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Retraite : ce qui change au 1er septembre 2026 (et la règle du 1er janvier 2027)

1er septembre 2026 : carrière longue des mères, âge légal, durée et piège de la date d’effet. Et le cumul emploi-retraite qui se resserre au 1er janvier 2027.
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Publié le 8 août 2026 à 16:46
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L’essentiel

  • À partir du 1er septembre 2026, les trimestres de majoration pour enfants ouvrent droit à la carrière longue, dans la limite de 2 par assuré. Gain possible : jusqu’à 2 ans et 6 mois de départ anticipé.
  • L’âge légal recule d’un trimestre pour les générations 1964 à 1968. Les 64 ans s’appliquent à partir de la génération 1969.
  • La durée d’assurance baisse pour 1964 et 1965, mais l’ancienne durée reste opposable aux dossiers prenant effet avant le 1er septembre. Écart constaté sur un cas type : 13 626 € sur 25 ans.
  • Au 1er janvier 2027, le cumul emploi-retraite est plafonné par tranche d’âge. Entre l’âge légal et 67 ans : 7 000 € bruts par an annoncés, soit moins de 600 € par mois.

Une assurée née en 1966, entrée dans la vie active à 19 ans, mère de deux enfants, totalise 170 trimestres cotisés. La carrière longue lui en demande 172. Avant le 1er septembre 2026, ses trimestres de majoration pour enfants ne comptent pas dans ce calcul. Son dossier est bloqué, son départ renvoyé à 63 ans et 3 mois. À compter du 1er septembre, 2 de ces trimestres entrent dans la catégorie des réputés cotisés. Elle atteint 172 et part à 60 ans et 9 mois. L’écart : 2 ans et 6 mois sur une seule ligne du dossier.

C’est l’un des quatre changements qui prennent effet à cette date. Un cinquième arrive le 1er janvier 2027, celui-là nettement plus dur pour ceux qui comptent travailler après leur départ. Les textes sont récents : le dernier décret date du 29 juillet 2026. L’ensemble est détaillé dans la vidéo ci-dessous.

Majoration pour enfants et carrière longue en 2026 : la mesure passée inaperçue

Les trimestres accordés au titre des enfants gonflaient la pension mais ne servaient à rien pour ouvrir un départ anticipé. L’article 104 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, précisé par le décret n° 2026-700 du 29 juillet 2026, change cette règle à compter du 1er septembre. Ces trimestres entrent dans les trimestres réputés cotisés qui conditionnent la carrière longue, dans la limite de 2 par assuré au total, quel que soit le nombre d’enfants.

2 trimestres par assuré, pas par enfant
Le plafond est de 2 trimestres au total, quel que soit le nombre d’enfants. Une mère de quatre enfants n’en récupère pas davantage qu’une mère de deux pour la carrière longue.

La quasi-totalité de ces majorations sont attribuées aux mères. C’est ce qui fait de cette mesure la plus lourde du lot : elle vise, dans les faits, les femmes qui ont commencé à travailler jeunes et qui restaient bloquées par le compteur des trimestres cotisés. Le décret a une semaine au moment de la rédaction de cet article. Ce qui explique que presque personne n’en ait parlé.

Trimestre cotisé, assimilé, réputé cotisé : la case qui décide du départ en 2026

Tous les trimestres ne se valent pas. Ceux qui sont cotisés correspondent à du travail et des cotisations versées. Ceux qui sont assimilés ont été accordés sans cotisation : chômage, maladie, service militaire, enfants. Pour atteindre le taux plein, les deux comptent de la même façon. Pour la carrière longue, seuls les trimestres cotisés et quelques trimestres réputés cotisés désignés un par un par la loi entrent dans le décompte.

C’est cette distinction qui bloquait les mères. Leurs trimestres d’enfants apparaissaient sur le relevé, ils alimentaient le calcul de la pension, mais ils ne figuraient pas dans la bonne colonne pour ouvrir un départ anticipé. La mesure du 1er septembre déplace 2 de ces trimestres dans la colonne des réputés cotisés. Sur un dossier qui se joue à 1 ou 2 trimestres près, cela suffit à débloquer le départ.

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Carrière longue en 2026 : le nouveau calendrier et ses deux conditions

Le décret n° 2026-345 du 7 mai 2026 adapte les âges de départ anticipé au nouveau calendrier de l’âge légal. Pour un début d’activité avant 20 ans, le départ se situe entre 60 ans et 60 ans et 9 mois selon l’année de naissance, par paliers de trois mois.

