Retraite • CSR • Avis 2026
−2 points
Sous-indexation cumulée d’ici 2030
2045
Horizon « préoccupant »
Règle d’or
Mécanisme automatique proposé
Rentrée 2026
Conclusions attendues
Le comité de suivi des retraites (CSR) recommande de sous-indexer les pensions de retraite de base à hauteur de 2 points au moins d’ici 2030. Dans son avis publié le 9 juillet, il juge la situation du système « préoccupante d’ici 2045 et alarmante à plus long terme ». Il propose aussi une « règle d’or » budgétaire avec des ajustements automatiques.
Un retraité qui touche 750 euros de pension de base perdrait environ 16 euros par mois d’ici 2030 si la mesure était appliquée. Ses pensions continueraient d’augmenter, mais moins vite que les prix : chaque année, l’écart entre la hausse de sa pension et l’inflation se creuserait un peu plus. Sur 4 ans, le manque à gagner atteindrait près de 190 euros par an. Le CSR avait déjà fait la même recommandation en 2025, sans que le gouvernement ne la suive.
2 points de sous-indexation cumulée d’ici 2030
La proposition du CSR est de revaloriser les pensions de base moins vite que l’inflation, à hauteur de « 2 points au moins au total jusqu’en 2030 ». Si cette mesure était répartie sur 4 ans (2027-2030), elle reviendrait à retirer 0,5 point par an à la revalorisation. Avec une inflation à 2 %, les pensions n’augmenteraient que de 1,5 % au lieu de 2 %.
L’hiver dernier, le gouvernement avait envisagé un gel pur et simple des pensions de base lors des discussions budgétaires, avant d’abandonner cette option. Le CSR rappelle que cette piste reste sur la table et renouvelle la même recommandation qu’en 2025. La sous-indexation est moins brutale qu’un gel, mais elle produit un effet comparable étalé dans le temps.
La sous-indexation ne réglera pas le déficit à long terme
Le CSR le reconnaît lui-même : « Au-delà de 2030, à l’horizon 2040, la sous-indexation des pensions ne pourra pas à elle seule assurer l’équilibre du système de retraite. » Les projections du Conseil d’orientation des retraites (COR) montrent un déficit croissant à horizon 2070, lié au vieillissement démographique et à la stagnation du ratio cotisants/retraités.
Le comité propose donc d’aller plus loin avec une refonte du pilotage du système. L’objectif : éviter que chaque crise de financement ne débouche sur un débat politique paralysant, en automatisant une partie des ajustements.
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La « règle d’or » déclencherait des ajustements automatiques
Le CSR propose un dispositif en 3 étages :
| Mécanisme | Fonction |
|---|---|
| Règle d’or budgétaire | Obligation légale d’équilibre financier du régime général |
| Coefficient de soutenabilité | Ajustement automatique (pensions ou cotisations) si l’équilibre n’est pas atteint |
| Comité d’alerte annuel | Vérification chaque année du respect de la règle et de la trajectoire |
Le coefficient de soutenabilité fonctionne comme un stabilisateur : si les recettes sont insuffisantes, les paramètres s’ajustent sans qu’un projet de loi soit nécessaire. Le modèle s’inspire de la Suède, où un mécanisme similaire réduit automatiquement la revalorisation des pensions quand les réserves du système passent sous un certain seuil.
Le CSR ajoute qu’une « trajectoire de référence de hausse de l’âge de cessation d’activité » devrait être votée par le Parlement, et que le débat sur l’âge de départ devrait passer par un « dialogue social renforcé » dans les entreprises et les branches, sur la pénibilité et la prévention de l’usure professionnelle.
Questions fréquentes
Sous-indexer signifie revaloriser les pensions moins vite que l’inflation. Si l’inflation est de 2 % et que la sous-indexation retire 0,5 point, la pension n’augmente que de 1,5 %. Le pouvoir d’achat des retraités baisse progressivement chaque année.
Le CSR recommande une sous-indexation de 2 points au total jusqu’en 2030. Sur une pension de base de 750 euros par mois (moyenne CNAV), cela représente environ 16 euros de moins par mois en 2030 par rapport à une indexation pleine, soit près de 190 euros par an.
Le CSR propose d’imposer au système de retraite une obligation légale d’équilibre financier, assortie d’un coefficient de soutenabilité qui se déclencherait automatiquement si l’équilibre n’est pas atteint. Un comité d’alerte vérifierait chaque année le respect de cette règle.
Non. La recommandation du CSR porte sur les pensions de retraite de base, gérées par la Cnav. Les pensions complémentaires Agirc-Arrco sont revalorisées selon les règles propres du régime, décidées par les partenaires sociaux.
Non. Le comité de suivi des retraites émet des avis consultatifs. Le gouvernement n’est pas tenu de les appliquer. En 2025, le CSR avait déjà formulé la même recommandation, qui n’a pas été suivie. Le gouvernement avait envisagé un gel des pensions lors du budget d’hiver avant d’y renoncer.
Sources : Comité de suivi des retraites, avis 2026 (publié le 9 juillet 2026).







