Fiscalité locale
Taxe foncière : +35 % en 5 ans, et ce n’est pas fini
1 117 €
Moyenne 2025
+35 %
Hausse 2020-2025
55,1 Md€
Total collecté en 2025
7 M
Logements menacés par la réforme
En 2020, les propriétaires payaient en moyenne 800 € de taxe foncière. En 2025, la facture atteint 1 117 €. C’est une hausse de 35 % en cinq ans, selon les chiffres de l’administration fiscale (DGFiP). Et la tendance n’est pas près de s’inverser : de nouvelles hausses sont attendues en 2026, et une réforme des bases de calcul pourrait toucher 7 millions de logements.
Un propriétaire qui payait 800 € en 2020 paie aujourd’hui près de 320 € de plus par an. Pour ceux qui vivent dans les villes les plus taxées, la note est souvent bien plus salée. À Paris, la taxe foncière a bondi de 52 % en une seule année (2023), à Grenoble de 25 %. Trois mécanismes expliquent cette explosion.
L’indexation sur l’inflation : le mécanisme automatique
La taxe foncière est calculée à partir des valeurs locatives cadastrales, révisées chaque année en fonction de l’inflation. Quand l’inflation flambe, les bases d’imposition suivent mécaniquement, comme l’a montré notre analyse du pouvoir d’achat par département :
| Année | Revalorisation des bases | Hausse moyenne taxe foncière |
|---|---|---|
| 2022 | +3,4 % | ~+5 % |
| 2023 | +7,1 % | +9,7 % |
| 2024 | +3,9 % | +5,4 % |
| 2025 | +1,7 % | +2,8 % |
L’année 2023 a été particulièrement douloureuse : la revalorisation de 7,1 % des bases (liée à l’inflation 2022) a provoqué une hausse record de près de 10 % de la taxe foncière moyenne. En 2025, le ralentissement de l’inflation (+1,7 %) atténue la hausse, mais elle reste positive.
Les hausses de taux votées par les communes
Au-delà de l’indexation automatique, les communes ont la liberté de voter des hausses de taux. Et certaines ne s’en privent pas :
- Paris : +52 % en 2023 (la maire Anne Hidalgo a triplé le taux communal de 13,5 % à 20,5 %)
- Grenoble : +25 % en 2023
- Metz, Lyon, Bordeaux : hausses significatives ces dernières années
Notons que cet impôt est « captif » : contrairement à la taxe sur les logements vacants, le propriétaire ne peut pas y échapper en déménageant (sauf à vendre le bien). Les communes le savent, ce qui réduit le risque politique d’une hausse.
La suppression de la taxe d’habitation : le report sur la foncière
La suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales, effective au 1er janvier 2023, a privé les communes d’une ressource importante. Même si le gouvernement assure que les collectivités ont reçu des « compensations à l’euro près », certaines municipalités ont choisi de reporter le manque à gagner sur la taxe foncière.
Le mécanisme est simple : la taxe d’habitation était payée par tous les occupants (propriétaires et locataires). La taxe foncière ne concerne que les propriétaires. Le poids fiscal s’est donc concentré sur les 31 millions de propriétaires au lieu d’être réparti entre tous les ménages.
Ce que les propriétaires peuvent faire
- Vérifier la surface cadastrale : la taxe est calculée sur la surface déclarée au cadastre. Une erreur de surface (pièce comptée en double, annexe mal classée) peut gonfler la facture pendant des années
- Déclarer les travaux qui réduisent la surface : une pièce transformée en placard ou une dépendance démolie réduit la base
- Demander un dégrèvement : les propriétaires de plus de 75 ans sous condition de revenus peuvent en bénéficier, ainsi que les titulaires de l’ASPA ou de l’AAH
- Contester l’avis : réclamation possible jusqu’au 31 décembre de l’année suivant la mise en recouvrement, via impots.gouv.fr ou par courrier au centre des impôts
Questions fréquentes
La taxe foncière moyenne est passée d’environ 800 € en 2020 à 1 117 € en 2025, soit une hausse de 35 % en cinq ans. En 2025, la hausse annuelle est de 2,8 % pour les propriétés bâties, contre +5,4 % en 2024 et +9,7 % en 2023.
Trois facteurs : l’indexation automatique des valeurs locatives cadastrales sur l’inflation (+1,7 % en 2025, +7,1 % en 2023), les hausses de taux votées par certaines communes (jusqu’à +52 % à Paris en 2023), et le report de la suppression de la taxe d’habitation sur la taxe foncière par certaines municipalités.
Oui, de nouvelles hausses sont attendues sous l’effet de l’inflation. Un projet d’actualisation des bases de calcul (prise en compte de l’eau, l’électricité et d’autres éléments de confort) pourrait augmenter la taxe pour plus de 7 millions de logements. Le projet, repoussé à l’automne 2025 face à l’opposition des maires, doit revenir au niveau local en 2026.
En 2025, la moyenne par propriétaire particulier est de 1 117 €. Le montant total collecté atteint 55,1 milliards d’euros. La moyenne varie fortement selon les départements : de moins de 1 000 € dans certains départements ruraux à plus de 3 600 € en Seine-Saint-Denis.
En partie oui. Privées de la taxe d’habitation sur les résidences principales (supprimée au 1er janvier 2023), certaines communes ont relevé leurs taux de taxe foncière pour compenser le manque à gagner. Le gouvernement assure que les collectivités ont reçu des compensations à l’euro près, mais les maires estiment que ces compensations ne suivent pas l’évolution des dépenses.





