Hériter d’un lingot d’or : les 3 règles fiscales à connaître en 2026

Or • Fiscalité • Succession 2026

Hériter d’un lingot d’or :
ce que le fisc prend vraiment

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+40 %

hausse de l’or
sur 1 an en €

11,5 %

taxe forfaitaire
sur le prix de vente

22 ans

détention pour
exonération totale

37,6 %

taux plus-value
(IR + PS 2026)

L’or a bondi de plus de 40 % en un an en euros, avec un record à 4 521 € l’once fin janvier 2026. Les lingots hérités valent soudain plusieurs dizaines de milliers d’euros. La fiscalité de l’or repose sur deux régimes au choix à la revente, et la plus-value du défunt s’efface à la succession.

Monique, 68 ans, découvre un lingot d’1 kg dans le coffre de sa mère décédée. Acheté dans les années 80, il valait environ 8 000 €. Aujourd’hui, il en vaut 120 000 €. La plus-value de 112 000 € accumulée du vivant de sa mère ne sera jamais taxée. Mais au moment de revendre, Monique devra choisir entre deux régimes fiscaux dont l’écart peut atteindre plusieurs milliers d’euros.

Zéro déclaration annuelle, zéro IFI : la discrétion fiscale de l’or

L’or d’investissement (lingots, barres, pièces type Napoléon ou Marianne Coq) ne produit ni dividende, ni intérêt, ni loyer. Tant que le métal reste au coffre, aucune déclaration annuelle n’est requise. « Il n’y a pas de déclaration annuelle, comme c’est le cas pour les placements financiers, c’est uniquement une déclaration, une seule, à la vente », résume Étienne Brois, consultant en ingénierie patrimoniale et auteur de Protéger son épargne avec l’or et l’argent (Eyrolles, mai 2026).

L’or physique est aussi exclu de l’assiette de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) depuis sa création en 2018. L’achat est exonéré de TVA depuis le 1er janvier 2000. Cette fiscalité contraste avec celle d’un livret bancaire ou d’un compte-titres, imposés chaque année sur les intérêts ou les plus-values.

Deux régimes au choix à la revente : 11,5 % forfaitaire ou 37,6 % sur la plus-value

La taxation intervient uniquement au moment de la vente. Deux régimes coexistent pour les lingots et les pièces sans cours légal.

La taxe forfaitaire sur les métaux précieux (TMP) s’applique par défaut : 11,5 % sur la totalité du prix de vente, dès le premier euro, sans condition de durée ni justificatif. Sur une vente à 100 000 €, la taxe atteint 11 500 €, quel que soit le prix d’achat initial.

Le régime de la plus-value réelle porte uniquement sur le gain. Le taux est de 37,6 % en 2026 (19 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux, dont la CSG relevée à 10,6 % par la loi de financement de la Sécurité sociale). Ce régime offre un abattement de 5 % par an dès la 3e année de détention, soit une exonération totale au-delà de 22 ans. Condition : disposer d’une facture nominative prouvant le prix et la date d’acquisition.

Bijoux et pièces de collection : régime distinct
Les bijoux, jetons et pièces antérieures à 1800 relèvent d’une taxe forfaitaire réduite à 6,5 %, avec exonération totale en dessous de 5 000 € par vente. Une bague en or à 4 000 € ne supporte aucune taxe.
Taxe forfaitaire vs régime plus-value selon la durée de détention Lingot acheté 40 000 €, revendu 100 000 € (plus-value 60 000 €) 25 000 € 20 000 € 15 000 € 10 000 € 5 000 € TMP 11 500 € 22 560 € 19 176 € 15 792 € 12 408 € 9 024 € 5 640 € 2 256 € 0 € 1 an 5 ans 8 ans 11 ans 14 ans 17 ans 20 ans 22 ans Régime plus-value (TMP moins cher) Régime plus-value (PV moins cher) Taxe forfaitaire 11,5 % adcf.org

À la succession, la plus-value du défunt s’efface

Le mécanisme le plus méconnu intervient à la succession. L’or entre dans la masse successorale et reste soumis aux droits de succession habituels (abattement de 100 000 € par enfant tous les 15 ans en ligne directe). Mais la plus-value accumulée du vivant du défunt est purgée. « Vos enfants héritent de ce montant-là et il y a une purge de la plus-value », confirme Étienne Brois.

