L’essentiel
- La valeur du point est gelée à 1,4386 € jusqu’au 31 octobre 2026, le premier gel depuis la fusion de 2019.
- La pension = points × 1,4386 €, versée le 1er jour ouvré du mois dès 200 points (en capital sous 100 points).
- Réversion à 60 % sans condition de ressources (mariage obligatoire) ; le malus de 10 % est définitivement supprimé.
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Pour un cadre du privé, la retraite complémentaire Agirc-Arrco pèse souvent plus lourd que la retraite de base : elle représente en moyenne 55 % de la pension totale. Pourtant, son fonctionnement par points reste mal compris. Là où la retraite de base de l’Assurance retraite se calcule sur les 25 meilleures années de salaire, l’Agirc-Arrco accumule des points tout au long de la carrière, reconvertis en euros au moment du départ.
Comprendre le fonctionnement d’Agirc-Arrco (comment les points s’acquièrent, combien ils valent, quand la pension est versée) permet d’anticiper le montant réel de sa retraite. La connaissance du système évite aussi les mauvaises surprises : décote, délais de traitement, ou versement en capital pour les petites pensions.
La valeur du point Agirc-Arrco est gelée à 1,4386 € en 2026
Le 17 octobre 2025, faute d’accord entre partenaires sociaux, la valeur du point n’a pas été revalorisée au 1er novembre 2025. Le point reste donc fixé à 1,4386 €, le même montant qu’au 1er novembre 2024. Ce gel s’applique jusqu’au 31 octobre 2026, date de la prochaine négociation. C’est le premier gel depuis la fusion des régimes Agirc et Arrco en 2019.
La décision s’inscrit dans l’accord national interprofessionnel (ANI) 2023-2026 qui prévoit une indexation inférieure à l’inflation pour renforcer les réserves du régime. Avec une inflation estimée à 1,6 % en 2026, le point perd mécaniquement du pouvoir d’achat.
L’historique des revalorisations depuis la fusion
| Date | Valeur du point | Hausse | Inflation (glissement) |
|---|---|---|---|
| 1er nov. 2019 | 1,2714 € | +1,0 % | +0,8 % |
| 1er nov. 2020 | 1,2714 € | 0,0 % | +0,2 % |
| 1er nov. 2021 | 1,2841 € | +1,0 % | +2,8 % |
| 1er nov. 2022 | 1,3498 € | +5,12 % | +6,2 % |
| 1er nov. 2023 | 1,4159 € | +4,9 % | +4,0 % |
| 1er nov. 2024 | 1,4386 € | +1,6 % | +1,8 % |
| 1er nov. 2025 | 1,4386 € | 0,0 % | ~1,6 % |
Sur les sept dernières revalorisations, cinq sont restées inférieures à l’inflation, grignotant progressivement le pouvoir d’achat des 13 millions de pensionnés. Seule la hausse de 2023 (+4,9 %) a dépassé la hausse des prix, compensant partiellement le retard accumulé pendant la crise inflationniste de 2022.
Le calcul de la pension repose sur trois éléments
La formule est directe : pension annuelle brute = nombre de points × valeur du point. Mais pour estimer correctement sa future pension, trois mécanismes entrent en jeu : l’acquisition des points, les prélèvements sociaux, et les éventuels coefficients selon l’âge de départ.
L’acquisition des points en activité
Chaque mois, une partie du salaire brut est prélevée au titre de la cotisation Agirc-Arrco. La cotisation est convertie en points selon la formule :
Points acquis = (assiette × taux contractuel) ÷ prix d’achat du point
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En 2026, le prix d’achat du point (aussi appelé salaire de référence) est de 20,1877 €. Seule la part contractuelle du salaire génère des points ; le taux d’appel de 127 % finance la solidarité du régime sans créer de droits.
| Tranche de salaire | Assiette | Taux contractuel | Taux appelé (×127 %) |
|---|---|---|---|
| Tranche 1 (≤ 1 PMSS) | Jusqu’à 4 005 €/mois | 6,20 % | 7,87 % |
| Tranche 2 (1 à 8 PMSS) | De 4 005 à 32 040 €/mois | 17,00 % | 21,59 % |
Un salarié au SMIC (1 867,02 € brut/mois en 2026) acquiert environ 69 points par an. Un cadre à 4 500 € brut/mois accumule environ 198 points par an grâce à la tranche 2. Sur une carrière complète de 43 ans, cela donne respectivement 2 959 points (SMIC) et près de 8 500 points (cadre).
