Retraite • Décrets 2026
Départs anticipés :
ce que changent les décrets
170
Trimestres (nés en 1964)
1er sept.
Entrée en vigueur 2026
+2 trim.
Enfants réputés cotisés
7 000 €
Seuil cumul emploi-retraite
Le gel de la réforme des retraites jusqu’en 2028 s’accompagne de décrets concrets : la génération 1964 passe à 170 trimestres au lieu de 171, 2 trimestres enfants pourraient être intégrés à la carrière longue, et le cumul emploi-retraite sera plafonné dès janvier 2027.
Sylvie, 60 ans, née en 1965, travaille depuis ses 18 ans et totalise 169 trimestres cotisés. Un trimestre de trop. Sans le décret à venir sur les trimestres enfants, elle devrait attendre un an de plus pour partir en carrière longue. Avec la reconnaissance de 2 trimestres maternité comme « réputés cotisés », elle pourrait basculer dans le dispositif dès septembre 2026. Des milliers de femmes sont dans la même situation.
Carrière longue : le gel allège le seuil pour les nés en 1964 et 1965
La LFSS 2026 suspend la réforme des retraites de 2023 jusqu’en 2028. Le décret sur les carrières longues, publié le 8 mai 2026, a levé une partie du flou. Le nombre de trimestres cotisés exigés pour un départ anticipé en carrière longue diminue pour certaines générations.
| Génération | Trimestres cotisés (avant gel) | Trimestres cotisés (après gel) | Effet |
|---|---|---|---|
| 1964 | 171 | 170 | -1 trimestre dès sept. 2026 |
| 1965 | 171 | 170 (jusqu’à fin avril) puis 171 (mai+) | Règle en deux temps |
| 1966 à 1968 | 172 | 172 | Aucun changement |
« Concrètement, la génération 1964 passe à 170 trimestres cotisés requis au lieu de 171 grâce au gel », détaille Marilyn Vilardebo, présidente d’Origami&Co. Pour les générations 1966 à 1968, le seuil reste à 172 : le gel ne modifie rien.
Deux décrets attendus pour les femmes
2 trimestres enfants reconnus comme cotisés
Selon la CNAV, deux projets de décret ont déjà été transmis aux caisses de retraite. Le premier prévoit que 2 des trimestres accordés pour enfants soient reconnus comme « réputés cotisés » et intégrés dans le calcul de la carrière longue. La mesure vise directement les femmes bloquées à un ou deux trimestres près du seuil. « De nombreuses femmes cumulent les trimestres nécessaires sans pouvoir partir avant leur âge légal, puisque certains liés à leurs enfants n’entrent pas dans le décompte », explique Marilyn Vilardebo. « Celles ayant gagné un trimestre de suspension d’un côté et qui gagnent deux trimestres de plus sont très intéressées », confirme Claude Wagner (CFDT-Retraités), qui anticipe « un afflux d’ouvertures du droit dès septembre 2026 ».
Calcul sur les 23 ou 24 meilleures années
L’autre décret modifie le calcul de la pension pour les mères de 2 enfants ou plus : la moyenne serait calculée sur les 23 ou 24 meilleures années au lieu de 25. Sur le papier, la mesure semble généreuse. Dans les faits, l’impact serait marginal. D’après les calculs d’Origami&Co, la différence se situe entre 50 et 85 € par mois.
« Pour que ce soit significatif, il faudrait avoir une année vraiment catastrophique parmi les 25 meilleures, ce qui n’arrive pratiquement jamais », note Marilyn Vilardebo, qui évoque un « effet d’annonce davantage qu’une réforme de fond ». Les femmes au foyer ou celles ayant eu des carrières très hachées resteront pénalisées par le mode de calcul global. La CNAV a indiqué que les mises à jour informatiques nécessaires interviendront après publication des textes, et que les dossiers de départ en septembre-octobre 2026 ne sont pas encore traités en priorité.
Cumul emploi-retraite : plafonnement redouté dès janvier 2027
C’est le changement le plus sensible. Aujourd’hui, le cumul emploi-retraite permet de percevoir sa pension tout en travaillant, selon deux dispositifs (plafonné ou intégral). À partir du 1er janvier 2027, les règles changeraient radicalement avant 67 ans :
- Un seuil de 7 000 € de revenus d’activité mensuels
- Au-delà, 50 % des revenus supplémentaires seraient déduits de la pension
- Les dirigeants d’entreprise et professions libérales sont les plus exposés
« Le cumul sera drastiquement conditionné avant l’âge de 67 ans », décrit Marilyn Vilardebo. Les assurés qui ont atteint leur âge légal en 2026 et misaient sur le cumul intégral ont intérêt à anticiper dès maintenant. Les délais d’instruction des caisses atteignent actuellement 5 à 6 mois.
Cas concret : Sylvie, à un trimestre près
Cas concret
Sylvie, 60 ans, née en 1965, 2 enfants, 169 trimestres cotisés
Sylvie gagne aussi sur le calcul de sa pension : avec 2 enfants, ses 23 meilleures années remplaceront les 25. Gain estimé : 50 à 85 €/mois selon le profil de carrière (source : Origami&Co).
Questions fréquentes
Pour la génération 1964, il faut 170 trimestres cotisés (au lieu de 171 avant le gel). Pour la génération 1965 : 170 trimestres jusqu’à fin avril 2026, puis 171 à partir de mai. Pour les générations 1966 à 1968, le seuil reste à 172 trimestres. Il faut aussi avoir validé 5 trimestres avant 20 ans (ou 21 ans depuis la réforme de 2023).
La LFSS 2026 suspend la réforme de 2023 jusqu’en 2028. Les effets concrets débutent au 1er septembre 2026 pour les personnes nées en 1964 et 1965 éligibles à la carrière longue. Un décret a été publié en mai 2026, d’autres sont attendus dans les mois suivants.
Un décret attendu prochainement prévoit que 2 des trimestres accordés pour enfants soient reconnus comme « réputés cotisés » et intégrés dans le calcul de la carrière longue. Cette mesure permettra à des femmes qui se trouvaient à 1 ou 2 trimestres du seuil de basculer dans le dispositif.
Oui. À partir du 1er janvier 2027, le cumul emploi-retraite serait drastiquement conditionné avant 67 ans. Un seuil de 7 000 € s’appliquerait : au-delà, 50 % des revenus supplémentaires seraient déduits de la pension. Les dirigeants et professions libérales sont les plus concernés.
Un décret prévoit de calculer la pension des mères de 2 enfants ou plus sur les 23 ou 24 meilleures années au lieu de 25. L’impact réel serait modeste : entre 50 et 85 € de plus par mois selon Origami&Co, sauf cas rare d’une année très faible parmi les 25 meilleures.





