L’essentiel
- Depuis l’intégration du régime des indépendants à l’Assurance retraite en 2020, la retraite de base des artisans et commerçants se calcule comme celle d’un salarié : 50 % du revenu annuel moyen des 25 meilleures années, au prorata de la durée.
- Pour un auto-entrepreneur, tout dépend du chiffre d’affaires : en 2026, il faut environ 6 030 € en vente, 3 500 € en services ou 2 710 € en libéral pour valider un trimestre.
- La complémentaire RCI ajoute une pension en points (1,347 € le point en 2026), avec un rendement d’environ 6,2 %.
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La retraite des indépendants traîne une réputation d’usine à gaz héritée du RSI. La réalité est plus simple depuis 2020 : la retraite de base des artisans et commerçants se calcule désormais exactement comme celle d’un salarié, avec la même formule que dans le calcul de la retraite du régime général. Trois spécificités subsistent et font toute la différence : la façon dont un auto-entrepreneur valide ses trimestres, la complémentaire RCI, et le niveau des revenus déclarés pendant la carrière.
La retraite de base se calcule comme celle d’un salarié
Revenu annuel moyen, taux de 50 % et durée
Au 1er janvier 2020, la Sécurité sociale des indépendants (SSI, ex-RSI) a été intégrée à l’Assurance retraite. Depuis, la retraite de base des artisans, commerçants et professions libérales non réglementées obéit à la même équation que celle du régime général : le revenu annuel moyen des 25 meilleures années, retenu dans la limite du plafond de la Sécurité sociale, multiplié par un taux de 50 % au taux plein, puis proratisé par le rapport entre la durée d’assurance et la durée requise.
La différence avec un salarié tient à la nature du revenu pris en compte : ce sont les revenus professionnels soumis à cotisation, et non un salaire. Les mêmes mécanismes de décote et de surcote s’appliquent, ainsi que le minimum contributif. Pour les périodes d’activité antérieures à 1973, un ancien régime en points continue de produire des droits distincts, mais il ne concerne plus que les carrières les plus anciennes.
Auto-entrepreneur : le chiffre d’affaires qui valide des trimestres
C’est le point le plus mal compris, et le plus lourd de conséquences. Un micro-entrepreneur ne cotise pas sur un revenu, mais sur son chiffre d’affaires, via un taux forfaitaire global. Une fraction de ce forfait est affectée à la retraite de base, reconstituée en revenu cotisé, puis comparée à 150 fois le Smic horaire (1 803 € en 2026) pour déterminer le nombre de trimestres. Résultat : un chiffre d’affaires faible valide peu de trimestres, voire aucun.
Le chiffre d’affaires à atteindre en 2026
| Activité (taux global 2026) | 1 trimestre | 2 trimestres | 3 trimestres | 4 trimestres |
|---|---|---|---|---|
| Vente de marchandises (BIC, 12,3 %) | ≈ 6 030 € | ≈ 12 060 € | ≈ 18 090 € | ≈ 24 100 € |
| Prestations de services artisanales/commerciales (BIC, 21,2 %) | ≈ 3 500 € | ≈ 7 000 € | ≈ 10 500 € | ≈ 14 000 € |
| Activité libérale non réglementée (BNC, 25,6 %) | ≈ 2 710 € | ≈ 5 425 € | ≈ 8 135 € | ≈ 10 850 € |
Un exemple tiré de la doctrine officielle : un vendeur en micro-entreprise déclarant 6 220 € de chiffre d’affaires sur l’année valide un seul trimestre. Pour sécuriser ses 4 trimestres en vente, il lui faut donc dépasser 24 000 € de chiffre d’affaires annuel. Les années de faible activité créent des trous dans la carrière, qui pèsent ensuite sur la durée d’assurance et donc sur le montant de la pension.
La réforme entrée en vigueur au 1er janvier 2026 rééquilibre les prélèvements vers la retraite. Pour les activités de vente et de services (BIC), la part du forfait affectée à la retraite de base est passée de 41,80 % à 43,45 %, au détriment de la CSG-CRDS non génératrice de droits. Les activités libérales (BNC) relèvent d’une répartition distincte (46,40 %), mais leur taux global relevé produit le même effet. À chiffre d’affaires égal, un micro-entrepreneur valide ainsi un peu plus de droits qu’auparavant.
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RetraitesTUC, SIVP, stages des années 80 : les trimestres de retraite oubliésLa complémentaire RCI, un régime en points
À la retraite de base s’ajoute la retraite complémentaire des indépendants (RCI), obligatoire pour les artisans et commerçants. Elle fonctionne en points, comme l’Agirc-Arrco des salariés : les cotisations achètent des points, convertis en pension au moment du départ. En 2026, la valeur d’acquisition d’un point s’établit à 21,726 €, et sa valeur de service à 1,347 €. Le rendement ressort ainsi à environ 6,2 %, un niveau supérieur à celui de nombreux placements.
