Assurance emprunteur : le seuil de 200 000 € pour échapper au questionnaire médical évolue dès septembre 2026

Assurance emprunteur • Loi Lemoine • CCSF
Crédit immobilier et questionnaire de santé : ce que change la réforme CCSF
200 000 €
seuil sans questionnaire médical
38,66 %
des contrats sans sélection médicale (2024)
496 654
demandes de substitution en 2024
1er sept.
entrée en vigueur des mesures CCSF

Le Comité consultatif du secteur financier (CCSF) clarifie le calcul du seuil de 200 000 € permettant d’emprunter sans questionnaire médical. Seuls les crédits immobiliers entrent désormais dans le calcul, ce qui élargit l’accès au dispositif. Les mesures entrent en vigueur le 1er septembre 2026. Les clauses d’exclusion pour pathologies antérieures sont retoquées et la couverture lors d’un changement d’assureur est renforcée.

Un emprunteur qui détient un crédit immobilier de 180 000 € et un prêt auto de 25 000 € dépasse-t-il le seuil de 200 000 € qui dispense du questionnaire de santé ? Jusqu’ici, la réponse dépendait de l’assureur. Certains incluaient les crédits à la consommation et les prêts professionnels dans le calcul de l’encours cumulé, d’autres non. Le CCSF tranche : à compter du 1er septembre 2026, seuls les crédits immobiliers au sens de l’article L. 313-1 du Code de la consommation seront pris en compte. L’emprunteur avec son prêt auto de 25 000 € reste sous le seuil.

Le calcul du seuil de 200 000 euros ne prend plus en compte les crédits à la consommation

Depuis la loi Lemoine du 28 février 2022, le questionnaire médical est supprimé pour les crédits immobiliers dont l’encours assuré ne dépasse pas 200 000 € et dont le remboursement s’achève avant le 60e anniversaire de l’emprunteur. En 2024, 38,66 % des nouveaux contrats d’assurance emprunteur ont été souscrits sans sélection médicale chez les bancassureurs, dont la part de marché dépasse 82 %.

Le CCSF a constaté « des interprétations hétérogènes du seuil de 200 000 euros ». Certains acteurs incluaient des prêts à la consommation ou des prêts professionnels dans l’encours cumulé. La clarification retenue est simple : seuls les crédits destinés au financement de l’acquisition, de la construction ou de travaux sur un immeuble à usage d’habitation ou mixte entrent dans le calcul. Les prêts à la consommation, crédits professionnels et tout financement non immobilier en sont exclus. « Un plus grand nombre d’emprunteurs resteront en dessous du seuil de 200 000 euros », anticipe le CCSF. Les assureurs mettront en place cette disposition dès le 1er septembre 2026, avec une généralisation au 1er juin 2027.

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Impact concret pour les emprunteurs
Un emprunteur avec un crédit immobilier de 190 000 € et un crédit auto de 15 000 € était parfois considéré au-dessus du seuil (205 000 €) et soumis au questionnaire médical. Avec la nouvelle règle, seul le crédit immobilier de 190 000 € compte. Le questionnaire médical n’est plus exigible.

Les demandes de changement d’assurance ont bondi de 150 % depuis la loi Lemoine

La loi Lemoine a ouvert le droit de changer d’assurance emprunteur à tout moment, sans frais et sans attendre la date anniversaire du contrat. Les chiffres confirment que les emprunteurs s’en saisissent. Les établissements bancaires ont recensé 496 654 demandes de substitution en 2024, contre 198 530 en 2021, juste avant l’entrée en application de la loi. La hausse atteint 150 % en 3 ans. Avec des taux d’usure toujours sous tension, réduire le coût de l’assurance reste un levier concret pour alléger la mensualité.

La continuité de couverture met fin aux « trous de garantie »

Changer d’assureur pouvait jusqu’ici créer des « trous de garantie ». Exemple : un arrêt de travail survient pendant la période de changement d’assureur, et la franchise du nouveau contrat n’est pas achevée avant la résiliation de l’ancien. « Quand l’établissement bancaire accepte le changement d’assurance, l’assuré pense qu’il sera couvert selon les mêmes modalités qu’auparavant. Or, les délais de franchise et de carence peuvent avoir un impact majeur sur la couverture », expliquait Arnaud Chneiweiss, médiateur de l’assurance, à MoneyVox.

Le CCSF y remédie. En cas de sinistre déclaré avant la substitution, l’assureur d’origine maintient sa couverture pour le sinistre et ses suites immédiates, y compris l’invalidité qui en découlerait. En cas de rechute après la prise d’effet de la substitution, le nouvel assureur prend le relais. Ces dispositions entrent en vigueur dès le 1er septembre 2026 avec une généralisation au 1er janvier 2027.

