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Retraite d’un fonctionnaire : comment sa pension est calculée

Le calcul de la pension d’un fonctionnaire : 75 % du traitement des 6 derniers mois hors primes, décote, minimum garanti 1 366 € et catégories actives, avec un exemple chiffré 2026.
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Publié le 2 août 2026 à 20:25
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Retraite d'un fonctionnaire : comment sa pension est calculée

L’essentiel

  • La pension d’un fonctionnaire se calcule sur le traitement indiciaire des 6 derniers mois (hors primes), et non sur les 25 meilleures années comme dans le privé.
  • Le taux plein est de 75 %, porté jusqu’à 80 % avec les bonifications. Décote et surcote de 1,25 % par trimestre s’appliquent comme dans le privé.
  • Les primes ne comptent pas dans cette pension : elles alimentent le RAFP à part. Un minimum garanti (jusqu’à 1 366,35 € en 2026) protège les faibles indices ayant atteint le taux plein.

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Un fonctionnaire et un salarié du privé ayant fait la même carrière ne verront pas leur pension calculée de la même façon, et l’écart peut être important. Là où le privé retient les 25 meilleures années, la fonction publique ne regarde que le dernier salaire, mais exclut les primes. Comprendre cette mécanique évite les mauvaises surprises au moment du départ. Voici la formule complète du régime des fonctionnaires, ses différences avec le calcul de la retraite du privé, et un exemple chiffré.

La formule de calcul de la retraite des fonctionnaires

La pension civile repose sur une équation propre à la fonction publique, la même pour l’État, la territoriale et l’hospitalière.

La formule de la pension d’un fonctionnaire Traitement indiciaire des 6 derniers mois hors primes × Taux 75 % au maximum (80 % avec bonif.) × Trimestres liquidables ÷ durée de référence (jusqu’à 172) = le montant annuel de la pension de base adcf.org

Le traitement des six derniers mois, hors primes

La base de calcul est le dernier traitement indiciaire brut, celui correspondant à l’indice détenu depuis au moins six mois avant la cessation de fonctions. Si le dernier indice n’a pas été tenu six mois, c’est l’indice précédent qui s’applique, ce qui explique pourquoi une promotion de dernière minute ne se répercute pas toujours sur la pension.

Point décisif et souvent sous-estimé : ce traitement exclut les primes et indemnités. Pour un agent dont les primes représentent une part importante de la rémunération, l’écart entre le dernier salaire net et la pension peut être marqué. Depuis 2005, ces primes ne sont pas perdues pour autant : elles cotisent au régime additionnel de la fonction publique (RAFP), qui verse une retraite complémentaire calculée en points, distincte de la pension principale.

Le piège des primes
Pour un agent dont les primes pèsent lourd dans la rémunération (personnel soignant, forces de l’ordre, encadrement), l’écart entre le dernier salaire et la pension peut être brutal : seul le traitement indiciaire compte, et le RAFP n’en compense qu’une partie.

Le taux de liquidation, la décote et les bonifications

Le taux de liquidation atteint au maximum 75 % du traitement de référence, lorsque la durée requise est réunie, jusqu’à 172 trimestres selon l’année de naissance (un seuil relevé par la réforme de 2023, puis ajusté à la baisse pour certaines générations par la loi de financement 2026).

Décote et surcote

Comme dans le privé, un trimestre manquant entraîne une décote de 1,25 % par trimestre, dans la limite de 20 (soit 25 % au maximum). La décote est annulée à 67 ans (62 ans pour les catégories actives), l’âge du taux plein automatique. À l’inverse, travailler au-delà de l’âge légal, une fois la durée du taux plein dépassée, ouvre une surcote de 1,25 % par trimestre, sans plafond.

Les bonifications, jusqu’à 80 %

Certaines périodes s’ajoutent à la durée liquidable sous forme de bonifications : services actifs, dépaysement, ou enfants nés avant 2004. Elles peuvent porter le taux de liquidation jusqu’à 80 %, au-delà du plafond ordinaire de 75 %. La majoration pour enfants s’ajoute ensuite par-dessus, si bien que la pension peut, dans de rares cas, approcher 100 % du traitement.

