Cumul emploi-retraite • Réforme 2027
Un écrêtement de la pension pour ceux qui cumulent avant 67 ans
1er janv. 2027
Date d’entrée en vigueur
67 ans
Seuil du cumul intégral
50 %
Écrêtement au-delà du seuil
Non rétroactif
Retraités actuels non concernés
Sources : LFSS 2026 (loi n°2025-1403) • service-public.gouv.fr • UNSA-FP
La LFSS 2026 (loi n°2025-1403) modifie en profondeur les règles du cumul emploi-retraite à compter du 1er janvier 2027. Les assurés qui liquident leur pension après cette date et reprennent une activité avant 67 ans verront leur pension réduite proportionnellement à leurs revenus professionnels. Le cumul intégral ne sera plus accessible qu’à partir de 67 ans. Les retraités actuels ne sont pas concernés.
Le cumul emploi-retraite permettait jusqu’ici à tout retraité ayant liquidé l’ensemble de ses pensions à taux plein de reprendre une activité professionnelle sans aucun plafond de revenus. Ce dispositif, assoupli par la loi du 14 avril 2023 qui l’avait rendu créateur de droits à une seconde pension, fait marche arrière. Les assurés partis en carrière longue sont les premiers touchés. L’exécutif invoque la nécessité de mettre fin aux « effets d’aubaine » jugés coûteux pour les finances publiques. La mesure ne concerne que les nouveaux retraités, le principe de non-rétroactivité protège ceux qui ont déjà liquidé leurs droits.
Trois paliers d’écrêtement remplacent le cumul libre
Le nouveau dispositif distingue trois situations selon l’âge de l’assuré au moment où il cumule pension et revenus d’activité. Plus le départ intervient tôt, plus la pénalité est sévère.
Avant l’âge légal : écrêtement intégral dès le premier euro
Les assurés qui liquident leur pension avant l’âge légal de départ (carrières longues, catégories actives et super-actives de la fonction publique) subissent l’écrêtement le plus sévère. Leur pension est réduite du montant intégral des revenus d’activité perçus, dès le premier euro. Concrètement, un agent parti en catégorie active avec une pension de 24 000 € par an qui reprend une activité rapportant 10 000 € voit sa pension amputée de 10 000 €. Le cumul devient financièrement neutre.
Ce palier touche particulièrement les policiers, militaires, infirmiers hospitaliers et autres métiers relevant des catégories actives, dont le départ intervient souvent plusieurs années avant l’âge légal.
Entre l’âge légal et 67 ans : écrêtement de 50 % au-delà du seuil
Les assurés qui liquident leur retraite de base et complémentaire à l’âge légal ou après, mais avant 67 ans, relèvent d’un mécanisme plus modéré. La pension est versée intégralement tant que les revenus d’activité restent sous un seuil annuel fixé par décret (environ 7 000 € selon l’étude d’impact de la loi). Au-delà de ce seuil, la pension est réduite de 50 % du dépassement.
Cas concret
Salarié liquidant à 64 ans en 2027, reprenant une activité à 20 000 €/an
Pension brute annuelle
24 000 €
Revenus d’activité
20 000 €
Dépassement du seuil (7 000 €)
13 000 €
Écrêtement annuel de la pension
6 500 €
50 % × (20 000 − 7 000) = 6 500 € déduits de la pension
Pension après écrêtement : 24 000 − 6 500 = 17 500 €/an. Revenu total (pension + activité) : 37 500 € au lieu de 44 000 € sans écrêtement. La perte représente 542 €/mois. Avant la réforme, ce même salarié aurait perçu l’intégralité de sa pension (24 000 €) plus ses revenus d’activité (20 000 €), soit 44 000 € au total.
Les revenus de remplacement (indemnités journalières, allocations chômage) sont intégrés dans le calcul du dépassement. Ce mécanisme annule une part significative du gain financier du cumul, rendant la reprise d’activité moins attractive qu’avant la réforme.
À partir de 67 ans : le cumul intégral est maintenu
L’âge de 67 ans, qui correspond à l’âge d’annulation de la décote, devient le véritable pivot de la réforme. Une fois ce cap franchi, l’écrêtement est levé : le retraité peut cumuler pension et revenus d’activité sans aucun plafond ni déduction. Les cotisations versées pendant cette période génèrent des droits à une seconde pension, sans le plafonnement à 5 % du PASS (2 403 €/an) qui s’appliquait avant la réforme.
Les droits à seconde pension sont supprimés avant 67 ans
Avant la réforme, le cumul emploi-retraite intégral ouvrait droit à une seconde pension de base, plafonnée à 5 % du plafond annuel de la sécurité sociale (soit environ 2 403 € par an en 2026). Les cotisations versées pendant le cumul n’étaient donc pas perdues.
À compter du 1er janvier 2027, ce droit disparaît pour les assurés qui cumulent avant 67 ans. Les cotisations retraite restent dues (elles financent le système), mais elles ne génèrent plus aucun droit supplémentaire. Ce changement accentue la perte financière du cumul avant 67 ans : non seulement la pension est écrêtée, mais les cotisations versées sur l’activité reprise deviennent des cotisations « à fonds perdu ».
