Inflation • Alimentation
Prix alimentaires : 3e mois de hausse consécutif
+1,6 %
Hausse en avril (1 mois)
+2 %
Hausse sur 1 an
+5,9 %
Huiles végétales (1 mois)
30 %
Engrais via détroit d’Ormuz
L’indice mondial des prix alimentaires de la FAO a progressé de 1,6 % en avril 2026, soit le 3e mois consécutif de hausse. Sur un an, la progression atteint 2 %. Les huiles végétales enregistrent la plus forte flambée (+5,9 %), un niveau inédit depuis juillet 2022. En cause : la guerre au Moyen-Orient, les perturbations au détroit d’Ormuz et la hausse des cours du pétrole.
Huile de tournesol, colza, palme, soja… les produits qui composent l’essentiel des huiles de cuisson et des margarines en rayon ont vu leurs cours mondiaux bondir en un mois. La raison n’est pas climatique cette fois, mais géopolitique. Les tensions au détroit d’Ormuz perturbent le transit de 30 % du commerce mondial des engrais, tandis que la hausse des prix du pétrole stimule la demande en biocarburants, détournant une partie des huiles végétales de l’alimentation.
Les chiffres de la FAO en avril 2026
Le chef économiste de la FAO, Máximo Torero, détaille : les huiles végétales ont subi « de plus fortes hausses de prix, largement tirées par les cours du pétrole plus élevés ». Leur bond de 5,9 % en un mois est le plus important depuis juillet 2022, période où la guerre en Ukraine avait déjà provoqué un choc similaire.
Dans le détail par catégorie : les céréales n’ont crû que de 0,8 % (blé +0,8 %, maïs +0,7 %), grâce à des stocks « assez importants et une offre adéquate des saisons passées », selon Torero. L’indice de la viande a progressé de 1,2 %, atteignant un nouveau record en avril, tiré par la viande bovine. Ce sont les huiles végétales qui tirent l’ensemble vers le haut.
Le mécanisme : du détroit d’Ormuz aux rayons des supermarchés
La chaîne de transmission est directe :
- Perturbations au détroit d’Ormuz : le conflit au Moyen-Orient perturbe le transit maritime, renchérissant le transport du gaz et du pétrole
- Hausse du prix du gaz : le gaz est indispensable à la fabrication des engrais. Son renchérissement fait grimper le coût des intrants agricoles
- Engrais plus chers : 30 % du commerce mondial transite par Ormuz. Les agriculteurs paient plus cher pour fertiliser leurs cultures
- Biocarburants : la hausse du pétrole rend les biocarburants plus compétitifs, détournant une partie des huiles végétales de l’alimentation
- Impact en rayon : avec 3 à 6 mois de décalage, les hausses de matières premières se répercutent sur les prix en supermarché
Le risque sur les rendements agricoles en 2027
Le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, a prévenu jeudi que ces perturbations pourraient provoquer une baisse des rendements agricoles dès la seconde moitié de 2026 et en 2027 :
Le scénario redouté : des engrais trop chers ou livrés trop tard pour les semis d’automne 2026, entraînant des récoltes réduites en 2027 et une nouvelle vague de hausse des prix alimentaires mondiaux. Un mécanisme comparable à celui observé après l’invasion de l’Ukraine en 2022, qui avait provoqué une flambée des céréales et des huiles pendant 18 mois.
L’impact sur le pouvoir d’achat en France
L’inflation alimentaire en France a ralenti en 2025 après le pic de 2023 (+15 % sur les produits alimentaires). Mais la tendance mondiale repart à la hausse. Les négociations commerciales entre industriels et distributeurs (loi EGalim) intègrent les cours des matières premières avec un décalage de 3 à 6 mois. Si les huiles végétales et les engrais restent à ces niveaux, les effets en rayon se feront sentir d’ici la rentrée 2026.
Questions fréquentes
L’indice mondial des prix alimentaires de la FAO a progressé de 1,6 % en avril par rapport à mars, et de 2 % sur un an. C’est le troisième mois consécutif de hausse. Les huiles végétales ont subi la plus forte hausse : +5,9 % en un mois, un niveau inédit depuis juillet 2022.
La guerre au Moyen-Orient provoque des tensions énergétiques et des perturbations au détroit d’Ormuz, par où transite 30 % du commerce mondial des engrais. La hausse des cours du pétrole et du gaz renchérit la fabrication des engrais et stimule la demande en biocarburants, ce qui fait monter les prix des huiles végétales.
Les huiles végétales (+5,9 % en avril) : palme, soja, tournesol, colza. Leur prix est tiré par les cours du pétrole (biocarburants) et les tensions logistiques au Moyen-Orient.
La FAO s’inquiète de conséquences sur les rendements agricoles à partir de l’automne 2027. Le directeur général Qu Dongyu prévient que si les engrais n’arrivent pas au bon moment du cycle des cultures, les rendements seront réduits. Le risque est une hausse plus durable des prix alimentaires.
L’inflation alimentaire en France suit la tendance mondiale avec un décalage. Les hausses des matières premières se répercutent sur les prix en rayon avec 3 à 6 mois de retard, via les négociations entre industriels et distributeurs.





