Retraite • Réversion • Agirc-Arrco
Réversion Agirc-Arrco : un droit oublié
qui peut coûter des milliers d’euros
60 %
des droits du
défunt reversés
1 an
de rétroactivité
maximum
0 €
condition de
ressources
13 Md€
versés chaque
année
La pension de réversion Agirc-Arrco représente 60 % des droits retraite du défunt. Elle est versée sans condition de ressources, mais n’est jamais attribuée automatiquement. La rétroactivité est limitée à 1 an : chaque année de retard est perdue définitivement.
Martine, 72 ans, a perdu son mari en 2020. Elle percevait déjà la réversion du régime de base (Cnav), accordée sous condition de ressources. Elle n’a jamais pensé à réclamer la réversion Agirc-Arrco, persuadée que ses revenus étaient trop élevés. En déposant sa demande en 2026, elle récupère 12 mois d’arriérés, mais perd définitivement 4 années de pension. À 480 € par mois, la facture atteint 23 040 €.
Pas de condition de ressources, mais un droit quérable
La confusion est fréquente : au régime de base, la réversion est soumise à un plafond de ressources (24 232 € bruts annuels pour une personne seule en 2026). Au régime complémentaire Agirc-Arrco, aucune condition de ressources n’est exigée. La seule restriction : ne pas s’être remarié. Un cadre supérieur en activité avec un salaire de 6 000 € par mois peut percevoir la réversion Agirc-Arrco de son conjoint décédé.
« Dès lors que le défunt touchait une retraite Agirc-Arrco, le conjoint survivant a toujours droit à une réversion, à condition de ne pas s’être remarié. Ce n’est pas sous condition de ressources, à la différence du régime de base », précise Frédéric Roullier, directeur produit retraite Agirc-Arrco.
La rétroactivité limitée à 12 mois : le piège majeur
L’Agirc-Arrco applique une rétroactivité d’un an maximum à compter de la date de la demande. « Par principe, on rétroagit d’un an. Si une personne nous sollicite 20 ans après, on ne rattrape pas les 20 années », indique Frédéric Roullier. Le calcul est brutal : sur une réversion de 480 € par mois, 3 ans de retard représentent 11 520 € perdus. À 10 ans, la perte dépasse 51 000 €.
Les ex-conjoints non remariés ont également droit à la réversion
Le droit à réversion ne se limite pas au conjoint au moment du décès. Lorsqu’une personne a été mariée plusieurs fois, chaque ex-conjoint non remarié peut prétendre à une part de la réversion, répartie au prorata de la durée de chaque mariage.
Si le défunt a été marié 10 ans avec un premier conjoint et 20 ans avec un second, le premier reçoit un tiers de la réversion (160 € sur 480 €) et le second deux tiers (320 €). Ce mécanisme justifie les efforts de l’Agirc-Arrco pour identifier l’ensemble des bénéficiaires potentiels, y compris les unions antérieures.
Les conditions à remplir pour déposer une demande
| Condition | Détail |
|---|---|
| Mariage | Avoir été marié avec le défunt (le PACS et le concubinage ne donnent pas droit à la réversion) |
| Non-remariage | Ne pas s’être remarié (le PACS et le concubinage postérieurs ne bloquent pas le droit) |
| Âge minimum | 55 ans au moment de la demande |
| Exception invalidité | Conjoint invalide ou ayant 2 enfants à charge : réversion possible avant 55 ans |
| Taux | 60 % des droits Agirc-Arrco acquis par le défunt |
| Condition de ressources | Aucune (spécifique à l’Agirc-Arrco) |
Pour les conjoints de moins de 55 ans sans enfant à charge et non invalides, le droit existe mais ne pourra être exercé qu’à partir de 55 ans. La demande peut être déposée à cette date. Les démarches de réversion sont désormais simplifiées par un portail commun à tous les régimes.
L’Agirc-Arrco tente d’identifier les ayants droit non réclamés
Face au volume de droits non réclamés, l’Agirc-Arrco a mis en place plusieurs dispositifs. Un courrier est systématiquement adressé au domicile du défunt pour informer un éventuel conjoint survivant. L’organisme exploite également les données à sa disposition pour repérer les bénéficiaires potentiels : « un même nom, une même adresse et les mêmes coordonnées bancaires sont déjà des indices », explique Frédéric Roullier.
Les dossiers concernant un mariage unique sont désormais traités de façon automatisée, ce qui accélère les délais de versement. Pour les situations plus complexes (plusieurs unions, succession en cours), un conseiller accompagne le bénéficiaire. Le réseau de l’Agirc-Arrco compte 600 points d’accueil sur le territoire. Le numéro à contacter : 0 970 660 660 (appel non surtaxé).
Questions fréquentes
Non. La réversion Agirc-Arrco est versée sans condition de ressources, contrairement au régime de base (Cnav). La seule condition liée à la situation personnelle est de ne pas être remarié. Un conjoint survivant aux revenus élevés peut donc percevoir 60 % des droits Agirc-Arrco du défunt.
L’Agirc-Arrco rétroagit d’un an maximum à compter de la date de la demande. Si le conjoint survivant dépose sa demande 5 ans après le décès, il perd définitivement 4 années de pension. Le versement ne commence qu’à partir de la date de la demande moins 12 mois.
Oui, à condition de ne pas être remarié. La réversion est alors répartie au prorata de la durée de chaque mariage. Si le défunt a été marié 10 ans avec son ex-conjoint et 20 ans avec son conjoint au moment du décès, l’ex-conjoint reçoit un tiers de la réversion et le conjoint survivant deux tiers.
Non. La réversion est un droit quérable : elle doit être demandée par le conjoint survivant. L’Agirc-Arrco envoie un courrier au domicile du défunt pour informer un éventuel ayant droit, mais le versement ne se déclenche qu’après dépôt d’une demande formelle.
Oui. Le portail Info-Retraite accessible via FranceConnect permet de déposer une seule demande qui interroge simultanément tous les régimes de retraite (base et complémentaires). Entre 35 % et 40 % des demandes Agirc-Arrco passent déjà par ce canal.





