L’essentiel
- La Préfon-Retraite est un plan d’épargne retraite réservé à la sphère publique depuis la loi Pacte. On y cotise librement, dès 21,50 € par mois, et les versements se déduisent du revenu imposable.
- Ses frais 2026 ont été ramenés à 1 % sur versement et 0,70 % de gestion, loin des 3,90 % de l’ancien régime à points que citent encore beaucoup d’articles. Le fonds en euros a rendu 3,20 % en 2025.
- L’avantage fiscal est un report d’imposition, pas un cadeau : ce qui est déduit à l’entrée est imposé à la sortie. Le gain réel dépend de l’écart de tranche entre l’activité et la retraite.
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À la retraite, la pension d’un fonctionnaire se calcule sur le traitement indiciaire des six derniers mois, primes exclues. Pour une infirmière ou un enseignant dont les primes et heures supplémentaires pèsent lourd dans la fiche de paie, la chute de revenu au moment du départ surprend souvent. C’est précisément ce vide que la Préfon promet de combler depuis 1964. Reste à savoir ce que le dispositif vaut réellement en 2026, une fois devenu un plan d’épargne retraite, et pour qui il présente un intérêt une fois les frais et la fiscalité regardés de près. Un préalable reste de mesurer d’abord ce que la retraite de fonctionnaire versera avant d’y ajouter une épargne.
La Préfon est devenue un plan d’épargne retraite pour la fonction publique
La Préfon est une association, créée il y a plus de soixante ans par des fonctionnaires pour les fonctionnaires, afin de constituer un revenu de retraite en complément des pensions publiques. Le dispositif fonctionne par capitalisation : chacun met de côté pendant sa vie active pour récupérer une rente ou un capital une fois à la retraite. Avec plus de 480 000 affiliés et plus de 13 milliards d’euros gérés, la Préfon reste la référence de l’épargne retraite dans la sphère publique.
Le point décisif date de la loi Pacte de 2019. La Préfon-Retraite a alors été transformée en plan d’épargne retraite, le PER. Ce changement de nature n’est pas cosmétique : il a ouvert la sortie en capital, jusque-là impossible, et fait baisser les frais. Beaucoup d’articles en ligne décrivent encore l’ancien régime à points, avec ses frais élevés et sa rente obligatoire. La réalité du contrat actuel est différente, et c’est le premier réflexe à avoir avant de se forger un avis.
Des cotisations libres dès 21,50 euros, avec des frais resserrés
L’adhésion ne demande pas un gros effort d’épargne pour démarrer. Les versements sont libres et modulables, à partir de 21,50 € par mois, avec la possibilité de les augmenter, de les réduire ou de les suspendre sans pénalité. Cette souplesse convient à des carrières publiques où le pouvoir d’épargne varie dans le temps.
Côté frais, la transformation en PER a joué. La Préfon-Retraite applique 1 % de frais sur chaque versement et 0,70 % de frais de gestion annuels au maximum, sans frais d’arrérage sur la rente. Ce niveau la situe parmi les PER de marché, ni exceptionnel ni prohibitif. Le chiffre de 3,90 % sur les versements, encore relayé par plusieurs comparateurs, renvoyait à l’ancien régime à points et ne correspond plus au contrat actuel. L’épargne est placée sur un fonds en euros sécurisé, qui a servi 3,20 % net en 2025.
Pour les rentes issues de l’ancien régime, le mécanisme reste celui des points : chaque cotisation achète des points à leur valeur d’acquisition, fixée à 1,99118 € au 1er janvier 2026, et chaque point rapporte ensuite une rente annuelle à sa valeur de service, de 0,10219 € à la même date. Ce fonctionnement en points caractérise le régime historique, distinct du plan d’épargne retraite ouvert aux nouveaux adhérents.
Un accès large, bien au-delà des seuls titulaires
La Préfon-Retraite s’adresse à l’ensemble des agents publics, quel que soit leur statut. Sont concernés les fonctionnaires titulaires des trois versants, d’État, territorial et hospitalier, mais aussi les agents contractuels, souvent oubliés des dispositifs maison. L’accès s’étend aussi au cercle familial de l’affilié.
