Complément retraite de 2 000 € par mois : le capital à constituer et la stratégie PER/assurance-vie
Toucher 2 000 € nets de complément de retraite par mois suppose d’avoir accumulé au minimum 682 724 € de capital en retraits fractionnés, ou 1 258 715 € en rente viagère. La combinaison PER et assurance-vie reste la stratégie la plus efficace pour y parvenir. Le levier fiscal du PER ramène l’effort réel à 1 232 € par mois pour un contribuable dans la tranche à 41 %.
Un cadre de 44 ans qui prévoit de partir à 64 ans et souhaite compléter sa pension de base de 2 000 € nets par mois pendant 25 ans devra verser 2 089 € chaque mois sur un PER pendant 20 ans. Avec la déduction fiscale dans la tranche marginale à 41 %, l’effort réel tombe à 1 232 € par mois. Ces projections d’AG2R La Mondiale, établies sur la base d’un rendement annuel moyen de 3 % en constitution et de 2 % en restitution, illustrent l’ampleur de l’effort à fournir. Selon le baromètre 2026 de l’Observatoire de l’éducation financière (Spak/OpinionWay/UMR), 57 % des Français déclarent ne pas avoir compris la réforme des retraites et seuls 34 % estiment savoir comment préparer leur retraite.
Le capital minimum dépasse 680 000 euros pour un complément de 2 000 euros nets
Les simulations publiées par AG2R La Mondiale mettent 2 scénarios en regard. Le premier repose sur des retraits fractionnés du capital, échelonnés sur 25 ans. L’épargnant puise dans son capital tout en le laissant se revaloriser à 2 % par an grâce aux intérêts composés. Le second scénario correspond à une rente viagère classique (sans réversion), versée par l’assureur jusqu’au décès du bénéficiaire.
Retraits fractionnés ou rente viagère, l’écart est de 1 à 1,8
L’écart entre les 2 scénarios est considérable. La rente viagère exige un capital 1,8 fois supérieur (1 258 715 € contre 682 724 €), parce que l’assureur doit se prémunir contre le risque de longévité. En contrepartie, le revenu est garanti à vie. Le retrait fractionné est moins coûteux, mais le capital finit par s’épuiser au bout de 25 ans.
L’assurance-vie reste le socle de toute stratégie retraite
Le PER a beau séduire (12,9 millions de titulaires fin 2025 pour 150,4 milliards d’euros d’encours selon Bercy), l’assurance-vie conserve un avantage structurel : la liquidité totale. L’épargnant peut en sortir à tout moment, sans condition d’âge ni de motif. Le PER, lui, reste bloqué jusqu’à la retraite (sauf décès du conjoint, invalidité, liquidation judiciaire, ou achat de la résidence principale moyennant imposition).
L’abattement après 8 ans permet des retraits quasi défiscalisés
Passé 8 ans de détention, la fiscalité de l’assurance-vie s’allège sensiblement. Seuls les intérêts correspondant au retrait sont imposés, avec un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple). Au-delà, le prélèvement forfaitaire est de 7,5 % pour les encours inférieurs à 150 000 € (versements antérieurs au 27 septembre 2017) ou de 12,8 % dans les autres cas. Ce mécanisme permet de programmer des retraits réguliers quasi défiscalisés en calibrant chaque retrait sous le seuil de l’abattement.
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Le PER réduit l’effort réel d’épargne grâce à la déduction fiscale
Le PER compense son caractère bloqué par un avantage fiscal immédiat. Les cotisations individuelles sont déductibles du revenu imposable, dans la limite de 10 % des revenus professionnels nets de l’année précédente. Le plafond atteint 37 680 € pour les versements effectués en 2026 (88 911 € pour les travailleurs non salariés relevant d’un régime spécifique). Un plancher de 4 710 € s’applique pour les revenus modestes.
Les plafonds non utilisés sont reportables sur 5 ans
Les droits non consommés des 5 dernières années sont désormais reportables et mutualisables entre conjoints (durée de report allongée de 3 à 5 ans par la loi de finances 2026). Un contribuable qui n’a pas saturé son plafond PER en 2021, 2022, 2023, 2024 et 2025 peut cumuler la totalité de ces droits sur un seul versement en 2026.