Liquider avant le 31 décembre 2026 permet de garder les anciennes règles
La réforme s’applique exclusivement aux assurés dont la première liquidation de pension intervient à compter du 1er janvier 2027. Les personnes qui liquident avant le 31 décembre 2026 conservent le régime actuel du cumul intégral, même si elles reprennent ou poursuivent une activité après cette date.
Cette fenêtre stratégique peut inciter certains assurés proches de l’âge légal à anticiper leur départ. Toutefois, liquider plus tôt n’est pas toujours avantageux :
- Trimestres manquants : un départ anticipé peut entraîner une décote définitive sur la pension
- Surcote perdue : chaque trimestre cotisé au-delà du taux plein majore la pension de 1,25 %. Reporter son départ de 2 ans représente une surcote de 10 %
- Impact fiscal : le cumul pension + salaire augmente le revenu imposable et peut faire basculer dans une tranche d’imposition supérieure
La décision dépend de la situation individuelle : montant de la pension, revenus d’activité projetés, nombre de trimestres validés et horizon de travail envisagé. Une consultation auprès de la caisse de retraite ou d’un conseiller spécialisé est indispensable avant toute décision.
Le régime actuel reste en vigueur jusqu’au 31 décembre 2026
Jusqu’à l’entrée en vigueur de la réforme, les règles actuelles du cumul emploi-retraite continuent de s’appliquer. Le cumul intégral est accessible aux assurés qui remplissent deux conditions cumulatives :
- avoir liquidé l’ensemble de ses pensions de retraite obligatoires (base et complémentaires), y compris les régimes étrangers le cas échéant
- justifier d’une retraite à taux plein (âge légal + durée d’assurance requise, ou avoir atteint 67 ans)
Dans ce cadre, aucun plafond de revenus ne s’applique. L’assuré perçoit l’intégralité de sa pension et l’intégralité de ses revenus d’activité. Les cotisations versées ouvrent droit à une seconde pension, plafonnée à environ 2 403 € par an.
Les assurés qui ne remplissent pas les conditions du cumul intégral relèvent du cumul plafonné : leurs revenus d’activité ne doivent pas dépasser 160 % du SMIC (environ 2 917 €/mois en 2026) ou le montant de leur dernier salaire. Au-delà, la pension est suspendue. La retenue à la source s’applique normalement sur les deux flux de revenus (pension et salaire).
Questions fréquentes sur le cumul emploi-retraite en 2027
À compter du 1er janvier 2027, les assurés qui liquident leur retraite ne pourront plus cumuler librement pension et revenus d’activité avant 67 ans. Un mécanisme d’écrêtement réduit la pension proportionnellement aux revenus professionnels perçus. Avant l’âge légal de départ (carrières longues, catégories actives), la réduction est de 100 % dès le premier euro. Entre l’âge légal et 67 ans, la réduction est de 50 % des revenus dépassant un seuil d’environ 7 000 € par an. À partir de 67 ans, le cumul redevient intégral sans aucune pénalité.
Non. La réforme ne s’applique qu’aux assurés dont la première liquidation de pension intervient à compter du 1er janvier 2027. Les retraités ayant liquidé leurs droits avant cette date conservent les règles actuelles du cumul intégral, sans écrêtement. Ce principe de non-rétroactivité est inscrit dans la loi de financement de la sécurité sociale 2026.
Liquider avant le 31 décembre 2026 permet de conserver le régime actuel du cumul emploi-retraite intégral, y compris après le 1er janvier 2027. Toutefois, cette stratégie n’est pas toujours avantageuse : un départ anticipé peut entraîner une perte de trimestres, une absence de surcote et un impact fiscal global. Chaque situation doit être évaluée individuellement auprès de sa caisse de retraite.
Avant 67 ans, les cotisations versées pendant le cumul emploi-retraite ne génèrent plus de droits à une seconde pension pour les assurés liquidant après le 1er janvier 2027. À partir de 67 ans, les droits à seconde pension sont maintenus et ne sont plus plafonnés. Avant la réforme, le cumul intégral ouvrait droit à une seconde pension plafonnée à 5 % du plafond annuel de la sécurité sociale, soit environ 2 403 € par an.
Oui, la réforme s’applique à l’ensemble des régimes obligatoires, y compris la fonction publique. Les agents partis en catégorie active ou super-active (départ avant l’âge légal) sont particulièrement touchés car l’écrêtement est de 100 % dès le premier euro de revenu d’activité. L’UNSA-FP a alerté sur l’impact de cette mesure pour les policiers, militaires, infirmiers hospitaliers et autres métiers relevant des catégories actives.
Sources : service-public.gouv.fr (fiche F13243), MACSF, UNSA-FP, loi n°2025-1403 de financement de la sécurité sociale pour 2026.