L’avantage fiscal est une déduction, pas un cadeau
C’est l’argument principal du produit, et le plus mal compris. Les sommes versées sur la Préfon se déduisent du revenu imposable, dans la limite du plafond d’épargne retraite. Pour 2026, ce plafond correspond au plus élevé des deux montants suivants : 10 % des revenus professionnels de l’année précédente, retenus dans la limite de 37 680 €, ou un forfait de 4 710 €. Un agent dont les versements restent sous ce plafond déduit donc l’intégralité de son effort d’épargne.
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L’économie dépend mécaniquement de la tranche marginale d’imposition. Dans la tranche à 30 %, 100 € versés réduisent l’impôt de 30 €. Dans la tranche à 11 %, la même somme n’en fait gagner que 11. C’est pourquoi le dispositif intéresse surtout les revenus les plus imposés, un raisonnement identique à celui de l’avantage fiscal du PER. Encore faut-il ne pas oublier la contrepartie, qui se joue au moment de la sortie.
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La plupart des pages consacrées à la Préfon listent ses avantages et s’arrêtent là, ou reprochent au contrat des frais et un rendement qui appartiennent à l’ancien régime. Un examen honnête retient d’autres limites, bien réelles celles-là.
La première tient à la nature même du produit. Comme tout plan d’épargne retraite, l’épargne est bloquée jusqu’à la retraite, sauf accident de la vie ou achat de la résidence principale. L’argent placé n’est donc pas une réserve de précaution disponible. La deuxième limite concerne l’avantage fiscal, qui n’efface pas l’impôt mais le décale : la rente ou le capital versé à la sortie est imposé, et l’intérêt du montage repose entièrement sur l’écart de tranche entre l’activité et la retraite. La troisième tient au rendement : un fonds en euros à 3,20 % protège le capital mais suit difficilement l’inflation certaines années, si bien que le pouvoir d’achat de l’épargne peut s’éroder.
À qui la Préfon convient, et à qui elle convient moins
Le produit trouve son public. Un agent public imposé dans une tranche élevée, soucieux de sécuriser son épargne sur un fonds en euros et attaché à la protection du conjoint par la réversion, tire un vrai bénéfice de la déduction et du cadre. Pour lui, la Préfon coche des cases que peu de contrats réunissent pour la sphère publique.
Le dispositif convient moins à d’autres profils. Un agent faiblement imposé retire peu de la déduction, tandis qu’un épargnant en quête de performance trouvera ailleurs des unités de compte plus dynamiques que le fonds en euros. Un PER individuel en ligne, souvent moins chargé en frais et plus ouvert en supports, mérite la comparaison, au même titre que l’arbitrage entre sortie en rente viagère et sortie en capital. La Préfon n’est ni le meilleur ni le pire des PER : elle est un PER de la fonction publique, à juger sur ses frais, sa fiscalité et l’horizon de son souscripteur.
La sortie se fait en rente, en capital ou les deux
Devenue PER, la Préfon offre les mêmes portes de sortie qu’un plan classique. À la retraite, l’affilié choisit une rente viagère versée à vie, un capital réglé en une fois ou fractionné sur cinq ou dix versements, ou une combinaison des deux. Avant l’âge de la retraite, un déblocage anticipé reste possible pour financer l’achat de la résidence principale ou face à un accident de la vie, comme l’invalidité, le décès du conjoint, le surendettement ou la fin des droits au chômage.
La fiscalité de sortie découle du choix fait à l’entrée. Puisque les versements ont été déduits, ils sont imposés au moment où ils reviennent. Le tableau ci-dessous résume le traitement d’une sortie pour des versements déduits, sur la base des taux applicables en 2026.
| Mode de sortie | Part des versements | Part des gains | Prélèvements sociaux 2026 |
|---|---|---|---|
| Rente viagère | Imposée comme une pension de retraite, au barème après abattement de 10 % | 18,6 % sur 40 % de la rente entre 60 et 69 ans | |
| Capital | Barème de l’impôt sur le revenu, sans prélèvements sociaux | Prélèvement forfaitaire de 12,8 % | 18,6 % sur les gains, soit 31,4 % au total |
La réversion mérite enfin d’être posée dès l’adhésion. L’affilié peut désigner un bénéficiaire et fixer un taux de réversion de 60 % à 100 %, une logique proche de celle de la pension de réversion des fonctionnaires, mais adossée cette fois à une épargne personnelle.