L’exemple de Monique l’illustre : sa mère avait acheté le lingot 8 000 €, il vaut 120 000 € au décès. Les 112 000 € de gain ne seront jamais taxés au titre de la plus-value. Le prix de revient fiscal de Monique devient 120 000 € (la valeur au décès), pas 8 000 €. Si elle revend à 130 000 € dans quelques années, seuls les 10 000 € de gain post-succession seront imposables. Les droits de succession acquittés peuvent même être ajoutés au prix d’acquisition, réduisant encore la plus-value future.

Sans facture = taxe forfaitaire obligatoire
Le cas le plus fréquent en France reste le lingot hérité sans facture d’achat. Faute de justificatif nominatif, l’héritier ne peut pas opter pour le régime de la plus-value et bascule automatiquement sur la TMP à 11,5 %. Sur une vente à 100 000 €, la taxe atteint 11 500 €. Conserver la facture d’achat, c’est potentiellement économiser cette somme après 22 ans.
ScénarioRégimeTaxeNet en poche
Vente 100 000 €, pas de factureTMP 11,5 %11 500 €88 500 €
Vente 100 000 €, achat 40 000 €, détention 5 ansPlus-value 37,6 %19 176 €80 824 €
Vente 100 000 €, achat 40 000 €, détention 15 ansPlus-value 37,6 %7 896 €92 104 €
Vente 100 000 €, achat 40 000 €, détention 22 ansPlus-value 37,6 %0 €100 000 €
Bijoux 4 000 €Exonéré0 €4 000 €

L’or se revend en 2 à 3 jours, sans blocage

Contrairement à un plan d’épargne retraite (PER) dont l’épargne est bloquée jusqu’à la liquidation des droits, l’or se revend en 2 à 3 jours via un fournisseur établi. Le professionnel peut prélever la taxe à la source et créditer le compte bancaire du vendeur sans démarche supplémentaire. « Par nature, il faut attendre la retraite », rappelle Étienne Brois à propos du PER, dont les 6 cas de déblocage anticipé (invalidité, décès du conjoint, surendettement, fin de droits au chômage, liquidation judiciaire, achat de la résidence principale) restent l’exception.

Cette liquidité fait de l’or un complément à une épargne diversifiée, en particulier pour les patrimoines qui intègrent déjà de l’assurance-vie. Le cours de l’once restait autour de 4 000 € en mai 2026 après la correction de printemps.

💡
Conserver la facture, c’est la règle d’or
Sans facture nominative, le régime de la plus-value (et ses abattements) est inaccessible. Qu’il s’agisse d’un achat personnel ou d’un lingot reçu en donation, conserver le justificatif peut représenter une économie de 11 500 € sur une vente à 100 000 € après 22 ans de détention.

Questions fréquentes

Non. L’or d’investissement (lingots, pièces sans cours légal) ne produit ni dividende ni intérêt. Aucune déclaration annuelle n’est requise tant que le métal reste au coffre. La taxation intervient uniquement au moment de la vente, via la taxe forfaitaire (11,5 %) ou le régime de la plus-value (37,6 % avec abattement).

Le régime de la plus-value (37,6 %) n’est avantageux que si le détenteur possède une facture nominative et détient l’or depuis suffisamment longtemps. L’abattement de 5 % par an dès la 3e année réduit progressivement la base taxable. Au-delà de 12 à 13 ans de détention, le régime de la plus-value devient moins coûteux que la taxe forfaitaire à 11,5 %. À 22 ans, l’exonération est totale.

Sans justificatif nominatif d’acquisition, l’héritier ne peut pas opter pour le régime de la plus-value. Seule la taxe forfaitaire de 11,5 % s’applique, calculée sur la totalité du prix de vente. Sur un lingot revendu 100 000 €, la taxe atteint 11 500 €.

Non. Les bijoux, jetons et pièces de collection antérieures à 1800 relèvent d’un régime distinct : taxe forfaitaire à 6,5 % au lieu de 11,5 %, avec une exonération totale en dessous de 5 000 € par vente. Les pièces d’investissement (Napoléon, Marianne Coq, Souverain) suivent le régime de l’or d’investissement.

Non. Depuis la création de l’IFI en 2018, seuls les actifs immobiliers sont soumis à l’impôt sur la fortune. L’or physique, comme les placements financiers, en est exclu. Il reste soumis aux droits de succession classiques lors de la transmission.

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