Prélèvement à la source • Barème 2026
L’impôt prélevé chaque mois, directement sur vos revenus
3 taux
Personnalisé, individualisé, neutre
0 à 43 %
Grille du taux neutre 2026
Sept. 2025
Taux individualisé par défaut (couples)
Chaque mois
Prélèvement automatique sur salaire
Sources : CGI articles 204 A à 204 N • BOFiP BOI-IR-PAS • economie.gouv.fr
Le prélèvement à la source (PAS) consiste à prélever l’impôt sur le revenu directement sur les salaires, pensions et autres revenus récurrents, chaque mois, avant versement. Trois options de taux coexistent (personnalisé, individualisé et neutre) et le taux individualisé s’applique par défaut aux couples depuis septembre 2025.
Depuis le 1er janvier 2019, l’impôt sur le revenu n’est plus réglé en une seule fois ou par tiers provisionnels : il est prélevé chaque mois, directement à la source, par l’employeur, la caisse de retraite ou France Travail. Le système supprime le décalage d’un an qui existait entre la perception des revenus et le paiement de l’impôt correspondant. Pour un salarié, le montant prélevé apparaît sur la fiche de paie, entre le net imposable et le net à payer. Le mécanisme repose sur un taux transmis par l’administration fiscale au collecteur, comprendre comment ce taux est fixé, et lequel choisir, permet d’éviter les mauvaises surprises lors de la régularisation estivale. Le barème de l’impôt sur le revenu 2026 reste le socle sur lequel le taux de prélèvement est calculé.
Le prélèvement à la source fonctionne sur trois types de taux
Le prélèvement à la source repose sur un taux appliqué au revenu net imposable avant versement. Ce taux peut prendre trois formes selon la situation du contribuable et le choix effectué sur l’espace impots.gouv.fr.
Le taux personnalisé : calculé sur l’ensemble du foyer
Le taux personnalisé (ou taux de droit commun) est calculé par la DGFiP à partir de la dernière déclaration de revenus. Il intègre l’ensemble des revenus du foyer fiscal (salaires, revenus fonciers, capitaux mobiliers) et tient compte du nombre de parts, des réductions et crédits d’impôt. C’est le taux qui reflète le plus fidèlement la situation fiscale réelle du foyer.
Son principal inconvénient, lorsque les deux conjoints travaillent avec des revenus inégaux, le même taux s’applique aux deux. Le conjoint qui gagne moins voit alors un prélèvement proportionnellement plus lourd sur sa fiche de paie, tandis que celui qui gagne plus bénéficie d’un taux inférieur à ce que ses revenus seuls justifieraient.
Le taux individualisé : la répartition équitable depuis septembre 2025
Le taux individualisé répartit la charge fiscale du couple en fonction des revenus propres de chaque conjoint. Chacun se voit appliquer un taux calculé sur ses revenus personnels, majoré de la moitié des revenus communs (revenus fonciers, capitaux). Le montant total d’impôt du foyer reste identique : seule la répartition entre les deux fiches de paie change.
Depuis septembre 2025, le taux individualisé est devenu le taux par défaut pour tous les couples mariés ou pacsés soumis à imposition commune (loi de finances 2024, article 19). Avant cette date, il fallait en faire la demande explicite. Les couples qui préfèrent conserver un taux unique peuvent toujours opter pour le taux personnalisé via leur espace impots.gouv.fr.
Cas concret
Couple marié, Paul (3 500 €/mois) et Sophie (2 000 €/mois)
Revenu annuel du foyer
66 000 €
Impôt annuel du foyer
4 028 €
Taux moyen du foyer
6,1 %
Taux individualisé · Paul
7,7 %
soit 269 €/mois prélevés
Taux individualisé · Sophie
3,3 %
soit 67 €/mois prélevés
Avec le taux personnalisé unique de 6,1 %, les deux conjoints subiraient le même prélèvement proportionnel : Sophie verrait 122 €/mois prélevés au lieu de 67 €, tandis que Paul ne paierait que 214 €/mois au lieu de 269 €. Le taux individualisé répartit la charge en fonction des revenus de chacun, sans changer le montant total d’impôt du foyer (4 028 €/an).
Dans cet exemple, Sophie paie 67 €/mois avec le taux individualisé au lieu de 122 € avec le taux personnalisé unique. La différence est compensée sur la fiche de paie de Paul, qui passe de 214 € à 269 €/mois. Le total annuel prélevé au foyer reste de 4 028 € dans les deux cas.
