Donation-partage • 2026
Transmettre et répartir en figeant la valeur
3 types
Simple, conjonctive, transgénérationnelle
100 000 €
Abattement par enfant
31 865 €
Par petit-enfant (transgén.)
2,5 %
Droit de partage (réincorporation)
Source : Code civil (articles 1075 à 1078-10) • service-public.gouv.fr
La donation-partage permet à un donateur de transmettre et répartir tout ou partie de ses biens de son vivant entre ses héritiers, dans un acte notarié unique. Son avantage principal : la valeur des biens est cristallisée au jour de l’acte, ce qui supprime tout risque de réévaluation au décès et prévient les conflits entre héritiers. Trois formes existent : simple, conjonctive (entre époux) et transgénérationnelle (vers les petits-enfants).
Encadrée par les articles 1075 à 1078-10 du Code civil, la donation-partage constitue l’un des dispositifs les plus aboutis du droit patrimonial français. Près de 40 % des donations notariées prennent cette forme selon les chiffres de la Chambre des notaires, en raison de la sécurité juridique qu’elle procure aux familles. Pour une vue d’ensemble des dispositifs de transmission, se reporter au guide complet de la donation de son vivant 2026.
Qu’est-ce qu’une donation-partage en 2026 ?
La donation-partage est obligatoirement établie par acte notarié (article 931 du Code civil). Elle ne peut bénéficier qu’aux héritiers présomptifs du donateur, c’est-à-dire les personnes qui hériteraient en l’absence de testament : les enfants dans la plupart des cas, et exceptionnellement les frères et sœurs ou les neveux lorsque le donateur n’a pas de descendance. Pour les biens immobiliers, l’acte doit également être publié au service de publicité foncière.
Quelle est la différence entre une donation et une donation-partage ?
La distinction entre donation simple et donation-partage repose sur trois différences fondamentales qui modifient radicalement le traitement juridique et fiscal des biens transmis.
| Critère | Donation simple | Donation-partage |
|---|---|---|
| Nombre de bénéficiaires | Un seul (en général) | Plusieurs héritiers |
| Valeur retenue au décès | Valeur au jour du décès (réévaluée) | Valeur fixée au jour de l’acte |
| Rapport à la succession | Rapportable (sauf clause contraire) | Non rapportable |
| Risque de conflits | Indemnités de réduction possibles | Partage définitif, sans contestation |
| Forme | Acte notarié ou don manuel selon le bien | Acte notarié obligatoire |
| Coût notarial | Variable (souvent plus faible) | Supérieur (acte authentique complet) |
| Sécurité juridique | Moyenne | Très élevée |
La cristallisation de la valeur au jour de l’acte est l’avantage majeur de la donation-partage. Dans une donation simple, un bien immobilier donné à un enfant sera réévalué au décès du donateur, ce qui peut créer un déséquilibre avec les autres héritiers si la valeur a augmenté. La donation-partage supprime ce risque : le lot reçu vaut définitivement la valeur fixée dans l’acte, indépendamment des évolutions ultérieures du marché.
Les 3 types de donation-partage en 2026
La donation-partage simple (ou classique)
Forme la plus courante : un donateur transmet et répartit ses biens entre ses enfants (héritiers en ligne directe). Chaque enfant reçoit un lot distinct, composé de biens réels ou de sommes d’argent, dont la valeur est fixée au jour de l’acte. L’abattement personnel de 100 000 € par enfant s’applique, renouvelable tous les 15 ans. Cette forme couvre la majorité des donations-partages réalisées en France.
La donation-partage conjonctive (entre époux)
Deux époux réalisent ensemble une donation-partage dans un même acte notarié. Chacun conserve la propriété de ses biens propres, mais l’acte unique permet de donner simultanément aux enfants, y compris aux enfants d’un premier lit depuis la loi du 23 juin 2006. Cette évolution législative a levé un obstacle majeur : avant 2006, un beau-parent ne pouvait pas inclure les enfants de son conjoint dans une donation-partage conjonctive. Aujourd’hui, les familles recomposées peuvent organiser une transmission équilibrée entre tous les enfants du foyer.