Le minimum garanti : 1 366 € en 2026

La fonction publique dispose de son propre plancher, le minimum garanti. Il s’élève à 1 366,35 € par mois en 2026 pour une carrière complète d’au moins 40 années de services, un montant dégressif en dessous de cette durée. Il ne se déclenche que si l’agent a atteint le taux plein ou l’âge d’annulation de la décote. Ce dispositif ne doit pas être confondu avec le minimum contributif du secteur privé, plus faible et calculé différemment.

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Ce montant est dégressif selon la durée de services : 57,5 % pour les 15 premières années, puis 2,5 points de plus par an de 15 à 30 ans, et 0,5 point par an de 30 à 40 ans, où il atteint son maximum.

Durée de servicesMinimum garanti 2026 (brut/mois)
15 ans785,65 €
20 ans956,45 €
25 ans1 127,24 €
30 ans1 298,03 €
40 ans et plus1 366,35 €

L’âge de départ : sédentaires et catégories actives

La plupart des fonctionnaires relèvent de la catégorie sédentaire, dont l’âge légal rejoint progressivement 64 ans pour les personnes nées à partir de 1969. Les catégories actives, qui regroupent les métiers présentant un risque ou une fatigue particulière (police, sapeurs-pompiers, personnel soignant, surveillants pénitentiaires…), conservent un droit au départ anticipé, sous condition d’une durée minimale de services actifs (17 ans pour la catégorie active, 27 ans pour la super-active). L’âge d’ouverture, historiquement de 57 et 52 ans, est relevé par la réforme de 2023 vers 59 et 54 ans. Pour aménager la fin de carrière, la retraite progressive dans la fonction publique reste également ouverte.

Le temps partiel dans le calcul

Le temps partiel ne pèse pas de la même façon selon ce que l’on mesure, une subtilité qui prend beaucoup d’agents au dépourvu :

  • pour la durée d’assurance (l’ouverture du droit), une année à temps partiel compte pour une année pleine ;
  • pour la durée liquidable (celle qui calcule le montant), elle est proratisée : une année à 50 % ne vaut que deux trimestres liquidables ;
  • la surcotisation permet de cotiser sur la base d’un temps plein et de compter ces périodes comme du temps plein pour le calcul, dans la limite de 4 trimestres sur l’ensemble de la carrière ;
  • le temps partiel pris pour élever un enfant de moins de 3 ans est, lui, compté comme du temps plein sans surcotisation.
💡
Surcotiser pour ne pas perdre son temps partiel
Un agent à temps partiel a intérêt à examiner l’option de surcotisation : en cotisant sur la base d’un temps plein, il transforme des trimestres proratisés en trimestres pleins pour le calcul de la pension, dans la limite de 4 trimestres sur l’ensemble de la carrière.

La majoration pour trois enfants et plus

Un levier souvent décisif s’ajoute à la pension calculée : la majoration pour enfants. Un fonctionnaire ayant élevé au moins trois enfants voit sa pension majorée de 10 %, puis de 5 % par enfant supplémentaire, dans la limite de 100 % du traitement de référence. Elle bénéficie aux deux parents lorsqu’ils sont tous deux fonctionnaires. Sur une pension de 1 875 € par mois, trois enfants ajoutent 187,50 €, portant le total à 2 062,50 €.

Le seul cas où la pension peut approcher 100 %
Le taux de liquidation est plafonné à 75 % (80 % avec bonifications), mais la majoration pour enfants s’ajoute par-dessus. C’est l’un des rares mécanismes qui rapproche la pension du dernier traitement, et il concerne beaucoup de monde, en particulier dans la fonction publique hospitalière et territoriale.

Un exemple de calcul complet

Exemple chiffré

Un fonctionnaire dont le traitement indiciaire des six derniers mois s’établit à 2 500 € par mois, avec en plus 500 € de primes mensuelles, et une durée de référence de 172 trimestres.

