L’essentiel
- Depuis les retraites prenant effet au 1er juillet 2026, un sapeur-pompier volontaire gagne 1 trimestre dès 10 ans d’engagement, 2 dès 20 ans, 3 dès 25 ans.
- Ces trimestres comptent pour le taux et le calcul de la pension, mais pas pour ouvrir une carrière longue : ils ne sont ni cotisés ni réputés cotisés.
- Un seul justificatif : l’état des services délivré par le SDIS, à joindre à la demande de retraite.
- La majoration ne se confond pas avec la prime de fidélisation (NPFR) : ce sont deux droits distincts, cumulables.
Vingt-deux ans passés à partir de nuit pour les autres, et rien sur le relevé de carrière. C’était le cas de Patrick, sapeur-pompier volontaire dans un centre de secours rural en parallèle de son emploi de magasinier. Depuis le 1er juillet 2026, ces années d’engagement lui rapportent 2 trimestres de retraite, sans qu’il ait cotisé un euro de plus. La mesure est passée presque inaperçue, elle concerne pourtant les quelque 200 000 sapeurs-pompiers volontaires du pays.
Le principe est simple, ses effets le sont moins. Ces trimestres pèsent sur le calcul de la pension, mais ne se comportent pas comme des trimestres cotisés : ils n’ouvrent pas de départ anticipé. Voici, à la lumière de la circulaire de l’Assurance retraite du 23 juillet 2026, qui en bénéficie, combien de trimestres selon l’engagement, et ce que ces trimestres changent réellement au moment de partir.
Un droit ouvert dès 10 ans d’engagement volontaire
La majoration de durée d’assurance vise toute personne ayant été engagée comme sapeur-pompier volontaire pendant au moins dix années. Elle découle de l’article 24 de la loi de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023, qui a créé l’article L. 173-1-5 du code de la sécurité sociale, puis du décret n° 2026-18 du 20 janvier 2026 pour ses modalités. Deux objectifs affichés : reconnaître la disponibilité des volontaires et renforcer l’attractivité de l’engagement.
Le dispositif s’applique aux retraites dont le point de départ est fixé à compter du 1er juillet 2026. La date compte plus qu’il n’y paraît : aucune rétroactivité n’est prévue. Un ancien volontaire dont la retraite a pris effet le 1er juin 2026 n’y a pas droit, à un mois près.
Le barème : 1, 2 ou 3 trimestres selon la durée
Le nombre de trimestres accordés dépend uniquement de la durée totale d’engagement, fixée par l’article R. 173-4-6 du code de la sécurité sociale.
| Durée totale d’engagement | Trimestres de majoration |
|---|---|
| Au moins 10 ans | 1 trimestre |
| Au moins 20 ans | 2 trimestres |
| Au moins 25 ans | 3 trimestres |
Le plafond est donc de 3 trimestres, atteint à 25 ans de service. Entre deux paliers, le nombre ne bouge pas : à 19 ans d’engagement, la majoration reste de 1 trimestre, la même qu’à 10 ans. Un volontaire proche d’un palier a donc un intérêt concret à connaître sa durée exacte.
Le décompte de l’engagement se fait de date à date
La durée retenue correspond au nombre d’années de services effectifs, que l’engagement ait été continu ou non. Un volontaire qui a interrompu son service, changé de département ou repris après plusieurs années additionne toutes ses périodes. La règle de calcul, précisée par la circulaire, tient en trois temps :
- chaque période est mesurée de date à date ;
- les années civiles complètes sont comptées telles quelles ;
- les jours des années incomplètes sont totalisés, divisés par 365, et le résultat est arrondi à l’entier inférieur.
Ce que ces trimestres changent vraiment
C’est le point que la plupart des présentations survolent. Ces trimestres ne sont ni cotisés, ni réputés cotisés. La distinction n’est pas théorique : elle décide de ce que la majoration permet, et de ce qu’elle ne permet pas.