Le détail des cotisations Agirc-Arrco en 2026
Sur la fiche de paie, la cotisation de base (qui génère les points) s’accompagne de contributions d’équilibre qui, elles, ne créent aucun droit : elles financent la solidarité du régime.
| Cotisation 2026 | Tranche 1 (≤ 4 005 €) | Tranche 2 (4 005 à 32 040 €) |
|---|---|---|
| Cotisation de base (taux appelé) | 7,87 % (3,15 % sal. / 4,72 % pat.) | 21,59 % (8,64 % sal. / 12,95 % pat.) |
| CEG (contribution d’équilibre général) | 2,15 % (0,86 % / 1,29 %) | 2,70 % (1,08 % / 1,62 %) |
À ces cotisations s’ajoute la CET (contribution d’équilibre technique) de 0,35 %, due uniquement par les salariés dont la rémunération dépasse le plafond de la Sécurité sociale (4 005 €/mois), ainsi que la cotisation APEC (0,06 %) pour les cadres. Chaque taux est réparti à 40 % pour le salarié et 60 % pour l’employeur. Seule la part contractuelle (6,20 % en tranche 1, 17 % en tranche 2) est convertie en points : le reste, appelé au taux de 127 %, finance la solidarité sans générer de droits. Depuis la fusion de 2019, les anciens points de tranche C des cadres supérieurs (part du salaire entre 4 et 8 plafonds) sont intégrés à la tranche 2.
Le simulateur de pension Agirc-Arrco
Les prélèvements sociaux sur la pension complémentaire
La pension brute Agirc-Arrco subit des prélèvements sociaux dont le taux varie selon le revenu fiscal de référence (RFR) du foyer. Quatre paliers existent en 2026, dont les seuils ont été revalorisés de 1,8 % :
| Taux global | CSG | CRDS | CASA | Plafond RFR (personne seule) |
|---|---|---|---|---|
| 0 % (exonéré) | 0 % | 0 % | 0 % | < 13 048 € |
| 4,3 % (réduit) | 3,8 % | 0,5 % | 0 % | < 17 057 € |
| 7,4 % (médian) | 6,6 % | 0,5 % | 0,3 % | < 26 472 € |
| 10,1 % (plein) | 8,3 % | 0,5 % | 0,3 % | ≥ 26 472 € |
Le taux plein de 10,1 % inclut une cotisation d’assurance maladie de 1 % propre aux retraites complémentaires. Concrètement, un retraité avec 5 000 points perçoit 7 193 € brut par an. Au taux plein (10,1 %), sa pension nette tombe à 539 €/mois ; au taux réduit (4,3 %), à 574 €/mois. Le barème de la CSG sur les retraites détermine chaque année le taux applicable à partir du revenu fiscal de référence.
Trois exemples concrets de pension Agirc-Arrco
Exemple 1 : Martine, carrière complète au SMIC
- Née en 1963, départ à 64 ans en 2027
- 43 ans de cotisation, 100 % en tranche 1
- Salaire moyen : 1 867 € brut/mois (SMIC 2026)
- Points acquis : ~69 points/an × 43 ans = 2 959 points
Exemple 2 : Philippe, cadre dans l’industrie
- Né en 1962, départ à 64 ans en 2026, taux plein
- 42 ans de carrière, cotise en tranche 1 + tranche 2
- Salaire moyen : 4 200 € brut/mois
- Points acquis : ~167 points/an × 42 ans = 7 027 points
Exemple 3 : Nadia, carrière hachée avec temps partiel
- Née en 1964, départ à 67 ans (taux plein automatique)
- 28 ans cotisés, dont 10 ans à temps partiel (50 %)
- Salaire moyen : 2 400 € brut/mois à temps plein
- Points acquis : 18 ans plein (~88 pts/an) + 10 ans mi-temps (~44 pts/an) = 2 034 points
Le chômage, la maladie et la maternité rapportent des points gratuits
Une idée reçue tenace veut que les périodes sans salaire ne comptent pas pour la complémentaire. C’est faux. Agirc-Arrco attribue des points gratuits, sans aucune cotisation à la charge du salarié, pendant plusieurs situations d’interruption d’activité.
