L’essentiel
- La décote retire 1,25 % par trimestre manquant (0,625 point sur le taux de 50 %), plafonnée à 20 trimestres : le taux ne descend jamais sous 37,5 %, et rarement sous 42,5 % pour un départ à l’âge légal.
- Elle est définitive, appliquée à vie sur la base et la complémentaire, mais annulée à 67 ans, l’âge du taux plein automatique.
- La surcote est le mécanisme inverse : +1,25 % par trimestre travaillé au-delà de l’âge légal, sans plafond.
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Partir à la retraite un an trop tôt peut coûter des dizaines de milliers d’euros sur l’ensemble de la retraite. En cause : la décote, cette pénalité définitive qui frappe ceux qui liquident sans tous leurs trimestres. À l’opposé, travailler un peu plus longtemps déclenche la surcote, un bonus tout aussi durable. Comprendre ces deux mécanismes, ce sont eux qui déterminent le taux dans le calcul de la retraite, permet de choisir sa date de départ en connaissance de cause.
La décote : la pénalité des trimestres manquants
La décote est une réduction appliquée au taux de la pension lorsqu’un assuré part sans réunir la durée d’assurance requise et avant l’âge du taux plein automatique. Elle s’ajoute à la proratisation, si bien qu’un départ incomplet est pénalisé deux fois : le taux baisse, et la pension est aussi calculée sur une carrière plus courte.
Comment elle se calcule
Chaque trimestre manquant retire 1,25 % au taux, soit 0,625 point sur le taux plein de 50 %. Pour fixer le nombre de trimestres manquants, la caisse retient le résultat le plus favorable entre deux comparaisons : l’écart à la durée d’assurance requise, et l’écart à l’âge du taux plein automatique (67 ans). La décote est plafonnée à 20 trimestres, soit une réduction maximale de 25 % du taux.
Le tableau de la décote, trimestre par trimestre
| Trimestres manquants | Réduction du taux | Taux appliqué (sur 50 %) |
|---|---|---|
| 1 | 1,25 % | 49,375 % |
| 2 | 2,5 % | 48,75 % |
| 4 | 5 % | 47,5 % |
| 8 | 10 % | 45 % |
| 12 | 15 % | 42,5 % |
| 16 | 20 % | 40 % |
| 20 (maximum) | 25 % | 37,5 % |
Une nuance que la plupart des sites omettent : pour un départ à l’âge légal de 64 ans, la décote est bornée par l’écart jusqu’à 67 ans, soit 12 trimestres au maximum. Dans ce cas, le taux ne descend pas sous 42,5 % : le plancher théorique de 37,5 % suppose de partir bien avant l’âge légal, ce que seules certaines situations permettent.
Quand la décote s’annule
La décote disparaît automatiquement à 67 ans, l’âge du taux plein pour les personnes nées à partir de septembre 1961, quelle que soit la durée cotisée. Elle est écartée plus tôt dans plusieurs cas : dès l’âge légal en cas d’inaptitude au travail ou de handicap reconnu, et à 62 ans pour les catégories actives de la fonction publique. Partir avant ces bornes sans la durée requise déclenche en revanche la pénalité.
Comment éviter ou réduire la décote
- Repousser son départ jusqu’à réunir la durée requise, ou jusqu’à 67 ans où la décote tombe d’elle-même.
- Récupérer des trimestres oubliés en contrôlant son relevé, ou envisager un rachat de trimestres lorsqu’il en manque peu.
- Vérifier un droit au départ anticipé pour carrière longue, qui ouvre le taux plein sans décote pour les carrières commencées jeune.
- Comparer, avant de partir, le coût de la décote à vie au revenu perdu en travaillant quelques trimestres de plus.
La surcote : le bonus inverse
La surcote récompense ceux qui continuent de travailler après avoir atteint l’âge légal et la durée du taux plein. Chaque trimestre supplémentaire majore la pension de 1,25 %, soit 5 % pour une année complète, et cette majoration s’applique à vie sans plafond, contrairement à la décote limitée à 20 trimestres. Une majoration spécifique existe d’ailleurs au titre des enfants, détaillée dans le guide de la surcote parentale.
La minoration définitive sur la retraite complémentaire
La décote de la pension de base a un équivalent du côté de la complémentaire Agirc-Arrco : liquider sa retraite sans le taux plein du régime de base entraîne une minoration définitive des points, le coefficient d’anticipation. Il se calcule sur la solution la plus favorable entre le nombre de trimestres manquants et l’âge : 1 % de moins par trimestre manquant jusqu’à 8 trimestres, puis une pente plus forte qui atteint 22 % de baisse à 20 trimestres. Sur l’exemple des 8 trimestres manquants, la complémentaire est ainsi amputée de 8 % (coefficient 0,92), à vie. À ne pas confondre avec l’ancien malus temporaire de 10 % pendant trois ans, le coefficient de solidarité, supprimé pour tous : plus aucune retenue de ce type n’est appliquée depuis le 1er avril 2024. Le détail figure dans le guide de la retraite complémentaire Agirc-Arrco.
Un exemple chiffré
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Une personne dont la retraite à taux plein serait de 1 250 € par mois, qui envisage de partir avec 8 trimestres manquants (deux ans trop tôt).
Face à un tel écart, recompter précisément ses trimestres et contrôler son relevé de carrière avant d’arrêter une date de départ évite de partir avec une décote qu’un simple oubli aurait pu combler.
Questions fréquentes
1,25 % par trimestre manquant (0,625 point sur le taux de 50 %). Le nombre de trimestres est le plus favorable entre l’écart à la durée requise et l’écart à 67 ans, dans la limite de 20.
Oui, à vie, sur la pension de base comme sur la complémentaire. La seule façon de l’annuler : repousser son départ jusqu’à la durée requise ou jusqu’à 67 ans.
Plafonnée à 20 trimestres, soit 25 % du taux (plancher 37,5 %). En pratique, pour un départ à 64 ans, la décote est bornée par l’écart à 67 ans et le taux descend rarement sous 42,5 %.
À 67 ans (âge du taux plein automatique), quelle que soit la durée. 62 ans pour les catégories actives de la fonction publique, et dès l’âge légal en cas d’inaptitude ou de handicap.
L’inverse de la décote : chaque trimestre travaillé au-delà de l’âge légal, une fois le taux plein atteint, majore la pension de 1,25 %, sans plafond. Un an de plus = +5 % à vie.
Sources : code de la sécurité sociale, articles L. 351-1 et D. 351-1 et suivants (taux, décote, surcote) ; Assurance retraite (coefficient de minoration, âge du taux plein) ; circulaire Cnav 2026/7 (âge du taux plein automatique) ; Service des Retraites de l’État (décote des fonctionnaires) ; Agirc-Arrco, tableau 2025 des coefficients de minoration (coefficient d’anticipation).






