Énergie • Photovoltaïque • Réforme 2026
Panneaux solaires : après la réforme de 2026,
est-ce encore rentable ?
1,1 ct
nouveau tarif
de rachat/kWh
6 500 €
installation 3 kWc
(vs 20 000 € en 2010)
10-13 ans
amortissement
estimé
5 000 €
batterie domestique
(vs 10 000 € en 2024)
L’arrêté du 1er juin 2026 a réduit le tarif de rachat du surplus photovoltaïque à 1,1 centime par kWh (contre 12,69 ct avant 2025) et supprimé la prime à l’investissement. La rentabilité repose désormais sur l’autoconsommation et la baisse des coûts d’installation (6 500 € pour 3 kWc, contre 20 000 € en 2010).
Thierry et Sandra, propriétaires en Loire-Atlantique, ont installé 3 kWc de panneaux solaires en 2024 pour 7 200 €, avec une prime de 1 140 € et un tarif de rachat à 4 ct/kWh. Leur voisin qui lance le même projet en juillet 2026 paiera 6 500 € (prix en baisse), mais sans prime et avec un rachat à 1,1 ct. Pour lui, chaque kWh consommé sur place vaut 25 ct d’économie ; chaque kWh revendu ne rapporte que 1,1 ct. Le calcul est limpide, il faut consommer sa production.
Un tarif de rachat divisé par 11 en 2 ans
L’arrêté du 1er juin 2026, publié au Journal officiel le 4 juin et entré en vigueur le 5, a ramené le tarif de rachat du surplus à 1,1 centime par kWh pour les installations résidentielles. Avant la première réforme de 2025, ce tarif atteignait 12,69 ct/kWh. Il avait déjà été réduit à 4 ct en 2025. La prime à l’investissement a été supprimée pour les installations concernées par le dispositif S21. Le chèque énergie, versé aux ménages modestes, reste en vigueur mais concerne la facture de chauffage, pas la production photovoltaïque.
« Nous avions anticipé. On sait depuis un moment que les subventions allaient s’arrêter. Dès 2010, l’État évoquait déjà la fin progressive de l’obligation d’achat », rappelle Joël Mercy, président du GPPEP (Groupement des particuliers producteurs d’électricité photovoltaïque).
Le coût des installations a été divisé par 3
La baisse du coût des équipements compense en partie la disparition des aides. Une installation de 3 kWc coûtait plus de 20 000 € au début des années 2010. En 2026, le même équipement revient à environ 6 500 €. Cette chute des prix réduit le temps nécessaire pour récupérer la mise de départ, même sans subvention.
Une installation de 3 kWc produit entre 3 000 et 4 000 kWh par an selon la région, l’orientation du toit et l’ensoleillement. Chaque kWh autoconsommé évite d’acheter de l’électricité au tarif du réseau (environ 25 ct/kWh au tarif réglementé). Chaque kWh revendu ne rapporte que 1,1 ct. Le différentiel de 1 à 23 rend l’autoconsommation largement supérieure à la revente.
La batterie domestique change la donne
Avec un tarif de revente à 1,1 ct, stocker l’électricité produite en journée pour la consommer le soir devient le levier central de rentabilité. Le prix des batteries domestiques a fortement baissé, porté par l’essor du marché des véhicules électriques qui augmente les volumes de production de cellules lithium-ion. « Une batterie qui coûtait 10 000 € il y a encore 2 ans se trouve aujourd’hui autour de 5 000 € », observe Joël Mercy.
L’ajout d’une batterie allonge l’amortissement de 2 à 3 ans selon le GPPEP. « Au lieu d’amortir l’installation en 10 ans, ce sera 13 ans dans le scénario le plus défavorable », estime le président du groupement. En contrepartie, le taux d’autoconsommation passe de 30-40 % (sans batterie) à 60-80 % (avec batterie), ce qui maximise les économies sur la facture d’électricité.
Amortissement : 3 scénarios concrets
| Scénario | Coût total | Amortissement (estimation GPPEP) |
|---|---|---|
| 3 kWc sans batterie, autoconsommation bien dimensionnée | 6 500 € | ~10 ans |
| 3 kWc + batterie (5 000 €), autoconsommation 70 %+ | 11 500 € | ~13 ans (scénario le plus défavorable) |
| Installation surdimensionnée, faible autoconsommation | Variable | 15 ans et + (surplus revendu à 1,1 ct) |
Le scénario surdimensionné illustre le piège : revendre à 1,1 ct ce qui coûte 25 ct à l’achat est une perte nette. La clé reste le dimensionnement : adapter la puissance à la consommation réelle du foyer. La hausse tendancielle du prix de l’électricité (+3 % par an en moyenne sur la dernière décennie). Plus l’électricité du réseau coûte cher, plus chaque kWh autoconsommé génère d’économies. C’est ce mécanisme qui rend l’investissement solaire pertinent sur la durée de vie des panneaux (25-30 ans).
Les aides qui restent disponibles en 2026
La suppression de la prime à l’investissement ne signifie pas la disparition de tout soutien. La TVA à 10 % reste en vigueur pour les installations ≤ 3 kWc sur un logement de plus de 2 ans. Les crédits d’impôt ne couvrent pas les installations photovoltaïques produisant uniquement de l’électricité (contrairement au solaire thermique ou hybride). MaPrimeRénov’ n’est généralement pas éligible non plus.
Certaines collectivités locales (régions, départements, métropoles) proposent des subventions complémentaires, à identifier auprès de l’ADEME ou de l’espace France Rénov’. Elles varient fortement d’un territoire à l’autre : entre 200 et 2 000 € selon les cas. Le site de l’ADEME référence les aides disponibles par département.
Questions fréquentes
Oui, mais la logique a changé. La rentabilité repose désormais sur l’autoconsommation (économies sur la facture) et non plus sur la revente du surplus. Avec un coût d’installation divisé par 3 depuis 2010, l’amortissement reste possible en 10 à 13 ans selon le dimensionnement et l’ajout d’une batterie.
Le tarif de rachat est passé à 1,1 centime par kWh (arrêté du 1er juin 2026), contre 4 centimes auparavant pour les petites installations résidentielles, et jusqu’à 12,69 centimes avant la première réforme de 2025. La revente du surplus ne constitue plus un levier de rentabilité significatif.
Non. La prime à l’investissement a été supprimée pour les nouvelles installations concernées par le dispositif S21 (arrêté du 1er juin 2026). La TVA réduite à 10 % reste en vigueur pour les installations ≤ 3 kWc posées sur un logement de plus de 2 ans. Certaines collectivités locales proposent encore des aides complémentaires.
C’est devenu la question centrale. Une batterie (environ 5 000 €, contre 10 000 € il y a 2 ans) permet de consommer le soir l’électricité produite en journée, au lieu de la revendre à 1,1 ct/kWh. Elle allonge l’amortissement de 2 à 3 ans, mais augmente le taux d’autoconsommation et réduit les achats au réseau.
Une installation résidentielle de 3 kWc coûte environ 6 500 € en 2026, contre plus de 20 000 € au début des années 2010. Cette baisse des prix compense en partie la disparition des aides publiques et raccourcit le temps d’amortissement.