- Chômage indemnisé : allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), allocation de sécurisation professionnelle (ASP) ou allocation de solidarité spécifique (ASS)
- Arrêts de plus de 60 jours consécutifs : maladie, maternité ou accident du travail donnant lieu à indemnités journalières
- Invalidité : perception d’une pension d’invalidité ou d’une rente d’incapacité
Le nombre de points attribués repose sur les droits acquis l’année civile précédant l’arrêt. La caisse calcule une moyenne journalière (points de l’année précédente divisés par le nombre de jours), puis inscrit ce nombre de points pour chaque jour indemnisé. Ces mêmes interruptions comptent aussi pour la retraite de base : le détail des interruptions de carrière qui valident des trimestres mérite d’être vérifié sur le relevé, car les oublis sont fréquents.
Le calendrier de versement Agirc-Arrco mois par mois en 2026
La pension complémentaire est versée le 1er jour ouvré de chaque mois. Elle couvre le mois en cours (versement à terme à échoir), contrairement à la retraite de base versée le 9 du mois suivant (terme échu). Un retraité reçoit donc sa complémentaire avant sa retraite de base.
LES CHIFFRES CLÉS AGIRC-ARRCO 2026
| Mois | Date de versement | Jour |
|---|---|---|
| Janvier 2026 | 2 janvier | Vendredi |
| Février 2026 | 2 février | Lundi |
| Mars 2026 | 2 mars | Lundi |
| Avril 2026 | 1er avril | Mercredi |
| Mai 2026 | 4 mai | Lundi |
| Juin 2026 | 1er juin | Lundi |
| Juillet 2026 | 1er juillet | Mercredi |
| Août 2026 | 3 août | Lundi |
| Septembre 2026 | 1er septembre | Mardi |
| Octobre 2026 | 1er octobre | Jeudi |
| Novembre 2026 | 2 novembre | Lundi |
| Décembre 2026 | 1er décembre | Mardi |
Les versements sont visibles sur le compte bancaire le jour même ou le lendemain, selon la banque. En cas de week-end ou jour férié, le virement est décalé au jour ouvré suivant. Le mois de mai est toujours le plus tardif à cause du 1er Mai.
Mensuel, annuel ou en capital : la fréquence dépend du nombre de points
Toutes les pensions ne sont pas versées chaque mois. Pour éviter des virements minuscules, Agirc-Arrco adapte la fréquence au nombre de points acquis :
| Nombre de points | Fréquence de versement |
|---|---|
| 200 points et plus | Versement mensuel (le cas général) |
| De 100 à 200 points | Versement annuel (une fois par an) |
| Moins de 100 points | Versement forfaitaire unique (capital) qui solde les droits |
En dessous de 100 points (une pension inférieure à 143,86 € par an), l’Agirc-Arrco ne verse pas de rente mais un capital unique : le nombre de points est converti en une somme, calculée à partir de la valeur du point et d’un coefficient qui dépend de l’âge à la liquidation (plus le départ est précoce, plus le coefficient est élevé). Ce versement solde définitivement les droits Agirc-Arrco. Les très petites pensions concernent surtout les carrières courtes ou les personnes proches du minimum de pension.
Le malus de 10 % a été supprimé depuis le 1er avril 2025
Le coefficient de solidarité (dit « malus ») instauré en 2019 réduisait la pension complémentaire de 10 % pendant 3 ans pour les retraités partant dès l’atteinte de l’âge légal sans décaler d’un an. Pour l’éviter, il fallait travailler un an de plus ou accepter la décote temporaire.
Ce dispositif a été supprimé le 1er avril 2025 par décision du conseil d’administration Agirc-Arrco. La suppression concerne :
- Toutes les nouvelles liquidations à partir du 1er avril 2025
- Les retraités déjà sous malus au 31 mars 2025 : le coefficient a été rétabli à 100 % automatiquement
Pour un retraité avec une pension complémentaire de 700 €/mois, la suppression du malus représente un gain de 70 €/mois, soit 2 520 € récupérés sur les 3 années où il s’appliquait auparavant.
