Pouvoir d’achat • Grande distribution
Leclerc alerte sur les produits qui risquent d’augmenter en 2026
6 mois
Délai avant les hausses
Plastiques
Produits les plus exposés
Pétrole
Cause principale
Michel-Edouard Leclerc prévient : les prix en supermarché n’ont pas encore bougé, mais la flambée du pétrole liée à la guerre au Moyen-Orient va se répercuter dans les rayons d’ici 6 mois. Les produits les plus exposés : tout ce qui contient du plastique (bouteilles, emballages, sacs-poubelle), les surgelés et l’épicerie sèche, via les coûts de transport et d’emballage.
Invité sur TF1 le 27 avril, le président du comité stratégique des magasins E. Leclerc a détaillé les mécanismes qui relient la hausse du baril de pétrole aux prix en rayon. L’inflation de 2,2 % en avril, portée par l’énergie (+14,2 %), ne se limite pas à la pompe. Elle touche l’ensemble de la chaîne de production alimentaire.
Les produits actuellement en rayon ne sont pas encore touchés en 2026
Michel-Edouard Leclerc est formel sur ce point, les produits vendus aujourd’hui en magasin ont été achetés avant le déclenchement du conflit au Moyen-Orient. Les prix négociés dans le cadre des accords commerciaux annuels (signés en mars) s’appliquent encore. La hausse n’est pas immédiate, mais elle se prépare.
Le décalage s’explique par le cycle d’approvisionnement de la grande distribution. Les industriels achètent leurs matières premières plusieurs mois à l’avance, les transforment, puis les livrent aux enseignes. Le contenu actuel des rayons reflète des coûts de production d’avant-guerre. Les prochains réassorts, eux, intégreront les nouveaux prix du pétrole, du transport et des emballages.
La pétrochimie est au coeur des hausses annoncées en 2026
Le pétrole ne sert pas qu’à faire rouler les camions. Il est la matière première de la pétrochimie, qui produit les plastiques utilisés dans l’emballage alimentaire. Michel-Edouard Leclerc cite les produits les plus directement concernés :
- Bouteilles d’eau et de lait (PET, polyéthylène)
- Emballages plastiques de l’épicerie sèche et des surgelés
- Sacs-poubelle
- Produits d’hygiène contenant du plastique
L’association Que Choisir ajoute à cette liste les produits laitiers et frais (camembert, yaourts), dont la date de péremption courte et la rotation rapide en magasin les rendent particulièrement sensibles à la moindre hausse des coûts. L’association estime que les prix pourraient grimper de 4 à 5 % dans les rayons d’ici quelques mois.
À ces produits s’ajoutent ceux dont le coût de transport pèse lourd dans le prix final. Les transporteurs routiers, confrontés à la hausse du gazole, répercutent mécaniquement leurs surcoûts dans leurs factures aux distributeurs. L’épicerie sèche et les surgelés, souvent acheminés sur de longues distances, sont en première ligne. Une hausse qui s’ajouterait à l’érosion du pouvoir d’achat réel des salariés au SMIC, dont la revalorisation de 2 % cet été ne couvrira que partiellement le surcoût.
Les distributeurs négocieront les ajustements au cas par cas en 2026
Le dirigeant de Leclerc adopte une position de fermeté. Les accords commerciaux signés en mars 2026 prévoient des clauses de réajustement qui permettent aux industriels de demander des hausses en cours d’année si leurs coûts augmentent. Mais les distributeurs ne sont pas obligés d’accepter.
« Tout industriel est en droit de dire « j’ai des hausses », mais on est en droit de dire, distributeur, de dire « on peut les étaler, les négocier » », résume Michel-Edouard Leclerc. La stratégie est claire, accepter des ajustements limités et documentés (hausse réelle du transport, hausse du plastique), mais refuser les hausses opportunistes.
Ce que cette situation change pour le budget des ménages en 2026
Pour les ménages, la hausse alimentaire s’ajouterait à celle des carburants (+14,2 % en avril) et du gaz (+15,4 % au 1er mai). Les salariés au SMIC, dont la revalorisation de 2 % est attendue cet été, verraient une partie du gain absorbée par la hausse des prix alimentaires.
L’écart de pouvoir d’achat entre départements pourrait aussi se creuser. Les zones rurales, plus dépendantes de la voiture et des grandes surfaces, cumulent hausse du carburant et hausse alimentaire. Les zones urbaines, avec un accès plus facile aux marchés et circuits courts, disposent de plus d’alternatives.
Questions fréquentes
Selon Michel-Edouard Leclerc, les produits contenant du plastique issu de la pétrochimie sont les plus exposés : bouteilles d’eau et de lait, emballages plastiques, sacs-poubelle et certains produits d’hygiène. Les surgelés et l’épicerie sèche pourraient aussi être touchés via les coûts de transport. La hausse n’est pas immédiate : les produits actuellement en rayon ont été achetés avant le conflit au Moyen-Orient.
La hausse du prix du baril de pétrole liée à la guerre au Moyen-Orient se répercute sur toute la chaîne de production : transport des marchandises, fabrication des emballages plastiques (pétrochimie), énergie des usines. Les industriels peuvent demander des réajustements tarifaires aux distributeurs dans le cadre des accords commerciaux en cours.
Non, pas encore fin avril 2026. Michel-Edouard Leclerc précise que les produits actuellement en rayon ont été achetés avant le conflit. Les hausses pourraient intervenir dans les 6 prochains mois si les tensions persistent et que les industriels répercutent leurs surcoûts de production et de transport.
Aucun chiffre précis n’est avancé pour 2026. Lors de la guerre en Ukraine en 2022, certains industriels avaient demandé jusqu’à +38 % sur les pâtes. Michel-Edouard Leclerc prévient que les distributeurs refuseront des hausses de cette ampleur et négocieront des ajustements progressifs.
Sources : Capital (27 avril 2026), Pleine Vie (28 avril 2026), Michel-Edouard Leclerc (interview TF1, 27 avril 2026), Que Choisir.





