Épargne • PEL • Placements 2026
93 Md€
Encours PEL concernés d’ici 2030
36 %
Des PEL clôturés d’ici 2030
1,40 %
Rendement net du PEL actuel
61 200 €
Plafond du PEL
Depuis le 1er mars 2011, la durée de vie d’un PEL est limitée à 15 ans. Les plans ouverts en 2011 sont donc clôturés cette année, et la vague va s’amplifier : 36 % des PEL seront fermés d’ici 2030, soit 93 milliards d’euros d’encours à replacer. Avec un rendement net de 1,40 %, le PEL fait désormais moins bien qu’un simple Livret A.
« Quelqu’un qui a laissé son argent 15 ans n’était pas forcément motivé par un achat immobilier », observe Philippe Crevel, économiste. Des millions d’épargnants vont se retrouver avec un capital libéré à placer. La question n’est pas de savoir si la clôture arrive, mais où va l’argent ensuite.
Le phénomène va monter en puissance : la Banque de France estime que le pic sera atteint en 2030, avec 1,1 million de PEL clôturés cette année-là et 28 milliards d’euros libérés en une seule année. Les banques préparent déjà des offres de remploi pour capter cette épargne, ce qui nécessite un minimum de vigilance sur les frais et les conditions proposées.
Les livrets réglementés absorbent la première tranche
Le réflexe le plus immédiat consiste à remplir les livrets réglementés, dont le rendement est net d’impôts. Un épargnant éligible au LEP peut absorber jusqu’à 44 950 euros entre ses 3 livrets :
| Livret | Plafond | Taux net | Fiscalité |
|---|---|---|---|
| Livret A | 22 950 € | 1,50 % | Exonéré |
| LDDS | 12 000 € | 1,50 % | Exonéré |
| LEP | 10 000 € | 2,50 % | Exonéré |
Les 3 livrets rapportent déjà plus que le PEL à 1,40 % net, et les taux sont révisés au 1er août 2026. Le taux du Livret A devrait passer à 1,80 %, tandis que le LEP s’établirait autour de 2,30 %, selon les scénarios de la Banque de France. Même après cette révision, les livrets réglementés conservent leur avantage sur le PEL grâce à l’exonération fiscale.
Pour un PEL au plafond de 61 200 euros, il reste 16 250 euros à placer ailleurs après avoir rempli les 3 livrets. Pour les épargnants non éligibles au LEP, le solde monte à 26 250 euros. C’est là que les alternatives au Livret A plein entrent en jeu.
L’assurance-vie, relais naturel pour le solde
Les fonds euros de l’assurance-vie ont rapporté en moyenne 2,63 % brut en 2025. Les meilleurs contrats dépassent largement : 4,10 % chez Corum, 3,75 % chez Ampli Mutuelle, 3,55 % chez Carac. Après prélèvements sociaux de 17,2 %, le rendement net reste supérieur à celui du PEL.
L’assurance-vie offre un avantage fiscal après 8 ans : un abattement annuel de 4 600 euros sur les gains (9 200 euros pour un couple) avant imposition. Et en cas de décès, chaque bénéficiaire désigné profite d’une exonération de 152 500 euros sur les versements effectués avant 70 ans, un atout que les livrets réglementés n’offrent pas.
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Livrets boostés et comptes à terme : des solutions temporaires
Les livrets bancaires à taux promotionnel (jusqu’à 6 % chez Cashbee, 5,50 % chez Meilleurtaux) offrent un rendement élevé pendant 2 à 3 mois, le temps de choisir un placement durable. « Le taux moyen de rémunération des livrets bancaires, hors taux boosté, est faible, autour de 0,8 % », rappelle Philippe Crevel. Une fois la promotion terminée, ces livrets ne battent plus l’inflation.
Les comptes à terme (CAT) offrent une alternative à capital garanti : jusqu’à 3 % brut sur 36 mois (Distingo, Raisin Younited), soit 2,10 % net après PFU. Le capital est bloqué pendant la durée choisie, de 3 mois à 5 ans.
Le PEA pour les épargnants prêts à investir en Bourse
Le PEA permet d’investir en actions européennes avec une fiscalité allégée après 5 ans : plus d’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent. La France comptait 7,2 millions de PEA ouverts fin 2024, selon l’ACPR. Le plafond de versement est de 150 000 euros, largement suffisant pour absorber le capital d’un PEL. Ce placement comporte un risque de perte en capital et convient aux épargnants qui n’auront pas besoin de l’argent à court terme.
Pour limiter le risque, une entrée progressive est préférable : répartir les versements sur 6 à 12 mois plutôt que de placer 16 000 euros en une seule fois. Les ETF indiciels (fonds cotant en Bourse et répliquant un indice) constituent le véhicule le plus utilisé dans un PEA : diversification immédiate et frais réduits (souvent inférieurs à 0,30 % par an).
Ne pas laisser l’argent sur un compte sur livret
Quand le PEL est clôturé, la banque transfère généralement le capital sur un compte sur livret (CSL) maison, rémunéré à 0,10 ou 0,20 %. Sur 61 200 euros, cela représente 61 à 122 euros d’intérêts par an, contre 857 euros sur le PEL et plus de 1 100 euros en répartissant le même capital entre livrets réglementés et fonds euros. L’inaction a un coût réel.
Questions fréquentes
Depuis le 1er mars 2011, la durée de vie d’un PEL est limitée à 15 ans. Passé ce délai, la banque procède à la clôture automatique du plan. Les PEL ouverts en 2011 sont donc clôturés en 2026, et la vague s’intensifiera jusqu’en 2030 avec 1,1 million de plans fermés cette année-là.
Le PEL actuel rapporte 2 % brut, soit 1,40 % net après le prélèvement forfaitaire unique de 30 %. C’est moins que le Livret A (1,50 % net, exonéré) et bien moins que le LEP (2,50 % net, exonéré).
Les livrets réglementés d’abord : Livret A (22 950 euros), LDDS (12 000 euros), et LEP si éligible (10 000 euros). Leur rendement est net d’impôts. L’assurance-vie prend le relais pour le solde, avec un avantage fiscal après 8 ans de détention.
Ils sont utiles pour garer l’argent quelques mois le temps de choisir un placement durable. Les taux promotionnels (5 à 6 %) ne durent que 2 à 3 mois. Le taux standard retombe ensuite autour de 0,80 %. Ce n’est pas une solution long terme.
Oui. Le PEA est adapté aux épargnants qui acceptent le risque de marché et qui n’auront pas besoin de l’argent pendant au moins 5 ans. Après 5 ans, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu (prélèvements sociaux de 17,2 % seulement). La France comptait 7,2 millions de PEA ouverts fin 2024.
Sources : Observatoire de l’Épargne réglementée (Banque de France). ACPR (PEA). Philippe Crevel, économiste.







