Épargne & Or • Juin 2026
Or dans l’épargne : combien détenir,
quelle fiscalité
~3 730 €
l’once d’or
en euros (juin 2026)
+29 %
sur un an
en euros
5 à 15 %
allocation recommandée
par les institutionnels
3 %
moyenne des
particuliers français
L’or dépasse 3 700 € l’once en juin 2026, en hausse de 29 % sur un an en euros. Les institutionnels recommandent 5 à 15 % d’or en portefeuille. Les Français n’en détiennent que 3 % en moyenne. Le dosage dépend du profil de l’épargnant, et deux régimes fiscaux s’appliquent à la revente.
Thomas et Hélène, 53 et 50 ans, cumulent 200 000 € d’épargne répartie entre Livret A, assurance-vie et PEA. Leur conseiller patrimonial leur suggère de placer 10 % en or, soit 20 000 €. À 3 730 € l’once, un peu plus de 5 onces suffiraient. Les banques d’investissement comme J.P. Morgan recommandent entre 5 et 15 % d’or dans un portefeuille diversifié. En France, les particuliers n’en détiennent que 3 % en moyenne, d’après les analyses de J.P. Morgan publiées début 2026.
L’or en euros a bondi de 29 % en un an
Au 9 juin 2026, l’once d’or cote environ 3 730 € selon or.fr. Sur un an glissant, la hausse atteint 29 % en euros. Sur cinq ans : +142 %. Sur dix ans : +235 %. En face, 10 000 € placés sur un Livret A à 1,50 % pendant dix ans auraient généré 1 605 € d’intérêts. Le même montant investi en or aurait atteint 33 500 €, avant fiscalité.
La hausse s’explique par les tensions géopolitiques persistantes, les achats massifs des banques centrales (Chine, Inde) et le retour de l’inflation au-dessus de 2 % dans la zone euro. J.P. Morgan a élevé l’or au rang d’actif « cœur de portefeuille » dans ses notes stratégiques de début 2026. La société canadienne Sprott défend une allocation de 10 % en or physique pour les profils défensifs.
Trois profils pour calibrer la poche or
Étienne Brois, consultant en ingénierie patrimoniale et auteur de Protéger son épargne avec l’or et l’argent (Eyrolles, mai 2026), résume : « Cela dépend de l’âge du capitaine. » Trois profils types se dégagent.
20-35 ans : accumuler par petites doses
Un jeune actif n’a pas de capital à protéger. La logique recommandée est l’accumulation progressive, par achats réguliers, pour lisser le risque d’entrée sur un sommet. « Au lieu de mettre sur le Livret A, on le met sur l’or », suggère Brois. Pour ceux dont le Livret A est déjà au plafond, l’or offre une diversification tangible au-delà de l’épargne réglementée. À 1,50 % de rendement nominal et une inflation de 2,4 % en mai 2026, le Livret A ne préserve plus le pouvoir d’achat.
50-60 ans : sécuriser un capital existant
Après une cession d’entreprise, une vente immobilière ou des décennies d’épargne salariale, la priorité bascule vers la préservation du pouvoir d’achat. L’or fonctionne alors comme une assurance patrimoniale, en complément de l’immobilier et de l’assurance-vie. Brois recommande d’arbitrer d’abord en faveur de revenus immobiliers pour compenser une retraite insuffisante, puis de positionner l’or comme réserve de valeur sous-jacente.
Retraité : amortir et transmettre
L’or joue ici un rôle d’amortisseur, pas de moteur. Sa liquidité, la simplicité de revente et l’exonération fiscale après 22 ans en font un outil de fin de vie patrimoniale. Certains CGP utilisent désormais l’or fractionné pour constituer une épargne au profit des enfants, en alternative au Livret A ou à l’assurance-vie, avec un horizon de long terme qui tire parti de l’abattement progressif.
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Deux régimes fiscaux au choix pour la revente
La vente d’or d’investissement en France relève de l’un des deux régimes suivants, au choix du vendeur.
