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Les 25 meilleures années de la retraite : la règle et ce qui compte vraiment

10 ou 25 meilleures années pour la retraite ? La règle du calcul de la retraite de base : 25 ans pour les nés depuis 1948, les meilleures et non les dernières, revalorisées et plafonnées.
Rédacteur en chef
Publié le 6 août 2026 à 13:37
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les 25 meilleures années de la retraite la règle et ce qui compte vraiment

L’essentiel

  • La retraite de base du privé se calcule sur les 25 meilleures années, pas sur les 10 dernières : le « 10 » ne concerne plus que les personnes nées avant 1934.
  • Ce sont les meilleures années, pas les dernières ni des années consécutives. Les mauvaises années et les années incomplètes sont écartées.
  • Chaque année retenue est d’abord plafonnée au plafond de la Sécurité sociale de son année, puis revalorisée par les coefficients d’inflation.

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« Ma retraite, c’est sur les 10 dernières années ou les 25 ? » La question revient sans cesse, et la réponse est nette : pour la retraite de base du privé, c’est sur les 25 meilleures années de toute la carrière. Ni les 10 dernières, ni les 25 dernières. Ce revenu annuel moyen est la pièce maîtresse du calcul de la retraite des salariés du privé comme des indépendants : c’est lui qui est multiplié par le taux et par la durée. Comprendre comment ces 25 années sont choisies, revalorisées et plafonnées, c’est comprendre où se joue réellement le montant.

10 ou 25 ans : la réponse dépend de l’année de naissance

La règle des 25 années vient de la réforme Balladur de 1993, appliquée à partir de 1994. Auparavant, la retraite de base se calculait sur les 10 meilleures années. Le passage de 10 à 25 s’est fait progressivement, à raison d’une année supplémentaire par génération. Le nombre d’années retenues dépend donc de l’année de naissance.

Année de naissanceNombre d’années retenues
Avant 193410 ans
193411 ans
193815 ans
194320 ans
194724 ans
1948 et après25 ans
Nombre d’années retenues pour le revenu annuel moyen, selon l’année de naissance. Source : CSS art. R351-29 et R351-29-1, circulaire Cnav 2007/47 du 15/06/2007 § 11.

Concrètement, toute personne qui part à la retraite aujourd’hui est concernée par les 25 meilleures années : les générations encore actives sont toutes nées après 1948. Le chiffre de 10 années, souvent cité, n’a plus aucune portée pratique.

Cette règle des 25 années ne concerne que le privé : dans la fonction publique, la pension se calcule sur le traitement des 6 derniers mois, et non sur une moyenne de carrière.

Les meilleures années, pas les dernières

Le mot « meilleures » change tout. La caisse ne retient pas les 25 dernières années travaillées, mais les 25 années aux revenus revalorisés les plus élevés, où qu’elles se situent dans la carrière. Elles ne sont pas nécessairement consécutives. Une année de début de carrière bien rémunérée peut être retenue, tandis qu’une année récente à temps partiel peut être écartée.

Ce principe protège les carrières irrégulières : les années de galère, de chômage partiel ou de faible activité ne pèsent pas sur la moyenne, puisque seules les 25 meilleures sont conservées. Sont d’ailleurs automatiquement écartées les années incomplètes : celles qui ne comportent qu’un report insuffisant pour valider un trimestre, uniquement des trimestres assimilés, ou un versement pour la retraite.

Une mauvaise année ne compte pas
Un accident de carrière, une année à mi-temps ou une reconversion mal payée n’abaissent pas la pension : ces années sortent du calcul dès lors que 25 années meilleures existent. C’est une protection réelle pour les parcours en dents de scie.

Comment chaque année compte dans la moyenne

Le revenu annuel moyen est égal à la somme des revenus bruts des 25 meilleures années, revalorisés, divisée par 25 (ce sont les salaires bruts soumis à cotisation, avant tout prélèvement). Deux mécanismes s’appliquent à chaque année avant d’entrer dans la moyenne.

Le plafonnement puis la revalorisation

Chaque salaire est d’abord retenu dans la limite du plafond de la Sécurité sociale de son année : le salaire inscrit au compte est déjà plafonné, puisque les cotisations ne sont dues que jusqu’à ce plafond. Les revenus qui le dépassaient ne comptent donc que jusqu’à cette limite, ce qui explique qu’au-delà d’un certain niveau de rémunération, gagner davantage n’augmente plus la retraite de base. Chaque salaire ainsi plafonné est ensuite revalorisé par les coefficients d’inflation en vigueur au moment du départ, pour être exprimé en euros d’aujourd’hui.

