Retraite • Rachat de trimestres
Racheter des trimestres : combien ça coûte et est-ce rentable ?
12 max
Trimestres rachetables
1 055 à 4 367 €
Par trimestre selon l’âge
7 à 13 ans
Point mort (rentabilité)
100 %
Déductible des impôts
Le rachat de trimestres permet de compléter sa carrière pour réduire ou supprimer la décote de 0,625 % par trimestre manquant. Le coût varie de 1 055 à plus de 4 300 € par trimestre selon l’âge et les revenus. La totalité est déductible de l’impôt sur le revenu. Point clé : le rachat n’est rentable que si le retraité vit assez longtemps pour amortir l’investissement, soit 7 à 13 ans après son départ.
Le rachat de trimestres s’adresse aux salariés qui n’auront pas tous leurs trimestres au moment de partir en retraite. Années d’études non cotisées, années incomplètes, début de carrière tardif : les situations sont nombreuses. Le dispositif permet de « racheter » jusqu’à 12 trimestres pour améliorer le montant de sa pension. Le coût peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros, et la rentabilité n’est pas garantie.
Les périodes rachetables pour la retraite en 2026
Le rachat concerne trois types de périodes, dans la limite de 12 trimestres au total (toutes périodes confondues). Le demandeur doit avoir entre 20 et 67 ans.
| Période rachetable | Trimestres max | Conditions |
|---|---|---|
| Années d’études supérieures | Jusqu’à 12 | Diplôme obtenu, établissement reconnu (France, EEE, Suisse ou convention) |
| Années incomplètes | Jusqu’à 12 | Années civiles avec moins de 4 trimestres validés |
| Stages en entreprise | 2 max | Stage post 15/03/2015, convention tripartite, gratifié, durée ≥ 2 mois. Demande avant le 31 décembre de l’année des 30 ans |
Notons que le total de trimestres validés sur une année civile ne peut pas dépasser 4, rachat compris. Un salarié ayant validé 3 trimestres sur une année ne peut en racheter qu’un seul pour cette année-là.
Option 1 ou option 2 : le choix détermine le coût et le gain en 2026
Le rachat propose deux formules, avec un impact très différent sur la pension et sur le prix.
L’option 1 (taux seul) supprime la décote de 0,625 % par trimestre manquant sur le taux de liquidation, mais n’augmente pas la durée d’assurance utilisée pour le calcul de la proratisation. Elle convient aux assurés proches du taux plein, à qui il ne manque que quelques trimestres.
L’option 2 (taux + durée) fait les deux : elle supprime la décote et allonge la durée d’assurance. Le coût est environ 50 % plus élevé que l’option 1, mais le gain sur la pension est supérieur, surtout pour les assurés dont la carrière est courte. C’est l’option à privilégier pour les salariés ayant des trimestres enfants qui ne suffisent pas à compléter leur durée d’assurance.
Le coût du rachat de trimestres selon l’âge en 2026
Le prix d’un trimestre racheté dépend de trois facteurs : l’âge au moment de la demande, les revenus professionnels des 3 dernières années et l’option choisie (1 ou 2). Plus le rachat est effectué tôt, moins il coûte cher.
| Âge | Revenus < 36 045 € | Revenus > 48 060 € |
|---|---|---|
| 20 ans | 1 055 € (opt. 1) | — |
| 50 ans | — | 3 563 € (opt. 1) / 5 279 € (opt. 2) |
| 60 ans | 3 275 € | 4 367 € |
L’avantage fiscal du rachat de trimestres en 2026
Les cotisations versées pour le rachat sont intégralement déductibles du revenu imposable l’année du versement. L’économie réelle dépend de la tranche marginale d’imposition (TMI) du contribuable.
| TMI | Rachat brut | Économie d’impôt | Coût réel |
|---|---|---|---|
| 11 % | 4 000 € | 440 € | 3 560 € |
| 30 % | 4 000 € | 1 200 € | 2 800 € |
| 41 % | 4 000 € | 1 640 € | 2 360 € |
| 45 % | 4 000 € | 1 800 € | 2 200 € |
Pour les TMI élevées (30 % et au-delà), l’avantage fiscal réduit considérablement le coût réel du rachat. Un cadre imposé à 41 % qui rachète 4 trimestres à 5 000 € chacun paie 20 000 € brut, mais récupère 8 200 € d’économie d’impôt. Le coût net tombe à 11 800 €.
Le calcul de rentabilité du rachat de trimestres en 2026
En combien d’années le gain sur la pension rembourse-t-il l’investissement ? Le point mort se situe généralement entre 7 et 13 ans après le départ en retraite, selon le montant racheté, l’économie fiscale et le gain annuel sur la pension.