La taxe forfaitaire : 11,5 % du prix de vente
La taxe sur les métaux précieux (TMP) prélève 11 % du prix de vente total, plus 0,5 % de CRDS, soit 11,5 % au total. Cette taxe porte sur l’intégralité du prix encaissé, pas seulement sur la plus-value. Aucun justificatif d’achat n’est exigé. Le vendeur dépose le formulaire 2091-SD dans le mois suivant la cession.
Le régime des plus-values réelles : de 37,6 % à 0 %
Le vendeur peut opter pour le régime des plus-values, qui ne taxe que le gain réel (prix de vente moins prix d’achat). Le taux combiné atteint 37,6 % en 2026 : 19 % d’impôt sur le revenu, plus 18,6 % de prélèvements sociaux après la hausse de la CSG de 1,4 point. Un abattement de 5 % par année de détention s’applique à partir de la 3e année. Au bout de 22 ans, l’exonération est totale. Cette option exige un justificatif d’achat daté (facture, certificat). Formulaire : 2092-SD.
Quel régime choisir
Sans facture d’achat, la TMP s’applique par défaut. Avec une facture, le choix dépend du gain réalisé et de la durée de détention. Pour une plus-value modérée (moins de 45 % du prix d’achat) et une détention courte, le régime des plus-values peut coûter moins que la TMP puisqu’il ne taxe que le gain. Pour une forte plus-value sur une détention inférieure à 16 ans, la TMP (11,5 % sur le prix de vente) reste souvent plus avantageuse. Au-delà de 16 ans, le régime des plus-values bat systématiquement la TMP grâce à l’abattement accumulé (70 %, taux effectif à 11,3 %). Après 22 ans : zéro impôt.
Or physique, ETF ou or fractionné : par où commencer
Côté ticket d’entrée, le panel est large. Une pièce physique (demi-Napoléon, dixième d’once) démarre autour de 200 à 300 €. Les lingotins commencent à 5 000 € environ. Les ETF adossés à de l’or physique stocké en coffre (produits cotés sur Euronext) offrent une liquidité immédiate et des frais réduits, avec une fiscalité de valeurs mobilières (PFU à 31,4 %). Les plateformes d’or fractionné comme Veracash permettent d’investir dès 1 €, avec un stockage en coffre mutualisé. L’or se positionne en complément d’un Livret A ou d’une assurance-vie, pas en remplacement.
Questions fréquentes
Les banques d’investissement comme J.P. Morgan recommandent entre 5 et 15 % d’or dans un portefeuille diversifié, selon le profil de risque. Les particuliers français en détiennent environ 3 % en moyenne. Le bon dosage dépend de l’âge, du capital constitué et de l’objectif patrimonial : accumulation pour les jeunes actifs, sécurisation pour les quinquagénaires, amortissement et transmission pour les retraités.
Deux régimes s’appliquent au choix. La taxe forfaitaire sur les métaux précieux (TMP) prélève 11,5 % du prix de vente total (11 % de taxe + 0,5 % de CRDS), sans justificatif d’achat. Le régime des plus-values réelles taxe la seule plus-value à 37,6 % (19 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux), avec un abattement de 5 % par année de détention à partir de la 3e année et une exonération totale après 22 ans.
Oui, sous le régime des plus-values réelles (formulaire 2092-SD). L’abattement de 5 % par an s’applique à partir de la 3e année de détention. Après 22 ans, l’abattement atteint 100 % et la plus-value est totalement exonérée. Cette option nécessite un justificatif d’achat daté (facture, certificat). Sans justificatif, seule la taxe forfaitaire de 11,5 % s’applique.
L’or physique (pièces, lingots) offre une détention directe et une indépendance vis-à-vis du système bancaire. L’or papier (ETF adossés à l’or) apporte de la liquidité et des frais réduits. Des plateformes comme Veracash proposent de l’or fractionné avec stockage en coffre mutualisé, dès 1 euro. Le choix dépend du montant investi, de la préférence pour la détention physique et du profil fiscal.
Oui. Une pièce de type demi-Napoléon ou dixième d’once démarre autour de 200 à 300 euros. Les plateformes d’or fractionné permettent d’investir dès 1 euro avec stockage en coffre sécurisé. L’achat régulier de petits montants (lissage dans le temps) est préférable à un achat massif sur un sommet de marché.