Départ anticipé pour un début d’activité avant 20 ans
Année de naissanceÂge de départ possible
Septembre 1961 à août 196360 ans
Septembre à décembre 196360 ans et 3 mois
196460 ans et 6 mois
Janvier à novembre 196560 ans et 9 mois
Décembre 196560 ans et 8 mois
1966 à 19692 ans et 6 mois avant l’âge légal
197061 ans et 9 mois
À partir de 1971Début à 16 ans : 58 ans · 18 ans : 60 ans · 20 ans : 62 ans · 21 ans : 63 ans

Le texte pousse la finesse au point que les assurés nés en décembre 1965 partent un mois avant ceux de novembre de la même année. À partir de la génération 1971, le système se simplifie et se cale sur l’âge de début d’activité.

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Le piège est ailleurs. La carrière longue exige deux conditions cumulatives : un début d’activité avant l’âge requis, et une durée cotisée complète. Un assuré né en 1964, entré à 19 ans mais qui ne totalise que 166 trimestres cotisés sur les 170 exigés, ne remplit que la première. Sans enfant, la mesure du 1er septembre ne lui apporte rien. Il attend 62 ans et 9 mois au lieu de 60 ans et 6 mois, pour 4 trimestres manquants. C’est la seconde condition qui fait tomber les dossiers, et c’est celle que personne ne vérifie avant la notification.

💡
Deux conditions, pas une
Avoir commencé jeune ne suffit pas. Il faut aussi totaliser la durée cotisée exigée. Un relevé de carrière permet de le vérifier avant de déposer le dossier.

La loi du 30 décembre 2025, précisée par la circulaire Cnav 2026-07 du 5 mars 2026, décale le calendrier de la réforme de 2023. Quatre générations, celles de 1964 à 1968, gagnent un trimestre chacune. Ni celles d’avant, ni celles d’après.

Âge légal de départ selon l’année de naissance
Année de naissanceÂge légal
196362 ans et 9 mois
196462 ans et 9 mois
Janvier à mars 196562 ans et 9 mois
Avril à décembre 196563 ans
196663 ans et 3 mois
196763 ans et 6 mois
196863 ans et 9 mois
1969 et après64 ans

La réforme n’est pas annulée. Les 64 ans existent toujours et s’appliquent à partir de la génération 1969. Seul le rythme de montée en charge a été décalé. L’exemple donné par la circulaire elle-même : un assuré né le 16 mai 1964 devait attendre 63 ans, soit mai 2027. Il atteint désormais 62 ans et 9 mois le 16 février 2027, et sa retraite peut prendre effet dès le 1er mars. Trois mois de pension gagnés.

Durée d’assurance et date d’effet en 2026 : le piège qui vaut 13 000 €

La durée requise pour le taux plein baisse elle aussi. Pour 1964, de 171 à 170 trimestres. Pour janvier-mars 1965, de 172 à 170. Pour avril-décembre 1965, de 172 à 171.

Durée d’assurance requise pour le taux plein
Année de naissanceTrimestres requis
1963170
1964170 (au lieu de 171)
Janvier à mars 1965170 (au lieu de 172)
Avril à décembre 1965171 (au lieu de 172)
1966 et après172

La circulaire Cnav 2026-07 du 5 mars 2026 contient une phrase qui change tout pour les dossiers en cours de montage : la durée de 171 trimestres pour 1964 et de 172 trimestres pour 1965 reste opposable aux assurés prenant leur retraite avant le 1er septembre 2026. Concrètement, sur un même dossier : avant le 1er septembre, l’ancienne durée ; à partir du 1er septembre, la nouvelle.

Une assurée née en février 1965, 170 trimestres, salaire annuel moyen de 30 000 €. Si la date d’effet tombe avant le 1er septembre, la caisse exige 172 trimestres. Il en manque 2 : le taux descend à 48,75 %, la pension est ramenée à 170/172. Résultat : 1 204 € par mois. Si la date d’effet tombe le 1er septembre, la caisse n’exige plus que 170 : taux plein, aucun prorata. Résultat : 1 250 € par mois. Sur 25 ans, l’écart atteint 13 626 €.

13 626 €
L’écart constaté entre une date d’effet au 31 août et au 1er septembre, sur un dossier calé à 170 trimestres pour la génération 1965. 45 € par mois, 545 € par an, sur 25 ans de retraite.
Calcul ADCF, base seule, SAM 30 000 €, barème Cnav de la décote

Le piège est étroit : il ne concerne que les dossiers qui totalisent pile 170 ou 171 trimestres, entre l’ancienne durée et la nouvelle. Avec 172, la date ne change rien. Avec 160, non plus. Mais dans cet intervalle, aucune caisse n’appellera pour signaler qu’un mois de décalage vaut 13 000 €. Une caisse applique la règle correspondant à la date demandée. Chercher la date la moins coûteuse ne fait pas partie de ses attributions.

