Taxe Zucman : une étude chiffre les pertes fiscales à 10-20 milliards d’euros

Fiscalité • Patrimoine • Présidentielle 2027

Taxe Zucman : 20 milliards de recettes ou 20 milliards de pertes ?

20 Md€

Recettes estimées (Zucman)

5 Md€

Rendement réel (après IS)

10 familles

Portent 70 % des recettes

La taxe Zucman, un impôt de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, reste au cœur du débat budgétaire. Une étude publiée par le collectif patronal « Trop c’est trop » estime que cette taxe coûterait en réalité entre 10 et 20 milliards d’euros de pertes fiscales nettes à l’État.

Le projet refait surface à l’approche de la présidentielle 2027. Jean-Luc Mélenchon mise sur les 20 milliards de recettes supposées pour financer son programme (investissements verts, retour de la retraite à 60 ans). Thomas Piketty a récemment surenchéri dans une tribune au Monde en proposant un « impôt de solidarité nationale » à hauteur de 800 milliards d’euros, soit 30 % du PIB. Face à ces propositions, le collectif « Trop c’est trop », formé par quelque 2 000 chefs d’entreprise dont le président du Medef Patrick Martin, publie une étude pour démontrer que la taxe produirait l’effet inverse de celui recherché.

Le rendement réel serait quatre fois inférieur aux estimations

L’étude, réalisée par le doctorant Pierre Andrews avec l’appui scientifique de quatre économistes (Nathalie Janson, Erwann Tison, Olivier Redoulès et Antoine Levy de Berkeley), repose sur un argument central : les bénéfices non distribués accumulés dans les holdings patrimoniales ont déjà été soumis à l’impôt sur les sociétés. Les taxer une seconde fois via la taxe Zucman reviendrait à une double imposition.

En défalquant l’IS déjà acquitté, le rendement réel de la taxe tomberait à 5 milliards d’euros, loin des 20 milliards avancés par ses promoteurs.

L’exil fiscal coûterait entre 17 et 24 milliards de recettes

Le second volet de l’étude porte sur les effets indirects. La fuite des entrepreneurs à l’étranger provoquerait une perte de productivité et des délocalisations, chiffrées entre 1,3 % et 1,8 % du PIB, soit 36 à 50 milliards d’euros de richesse non créée. L’État, qui prélève environ la moitié de la richesse produite, perdrait entre 17 et 24 milliards d’euros de recettes fiscales.

Bilan net selon l’étude : la taxe Zucman générerait entre 10 et 20 milliards d’euros de pertes fiscales nettes pour les finances publiques.

70 % des recettes reposent sur 10 familles

L’étude soulève un risque de concentration. 70 % des recettes attendues de la taxe Zucman reposent sur seulement 10 familles très fortunées, et 45 % sur les 3 premières. « Si ces trois familles choisissaient de réduire leur exposition à l’impôt, par expatriation, restructuration patrimoniale ou toute autre stratégie de réduction légale, les recettes chuteraient instantanément de moitié », prévient l’étude.

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Une étude patronale, pas indépendante
Cette étude émane du collectif « Trop c’est trop », qui regroupe 2 000 chefs d’entreprise opposés à la hausse de la fiscalité. Les chiffres avancés n’ont pas été validés par un organisme public. L’économiste Gabriel Zucman conteste régulièrement ces estimations et maintient son chiffrage de 20 milliards de recettes.

Le débat s’inscrit dans un contexte plus large de refonte de la fiscalité du patrimoine. Le Sénat a récemment publié un rapport sur les foyers fortunés qui échappent à l’impôt sur le revenu. La réforme du prélèvement forfaitaire unique (PFU) est également à l’étude. Autant de sujets qui alimenteront la campagne présidentielle de 2027.

Questions fréquentes

La taxe Zucman est un projet d’impôt annuel de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, proposé par l’économiste Gabriel Zucman. Dans sa version française, elle vise les très hauts patrimoines et est supposée rapporter 20 milliards d’euros par an selon ses promoteurs.

L’étude avance deux arguments. D’abord, les bénéfices non distribués accumulés dans les holdings ont déjà été taxés au titre de l’impôt sur les sociétés, ce qui ramènerait le rendement réel à 5 milliards d’euros. Ensuite, la fuite des entrepreneurs à l’étranger provoquerait une perte de 1,3 % à 1,8 % du PIB, soit 17 à 24 milliards d’euros de recettes fiscales en moins.

Selon l’étude, 70 % des recettes attendues reposent sur seulement 10 familles très fortunées, et 45 % sur les 3 premières. Si ces 3 familles réduisaient leur exposition par expatriation ou restructuration patrimoniale, les recettes chuteraient de moitié.

Sources : Les Echos, collectif « Trop c’est trop », Fondation iFRAP.

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