Cas concret
Catherine, 55 ans, cadre, TMI 30 %, rachète 4 trimestres (option 2)
Point mort
7 ans après le départ (vers 70 ans)
Au-delà, chaque année de retraite rapporte 2 200 € de gain net
Catherine rachète 4 trimestres d’études supérieures en option 2. Le coût brut de 22 000 € tombe à 15 400 € après déduction fiscale (TMI 30 %). Ces 4 trimestres suppriment sa décote et augmentent sa durée d’assurance, ce qui majore sa pension de 2 200 € par an. Le rachat est amorti en 7 ans. Avec une espérance de vie de 87 ans pour une femme de sa génération, le gain cumulé sur 17 ans post-amortissement atteint environ 37 400 €.
Le rachat de trimestres n’est pas toujours la meilleure option en 2026
Avant d’engager plusieurs milliers d’euros, trois alternatives méritent d’être étudiées.
Continuer à travailler supprime la décote sans frais
Chaque année travaillée au-delà de l’âge légal valide 4 trimestres cotisés et augmente le salaire annuel moyen. Le coût pour le salarié est nul (les cotisations sont prélevées sur le salaire). Pour un salarié à qui il manque 4 trimestres, travailler un an de plus est souvent plus rentable que racheter.
La surcote majore la pension de 1,25 % par trimestre
Un salarié ayant déjà le taux plein et qui continue à travailler bénéficie d’une surcote de 1,25 % par trimestre cotisé au-delà de l’âge légal. Sur 2 ans (8 trimestres), la pension augmente de 10 % définitivement. La retraite complémentaire Agirc-Arrco accumule aussi des points supplémentaires.
Le PER offre un avantage fiscal comparable avec plus de souplesse
Le plan d’épargne retraite (PER) permet de déduire les versements du revenu imposable, comme le rachat de trimestres. Mais le capital reste disponible (sous conditions), le rendement dépend des marchés, et le versement peut se faire en rente ou en capital à la retraite. Pour un contribuable à TMI élevée, comparer le rachat de trimestres et le PER est indispensable avant de se décider.
Les démarches pour racheter des trimestres en 2026
La demande se fait auprès de la caisse régionale d’assurance retraite (Carsat) compétente. Le simulateur disponible sur lassuranceretraite.fr permet d’estimer le coût personnalisé avant de lancer la procédure. Le numéro 39 60 (lundi-vendredi, 8h-17h) répond aux questions sur le rachat.
La Carsat dispose de 2 mois pour instruire le dossier. Sans réponse dans ce délai, la demande est considérée comme rejetée. Le paiement peut être effectué en une fois ou échelonné (1 à 5 ans selon le nombre de trimestres). Le rachat doit intervenir avant le départ en retraite.
Questions fréquentes
Le coût varie selon l’âge, les revenus et l’option choisie. Pour un stage d’études, le prix est fixe à 481 € par trimestre. Pour les années d’études ou incomplètes, le barème va d’environ 1 055 € par trimestre (salarié de 20 ans, revenus modestes, option 1) à plus de 4 300 € (salarié de 60 ans, hauts revenus, option 2). Le simulateur de l’Assurance retraite permet d’obtenir un chiffre personnalisé.
Cela dépend du nombre de trimestres manquants, de l’âge au moment du rachat, de la tranche marginale d’imposition et de l’espérance de vie. Le point mort se situe généralement entre 7 et 13 ans après le départ en retraite. Le rachat est plus intéressant pour les contribuables imposés à 30 % ou plus (déductibilité fiscale), et pour ceux qui n’ont que quelques trimestres manquants.
12 trimestres au total, toutes périodes confondues (années d’études supérieures, années incomplètes, sportif de haut niveau, mandat local). Les stages en entreprise permettent de racheter 2 trimestres supplémentaires, mais uniquement au titre du taux (option 1). Le total par année civile ne peut pas dépasser 4 trimestres.
L’option 1 (taux seul) supprime la décote de 0,625 % par trimestre manquant, mais n’allonge pas la durée d’assurance. L’option 2 (taux + durée) fait les deux : elle supprime la décote et augmente le nombre de trimestres pour le calcul de la proratisation. L’option 2 est plus chère (environ 50 % de plus) mais plus avantageuse si le retraité a beaucoup de trimestres manquants.
Oui. Les cotisations versées pour le rachat de trimestres sont intégralement déductibles du revenu imposable l’année du versement. Pour un contribuable au taux marginal de 30 %, un rachat de 4 000 € ne coûte en réalité que 2 800 € après économie d’impôt. L’avantage est encore plus marqué pour les TMI à 41 % ou 45 %.
Oui. Pour 2 à 8 trimestres rachetés, l’échelonnement est possible sur 1 à 3 ans. Pour 9 trimestres ou plus, sur 1, 3 ou 5 ans. Le montant des échéances est majoré annuellement selon l’indice prévisionnel des prix à la consommation hors tabac. Le paiement doit intervenir avant le départ en retraite.
Sources : service-public.gouv.fr (fiche F15675, janvier 2026)