Cumul emploi-retraite en 2027 : le plafonnement par tranche d’âge

Un retraité de 63 ans qui touche 1 300 € de pension par mois et fait des remplacements pour 12 000 € dans l’année. Avec les règles actuelles, si les conditions du cumul intégral sont remplies, il garde tout. À compter du 1er janvier 2027, sa pension est amputée de 2 500 €.

L’article 102 de la loi du 30 décembre 2025 réécrit l’article L. 161-22 du code de la sécurité sociale. Le critère change : ce n’est plus la durée de cotisation qui ouvre le cumul intégral, c’est l’âge. Trois tranches.

Cumul emploi-retraite à compter du 1er janvier 2027
Tranche d’âgeRègle applicable
Avant l’âge légalRevenus d’activité déduits intégralement de la pension, dès le 1er euro.
De l’âge légal à 67 ansCumul plafonné à 7 000 € bruts par an (montant annoncé, décret attendu), soit moins de 600 € par mois. Au-delà du plafond, pension réduite de 50 % du dépassement.
À partir de 67 ansCumul intégral, sans plafond. Les cotisations versées ouvrent de nouveaux droits.
Les 7 000 € ne sont pas encore du droit en vigueur
La loi pose le mécanisme (3 tranches, 50 % du dépassement), mais renvoie le montant du plafond à un décret. Au 6 août 2026, ce décret n’est pas publié. Les 7 000 € sont le montant annoncé, pas un seuil applicable. Et c’est 7 000 € par an, pas par mois.

Le retraité de 63 ans cité plus haut gagne 12 000 €. Il dépasse le plafond annoncé de 5 000 €. Sa pension est réduite de 2 500 € sur l’année (50 % du dépassement). Pour retrouver le cumul intégral, il doit attendre 67 ans, soit 4 ans.

Deux précisions. La première : ces règles ne s’appliquent qu’aux retraites prenant effet à compter du 1er janvier 2027. Un retraité dont la pension est déjà en cours conserve le régime actuel du cumul. La seconde, seule bonne nouvelle du texte : le délai de 6 mois imposé avant de reprendre une activité chez le dernier employeur est supprimé pour ces mêmes retraites, comme le confirme la Cnav dans sa doctrine.

Dossier déjà déposé en 2026 : la demande d’annulation est recevable

L’article R. 351-10 du code de la sécurité sociale n’interdit pas à l’assuré de demander à sa caisse d’annuler la décision d’attribution de sa pension, pendant le délai de recours de 2 mois à compter de la notification, dans le but de parfaire ses droits. Rien ne garantit l’accord de la caisse, mais la demande est recevable. Elle se fait par écrit, par courrier, en conservant une copie. Ceux qui veulent aller plus loin peuvent vérifier les nouvelles règles du cumul emploi-retraite avant de fixer quoi que ce soit.

Questions fréquentes

Non. Les mesures du 1er septembre 2026 ne s’appliquent qu’aux retraites prenant effet à compter de cette date. Même chose pour le cumul emploi-retraite du 1er janvier 2027. Une pension déjà en cours conserve les règles sous lesquelles elle a été liquidée.

2 au maximum, par assuré, quel que soit le nombre d’enfants. Le plafond est par personne, pas par enfant.

Non. Les 64 ans restent en vigueur à partir de la génération 1969. Seules les générations 1964 à 1968 gagnent un trimestre.

Pas au 6 août 2026. La loi pose le mécanisme des trois tranches d’âge et le taux de 50 %, mais renvoie le montant du plafond à un décret qui n’est pas encore publié. Tant que ce décret n’est pas paru, les 7 000 € restent une annonce.

L’article R. 351-10 CSS autorise l’assuré à demander l’annulation de la décision pendant le délai de recours de 2 mois, par courrier, dans le but de parfaire ses droits. La caisse n’est pas tenue d’accepter.

Le risque ne concerne que les dossiers qui totalisent 170 ou 171 trimestres pour les générations 1964 et 1965. Un examen du relevé, année par année, permet de le voir avant de fixer la date de départ.

Sources : loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, articles 102, 104, 105 ; circulaire Cnav 2026-07 du 5 mars 2026 ; circulaire Cnav 2026-17 du 12 juin 2026 ; décret n° 2026-345 du 7 mai 2026 ; décret n° 2026-700 du 29 juillet 2026 ; circulaire Cnav 2024-25 du 1er août 2024 ; barème Cnav de la décote.

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