L’essentiel
- En 2026, les pensions subissent quatre taux de prélèvements sociaux (CSG + CRDS + CASA) : 0 %, 4,3 %, 7,4 % ou 9,1 %, selon le revenu fiscal de référence de 2024.
- Un simple franchissement de seuil fait basculer dans la tranche supérieure et peut retirer plusieurs centaines d’euros par an, sans que le montant brut ait changé.
- Le lissage ne protège que le passage du taux réduit vers un taux supérieur, et seulement si le dépassement ne dure qu’une année.
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Le virement de retraite peut baisser d’un mois sur l’autre sans que le montant brut de la pension ait bougé. En cause : la mise à jour annuelle du barème de la CSG et des prélèvements sociaux, appliquée par les caisses en début d’année. Pour 2026, les seuils de revenu qui déclenchent chaque taux ont été relevés de 1,8 %, dans le sillage de l’inflation. Le taux retenu pour 2026 est calculé sur le revenu fiscal de référence de 2024, tel qu’il figure sur l’avis d’imposition 2025. Ces prélèvements interviennent à la dernière étape du calcul de la retraite, une fois le montant brut fixé : si le revenu a franchi un seuil, la caisse applique automatiquement un taux supérieur et la pension nette diminue.
Quatre tranches de prélèvements sociaux s’appliquent aux pensions
Les pensions de retraite supportent trois contributions sociales : la CSG (contribution sociale généralisée), la CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale) à 0,5 % et la CASA (contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie) à 0,3 %. Le taux de CSG varie selon les revenus du foyer, ce qui crée quatre niveaux de prélèvements. La CASA ne s’applique qu’aux taux médian et normal ; la CRDS, à tous sauf l’exonération.
Les seuils de revenu fiscal de référence par nombre de parts
| Parts fiscales | Exonération (0 %) | Taux réduit (4,3 %) | Taux médian (7,4 %) | Taux normal (9,1 %) |
|---|---|---|---|---|
| 1 part | ≤ 13 048 € | 13 049 – 17 057 € | 17 058 – 26 472 € | > 26 472 € |
| 1,5 part | ≤ 16 532 € | 16 533 – 21 612 € | 21 613 – 33 538 € | > 33 538 € |
| 2 parts | ≤ 20 016 € | 20 017 – 26 167 € | 26 168 – 40 604 € | > 40 604 € |
| 2,5 parts | ≤ 23 500 € | 23 501 – 30 722 € | 30 723 – 47 670 € | > 47 670 € |
| 3 parts | ≤ 26 984 € | 26 985 – 35 277 € | 35 278 – 54 736 € | > 54 736 € |
Chaque demi-part supplémentaire relève les seuils d’un montant fixe : environ 3 484 € pour l’exonération, 4 555 € pour le plafond du taux réduit et 7 066 € pour celui du taux médian. Pour un couple soumis à imposition commune (2 parts), le taux normal ne démarre ainsi qu’au-delà de 40 604 € de revenu fiscal de référence. Les seuils applicables dans les DOM sont plus élevés, en raison des abattements fiscaux spécifiques à ces territoires.
Calculer sa pension nette après CSG
Le simulateur ci-dessous applique le bon taux de prélèvements en fonction du revenu fiscal de référence 2024 et du nombre de parts, puis affiche le montant net mensuel et annuel. Il donne une estimation hors mécanisme de lissage.
Simulateur : pension nette après prélèvements sociaux
Estimation du net mensuel après CSG, CRDS et CASA, à partir de la pension brute et du revenu fiscal de référence 2024 (métropole).
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Le taux de CSG appliqué en 2026 ne dépend pas du montant de la pension versée cette année, mais du revenu fiscal de référence (RFR) de 2024, qui figure en première page de l’avis d’imposition 2025. L’administration fiscale transmet le taux correspondant aux caisses de retraite de base et complémentaires.
Le nouveau taux s’applique sur la pension de base dès janvier 2026 (versée en février) et sur la complémentaire Agirc-Arrco à partir de mars. Un décalage de quelques semaines entre les deux virements est donc normal.
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Ce mécanisme crée un effet de seuil brutal : un retraité dont le RFR passe de 26 400 € à 26 500 € (100 € de plus) bascule du taux médian (7,4 %) au taux normal (9,1 %), avec une hausse de 1,7 point de prélèvements sur l’intégralité de la pension.
Un changement de tranche peut coûter plus de 500 € par an
Cas concret
Retraité seul, pension brute de 2 700 €/mois, RFR 2024 de 28 000 €
Taux CSG applicable
8,3 % (normal)
Total prélèvements
9,1 %
Prélèvement mensuel
245,70 €
Perte par rapport au taux médian (7,4 %)
-45,90 €/mois
soit 550,80 € de pension nette en moins sur l’année
Au taux médian (7,4 %) : prélèvements de 199,80 €/mois, pension nette de 2 500,20 €. Au taux normal (9,1 %) : prélèvements de 245,70 €/mois, pension nette de 2 454,30 €. La différence de 1,7 point représente 45,90 €/mois, soit 550,80 €/an de pension nette en moins, sans que le montant brut n’ait changé.