La donation-partage transgénérationnelle
Introduite par la loi du 23 juin 2006, cette forme permet aux grands-parents de transmettre directement à leurs petits-enfants, en sautant la génération intermédiaire. Les enfants des grands-parents doivent consentir dans l’acte à ce que leurs propres descendants soient allotis à leur place, totalement ou partiellement. Chaque petit-enfant bénéficie d’un abattement personnel de 31 865 € par grand-parent, soit 63 730 € par petit-enfant quand les deux grands-parents participent. Cette technique évite la double taxation successorale : les biens ne seront pas taxés une seconde fois dans la succession des enfants intermédiaires.
Cas concret
Donation-partage transgénérationnelle : grands-parents et 3 petits-enfants
Total transmis sans aucun droit de donation
191 190 €
soit 31 865 € × 3 petits-enfants × 2 grands-parents
Les grands-parents organisent une donation-partage transgénérationnelle au profit de leurs trois petits-enfants. L’enfant intermédiaire (le parent des petits-enfants) consent dans l’acte à ce que ses propres descendants soient allotis en lieu et place de lui-même. Chaque petit-enfant reçoit 63 730 € (31 865 € × 2 grands-parents), pour un total transmis de 191 190 € sans aucun droit de donation. Cette stratégie évite également la double taxation au décès : les biens ne seront pas taxés une nouvelle fois dans la succession des enfants intermédiaires.
La fiscalité de la donation-partage en 2026
Les droits de donation s’appliquent comme pour une donation classique. Les abattements varient selon le lien de parenté, et le barème progressif en ligne directe reste inchangé en 2026 (gelé jusqu’en 2028).
| Lien de parenté | Abattement 2026 | Renouvellement |
|---|---|---|
| Enfant | 100 000 € | Tous les 15 ans |
| Petit-enfant (donation-partage transgénérationnelle) | 31 865 € | Tous les 15 ans |
| Arrière-petit-enfant | 5 310 € | Tous les 15 ans |
| Frère ou sœur | 15 932 € | Tous les 15 ans |
| Neveu ou nièce | 7 967 € | Tous les 15 ans |
| Handicap (supplémentaire) | 159 325 € | Tous les 15 ans |
Pour le calcul des droits, la valeur de chaque lot est additionnée à l’abattement applicable, puis le barème progressif s’applique (5 % à 45 % en ligne directe). Le détail du calcul est présenté dans notre simulateur dédié : simulateur de frais de notaire pour donation.
La réincorporation de donations antérieures
La donation-partage peut incorporer des biens déjà donnés antérieurement, à condition que l’acte d’origine soit antérieur de plus de 15 ans. Cette opération n’est alors pas traitée comme une nouvelle donation mais comme un partage, soumis au seul droit de partage de 2,5 % sur l’actif net. L’économie fiscale est significative par rapport aux droits de donation classiques qui peuvent atteindre 20 à 45 %.
Les avantages de la donation-partage en 2026
- Cristallisation de la valeur au jour de l’acte : plus de réévaluation au décès, plus d’indemnité de réduction
- Prévention des conflits familiaux : le partage est définitivement accepté par les héritiers
- Conservation des abattements : 100 000 € par enfant, 31 865 € par petit-enfant, renouvelables tous les 15 ans
- Flexibilité : possibilité de conserver l’usufruit du bien pour continuer d’en percevoir les revenus ou l’occuper
- Non-rapportabilité : les biens donnés ne reviennent pas dans la succession pour un nouveau partage
- Sécurité juridique maximale : acte authentique opposable aux tiers et aux administrations
Les inconvénients de la donation-partage en 2026
Ces contraintes expliquent pourquoi la donation-partage reste moins fréquente que la donation simple dans les patrimoines modestes : les frais notariaux et l’irrévocabilité peuvent dissuader les donateurs qui n’ont pas la certitude de leur stratégie à long terme. Un conseil patrimonial approfondi est vivement recommandé avant de s’engager.
Peut-on réévaluer une donation-partage en 2026 ?