Concrètement, ils s’ajoutent à la durée d’assurance pour deux usages : la détermination du taux de calcul de la retraite et la durée de proratisation qui sert au calcul de la pension. En revanche, ils restent hors du champ des dispositifs qui exigent des trimestres cotisés, à commencer par la carrière longue. Le tableau ci-dessous reprend, dispositif par dispositif, la doctrine de l’Assurance retraite.
| Dispositif | Ces trimestres comptent-ils ? |
|---|---|
| Taux de calcul de la retraite (taux plein) | Oui |
| Durée d’assurance pour le calcul de la pension | Oui |
| Carrière longue, ouverture du droit | Non |
| Carrière longue, calcul de la pension | Oui |
| Retraite anticipée handicap, ouverture | Non |
| Surcote, ouverture du droit | Oui |
| Surcote, calcul | Non |
| Minimum contributif, calcul du minimum de base | Oui |
| Retraite progressive | Oui |
| Retraite issue d’un cumul emploi-retraite | Non |
L’effet le plus fréquent se joue sur le taux. Un assuré à qui il manque 2 trimestres pour le taux plein subit une double peine : un taux minoré et une pension proratisée. Le barème de la décote ramène par exemple le taux de 50 à 48,75 % pour 2 trimestres manquants. Les 2 trimestres de la majoration volontaire suffisent alors à rétablir le taux plein et à faire disparaître la minoration. Le gain porte sur toute la durée de la retraite, pas sur une seule année.
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RetraitesTemps partiel et retraite : ce qui change vraiment pour les trimestres et la pensionUne seule démarche : l’état des services du SDIS
La majoration n’est pas attribuée d’office. L’assuré doit produire, au moment de sa demande de retraite, un état des services établi par le dernier service départemental d’incendie et de secours dans lequel il a été engagé. Ce document précise la durée et la période de l’engagement volontaire.
Le réflexe utile est d’anticiper : demander cet état des services au SDIS quelques mois avant de déposer sa retraite évite un allongement du délai d’instruction. Il rejoint alors les autres pièces du dossier de retraite. Un ancien volontaire ayant servi dans plusieurs départements s’adresse au dernier service d’accueil de son engagement, qui retrace l’ensemble du parcours.
Régimes compétents, outre-mer et prime de fidélisation
Qui attribue la majoration en cas de plusieurs régimes
Le droit vaut dans la plupart des régimes de base : l’Assurance retraite, la MSA, le régime de la fonction publique d’État, celui des marins (Enim), celui de la fonction publique territoriale et hospitalière (CNRACL), le FSPOEIE et les régimes spéciaux. En cas d’affiliation à plusieurs d’entre eux, l’Assurance retraite est compétente, sauf lorsqu’un régime spécial prévoit lui-même cette majoration et peut servir une pension. Pour les salariés agricoles ou non-salariés agricoles, c’est le dernier régime d’affiliation, ou celui susceptible de verser la pension la plus élevée, qui attribue la majoration.
À ne pas confondre avec la prime de fidélisation
La majoration de durée d’assurance est souvent mélangée avec la nouvelle prestation de fidélisation et de reconnaissance (NPFR), qui récompense elle aussi l’engagement des volontaires. Ce sont deux droits différents : la majoration ajoute des trimestres au relevé de carrière et joue sur la pension de retraite de base, tandis que la NPFR est une rente versée en fin d’engagement, financée par un dispositif propre aux services d’incendie et de secours. Les deux se cumulent, et l’une n’affecte pas l’autre.
Questions fréquentes sur la majoration des sapeurs-pompiers volontaires
1 trimestre dès 10 ans d’engagement, 2 dès 20 ans, 3 dès 25 ans. Le décompte se fait de date à date, l’engagement peut être discontinu, et le plafond est de 3 trimestres.
Aux retraites dont le point de départ est fixé à compter du 1er juillet 2026. Il n’y a aucun effet rétroactif : une retraite liquidée avant cette date n’y ouvre pas droit.
Non. Ils ne sont ni cotisés ni réputés cotisés : ils améliorent le taux et le calcul de la pension, mais n’ouvrent ni la carrière longue ni la retraite anticipée handicap. Ils sont pris en compte pour le calcul une fois le droit ouvert par d’autres trimestres.
Un état des services délivré par le dernier SDIS d’engagement, indiquant la durée et la période de service, à joindre à la demande de retraite.
Non. Un engagement terminé, même ancien, ouvre le même droit dès lors que la durée totale atteint un palier et que la retraite prend effet à compter du 1er juillet 2026.
Oui. La majoration de durée d’assurance et la prestation de fidélisation et de reconnaissance (NPFR) sont deux droits distincts et cumulables. La première ajoute des trimestres, la seconde verse une rente en fin d’engagement.
Sources : circulaire Cnav 2026-22 du 23 juillet 2026 (majoration de durée d’assurance des sapeurs-pompiers volontaires), articles L. 173-1-5 et R. 173-4-6 du code de la sécurité sociale, décret n° 2026-18 du 20 janvier 2026, article 24 de la loi de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023.



