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Carsat et Agirc-Arrco : qui gère quoi dans la retraite du privé

Carsat ou Agirc-Arrco : la première gère la retraite de base (aux trimestres), la seconde la complémentaire (aux points). Deux organismes, deux pensions, une seule demande.
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Publié le 28 juillet 2026 à 19:15
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carsat et agirc arrco qui gère quoi dans la retraite du privé

L’essentiel

  • La Carsat gère la retraite de base des salariés du privé (le régime général) ; l’Agirc-Arrco gère la retraite complémentaire obligatoire. Deux organismes différents, pour deux pensions distinctes.
  • Deux calculs opposés : la base se compte en trimestres (salaire annuel moyen × taux × durée), la complémentaire en points (cotisations converties en points, puis reconvertis en pension).
  • Un salarié du privé perçoit les deux à la fois. Malakoff Humanis, AG2R ou Pro BTP ne sont pas un autre régime : ce sont des caisses qui gèrent l’Agirc-Arrco. Et une seule demande en ligne suffit pour ouvrir les deux.

Carsat ou Agirc-Arrco : qui gère quoi ?

Le comparatif en clair, base contre complémentaire

Voir le comparatif →

Recevoir deux relevés, deux courriers, parfois deux versements différents finit par semer le doute : la Carsat et l’Agirc-Arrco, est-ce la même retraite, deux caisses concurrentes, ou deux étapes d’un même dossier ? La confusion est logique, car les deux interviennent pour le même salarié, mais elles ne jouent pas du tout le même rôle. La retraite complémentaire Agirc-Arrco se superpose à la retraite de base sans la remplacer. Voici, une bonne fois, qui gère quoi, comment chaque pension se calcule, et pourquoi un salarié du privé touche bien deux retraites.

Deux étages de retraite, deux organismes distincts

La retraite d’un salarié du privé se construit sur deux étages superposés. Le premier, la retraite de base, est géré par la Carsat (le régime général). Le second, la retraite complémentaire, est géré par l’Agirc-Arrco, le régime unique de tous les salariés du privé, qui compte près de 27 millions de cotisants et 14 millions de retraités. Les deux sont obligatoires, alimentés par des cotisations prélevées sur le même salaire, mais ils fonctionnent séparément, avec chacun leurs règles, leur calcul et leur versement. L’un ne remplace pas l’autre : ils s’additionnent pour former la pension totale.

Les deux étages de la retraite du privé Base et complémentaire s’additionnent pour former la pension totale. Retraite de base Carsat / régime général · calcul aux trimestres Retraite complémentaire Agirc-Arrco · calcul aux points = Pension totale Deux organismes, deux calculs, deux versements.
2 pensions
Un salarié du privé ne touche pas une retraite, mais deux : la base versée par la Carsat et la complémentaire versée par l’Agirc-Arrco. Elles sont calculées séparément, par deux organismes distincts, et arrivent souvent à des dates différentes. Source : Agirc-Arrco, régime général

Deux calculs : les trimestres d’un côté, les points de l’autre

C’est là que les deux régimes divergent le plus. La retraite de base de la Carsat repose sur les trimestres : la pension est égale au salaire annuel moyen des 25 meilleures années, multiplié par un taux (50 % au maximum, le taux plein), lui-même ajusté selon la durée d’assurance. L’Agirc-Arrco fonctionne à l’inverse par points : les cotisations sont converties en points tout au long de la carrière, puis ces points sont reconvertis en pension au moment du départ. Un même salaire nourrit donc deux compteurs qui n’ont rien à voir.

Carsat (retraite de base)Agirc-Arrco (complémentaire)
RôleRetraite de base, premier étageRetraite complémentaire, second étage
Qui est concernéSalariés du privéSalariés du privé, cadres inclus
Mode de calculTrimestres : salaire annuel moyen × taux × duréePoints : cotisations converties en points
InterlocuteurCarsat (CNAV en Île-de-France)Caisse Agirc-Arrco (Malakoff, AG2R, Pro BTP…)

Un exemple rend l’écart concret. Côté base, un salarié dont le salaire annuel moyen atteint 30 000 €, parti au taux plein avec une carrière complète, perçoit 30 000 × 50 %, soit 15 000 € par an, environ 1 250 € par mois. Côté complémentaire, tout part des points : avec 5 000 points, un total courant après une carrière complète, la pension Agirc-Arrco vaut 5 000 × 1,4386 € (la valeur de service du point), soit près de 7 193 € par an, environ 600 € par mois. Deux méthodes de calcul, deux pensions qui s’additionnent.

