RSA • Étude DREES
1 million de personnes éligibles au RSA ne le touchent pas
33-37 %
Taux de non-recours
560 000
Foyers concernés
280 €/mois
Perte moyenne
58 000
Ménages sortiraient de la pauvreté
Plus d’un tiers des foyers éligibles au RSA ne le perçoivent pas, révèle une étude de la DREES publiée le 6 mai 2026. Cela représente 560 000 foyers, soit environ 1 million de personnes. Parmi eux, 410 000 personnes perdent au moins 400 €/mois. Et 58 000 ménages sortiraient de la pauvreté monétaire s’ils faisaient la démarche.
Un célibataire de 27 ans hébergé chez ses parents, une mère isolée avec un enfant, un couple dont un seul conjoint travaille au SMIC à temps partiel : ces trois profils ont droit au RSA et ne le touchent pas. La DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) a publié pour la première fois des données précises sur ces « non-recourants », croisant l’enquête revenus fiscaux de l’INSEE avec les données de versement de la CAF.
Les chiffres du non-recours au RSA
Sur les 1,51 million de foyers éligibles au RSA en France métropolitaine au dernier trimestre 2021, entre 33 % et 37 % ne le percevaient pas. Pour 22 à 25 % d’entre eux, cette situation durait depuis au moins deux ou trois trimestres consécutifs.
Le profil des foyers qui ne réclament pas le RSA
Contrairement à une idée reçue, les non-recourants ne sont pas les plus précaires. La DREES constate qu’ils présentent un « statut socio-économique moins défavorisé » que les bénéficiaires actuels.
| Caractéristique | Non-recourants | Recourants |
|---|---|---|
| Propriétaires | 26 % | 9 % |
| Diplôme supérieur | 30 % | 18 % |
| En emploi (salarié ou indépendant) | 53 % | 22 % |
| Dans les 20 % les plus modestes | 71 % | 91 % |
Deux profils types de non-recourants
Les « gros » montants non perçus (41 % des cas, 400 € ou plus/mois) : principalement des célibataires sans enfant (76 %), souvent âgés de 25 à 29 ans (22 %), hébergés gratuitement chez leurs parents. Ces jeunes actifs en recherche d’emploi ou en début de carrière ignorent souvent leur éligibilité ou considèrent la démarche comme stigmatisante.
Les « petits » montants non perçus (42 % des cas, 200 € ou moins/mois) : des profils plus variés. Femmes seules avec enfant (21 %), couples avec enfant et un emploi salarié (28 %), souvent des foyers où un conjoint travaille mais avec des revenus juste sous le plafond. Personnes de référence âgées de 50-59 ans dans 30 % des cas.
L’impact sur la pauvreté monétaire
Si tous les foyers éligibles percevaient le RSA, 345 000 ménages pauvres verraient leur niveau de vie augmenter de 280 €/mois en moyenne. Leur niveau de vie moyen passerait à environ 810 €/mois, soit encore 30 % en dessous du seuil de pauvreté (1 288 € pour une personne seule en 2023).
Parmi eux, 58 000 ménages (71 000 foyers sociaux) sortiraient de la pauvreté monétaire. Plus de la moitié seraient des familles monoparentales. Le RSA ne suffit pas à sortir de la pauvreté, mais il réduit significativement l’écart.
Pourquoi ces foyers ne demandent pas le RSA
La DREES ne détaille pas les raisons individuelles du non-recours, mais les études précédentes identifient plusieurs facteurs récurrents :
- Méconnaissance : le foyer ne sait pas qu’il est éligible, surtout quand les revenus fluctuent (intérim, CDD, auto-entrepreneur)
- Stigmatisation : la perception du RSA comme une « aide sociale » freine certains foyers, notamment les jeunes hébergés chez leurs parents
- Complexité administrative : la déclaration trimestrielle de ressources et les pièces justificatives découragent les foyers éligibles pour de courtes périodes
- Montant jugé trop faible : pour les 42 % éligibles à 200 € ou moins, le rapport effort/gain semble défavorable
- Éligibilité temporaire : les non-recourants sont éligibles pour des périodes plus courtes que les bénéficiaires actuels
Questions fréquentes
Environ 1 million de personnes (560 000 foyers) étaient éligibles au RSA sans le percevoir au dernier trimestre 2021, selon la DREES. Le taux de non-recours est estimé entre 33 % et 37 %, soit plus d’un tiers des foyers éligibles.
Pour 41 % des foyers non-recourants, le manque à gagner atteint 400 € ou plus par mois. En moyenne, les ménages pauvres concernés perdent 280 € par mois. Parmi eux, 58 000 ménages sortiraient de la pauvreté monétaire s’ils percevaient le RSA.
Plusieurs raisons : méconnaissance du droit, complexité de la demande, stigmatisation, éligibilité de courte durée, ou montant perçu comme trop faible pour justifier la démarche. Les non-recourants sont en moyenne plus diplômés et plus proches de l’emploi que les bénéficiaires actuels.
Le projet d’allocation sociale unique (fusion RSA + APL + prime d’activité) prévue à l’horizon 2027 vise justement à réduire le non-recours en simplifiant les démarches. En attendant, le RSA reste une prestation sur demande auprès de la CAF ou de la MSA.
Le simulateur officiel de la CAF (caf.fr) ou le simulateur mesdroitssociaux.gouv.fr permettent de vérifier son éligibilité en quelques minutes. La demande se fait ensuite en ligne sur le site de la CAF ou de la MSA pour les salariés agricoles.
Sources : DREES (Études et Résultats n°1370, 6 mai 2026)