Le taux neutre : une grille forfaitaire pour préserver la confidentialité
Le taux neutre (ou taux non personnalisé) est une grille de 20 tranches fixée par l’article 204 H du CGI. Il est déterminé uniquement en fonction du salaire mensuel net imposable, comme si le contribuable était célibataire sans enfant et sans autre revenu. Ce taux s’applique automatiquement lorsque l’administration ne peut pas transmettre de taux personnalisé (premier emploi, salarié non déclarant), ou sur demande du contribuable qui souhaite que son employeur ne connaisse pas sa situation fiscale globale.
La contrepartie est double. D’abord, le taux neutre ne tient compte ni de la situation familiale ni des revenus annexes : un contribuable avec enfants ou des revenus fonciers élevés peut se retrouver sous-prélevé ou sur-prélevé. Ensuite, si le taux neutre génère un prélèvement inférieur au taux personnalisé, le contribuable doit verser la différence chaque mois directement à la DGFiP, via un complément libre de prélèvement.
La grille des taux neutres 2026 tranche par tranche
La grille ci-dessous s’applique aux contribuables domiciliés en métropole. Elle comporte 20 tranches allant de 0 % (en dessous de 1 635 € nets mensuels) à 43 % (au-delà de 55 558 €). Ces seuils sont revalorisés chaque année dans la loi de finances pour suivre l’évolution des prix.
Un salarié au SMIC à temps plein (environ 1 430 € nets mensuels en 2026) se situe sous le seuil de 1 635 € : son taux neutre est de 0 %, aucun prélèvement n’est effectué sur sa fiche de paie. Un cadre intermédiaire à 3 000 € nets mensuels tombe dans la tranche à 7,5 %, soit 225 € prélevés chaque mois. Ces montants restent des approximations : le taux personnalisé, calculé sur la situation réelle du foyer, peut être sensiblement différent.
| Revenu mensuel net imposable | Taux neutre 2026 | Prélèvement mensuel |
|---|---|---|
| Moins de 1 635 € | 0 % | 0 € |
| 1 635 – 1 698 € | 0,5 % | 8 € |
| 1 698 – 1 807 € | 1,3 % | 23 € |
| 1 807 – 1 928 € | 2,1 % | 39 € |
| 1 928 – 2 060 € | 2,9 % | 58 € |
| 2 060 – 2 170 € | 3,5 % | 74 € |
| 2 170 – 2 315 € | 4,1 % | 92 € |
| 2 315 – 2 738 € | 5,3 % | 134 € |
| 2 738 – 3 135 € | 7,5 % | 220 € |
| 3 135 – 3 571 € | 9,9 % | 332 € |
| 3 571 – 4 019 € | 11,9 % | 452 € |
| 4 019 – 4 690 € | 13,8 % | 601 € |
| 4 690 – 5 624 € | 15,8 % | 815 € |
| 5 624 – 7 037 € | 17,9 % | 1 133 € |
| 7 037 – 8 789 € | 20 % | 1 583 € |
| 8 789 – 12 200 € | 24 % | 2 519 € |
| 12 200 – 16 523 € | 28 % | 4 021 € |
| 16 523 – 25 037 € | 33 % | 6 857 € |
| 25 037 – 55 558 € | 38 % | 15 313 € |
| Plus de 55 558 € | 43 % | 23 890 € + |
Le prélèvement concerne tous les revenus récurrents
Le prélèvement à la source ne se limite pas aux salaires du secteur privé. Il s’applique à l’ensemble des revenus imposables versés de manière récurrente.
Les revenus prélevés par un tiers collecteur
Quatre grandes catégories de revenus font l’objet d’une retenue à la source par l’organisme payeur :
- Salaires et traitements : l’employeur prélève le montant sur le bulletin de paie, entre le net imposable et le net versé
- Pensions de retraite : les caisses (Cnav, Agirc-Arrco, MSA, CNRACL) appliquent la retenue avant versement
- Allocations chômage : France Travail prélève l’impôt sur l’ARE avant paiement
- Indemnités journalières de sécurité sociale (maladie, maternité, accident du travail)
Les revenus soumis à un acompte contemporain
Pour les revenus sans tiers collecteur, l’administration prélève un acompte mensuel ou trimestriel directement sur le compte bancaire du contribuable. Sont concernés :
- Revenus fonciers : loyers perçus au titre de la location nue ou meublée (régime réel ou micro)
- Bénéfices industriels et commerciaux (BIC), bénéfices non commerciaux (BNC) et bénéfices agricoles (BA) des indépendants
- Pensions alimentaires reçues
- Rentes viagères à titre onéreux
Le montant de l’acompte est calculé par la DGFiP sur la base du dernier revenu déclaré. Il est ajustable : un bailleur dont le logement est vacant ou un indépendant dont le chiffre d’affaires chute peut demander une modulation via impots.gouv.fr, sous réserve que la variation estimée dépasse 5 %.