La décote et la surcote modifient la pension selon l’âge de départ
En dehors du malus (supprimé), Agirc-Arrco applique un coefficient d’anticipation ou de report selon l’âge de départ et le nombre de trimestres validés.
La décote pour départ anticipé
Un salarié qui part à la retraite avant d’avoir le taux plein (tous les trimestres requis) subit une décote définitive. Le coefficient dépend de l’écart entre les trimestres validés et les trimestres requis :
| Trimestres manquants | Coefficient appliqué | Réduction pension |
|---|---|---|
| 1 | 0,9900 | -1,0 % |
| 4 | 0,9600 | -4,0 % |
| 8 | 0,9200 | -8,0 % |
| 12 | 0,8800 | -12,0 % |
| 20 (maximum) | 0,7800 | -22,0 % |
La décote est définitive : elle s’applique sur toute la durée de la retraite. Partir avec 8 trimestres manquants réduit la pension de 8 % à vie. Sur une pension de 600 €/mois, cela représente 48 €/mois en moins, soit 576 €/an perdus chaque année. Bien choisir sa date permet souvent d’éviter la décote : c’est tout l’enjeu de la date de départ à la retraite la plus avantageuse.
La surcote pour départ différé
À l’inverse, un salarié qui continue à travailler au-delà de l’âge du taux plein bénéficie d’une majoration de sa pension complémentaire. Le bonus est de 5 % par année supplémentaire travaillée, plafonné à 4 ans (soit +20 % maximum).
La surcote Agirc-Arrco se cumule avec celle de la retraite de base (+1,25 % par trimestre). Pour un retraité avec 600 €/mois de complémentaire, travailler 2 ans de plus rapporte +60 €/mois, soit 720 €/an.
Racheter des points pour combler des trous de carrière
Il est possible d’acheter des points Agirc-Arrco au titre d’années d’études supérieures ou d’années de cotisation incomplètes, dans la limite de 140 points par an sur 3 années, soit 420 points maximum. Le rachat est ouvert de 20 à 67 ans, tant que la retraite n’est pas liquidée.
Deux règles à connaître : le rachat de points Agirc-Arrco est conditionné à un rachat de trimestres auprès de l’Assurance retraite (impossible sans lui), et son coût augmente avec l’âge (montant = nombre de points × valeur du point × un coefficient qui grimpe à l’approche de la retraite). Les sommes versées sont déductibles du revenu imposable, ce qui en atténue le coût réel pour les foyers fortement fiscalisés.
La pension de réversion Agirc-Arrco représente 60 % des droits, sans condition de ressources
Au décès d’un retraité ou d’un actif ayant cotisé, le conjoint survivant peut percevoir une fraction de la pension complémentaire. Le taux de réversion Agirc-Arrco est fixé à 60 % des droits du défunt, soit plus que la retraite de base (54 %).
Différence majeure avec le régime de base : la réversion Agirc-Arrco n’est soumise à aucune condition de ressources. Le conjoint survivant y a droit quel que soit son niveau de revenu, alors que la réversion CNAV est plafonnée. C’est l’une des deux composantes à ne pas confondre, détaillées dans le guide de la pension de réversion.
Les conditions d’attribution de la réversion
| Condition | Détail 2026 |
|---|---|
| Lien conjugal | Mariage uniquement (PACS et concubinage exclus) |
| Âge minimum | 55 ans (ou 2 enfants à charge, sans condition d’âge) |
| Condition de ressources | Aucune (contrairement au régime de base) |
| Remariage | La réversion Agirc-Arrco est supprimée en cas de remariage |
| Partage entre ex-conjoints | Au prorata de la durée de chaque mariage |
| Cumul | Cumulable avec la réversion du régime de base |
Les majorations familiales augmentent la pension jusqu’à 10 %
Agirc-Arrco accorde des majorations pour enfants, cumulables avec celles de la retraite de base.