Non, c’est précisément l’intérêt principal du dispositif : la valeur des biens est définitivement fixée au jour de l’acte, à deux conditions cumulatives. D’une part, tous les héritiers réservataires doivent participer à la donation-partage et recevoir un lot (article 1078 du Code civil). D’autre part, le partage doit être réel et porter sur des biens identifiables, pas sur des quotes-parts indivises.
Si un enfant non alloti existe au jour de l’acte ou naît postérieurement (adoption, reconnaissance tardive), la cristallisation peut être remise en cause et les biens réévalués lors de la succession. C’est pour cette raison qu’il est conseillé d’attendre que tous les enfants soient nés et reconnus avant d’envisager une donation-partage, ou d’inclure une clause de remploi prévoyant le cas d’un nouvel héritier.
La donation-partage avec usufruit en 2026
La donation-partage peut être combinée avec une réserve d’usufruit au profit du donateur. Concrètement, le donateur transmet la nue-propriété des biens à ses héritiers mais conserve l’usufruit : droit d’usage et de perception des revenus jusqu’à son décès. Cette combinaison double les avantages fiscaux.
Les droits de donation ne s’appliquent alors que sur la valeur de la nue-propriété, selon le barème de l’article 669 CGI qui varie de 10 à 90 % selon l’âge du donateur. Pour un parent de 65 ans, la nue-propriété représente 60 % de la valeur du bien, ce qui réduit substantiellement l’assiette taxable. Le mécanisme complet est détaillé dans l’article sur la donation en usufruit et nue-propriété. Cette stratégie est particulièrement pertinente avant le cap des 70 ans, où les abattements spécifiques de l’assurance vie restent disponibles.
La donation-partage cumulative : cas particulier en 2026
La donation-partage cumulative est un dispositif spécifique qui permet de réunir dans un même acte des donations-partages antérieures et nouvelles. Cette technique est notamment utilisée quand un premier donateur est décédé et que le conjoint survivant souhaite compléter la donation-partage initiale avec ses propres biens. L’acte unique simplifie la lecture du partage familial et garantit l’équilibre entre les différents bénéficiaires.
Foire aux questions sur la donation-partage en 2026
La donation simple transmet un bien à un seul héritier, avec réévaluation au décès. La donation-partage transmet ET répartit plusieurs biens entre plusieurs héritiers en un seul acte, avec une valeur cristallisée au jour de la signature. Cette cristallisation est l’avantage majeur : elle supprime le risque de réévaluation et prévient les conflits.
Quatre intérêts : figer la valeur au jour de l’acte, prévenir les conflits entre héritiers, conserver les abattements fiscaux (100 000 € par enfant), et pouvoir garder l’usufruit. C’est la forme la plus sécurisée juridiquement de transmission anticipée.
5 limites : acte notarié obligatoire (frais 1 500 à 5 000 €), irrévocable, obligation de vrais lots (pas de quotes-parts), risque d’annulation si enfant né après, et blocage patrimonial pour le donateur.
Avant 70 ans, le donateur garde 3 avantages : don exceptionnel de 31 865 € en plus, barème usufruit/nue-propriété plus favorable (NP à 40-50 %), et abattement AV de 152 500 € par bénéficiaire (disparaît après 70 ans).
Non, c’est l’avantage clé : la valeur est définitivement fixée au jour de l’acte, à condition que tous les héritiers réservataires reçoivent un lot. Exception : si un enfant non alloti ou né postérieurement apparaît, la cristallisation peut être remise en cause.
Elle permet aux grands-parents de transmettre directement à leurs petits-enfants en sautant la génération intermédiaire (avec accord des enfants). Abattement de 31 865 € par petit-enfant et par grand-parent, soit 63 730 € par petit-enfant quand les deux grands-parents participent. Évite la double taxation successorale.
Acte unique par deux époux pour donner leurs biens propres et communs, y compris aux enfants d’un premier lit (depuis la loi de 2006). Simplifie la transmission familiale et garantit un partage équilibré entre tous les enfants du foyer.
Sources : Service-public.gouv.fr, Code civil (articles 1075 à 1078-10), Notaires de France.