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Les cas particuliers pris en compte

Certaines périodes sans salaire plein sont malgré tout intégrées. Les indemnités journalières de maternité comptent dans le revenu annuel moyen : pour un congé débutant à partir de 2012, elles sont retenues à hauteur de 125 % de leur montant. Depuis septembre 2023, les congés antérieurs à 2012 sont eux aussi pris en compte, sur la base d’un salaire forfaitaire. L’année du départ à la retraite, en revanche, n’est jamais retenue, car elle est presque toujours incomplète.

⚠️
Un salaire oublié fausse le revenu annuel moyen
Le revenu annuel moyen ne vaut que ce que vaut le relevé de carrière. Une année manquante ou un salaire mal reporté peut faire chuter la moyenne. Un contrôle du relevé de carrière avant la liquidation permet de corriger ces oublis, souvent lourds de conséquences.

Un exemple chiffré

Exemple chiffré

Une carrière de 40 ans, dont 3 années à temps partiel et 2 années de début à faible salaire

Les 25 meilleures années sont retenuesLes 15 autres années, dont les 5 plus faibles, sont purement et simplement écartées du calcul.
Chaque année est plafonnée, puis revaloriséeUn salaire de 2005 est d’abord retenu dans la limite du plafond de la Sécurité sociale de 2005, puis réévalué par les coefficients d’inflation. Ce plafond, révisé chaque année, atteint 48 060 € en 2026.
Résultat : les années de galère du début et les périodes à temps partiel ne tirent pas la pension vers le bas. Seules les 25 meilleures comptent, ce qui protège les carrières irrégulières.

Ce que la règle des 25 ans ne couvre pas

La règle des 25 meilleures années ne vaut que pour la retraite de base du régime général, celle des salariés du privé comme des indépendants, dont le régime a été intégré au régime général en 2020. Elle ne s’applique pas aux deux autres grands cas :

  • La retraite complémentaire Agirc-Arrco des salariés ne connaît pas les 25 meilleures années : elle repose sur la totalité des points accumulés sur l’ensemble de la carrière.
  • La fonction publique calcule la pension sur le traitement indiciaire des 6 derniers mois, et non sur une moyenne de carrière.

C’est ce qui alimente l’idée d’un « mythe » des 25 meilleures années : la règle est bien réelle, mais elle ne concerne qu’un étage de la retraite. Un salarié du privé cumule donc une base calculée sur 25 années et une complémentaire calculée sur toute la carrière.

Questions fréquentes

Non. C’est une confusion fréquente. La retraite de base du privé se calcule sur les 25 meilleures années de la carrière, et non sur les 10 dernières ni sur les 25 dernières. Le chiffre de 10 années correspond à une règle abandonnée, applicable aux personnes nées avant 1934.

Oui, pour la retraite de base du régime général (salariés du privé) comme pour les indépendants, dont le régime a rejoint le régime général en 2020. Le revenu annuel moyen correspond à la moyenne des 25 années aux revenus revalorisés les plus élevés. Cette règle ne s’applique ni à la retraite complémentaire Agirc-Arrco, qui repose sur l’ensemble des points, ni à la fonction publique, calculée sur les 6 derniers mois de traitement.

Issue de la réforme Balladur de 1993, la règle des 25 ans a remplacé progressivement celle des 10 meilleures années. Le nombre d’années retenues a augmenté d’un an par génération, pour atteindre 25 années pour les personnes nées à partir de 1948. Tous les assurés qui partent aujourd’hui sont donc concernés par les 25 meilleures années.

Ce sont les 25 années civiles où les revenus soumis à cotisation, une fois revalorisés par les coefficients d’inflation, ont été les plus élevés. Elles ne sont pas forcément consécutives et ne correspondent pas aux dernières années de carrière. Les années incomplètes, à faible report ou uniquement composées de trimestres assimilés sont écartées.

Depuis la réforme Balladur de 1993, appliquée à partir de 1994. Le passage de 10 à 25 années s’est fait progressivement, d’un an par année de naissance : 10 années pour les nés avant 1934, puis une année de plus par génération, jusqu’à 25 années pleines pour les nés à partir de 1948.

La moyenne porte alors sur les années effectivement travaillées et reportées. Une carrière courte n’est pas pénalisée par ce calcul de moyenne, mais par la proratisation : la pension est réduite en fonction du rapport entre la durée d’assurance et la durée requise, et une décote peut s’ajouter en cas de départ avant l’âge du taux plein.

Sources : code de la sécurité sociale, article R351-29 ; doctrine Assurance retraite « Revenu annuel moyen » (nombre d’années : circulaire Cnav 2007/47 du 15/06/2007 § 11) ; circulaire Cnav 2025/11 du 28/03/2025 (indemnités journalières maternité) ; réforme des retraites de 1993 (passage de 10 à 25 années).

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