Majoration pour 3 enfants et plus
Les retraités ayant eu ou élevé au moins 3 enfants bénéficient d’une majoration de 10 % sur leur pension complémentaire (pour les points acquis depuis 2012). Cette majoration est plafonnée à 2 367,48 € par an en 2026. Pour un cadre avec une pension complémentaire élevée, le plafond limite le bénéfice réel en dessous de 10 %.
Majoration pour enfant à charge
Un retraité ayant un enfant à charge (mineur ou étudiant de moins de 25 ans) perçoit une majoration de 5 % par enfant à charge. Cette majoration n’est pas plafonnée mais cesse dès que l’enfant n’est plus à charge.
Les deux majorations ne se cumulent pas : Agirc-Arrco applique la plus favorable. À noter que la retraite de base dispose de son propre dispositif : la surcote parentale peut majorer la pension des parents proches de l’âge légal.
Cumul emploi-retraite et retraite progressive
Deux dispositifs permettent de combiner activité et retraite Agirc-Arrco, avec des règles très différentes.
Le cumul emploi-retraite génère de nouveaux droits depuis 2023
Le cumul intégral s’applique si le retraité a liquidé toutes ses pensions et obtenu le taux plein. Aucun plafond de revenus ne s’applique : le retraité perçoit l’intégralité de sa pension tout en travaillant. Depuis la réforme de septembre 2023, les nouvelles cotisations génèrent des points supplémentaires, liquidables à la cessation définitive de l’activité, alors qu’elles étaient auparavant « perdues ».
Le cumul partiel concerne les retraités n’ayant pas le taux plein ou n’ayant pas liquidé toutes leurs pensions. La somme pension + revenus d’activité ne doit pas dépasser le dernier salaire ou 160 % du SMIC (2 987 €/mois en 2026). Au-delà, la pension est réduite. Les règles complètes figurent dans le guide du cumul emploi-retraite.
La retraite progressive : travailler moins sans liquider
La retraite progressive permet de percevoir une fraction de sa pension (base et complémentaire) tout en continuant à travailler à temps partiel, sans liquider définitivement ses droits. Trois conditions : être à 2 ans de l’âge légal (soit 62 ans pour un âge légal de 64 ans), justifier d’au moins 150 trimestres, et exercer une activité à temps partiel comprise entre 40 % et 80 % d’un temps plein.
La fraction de pension Agirc-Arrco versée correspond à la quotité non travaillée : un salarié à 60 % touche 40 % de sa complémentaire. Pendant cette période, il continue de cotiser et d’acquérir des points, qui viendront augmenter sa pension lors de la liquidation définitive.
Les démarches de liquidation prennent 4 à 6 mois
La demande de retraite complémentaire se fait sur agirc-arrco.fr ou auprès de sa caisse de retraite (Malakoff Humanis, AG2R La Mondiale, Alliance Professionnelle Retraite, etc.). Le délai moyen de traitement est de 4 à 6 mois, d’où la recommandation de déposer sa demande au moins 6 mois avant la date de départ souhaitée.
Les pièces à fournir
- Pièce d’identité en cours de validité
- Relevé d’identité bancaire (RIB)
- Relevé de carrière (disponible sur info-retraite.fr)
- Attestation de l’employeur (si départ avant 67 ans)
- Derniers bulletins de salaire (12 derniers mois minimum)
- Notification de retraite de base (si déjà obtenue)
La demande de complémentaire est distincte de celle de la retraite de base, mais le portail info-retraite.fr permet de lancer une demande unique qui transmet automatiquement aux deux régimes. Une fois à la retraite, l’attestation fiscale Agirc-Arrco nécessaire à la déclaration de revenus se télécharge directement depuis l’espace personnel.