À taux plein (75 %, 172 trimestres) : 1 875 € / mois2 500 × 75 % × (172 ÷ 172). Les 500 € de primes ne comptent pas ici : elles alimentent le RAFP, versé à part.
Avec 4 trimestres manquants : 1 740 € / moisprorata 168 ÷ 172 et décote de 5 % : 2 500 × 75 % × (168 ÷ 172) × 0,95.
Avec 3 enfants (+10 %) : 2 062 € / moisla majoration pour enfants s’ajoute à la pension à taux plein : 1 875 × 1,10.
La pension porte sur 2 500 € et non sur les 3 000 € réellement perçus : c’est tout l’effet de l’exclusion des primes du calcul.

Avant tout départ, il reste prudent de vérifier son relevé de carrière et le décompte de ses trimestres et services. Le sort de la pension du conjoint, en cas de décès, obéit pour sa part à des règles spécifiques détaillées dans le guide de la pension de réversion des fonctionnaires.

Quelle pension pour 2 000 ou 3 000 euros par mois

La question revient souvent, mais elle repose sur une confusion : ce n’est ni le salaire net ni la rémunération totale qui sert de base, c’est le traitement indiciaire brut des six derniers mois, hors primes. À taux plein, la pension vaut 75 % de ce traitement. Le tableau ci-dessous donne l’ordre de grandeur.

Traitement indiciaire brut / moisPension brute à taux plein (75 %)
2 000 €1 500 €
2 500 €1 875 €
3 000 €2 250 €
3 500 €2 625 €

Un agent dont le salaire net atteint 2 500 € grâce à des primes importantes aura une pension calculée sur son seul traitement indiciaire, souvent nettement inférieur à ce net. Mieux vaut donc raisonner en traitement indiciaire brut qu’en salaire perçu, puis retrancher la décote éventuelle et les prélèvements sociaux pour obtenir la pension nette.

Les autres situations à connaître

  • Invalidité : un fonctionnaire mis à la retraite pour invalidité perçoit sa pension sans condition d’âge ni décote, avec le minimum garanti dès 15 ans de services.
  • Nouvelle bonification indiciaire (NBI) : les points de NBI perçus en activité ouvrent un supplément de pension, calculé sur ces points et leur durée.
  • Rachat d’années d’études : les années d’études supérieures peuvent être rachetées pour augmenter la durée liquidable, sur le principe d’un rachat de trimestres.
  • Cumul emploi-retraite : un fonctionnaire retraité peut reprendre une activité, selon des règles de plafonnement propres au secteur public.
  • Militaires : le régime des pensions civiles et militaires prévoit des bonifications spécifiques (bonification du cinquième) et une jouissance immédiate de la pension sous conditions.

Questions fréquentes

Traitement indiciaire des 6 derniers mois × taux de liquidation × (trimestres ÷ durée de référence). Taux plein 75 %, sur le dernier traitement et non sur les 25 meilleures années comme dans le privé.

Non pour la pension principale, calculée sur le seul traitement indiciaire, hors primes. Depuis 2005, les primes cotisent au RAFP, qui verse une complémentaire à part.

Le minimum garanti, soit 1 366,35 €/mois en 2026 pour 40 ans de services (dégressif en dessous). Il diffère du minimum contributif du privé.

64 ans pour les sédentaires (nés à partir de 1969). Les catégories actives partent dès 57 ans, voire 52 ans pour les super-actives, sous condition de durée de services actifs.

Oui, même formule. L’État relève du Service des Retraites de l’État, la territoriale et l’hospitalière de la CNRACL (Caisse des Dépôts), avec les mêmes règles de calcul.

Sources : code des pensions civiles et militaires de retraite (articles L. 13 à L. 17, minimum garanti art. L. 17) ; Service des Retraites de l’État, retraitesdeletat.gouv.fr (formule de calcul, traitement des 6 derniers mois, décote, bonifications) ; service-public.fr (âge de départ, catégories actives) ; loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 et loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (durée de référence) ; CNRACL / Caisse des Dépôts (territoriale et hospitalière) ; RAFP (régime additionnel).

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