L’effet de levier est d’autant plus puissant que la tranche marginale d’imposition est élevée. Pour un souscripteur dans la tranche à 30 %, un versement de 10 000 € sur le PER ne représente qu’un effort réel de 7 000 €, les 3 000 € restants étant financés par la réduction d’impôt. David Lombard, responsable de l’ingénierie financière et patrimoniale de La France Mutualiste, confirme que cet effet « fait boule de neige si l’économie d’impôt réalisée chaque année est réinvestie dans le PER ». Il recommande aux épargnants qui en ont les moyens de « saturer le disponible fiscal du PER et de verser l’éventuel surplus d’épargne dédiée à la retraite dans une assurance-vie ».
La déductibilité s’arrête au 70e anniversaire depuis 2026
La loi de finances 2026 a introduit une limite d’âge. Les versements volontaires effectués après le 70e anniversaire de l’épargnant ne sont plus déductibles du revenu imposable. Le PER reste alimentable au-delà de 70 ans, mais sans l’avantage fiscal à l’entrée. Le gain fiscal du PER sera pleinement optimisé si, au moment de la retraite, la TMI baisse d’au moins une tranche (par exemple de 41 % à 30 %). Dans le cas contraire, la déduction à l’entrée est en partie annulée par l’imposition à la sortie.
La sortie se planifie autant que la constitution du capital
La phase de restitution d’une épargne retraite mérite autant d’attention que sa constitution. Eric Rosenthal, directeur général adjoint d’AG2R La Mondiale chargé de l’épargne retraite, insiste sur ce point : « on ne peut que se réjouir du succès grandissant du PER auprès des moins de 40 ans, car plus on se mobilise tôt, plus l’effort d’épargne se dilue ».
En rente viagère, l’assurance-vie domine le PER sur la fiscalité
Les simulations de La France Mutualiste, réalisées pour un capital de 400 000 € converti en rente à 70 ans (personne seule, taux technique 0 %), révèlent un écart significatif. La rente issue de l’assurance-vie bénéficie d’un abattement de 70 % (seuls 30 % de la rente sont imposables après 70 ans). La rente issue du PER (versements déduits) est imposée comme une pension de retraite, avec un abattement de seulement 10 %.
| Assurance-vie (rente) | PER individuel (rente) | |
|---|---|---|
| Rente annuelle initiale | 16 580,77 € | 16 580,77 € |
| Assiette imposable | 4 974,23 € (abattement 70 %) | 14 922,69 € (abattement 10 %) |
| Rente nette (TMI 30 %) | 14 232,93 €/an (1 186 €/mois) | 11 151,77 €/an (929 €/mois) |
| Rente nette (TMI 41 %) | 13 685,77 €/an (1 140 €/mois) | 9 537,27 €/an (795 €/mois) |
L’écart atteint 257 € par mois à TMI 30 % et 345 € par mois à TMI 41 %, en faveur de l’assurance-vie. Ce différentiel ne remet pas en cause l’intérêt du PER (dont l’avantage se joue à l’entrée, par la déduction), mais il plaide pour une répartition réfléchie entre les 2 enveloppes.
Retirer l’assurance-vie en premier protège le conjoint
Stanislas Perrin, directeur général adjoint de La France Mutualiste, recommande de programmer dans un premier temps des retraits sur l’assurance-vie, calibrés en fonction de l’abattement annuel, et de conserver le PER pour plus tard. Ce séquencement permet de reporter le coût fiscal du dénouement du PER et de protéger le conjoint. En cas de décès du titulaire, le conjoint survivant récupère le capital du PER en franchise totale d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.
Combien faut-il épargner par mois pour toucher 2 000 € de complément retraite ?
Le PER est-il plus avantageux que l’assurance-vie pour la retraite ?
Quel est le plafond de déduction PER en 2026 ?
Peut-on encore déduire ses versements PER après 70 ans ?
Faut-il sortir en rente ou en capital à la retraite ?
Sources : Les Echos, Laurence Delain, 3 juin 2026. Simulations AG2R La Mondiale (Franck Gisclard, Eric Rosenthal) et La France Mutualiste (David Lombard, Stanislas Perrin). Baromètre 2026 de l’Observatoire de l’éducation financière (Spak/OpinionWay/UMR). Données Bercy, encours PER fin 2025. CGI art. 163 quatervicies. Loi de finances 2026.







