Épargne • Livret A • Banques
850 M€
Coût annuel pour les banques
1,5 → 1,8 %
Hausse du Livret A en août
610 Md€
Encours Livret A + LDDS
15 juillet
Annonce officielle du taux
Le taux du Livret A devrait passer de 1,5 à 1,8 % au 1er août 2026. Cette hausse profitera aux épargnants, mais coûtera cher aux banques françaises : 850 millions d’euros de charges supplémentaires par an. Les établissements financent une partie de la rémunération des livrets réglementés.
Roland Lescure, ministre de l’Économie, a confirmé que le taux du Livret A remonterait en août. Le niveau exact sera annoncé le 15 juillet, mais le Cercle de l’Épargne estime que la formule de calcul donnerait environ 1,8 %. Le retour de l’inflation, habituellement favorable aux banques via les crédits, se retourne ici contre elles : les livrets réglementés coûtent plus cher à financer.
La formule du Livret A combine la moyenne semestrielle du taux interbancaire (€ster) et l’inflation glissante sur 6 mois. Après plusieurs baisses consécutives (de 3 % en février 2024 à 1,5 % en février 2026), la remontée de l’inflation relançant la formule à la hausse marque un retournement de tendance. Le gouvernement peut déroger à la formule, mais a indiqué qu’il ne le ferait pas cette fois.
Les banques financent 40 % de la rémunération du Livret A
Le mécanisme est peu connu du grand public. Quand un épargnant dépose de l’argent sur un Livret A ou un LDDS, la banque ne conserve pas la totalité des fonds. Environ 60 % sont centralisés à la Caisse des dépôts et consignations (CDC), qui les utilise pour financer le logement social et les infrastructures publiques. Les banques conservent les 40 % restants et doivent verser la rémunération correspondante à l’épargnant.
Avec 610 milliards d’euros d’encours sur le Livret A et le LDDS, une hausse de 0,3 point représente 732 millions d’euros de charges supplémentaires par an pour les banques sur leur part de 40 %. Le calcul est mécanique : 610 milliards × 0,3 % × 40 % = 732 millions.
Ce mécanisme de partage existe depuis la création du Livret A. La CDC utilise les fonds centralisés (environ 366 milliards d’euros) pour accorder des prêts au logement social, aux collectivités locales et aux infrastructures publiques. La part conservée par les banques (environ 244 milliards) alimente les crédits aux entreprises et aux ménages. Mais contrairement aux dépôts classiques, la rémunération du Livret A est fixée par l’État : les banques ne peuvent pas l’ajuster à la baisse.
Le LEP ajoute 125 millions à la facture
Le LEP fonctionne différemment : les banques financent 50 % de sa rémunération (contre 40 % pour le Livret A). Son taux passerait de 2,5 à 2,8 %, soit la même hausse de 0,3 point. Le surcoût estimé atteint 125 millions d’euros par an, pour un encours d’environ 83 milliards d’euros.
Au total, la facture des livrets réglementés pour les banques augmenterait d’environ 857 millions d’euros par an, arrondi à 850 millions par le Cercle de l’Épargne. C’est l’équivalent du budget annuel d’une ville de 100 000 habitants.
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Ce que la hausse change pour les épargnants
Côté épargnants, la hausse est une bonne nouvelle. Sur un Livret A au plafond de 22 950 euros, le passage de 1,5 à 1,8 % représente 68,85 euros d’intérêts supplémentaires par an. Pour un LEP au plafond de 10 000 euros, la hausse de 2,5 à 2,8 % ajoute 30 euros par an. Les intérêts restent totalement exonérés d’impôts et de prélèvements sociaux.
| Livret | Taux actuel | Taux août 2026 | Gain annuel (plafond) |
|---|---|---|---|
| Livret A | 1,50 % | 1,80 % | +68,85 € |
| LDDS | 1,50 % | 1,80 % | +36 € |
| LEP | 2,50 % | 2,80 % | +30 € |
Le gain total pour un épargnant qui détient les 3 livrets au plafond s’élève à 134,85 euros par an. La hausse s’appliquera aux intérêts calculés à partir du 1er août, versés au 31 décembre 2026. Les intérêts du 1er semestre restent calculés à l’ancien taux de 1,5 %. Sur l’année complète, un Livret A au plafond rapportera environ 373 euros en 2026 (7 mois à 1,5 % + 5 mois à 1,8 %), contre 344 euros s’il était resté à 1,5 % toute l’année.
Pour les banques, l’impact sera visible dans les résultats du 2e semestre 2026. Les établissements les plus exposés à l’épargne réglementée (Banque Postale, Caisses d’Épargne, Crédit Mutuel) absorberont la plus grande part de cette charge. Les banques en ligne, qui collectent moins de livrets réglementés, seront proportionnellement moins affectées. La Fédération bancaire française n’a pas commenté publiquement ces estimations.
Questions fréquentes
Les banques conservent environ 40 % des encours du Livret A et du LDDS. Elles doivent rémunérer cette part au taux officiel, ce qui représente une charge directe. Quand le taux passe de 1,5 à 1,8 %, la facture augmente de 732 millions d’euros par an sur les 610 milliards d’encours.
Selon le Cercle de l’Épargne, l’application de la formule de calcul donnerait un taux d’environ 1,8 %, contre 1,5 % actuellement. Le taux officiel sera annoncé le 15 juillet 2026.
Les banques ne peuvent pas modifier le taux du Livret A, qui est fixé par l’État. Le surcoût est absorbé par leur marge d’intermédiation. Il peut se traduire par une moindre rémunération sur d’autres produits d’épargne non réglementés (livrets bancaires, comptes à terme).
La Caisse des dépôts centralise environ 60 % des encours du Livret A et du LDDS pour financer le logement social et les infrastructures. Les banques conservent les 40 % restants et en assurent la rémunération.
Oui. Le LEP passerait de 2,5 à 2,8 %, avec un surcoût estimé à 125 millions d’euros. Les banques financent 50 % de la rémunération du LEP (contre 40 % pour le Livret A).
Sources : L’Agefi. Cercle de l’Épargne (estimations). Banque de France (centralisation CDC).