Les clauses d’exclusion pour pathologies antérieures sont jugées non conformes à la loi Lemoine

Pour compenser la suppression du questionnaire médical, certains assureurs avaient introduit des clauses excluant de leur couverture les pathologies déjà connues au moment de la souscription. Un emprunteur qui avait consulté pour des douleurs dorsales pouvait se voir refuser la prise en charge d’un arrêt de travail lié au dos, au motif que la pathologie avait été « médicalement constatée avant », comme l’expliquait Marion Chartier, de la médiation de l’assurance.

Le CCSF « considère que de telles clauses, qu’elles soient générales ou spécifiques, ne sont pas conformes à l’esprit et aux objectifs poursuivis par la loi Lemoine ». Un bilan de l’application de cet avis sera mené d’ici 2028. Pour les emprunteurs ayant souscrit un contrat comportant ce type de clause, la décision du CCSF ouvre un levier de contestation.

Contrats déjà souscrits avec clause d’exclusion
L’avis du CCSF n’a pas de valeur contraignante au sens juridique, mais il engage les professionnels du secteur. Les assurés dont le contrat comporte une clause d’exclusion pour pathologie antérieure peuvent saisir le médiateur de l’assurance ou changer de contrat (résiliation possible à tout moment depuis la loi Lemoine).

Les seuils d’invalidité sont harmonisés pour faciliter la comparaison des contrats

La lisibilité des contrats d’assurance emprunteur est un autre chantier du CCSF. Les assureurs se sont engagés à harmoniser les seuils de référence pour les garanties invalidité. Le taux retenu est de 66 % pour l’invalidité permanente totale (IPT) et de 33 % pour l’invalidité permanente partielle (IPP). Jusqu’ici, chaque assureur fixait ses propres seuils, ce qui rendait toute comparaison hasardeuse. L’harmonisation entre en vigueur au 1er septembre 2026, avec une généralisation à tous les nouveaux contrats signés au 1er juin 2027.

Mesure CCSFEntrée en vigueurGénéralisation
Calcul du seuil de 200 000 € (crédits immo uniquement)1er septembre 20261er juin 2027
Continuité de couverture (fin des trous de garantie)1er septembre 20261er janvier 2027
Harmonisation des seuils d’invalidité (66 %/33 %)1er septembre 20261er juin 2027
Bilan d’application par le CCSF2028
Le CCSF en bref
Le Comité consultatif du secteur financier est une instance de concertation composée de 32 membres (représentants des banques, assurances et clients). Ses avis ne sont pas juridiquement contraignants mais engagent les professionnels signataires. Il dépend de la Banque de France.
Peut-on emprunter sans questionnaire médical en 2026 ?
Oui, depuis la loi Lemoine du 28 février 2022, le questionnaire médical est supprimé pour les crédits immobiliers dont l’encours assuré ne dépasse pas 200 000 € et dont le remboursement intervient avant le 60e anniversaire de l’emprunteur. En 2024, 38,66 % des nouveaux contrats d’assurance emprunteur ont été souscrits sans sélection médicale.
Comment est calculé le seuil de 200 000 € depuis septembre 2026 ?
Le CCSF a clarifié le calcul : seuls les crédits immobiliers au sens de l’article L. 313-1 du Code de la consommation (acquisition, construction, travaux sur un immeuble d’habitation ou mixte) sont pris en compte. Les crédits à la consommation, prêts professionnels et tout autre financement non immobilier sont exclus du calcul de l’encours cumulé.
Que se passe-t-il en cas de changement d’assurance emprunteur pendant un arrêt de travail ?
L’avis du CCSF impose désormais une continuité de couverture. En cas de sinistre déclaré avant la substitution, l’assureur d’origine maintient sa couverture pour le sinistre et ses suites immédiates, y compris l’invalidité qui en découlerait. En cas de rechute après la substitution, le nouvel assureur prend en charge.
Les assureurs peuvent-ils exclure les pathologies antérieures sans questionnaire médical ?
Non. Le CCSF considère que les clauses d’exclusion pour pathologies antérieures (générales ou spécifiques) ne sont pas conformes à l’esprit de la loi Lemoine. Un bilan de l’application de cet avis sera mené d’ici 2028.
Quels sont les seuils d’invalidité harmonisés pour l’assurance emprunteur ?
Les assureurs se sont engagés à harmoniser les seuils de référence : 66 % pour l’invalidité permanente totale (IPT) et 33 % pour l’invalidité permanente partielle (IPP). Cette harmonisation entre en vigueur au 1er septembre 2026 pour les adhérents, avec une généralisation à tous les nouveaux contrats au 1er juin 2027.
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