Le transfert vers un autre PER reste ouvert, l’entrée non
Devenue un plan d’épargne retraite, la Préfon suit les règles de portabilité communes à tous les PER. L’épargne accumulée peut être transférée vers un autre PER individuel : l’opération est gratuite après 5 ans de détention, et les frais restent plafonnés à 1 % de l’encours avant ce délai. À l’inverse, un ancien contrat, comme l’ancienne Préfon à points, un PERP ou un contrat Madelin, peut être transféré vers un PER, avec des frais pouvant atteindre 5 % lorsqu’il est détenu depuis moins de dix ans.
Une limite tient à l’accès réservé. On transfère de la Préfon vers un PER de marché, jamais l’inverse, puisque l’adhésion reste réservée à la sphère publique. Quitter la fonction publique ou s’installer à l’étranger n’oblige donc pas à clôturer : le contrat étant individuel, il se conserve ou se transfère, sans perte des droits déjà acquis.
Un complément se dimensionne sur un manque précis
L’analyse du relevé de carrière chiffre l’écart réel à combler avant d’épargner
Ce que la Préfon change concrètement, chiffres à l’appui
Exemple chiffré
Une enseignante en tranche à 30 % verse 200 € par mois
Questions fréquentes
Elle vise l’ensemble de la sphère publique, mais largement au-delà des seuls titulaires. Les agents des trois versants de la fonction publique, d’État, territoriale et hospitalière, y ont accès, mais aussi les agents contractuels, les anciens militaires devenus civils, ainsi que les conjoints, partenaires de Pacs, ascendants et descendants d’un affilié. Un salarié du privé, lui, n’y a pas droit et souscrit un PER classique.
Depuis sa transformation en plan d’épargne retraite, les frais sur versement sont de 1 % et les frais de gestion de 0,70 % par an au maximum, sans frais d’arrérage. Beaucoup d’articles citent encore 3,90 % sur les versements : ce chiffre correspond à l’ancien régime à points et n’a plus cours pour les nouvelles cotisations. Les frais actuels situent le contrat parmi les PER de marché, sans plus.
Oui, depuis que la Préfon est un PER. La sortie peut se faire en rente viagère, en capital versé en une fois ou fractionné sur 5 ou 10 ans, ou en combinant les deux. Avant la retraite, l’épargne reste bloquée, sauf déblocage anticipé pour l’achat de la résidence principale ou pour un accident de la vie (invalidité, décès du conjoint, surendettement, fin de droits au chômage).
Il dépend de la tranche d’imposition. La déduction des versements réduit l’impôt à l’entrée, d’autant plus qu’on est imposé dans une tranche élevée. Mais cet argent est imposé à la sortie, en rente ou en capital. Le gain réel apparaît lorsque la tranche d’imposition à la retraite est plus basse qu’en activité. À tranche identique, l’avantage fiscal se réduit à un simple report d’imposition.
Le contrat prévoit une réversion au profit d’un bénéficiaire désigné, à un taux compris entre 60 % et 100 % selon l’option retenue à l’adhésion. En cas de décès avant la liquidation, l’épargne accumulée est transmise selon les règles du plan d’épargne retraite. La réversion et la protection du conjoint sont d’ailleurs des arguments historiques du dispositif auprès des agents publics.
Sources : Préfon, notice d’information du PER Préfon-Retraite au 1er janvier 2026 (frais, valeur d’acquisition et de service du point, revalorisation des rentes, rendement du fonds en euros, cotisation minimale) ; loi Pacte du 22 mai 2019 (transformation en plan d’épargne retraite) ; service-public.gouv.fr, fiche F34982 (plafond de déduction, fiscalité de sortie, transfert et portabilité, cas de déblocage anticipé, prélèvements sociaux 2026).