L’impact du gel 2026 sur les pensions en euros
Le gel de la valeur du point a des conséquences concrètes sur le pouvoir d’achat des retraités. Avec une inflation de 1,6 % prévue en 2026, chaque retraité perd en euros constants :
| Pension mensuelle brute | Points | Perte de pouvoir d’achat/mois | Perte annuelle |
|---|---|---|---|
| 300 € | 2 502 | -4,80 € | -57,60 € |
| 500 € | 4 171 | -8,00 € | -96,00 € |
| 700 € | 5 839 | -11,20 € | -134,40 € |
| 1 000 € | 8 341 | -16,00 € | -192,00 € |
| 1 500 € | 12 512 | -24,00 € | -288,00 € |
Pour les 13 millions de retraités concernés, le gel représente une économie estimée à 1,2 milliard d’euros pour le régime en 2026. Ces réserves devraient atteindre 78 milliards d’euros fin 2026, un coussin de sécurité représentant plus d’un an de prestations.
Les cas particuliers : carrières longues, handicap, pénibilité
Le départ anticipé pour carrière longue
Les salariés ayant commencé à travailler avant 20 ans et justifiant de la durée requise de cotisation peuvent partir à la retraite entre 58 et 63 ans selon l’âge de début d’activité. La pension Agirc-Arrco est versée sans décote si toutes les conditions de la carrière longue sont remplies.
Le départ anticipé pour handicap
Les travailleurs reconnus handicapés à 50 % ou plus pendant une durée suffisante peuvent partir dès 55 ans. La pension Agirc-Arrco est versée intégralement, sans coefficient de solidarité ni décote. Le cumul entre invalidité et retraite obéit à des règles spécifiques selon la situation.
Le compte professionnel de prévention (C2P)
Les points accumulés au titre de la pénibilité peuvent financer des trimestres supplémentaires, avançant la date de départ. Ces trimestres sont pris en compte par Agirc-Arrco pour déterminer le droit au taux plein, ce qui évite la décote sur la complémentaire.
Questions fréquentes sur la retraite Agirc-Arrco
La valeur du point Agirc-Arrco est de 1,4386 €, inchangée depuis le 1er novembre 2024 et gelée jusqu’au 31 octobre 2026. C’est le premier gel depuis la fusion des régimes en 2019. La prochaine revalorisation est attendue au 1er novembre 2026.
Le montant s’obtient en multipliant le nombre total de points (indiqué sur le relevé de carrière) par la valeur du point (1,4386 €). Exemple : 5 000 points × 1,4386 = 7 193 € brut par an, soit environ 599 €/mois. Ce montant est soumis à la CSG, CRDS et CASA, soit entre 0 et 10,1 % de prélèvements selon le revenu fiscal de référence.
La pension est versée le 1er jour ouvré de chaque mois, à terme à échoir, dès lors que le retraité a au moins 200 points. Entre 100 et 200 points, elle est versée une fois par an ; en dessous de 100 points, en capital unique. La complémentaire arrive avant la retraite de base, versée le 9 du mois suivant.
Il faut au moins 200 points pour un versement mensuel. Entre 100 et 200 points, la pension est versée annuellement. En dessous de 100 points (pension inférieure à 143,86 €/an), l’Agirc-Arrco verse un capital unique qui solde définitivement les droits.
Non. Le malus (coefficient de solidarité) de 10 % a été supprimé le 1er avril 2025 pour toutes les nouvelles liquidations. Les personnes déjà sous malus avant cette date en sont également libérées. Décaler son départ d’un an n’est plus nécessaire.
La réversion représente 60 % des droits du conjoint décédé. Contrairement au régime de base, elle n’est soumise à aucune condition de ressources. Conditions : avoir été marié (PACS et concubinage exclus) et avoir au moins 55 ans, ou 2 enfants à charge sans condition d’âge.
Oui. Des points gratuits, sans cotisation, sont attribués pendant le chômage indemnisé (ARE, ASP, ASS), les arrêts de plus de 60 jours consécutifs (maladie, maternité, accident du travail) et les périodes d’invalidité. Ils sont calculés sur la base des points acquis l’année précédente.
Pour obtenir 1 000 € brut/mois (12 000 €/an), il faut 12 000 ÷ 1,4386 = environ 8 341 points. Au salaire moyen français et avec 43 ans de carrière, un salarié accumule 3 000 à 8 000 points selon son niveau de rémunération.
Sources : Agirc-Arrco (valeur et prix du point, conditions de versement, réversion), LégiSocial (PMSS 2026), Service-public.fr, Légifrance (ANI 2023-2026).