Carsat, CNAV, MSA : les gestionnaires de la retraite de base

Côté base, plusieurs noms circulent pour un même régime. La CNAV (Caisse nationale d’assurance vieillesse) pilote le régime général au niveau national et gère directement les dossiers d’Île-de-France. Partout ailleurs, ce sont les Carsat, les caisses régionales du régime général, anciennement appelées CRAM avant 2010, qui assurent ce rôle de proximité. Les travailleurs agricoles, eux, dépendent de la MSA, qui gère à la fois leur base et leur complémentaire. Dans tous les cas, il s’agit de la retraite de base, celle dont le montant peut être relevé par des dispositifs comme le minimum contributif, sans lien avec l’Agirc-Arrco.

Malakoff, AG2R, Pro BTP, CICAS : les visages de l’Agirc-Arrco

Du côté complémentaire, la confusion vient souvent des noms des caisses. Malakoff Humanis, AG2R La Mondiale, Pro BTP, Klesia et quelques autres ne sont pas des régimes concurrents de l’Agirc-Arrco : ce sont les groupes de protection sociale chargés de gérer l’Agirc-Arrco pour le compte des entreprises et des salariés. Un salarié du bâtiment relève de Pro BTP, mais sa retraite complémentaire reste l’Agirc-Arrco, avec les mêmes règles que partout ailleurs. Les CICAS (centres d’information, conseil et accueil des salariés) complètent le dispositif : ce sont les points d’accueil physiques où un futur retraité peut se faire aider pour ses démarches, comme transmettre un justificatif à l’Agirc-Arrco.

Pro BTP, ce n’est pas « autre chose » que l’Agirc-Arrco
Pro BTP gère la retraite complémentaire Agirc-Arrco des salariés du bâtiment et des travaux publics, en plus de ses propres régimes de prévoyance et de retraite supplémentaire. La partie complémentaire obligatoire reste l’Agirc-Arrco, identique aux autres secteurs.

Carsat et Agirc-Arrco restent deux régimes séparés

Une idée reçue tenace voudrait que la Carsat et l’Agirc-Arrco aient fusionné. C’est faux : les deux étages restent bien distincts, avec chacun leur gestion. La fusion qui a réellement eu lieu est ailleurs : au 1er janvier 2019, les régimes Agirc (réservé aux cadres) et Arrco (tous les salariés) ont été réunis en un seul régime complémentaire, l’Agirc-Arrco. Attention aussi à ne pas confondre avec l’Ircantec : c’est le régime complémentaire, lui aussi par points, des agents non titulaires de la fonction publique (contractuels, vacataires), géré par la Caisse des dépôts. Il ne concerne jamais un salarié du privé, dont la complémentaire reste l’Agirc-Arrco. Le régime complémentaire d’un salarié du privé, quelle que soit sa caisse, s’appelle toujours Agirc-Arrco.

Une seule demande, deux pensions à percevoir

Bonne nouvelle pour les démarches : il n’est plus nécessaire de solliciter séparément chaque caisse. Depuis 2019, une demande de retraite unique, déposée en ligne sur info-retraite.fr, vaut pour l’ensemble des régimes, base et complémentaire. Chaque organisme instruit ensuite sa part et verse sa pension de son côté : la Carsat pour la base, l’Agirc-Arrco pour la complémentaire, à des dates différentes. La retraite de base tombe le 9 du mois, à terme échu, c’est-à-dire que la pension d’un mois donné est versée le mois suivant. La complémentaire Agirc-Arrco, à l’inverse, est payée le 1er jour ouvré du mois et d’avance. Un même retraité voit donc arriver deux virements séparés, à deux moments du mois. Ce fonctionnement à deux étages vaut aussi pour la réversion, puisque le conjoint survivant peut prétendre à une réversion sur chacun des deux régimes. Pour suivre le détail d’un versement complémentaire, tout se consulte dans l’espace personnel, y compris le passage au paiement définitif.

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Questions fréquentes

La Carsat gère la retraite de base (régime général), calculée aux trimestres. L’Agirc-Arrco gère la complémentaire obligatoire, calculée aux points. Deux organismes, deux pensions distinctes qui s’additionnent.

Non, la Carsat ne gère que la base. La complémentaire du privé relève uniquement de l’Agirc-Arrco (via Malakoff Humanis, AG2R, Pro BTP…).

Non, ce sont deux régimes séparés. Ce sont Agirc et Arrco qui ont fusionné entre eux au 1er janvier 2019 pour former un seul régime complémentaire.

Les Carsat sont les caisses régionales du régime général, ex-CRAM (avant 2010). Elles dépendent de la CNAV, qui gère directement la base en Île-de-France.

Non. Depuis 2019, une seule demande en ligne sur info-retraite.fr vaut pour tous les régimes, base et complémentaire.

Sources : Assurance retraite (régime général : rôle de la CNAV et des Carsat, calcul de la pension de base, salaire annuel moyen et taux) ; Agirc-Arrco (régime complémentaire par points, fusion Agirc-Arrco au 1er janvier 2019, caisses gestionnaires et CICAS) ; info-retraite.fr (demande de retraite unique inter-régimes).

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