotisations.

Report de l’âge ou allongement des trimestres : le Sénat a tranché par les chiffres

Sur Europe 1, Agnès Verdier-Molinié a rappelé les simulations demandées par le Sénat en 2022. Le verdict est net : un report de l’âge légal à 67 ans en 2040 générerait 50 milliards d’euros d’économies. Un allongement de la durée de cotisation à 184 trimestres (46 ans) produirait moins de 25 milliards.

« Non seulement augmenter juste le nombre de trimestres est moins puissant, mais surtout, il ramène à la même conclusion : il faudra travailler plus longtemps », a-t-elle souligné. Pour la directrice de l’iFRAP, la proposition de suppression « est une diversion pour éviter de mettre à l’ordre du jour un nouveau recul de l’âge légal », alors que le COR vient de rappeler l’urgence démographique.

Les carrières hachées et les femmes seraient les premières pénalisées

Un système fondé uniquement sur la durée de cotisation favoriserait mécaniquement les carrières longues et pénaliserait les parcours fragmentés. Les femmes, qui interrompent plus souvent leur activité pour élever leurs enfants, mettraient plus de temps à réunir les trimestres requis.

« Si on part sur un système qui favorise les hommes et défavorise les femmes, on va à l’encontre de tout le sujet démographique qui est de remonter la natalité, à savoir inciter les femmes à avoir des enfants », a martelé Agnès Verdier-Molinié.

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172 trimestres aujourd’hui
Depuis la réforme de 2023, la durée de cotisation requise pour une retraite à taux plein est de 172 trimestres (43 ans) pour les personnes nées à partir de 1965. L’âge légal de départ est fixé à 64 ans. Les deux conditions sont cumulatives : il faut avoir à la fois l’âge et les trimestres pour partir à taux plein.

Questions fréquentes

Plusieurs candidats à la présidentielle 2027 estiment que l’âge légal (actuellement 64 ans) est un curseur trop rigide. Ils proposent de le supprimer pour se concentrer sur la durée de cotisation : le départ serait possible dès que le nombre de trimestres requis est atteint, quel que soit l’âge. Gabriel Attal, Eric Ciotti et Jordan Bardella ont chacun évoqué cette piste.

Selon des simulations demandées par le Sénat en 2022, un report de l’âge légal à 67 ans en 2040 générerait 50 milliards d’euros d’économies. À titre de comparaison, un allongement de la durée de cotisation à 184 trimestres produirait moins de 25 milliards d’euros d’économies, soit deux fois moins.

Un système fondé uniquement sur la durée de cotisation désavantage les carrières hachées. Les femmes, qui interrompent plus souvent leur activité pour élever leurs enfants, mettraient plus de temps à réunir les trimestres requis. La directrice de l’iFRAP souligne que cette mesure irait à l’encontre des politiques d’incitation à la natalité.

Sources : Capital, Europe 1, Fondation iFRAP, Conseil d’orientation des retraites.

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