Les revenus exclus du prélèvement à la source
Certains revenus échappent au dispositif car ils sont soit exonérés d’impôt, soit soumis à un prélèvement forfaitaire distinct :
- Revenus du capital soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % : dividendes, intérêts, plus-values mobilières
- Prestations sociales non imposables : RSA, AAH, allocations familiales, prime d’activité
- Intérêts d’épargne réglementée : Livret A, LEP, LDDS (exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux)
La mise à jour du taux suit un calendrier annuel précis
Le taux de prélèvement à la source n’est pas figé. Il évolue selon un cycle annuel calé sur la campagne de déclaration des revenus.
De janvier à août, le taux en vigueur est celui calculé sur les revenus de l’avant-dernière année (N-2). En septembre, après traitement de la déclaration de printemps portant sur les revenus N-1, l’administration actualise le taux. Ce nouveau taux s’applique alors jusqu’en août de l’année suivante. Le contribuable reçoit son avis d’imposition en juillet-août, qui mentionne le taux actualisé et, le cas échéant, un solde à payer ou un remboursement.
Lorsque le solde à régulariser ne dépasse pas 300 €, il est prélevé en une seule fois en septembre. Au-delà, il est étalé sur quatre mensualités de septembre à décembre. Les remboursements, eux, sont toujours versés en une seule fois, généralement entre fin juillet et mi-août.
Modifier son taux en cours d’année est possible sous conditions
En dehors de la mise à jour automatique de septembre, le contribuable peut demander une modification de son taux à tout moment via l’espace « Gérer mon prélèvement à la source » sur impots.gouv.fr. Deux situations justifient cette démarche.
Un changement de situation familiale
Mariage, PACS, naissance, divorce, décès du conjoint : tout événement modifiant le nombre de parts fiscales ou le régime d’imposition doit être signalé dans les 60 jours. L’administration recalcule alors le taux en tenant compte de la nouvelle configuration du foyer. Le nouveau taux est transmis à l’employeur dans un délai de un à trois mois suivant la déclaration.
Une variation significative de revenus
Hausse de salaire, perte d’emploi, départ à la retraite, revenus fonciers en hausse ou en baisse : le contribuable peut demander une actualisation de son taux si la variation estimée de l’impôt atteint au moins 5 %. La demande se fait en ligne via un simulateur intégré qui recalcule le taux prévisionnel. Une fois validé, le nouveau taux est transmis au collecteur sous un à deux mois.
La déclaration de revenus 2026 reste par ailleurs obligatoire chaque année, même avec le prélèvement à la source. C’est elle qui permet de régulariser les écarts entre les montants prélevés et l’impôt réellement dû.
Le prélèvement à la source sur la fiche de paie, ligne par ligne
Sur un bulletin de salaire, le prélèvement à la source apparaît en bas du document, après les cotisations sociales. Trois lignes permettent de comprendre le montant prélevé :
- Net imposable : c’est la base de calcul du prélèvement. Elle diffère du net à payer car elle inclut la CSG non déductible et la part patronale de mutuelle
- Taux de prélèvement à la source : le pourcentage transmis par la DGFiP (personnalisé, individualisé ou neutre)
- Montant du PAS : le résultat de la multiplication du net imposable par le taux. Ce montant est déduit pour obtenir le net à payer avant impôt, puis le net à payer
Le net imposable mensuel figure également sur la ligne « cumul net imposable » en bas du bulletin. C’est ce cumul annuel qui sert de référence pour la déclaration pré-remplie : le montant transmis par l’employeur à l’administration doit correspondre à la somme des nets imposables mensuels de l’année.
Les indépendants versent un acompte contemporain
Les travailleurs indépendants (micro-entrepreneurs, professions libérales, artisans, commerçants, exploitants agricoles) n’ont pas d’employeur pour effectuer la retenue. Leur impôt est prélevé sous forme d’acomptes contemporains, directement sur leur compte bancaire.
Le montant de l’acompte est calculé par l’administration à partir du dernier bénéfice déclaré. Par défaut, le prélèvement est mensuel (le 15 de chaque mois), mais l’indépendant peut opter pour un rythme trimestriel (15 février, 15 mai, 15 août, 15 novembre). La périodicité se choisit une fois par an sur impots.gouv.fr.
Les micro-entrepreneurs qui ont opté pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu ne sont pas concernés par le prélèvement à la source. Leur impôt est déjà intégré dans le pourcentage forfaitaire prélevé sur le chiffre d’affaires (1 %, 1,7 % ou 2,2 % selon l’activité), réglé mensuellement ou trimestriellement à l’Urssaf.