L’impact est proportionnel au montant de la pension brute. Sur une pension de 1 500 € brut/mois, le passage du taux réduit (4,3 %) au taux médian (7,4 %) représente environ 46,50 €/mois, soit 558 €/an. Le passage du taux médian au taux normal sur la même pension coûte environ 25,50 €/mois.
Le lissage ne protège pas dans tous les cas
Un mécanisme de lissage limite la hausse lorsqu’un retraité passe du taux réduit vers un taux supérieur. Si le RFR dépasse le seuil une seule année puis repasse en dessous l’année suivante, l’ancien taux est maintenu. Le nouveau taux ne s’applique pleinement que si le dépassement se répète deux années consécutives.
Ce filet de sécurité comporte des limites :
- Il ne protège pas la sortie de l’exonération (passage de 0 % à 4,3 %).
- Il ne s’applique pas au passage du taux médian (7,4 %) au taux normal (9,1 %).
- Il ne joue que pour le passage du taux réduit vers un taux supérieur.
La CSG est partiellement déductible de l’impôt sur le revenu
Une partie de la CSG payée sur la pension est déductible du revenu imposable, ce qui réduit l’impôt sur le revenu. La part déductible varie selon le taux :
| Taux de CSG | Part déductible | Part non déductible |
|---|---|---|
| 3,8 % (réduit) | 3,8 % | 0 % |
| 6,6 % (médian) | 4,2 % | 2,4 % |
| 8,3 % (normal) | 5,9 % | 2,4 % |
Les 2,4 points non déductibles augmentent le revenu imposable, ce qui peut engendrer un surcroît d’impôt. L’effet est sensible pour les retraités proches d’une tranche du barème de l’impôt sur le revenu : la hausse de CSG non déductible relève le revenu imposable, qui peut à son tour déclencher un changement de tranche.
Trois vérifications pour anticiper l’impact sur la pension
Trois réflexes permettent d’anticiper la baisse et de ne pas confondre le brut affiché avec le net réellement perçu, celui qu’il faudra reporter comme pension nette imposable :
- Repérer le revenu fiscal de référence 2024 sur l’avis d’imposition 2025 (première page, en haut à gauche).
- Comparer ce montant aux seuils : 13 048 €, 17 057 € et 26 472 € pour 1 part en métropole, à ajuster selon le nombre de parts.
- Surveiller les pensions de février et mars 2026 : une baisse nette entre janvier et février signale un changement de tranche sur la retraite de base, le même décalage entre février et mars concerne l’Agirc-Arrco.
Questions fréquentes sur la CSG retraite 2026
En 2026, quatre taux de CSG s’appliquent sur les pensions : 0 % (exonération), 3,8 % (taux réduit), 6,6 % (taux médian) et 8,3 % (taux normal). Le taux dépend du revenu fiscal de référence de 2024, indiqué sur l’avis d’imposition 2025. À la CSG s’ajoutent la CRDS (0,5 %) et, sauf exonération, la CASA (0,3 %), portant le total des prélèvements sociaux de 0 % à 9,1 %.
Pour un retraité seul (1 part fiscale) en métropole, les seuils de revenu fiscal de référence 2024 sont : jusqu’à 13 048 € pour l’exonération (0 %), de 13 049 € à 17 057 € pour le taux réduit (3,8 %), de 17 058 € à 26 472 € pour le taux médian (6,6 %), et au-delà de 26 472 € pour le taux normal (8,3 %). Pour un couple (2 parts), le seuil du taux normal atteint 40 604 €.
Lorsque le revenu fiscal de référence 2024 franchit un seuil de CSG, la caisse de retraite applique automatiquement un taux de prélèvement supérieur depuis janvier 2026. La pension brute reste identique, mais la pension nette diminue. Le passage du taux médian (6,6 %) au taux normal (8,3 %) sur une pension de 2 700 € brut représente environ 46 € de moins par mois, soit plus de 550 € sur l’année.
Le lissage ne joue que pour le passage du taux réduit (3,8 %) vers le taux médian (6,6 %) ou normal (8,3 %), et à condition que le seuil ne soit dépassé qu’une seule année. Si le dépassement se répète deux années consécutives, le nouveau taux s’applique pleinement. Le lissage ne protège ni la sortie de l’exonération, ni le passage du taux médian au taux normal.
La CSG est partiellement déductible du revenu imposable. Au taux réduit (3,8 %), elle est intégralement déductible. Au taux médian (6,6 %), 4,2 points sont déductibles et 2,4 points ne le sont pas. Au taux normal (8,3 %), 5,9 points sont déductibles et 2,4 points restent non déductibles. La part non déductible augmente le revenu imposable, ce qui peut accroître l’impôt sur le revenu.
Non, aucune suppression de la CSG sur les pensions n’est prévue en 2026. Seuls les retraités dont le revenu fiscal de référence 2024 reste sous le seuil d’exonération (13 048 € pour une personne seule en métropole) sont dispensés de CSG, de CRDS et de CASA. Au-dessus de ce seuil, la pension reste soumise à un taux total de 4,3 %, 7,4 % ou 9,1 % selon le revenu. Ce qui change en 2026, ce sont les seuils, revalorisés de 1,8 %.
Sources : Assurance retraite (CNAV) ; service-public.gouv.fr (fiche F2971, prélèvements sociaux sur les pensions) ; code général des impôts (CSG déductible) ; barème 2026 des seuils de revenu fiscal de référence.

