Rapport COR • Juin 2026
Déficit des retraites en 2070 :
le COR revoit ses projections à la hausse
2,4 %
du PIB en 2070
(contre 1,4 % avant)
1,45
enfant par femme
(contre 1,8 avant)
150 000
solde migratoire annuel
(doublé)
1,8 Mrd€
coût annuel suspension
réforme 2023
Le Conseil d’orientation des retraites (COR) revoit à la hausse sa projection de déficit à long terme : 2,4 % du PIB en 2070, contre 1,4 % dans le rapport de 2025. La cause principale : une fécondité abaissée à 1,45 enfant par femme (contre 1,8). À moyen terme (2030 et 2045), les projections restent inchangées.
Un actif de 30 ans qui prend sa retraite en 2060 pourrait arriver sur un système en déficit de plus de 2 % du PIB. Le rapport annuel du COR, soumis au vote de ses membres le 12 juin 2026, dessine un scénario nettement plus sombre à long terme que l’an dernier. Le déficit projeté en 2070 passe de 1,4 % à 2,4 % du PIB, soit un point de plus, principalement parce que la France fait beaucoup moins d’enfants qu’anticipé. La préparation individuelle du dossier de retraite devient d’autant plus décisive dans un système dont l’équilibre recule.
Le déficit 2070 passe de 1,4 % à 2,4 % du PIB
Le rapport du COR distingue trois horizons. À court terme, le déficit reste contenu : 0,2 % du PIB en 2030. À moyen terme, il atteint 0,9 % en 2045, un niveau identique à la projection précédente. C’est à l’horizon 2070 que la révision est brutale : +1 point de PIB par rapport au rapport de 2025. « Le déficit des retraites est désormais prévu à 2,4 % du PIB en 2070, contre 1,4 % dans le rapport de l’an dernier », selon le projet de rapport.
La dégradation s’explique par deux facteurs qui se cumulent : la révision des hypothèses démographiques et les nouvelles règles de revalorisation des retraites complémentaires. Le COR précise que « les évolutions de la natalité au-delà de vingt ans demeurent difficiles à anticiper », rappelant l’incertitude inhérente à des projections à 44 ans.
La chute de la natalité creuse le déséquilibre à long terme
Le COR a abaissé son hypothèse de fécondité de 1,8 à 1,45 enfant par femme, soit une révision de près de 20 %. Cette correction reflète la baisse continue de la natalité observée en France ces dernières années. Le mécanisme est direct : moins de naissances aujourd’hui signifie moins de cotisants dans vingt à trente ans, alors que le nombre de retraités continue d’augmenter.
Le système par répartition repose sur un équilibre entre actifs et retraités. Quand le ratio se dégrade, les recettes (cotisations) peinent à couvrir les dépenses (pensions). La revalorisation des pensions, indexée sur l’inflation, accentue la pression sur les dépenses lorsque le nombre de bénéficiaires augmente plus vite que celui des contributeurs.
L’Agirc-Arrco alourdit les dépenses à partir de 2038
Le second facteur de dégradation vient du régime complémentaire. Les partenaires sociaux gérant l’Agirc-Arrco ont adopté de nouvelles règles de revalorisation des pensions, qualifiées de « plus favorables » par le COR, applicables à compter de 2038. Des revalorisations plus généreuses impliquent des dépenses plus élevées pour le régime complémentaire, ce qui pèse sur le solde global du système.
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Migration et espérance de vie atténuent partiellement le choc
Le COR a également révisé deux hypothèses dans un sens favorable. Le solde migratoire net a été doublé, passant de 70 000 à 150 000 personnes par an. L’immigration apporte des cotisants supplémentaires au système. Parallèlement, l’espérance de vie est désormais projetée en légère décélération par rapport aux prévisions antérieures, ce qui réduit marginalement la durée de versement des pensions.
Ces deux facteurs ne suffisent pas à compenser l’effet de la natalité. Le déficit projeté en 2070 reste supérieur d’un point de PIB à celui de l’an dernier. La suspension de la réforme des retraites 2023 par le gouvernement Lecornu coûte en plus 1,8 milliard d’euros en année pleine, un montant intégré dans les nouvelles projections. Le cumul emploi-retraite, réformé à partir de 2027, fait partie des leviers déjà activés pour contenir les dépenses.
Questions fréquentes
Non. Les prévisions à moyen terme restent stables : 0,2 % du PIB en 2030 et 0,9 % du PIB en 2045. Seule la projection à long terme (2070) a été revue à la hausse, passant de 1,4 % à 2,4 % du PIB.
Le taux de fécondité observé en France est en baisse constante depuis plusieurs années. Le COR a aligné son hypothèse sur cette tendance en passant de 1,8 à 1,45 enfant par femme. Moins de naissances signifie moins de cotisants futurs pour financer les pensions.
La suspension de la réforme représente un coût de 1,8 milliard d’euros en année pleine pour le système de retraites. Ce montant est intégré dans les nouvelles projections du COR.
Partiellement. Le COR a relevé son hypothèse de solde migratoire net de 70 000 à 150 000 personnes par an. L’immigration apporte des cotisants supplémentaires, mais ne suffit pas à combler l’écart creusé par la chute de la fécondité à long terme.
Oui, à long terme. Les partenaires sociaux ont adopté de nouvelles règles de revalorisation des pensions complémentaires, plus favorables aux retraités, applicables à partir de 2038. Ces règles augmentent les dépenses du régime et contribuent à la dégradation du solde projeté en 2070.