Concrètement, un indépendant qui a accumulé 500 points RCI perçoit 500 × 1,347 €, soit 673 € par an de complémentaire, en plus de sa retraite de base. Le plafond de cotisation RCI est fixé à 44 286 € de revenu en 2026. Seuls les points d’artisan les plus anciens, cotisés avant 1997, conservent des valeurs de service légèrement inférieures (1,205 € et 1,158 €).
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Combien touche un indépendant à la retraite
Exemple chiffré
Artisan, revenu annuel moyen de 25 000 €, carrière complète (172 trimestres)
Taux
50 % (plein)
Retraite de base
1 041 €/mois
+ RCI (env. 500 pts)
+ 56 €/mois
Retraite de base : 25 000 € × 50 % × 172/172 = 12 500 € par an, soit 1 041,67 € par mois. À cela s’ajoute la complémentaire RCI : 500 points valorisés à 1,347 € donnent 673 € par an, soit environ 56 € par mois. Une durée incomplète ou un revenu déclaré plus faible réduit ces deux étages à proportion.
Les moyennes rappellent la réalité du régime : la pension servie au seul titre de l’activité indépendante figure parmi les plus basses, de l’ordre de 600 € par mois selon la DREES, loin de la moyenne tous régimes de 1 626 € bruts fin 2022. La raison n’est pas la formule, identique à celle des salariés, mais le niveau des revenus déclarés et les carrières souvent mixtes ou incomplètes. Un plancher existe : le minimum contributif, de 756,29 € par mois en 2026, porté à 903,93 € pour une carrière suffisamment cotisée. Une fois la pension brute connue, restent les prélèvements sociaux (CSG, CRDS, CASA) qui déterminent le montant net.
Estimer sa retraite de base d’indépendant
Le simulateur ci-dessous applique la formule de la retraite de base à partir du revenu annuel moyen et de la durée d’assurance. Il donne une estimation hors complémentaire RCI et hors décote.
Simulateur : retraite de base d’un indépendant
Estimation de la pension de base annuelle et mensuelle, hors complémentaire RCI et hors décote ou surcote.
Salarié ou indépendant : ce qui change vraiment
Depuis 2020, la retraite de base ne fait plus de différence entre un salarié et un indépendant : même formule, même taux, même durée requise. L’écart se joue ailleurs. La complémentaire RCI est en général moins généreuse que l’Agirc-Arrco des salariés, et surtout le revenu déclaré pendant la carrière est souvent plus faible, parfois volontairement, pour limiter les cotisations. Ce choix réduit mécaniquement la pension future. Les indépendants gardent en revanche accès aux mêmes dispositifs de départ anticipé, y compris la retraite progressive, et au rachat de trimestres.
Questions fréquentes
Depuis l’intégration du régime des indépendants (SSI) à l’Assurance retraite en 2020, la retraite de base des artisans et commerçants se calcule comme celle d’un salarié : revenu annuel moyen des 25 meilleures années, multiplié par un taux de 50 % au taux plein, puis par le rapport entre la durée d’assurance et la durée requise. S’y ajoute la retraite complémentaire des indépendants (RCI), un régime en points.
Un micro-entrepreneur valide des trimestres selon son chiffre d’affaires et la nature de son activité. En 2026, il faut réaliser environ 6 030 € de chiffre d’affaires pour valider un trimestre en vente de marchandises, environ 3 500 € en prestations de services artisanales ou commerciales, et environ 2 710 € en activité libérale non réglementée. Le maximum reste de 4 trimestres par an.
La pension servie au seul titre du régime des indépendants figure parmi les plus basses, de l’ordre de 600 € par mois selon la DREES, car beaucoup de carrières ne comptent que quelques années d’activité indépendante. Tous régimes confondus, la pension moyenne s’élève à 1 626 € bruts fin 2022. Le minimum contributif garantit un plancher de 756,29 € par mois en 2026, porté à 903,93 € pour une carrière suffisamment cotisée.
La RCI est le régime complémentaire obligatoire des artisans et commerçants, fonctionnant en points. Les cotisations achètent des points (valeur d’acquisition de 21,726 € en 2026) qui, à la liquidation, sont convertis en pension (valeur de service de 1,347 € par point en 2026). Son rendement ressort ainsi autour de 6,2 %.
Les indépendants relèvent du même minimum contributif que les salariés : 756,29 € par mois en 2026 pour une carrière complète, porté à 903,93 € lorsque la durée cotisée est suffisante, sous condition de ressources. Ce minimum ne concerne que la retraite de base et suppose une carrière au taux plein.
Depuis 2020, la retraite de base suit les mêmes règles pour les deux. La différence se joue sur la complémentaire, souvent moins généreuse pour les indépendants que l’Agirc-Arrco des salariés, et sur le niveau des revenus déclarés, parfois volontairement bas pour limiter les cotisations, ce qui réduit d’autant la pension future.
Sources : circulaire Cnav 2026-12 du 7 avril 2026 (droits à la retraite des micro-entrepreneurs) ; circulaire Cnav 2025-31 du 22 décembre 2025 (valeurs du régime complémentaire des indépendants RCI 2026) ; Assurance retraite (retraite de base des travailleurs indépendants) ; service-public.gouv.fr ; DREES, Les retraités et les retraites, édition 2024 (données fin 2022).