Le complément d’impôt et le remboursement en fin d’année
Le prélèvement à la source fonctionne comme un système d’avances : les montants prélevés chaque mois sont des provisions calculées sur la situation passée. L’impôt définitif n’est connu qu’après traitement de la déclaration annuelle. Deux cas de figure se présentent.
Un solde à payer : les prélèvements n’ont pas couvert l’impôt dû
Cela arrive typiquement lorsque les revenus ont augmenté en cours d’année (promotion, revenus fonciers en hausse, prime exceptionnelle) sans que le taux ait été mis à jour. Le contribuable reçoit alors un avis d’imposition mentionnant un complément d’impôt. Si le solde est inférieur ou égal à 300 €, il est prélevé en une seule fois en septembre. Au-delà, il est étalé de septembre à décembre.
Un remboursement : les prélèvements ont dépassé l’impôt dû
Cette situation survient lorsque les revenus ont baissé, qu’un crédit d’impôt (emploi à domicile, frais de garde) n’a pas été pris en compte dans le taux, ou que le taux neutre a conduit à un sur-prélèvement. Le trop-perçu est remboursé par virement bancaire, généralement entre fin juillet et mi-août. En janvier, un acompte de 60 % des crédits d’impôt récurrents (emploi à domicile, garde d’enfants) est versé pour limiter l’avance de trésorerie.
Questions fréquentes sur le prélèvement à la source
Pour un salaire mensuel net imposable de 2 000 €, le taux non personnalisé (taux neutre) applicable en 2026 est de 2,9 %, soit un prélèvement de 58 € par mois. Ce taux s’applique uniquement si le contribuable n’a pas communiqué son taux personnalisé à l’employeur, ou s’il s’agit d’un premier emploi sans historique fiscal. Avec un taux personnalisé, le montant prélevé peut différer en fonction des autres revenus et charges du foyer.
Le taux personnalisé est calculé par l’administration fiscale à partir de la dernière déclaration de revenus. La formule divise le montant d’impôt sur le revenu par le total des revenus soumis au prélèvement. Ce taux est ensuite transmis à l’employeur ou à l’organisme payeur via le dispositif PASRAU ou la DSN. Il est actualisé chaque année en septembre après traitement de la déclaration de printemps, ou en cours d’année si le contribuable signale un changement de situation.
Le taux personnalisé (ou taux de droit commun) est calculé sur l’ensemble des revenus du foyer fiscal. Le taux individualisé répartit la charge entre conjoints en fonction de leurs revenus respectifs : depuis septembre 2025, il s’applique par défaut aux couples. Le taux neutre (ou non personnalisé) est une grille forfaitaire basée uniquement sur le salaire mensuel, sans tenir compte de la situation familiale ni des autres revenus. Il sert de taux par défaut en l’absence d’information transmise par l’administration.
Oui, il est possible de modifier son taux à tout moment depuis l’espace personnel sur impots.gouv.fr, rubrique « Gérer mon prélèvement à la source ». La modification prend effet dans un délai de un à deux mois après la demande. Un changement est justifié en cas de variation significative de revenus, de mariage, de naissance, de divorce ou de départ à la retraite. L’administration exige toutefois que la variation estimée de l’impôt atteigne au moins 5 % pour valider une baisse de taux en cours d’année.
Le taux est actualisé automatiquement chaque année en septembre, après traitement de la déclaration de revenus déposée au printemps. Le nouveau taux calculé sur les revenus N-1 s’applique alors de septembre N à août N+1. En dehors de cette mise à jour annuelle, le contribuable peut demander une actualisation à tout moment via son espace impots.gouv.fr en cas de changement de situation familiale ou de revenus.
Oui, le prélèvement à la source s’applique à tous les revenus imposables récurrents. Pour les pensions de retraite, c’est la caisse de retraite (Cnav, Agirc-Arrco, MSA) qui prélève directement l’impôt avant versement. Pour les allocations chômage, c’est France Travail qui effectue la retenue. Le mécanisme est identique à celui appliqué sur les salaires : l’organisme payeur reçoit le taux de l’administration fiscale et l’applique au montant brut imposable avant versement.
Les travailleurs indépendants (BIC, BNC, BA) ne sont pas prélevés par un tiers collecteur. Ils versent des acomptes contemporains calculés par l’administration fiscale et prélevés mensuellement ou trimestriellement sur leur compte bancaire. Le montant de l’acompte est basé sur le dernier bénéfice déclaré. En cas de forte variation d’activité, l’indépendant peut demander une modulation de ses acomptes via impots.gouv.fr, sous réserve que la variation estimée dépasse 5 %.
Sources : Code général des impôts (articles 204 A à 204 N), economie.gouv.fr, service-public.gouv.fr





