Étude ADCF • Avril 2026
Là où l’impôt moyen ne dépasse pas 400 € par foyer
187 €
Impôt moyen à La Grand-Combe (Gard)
2 389 €
Impôt moyen national
3 profils
Bassins miniers, frontaliers, banlieues
6 137
Communes analysées (≥ 1 000 foyers)
Source : DGFiP, IRCOM 2025 sur revenus 2024 (publié le 7 avril 2026)
Selon les dernières données DGFiP IRCOM 2025 publiées le 7 avril 2026, quinze communes de France métropolitaine affichent un impôt moyen par foyer fiscal inférieur à 400 €, contre une moyenne nationale de 2 389 €. Trois profils géographiques distincts dominent ce classement : les anciens bassins miniers du Nord et du Sud, les zones populaires et, plus inattendu, les communes frontalières du Luxembourg.
Où paie-t-on le moins d’impôt sur le revenu en France métropolitaine ? Les dernières données IRCOM publiées par la DGFiP permettent d’identifier les communes où l’impôt moyen par foyer fiscal est le plus faible. Le classement croise trois facteurs distincts : héritage industriel des anciens bassins miniers, pauvreté périurbaine et effet de la fiscalité frontalière avec le Luxembourg. Pour comprendre la logique générale de l’imposition française, voir l’article sur les seuils d’imposition 2026.
Le classement complet des 15 villes où l’on paie le moins d’impôts
Le classement ci-dessous repose sur l’impôt moyen acquitté par foyer fiscal, calculé en divisant l’impôt net total de la commune par le nombre total de foyers (imposés et non imposés). Les communes retenues comptent au moins 1 000 foyers fiscaux, seuil qui neutralise les variations statistiques liées aux très petites communes.
| Rang | Commune | Dép. | Impôt moyen / foyer | RFR moyen | % foyers imposés |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | La Grand-Combe | 30 | 187 € | 13 386 € | 17.0 % |
| 2 | Marles-les-Mines | 62 | 246 € | 17 645 € | 22.7 % |
| 3 | Lourches | 59 | 275 € | 15 552 € | 19.4 % |
| 4 | Sallaumines | 62 | 288 € | 17 565 € | 23.2 % |
| 5 | Denain | 59 | 301 € | 15 431 € | 19.1 % |
| 6 | Les Salles-du-Gardon | 30 | 301 € | 17 778 € | 24.0 % |
| 7 | Villerupt | 54 | 319 € | 32 365 € | 23.6 % |
| 8 | Sainte-Foy-la-Grande | 33 | 333 € | 14 703 € | 20.7 % |
| 9 | Marseille 3e arrondissement | 13 | 344 € | 13 012 € | 19.1 % |
| 10 | Piennes | 54 | 345 € | 23 391 € | 26.1 % |
| 11 | Audun-le-Tiche | 57 | 347 € | 37 092 € | 24.9 % |
| 12 | Frévent | 62 | 349 € | 16 943 € | 24.4 % |
| 13 | Grenay | 62 | 349 € | 18 890 € | 25.2 % |
| 14 | Cransac | 12 | 350 € | 19 802 € | 30.7 % |
| 15 | Louvroil | 59 | 366 € | 16 203 € | 21.7 % |
Le contraste avec la moyenne nationale est saisissant, les habitants de La Grand-Combe paient en moyenne douze fois moins d’impôts que la moyenne des Français, et seuls 17 % des foyers de la commune sont effectivement imposables. Une situation qui s’explique par le mécanisme des seuils d’imposition 2026 : un foyer dont le revenu reste sous l’abattement n’acquitte aucun impôt sur le revenu. Les écarts entre profils socio-économiques se lisent également dans le RFR moyen, qui varie du simple au triple selon les communes du classement.
Profil 1 : les anciens bassins miniers, héritage d’un siècle de désindustrialisation
Six communes du top 15 partagent un même profil historique : celui des anciens bassins charbonniers fermés entre les années 1960 et 1990. La Grand-Combe (Gard, 187 €), première du classement, illustre cette trajectoire. Ancienne capitale du bassin houiller cévenol fermé dans les années 1980, la commune affiche aujourd’hui un RFR moyen de 13 386 € par foyer, l’un des plus faibles de France métropolitaine.
Le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais concentre cinq autres communes : Marles-les-Mines (62, 246 €), Lourches (59, 275 €), Sallaumines (62, 288 €), Denain (59, 301 €) et Louvroil (59, 366 €). Toutes affichent des taux de foyers imposés inférieurs à 25 %, signe que la majorité des habitants restent sous le seuil de l’impôt. La commune de Cransac (Aveyron, 350 €), ancien centre minier de l’Aubrac, complète ce profil.
Ces communes affichent toutes des taux de foyers imposés inférieurs à 25 %, signe que la majorité des habitants restent sous le seuil de l’impôt sur le revenu.
Profil 2 : les frontaliers du Luxembourg, le scoop fiscal
L’observation la plus contre-intuitive du classement concerne trois communes de Lorraine dont les habitants disposent pourtant de revenus supérieurs à la moyenne française : Villerupt (Meurthe-et-Moselle, 319 € d’impôt moyen pour un RFR de 32 365 €), Audun-le-Tiche (Moselle, 347 € pour un RFR de 37 092 €) et Piennes (Meurthe-et-Moselle, 345 € pour 23 391 €).
Cette anomalie statistique s’explique par la convention fiscale franco-luxembourgeoise en vigueur, qui prévoit l’imposition des salaires des travailleurs frontaliers dans le pays d’emploi. Les revenus déclarés par ces ménages apparaissent normalement dans les bases françaises (d’où un RFR très élevé), mais l’impôt correspondant est versé au Trésor luxembourgeois, pas à la DGFiP française. Ces communes hébergent une part importante de la diaspora frontalière qui travaille quotidiennement à Luxembourg-Ville ou Esch-sur-Alzette.
Profil 3 : les banlieues populaires, la pauvreté urbaine
Le classement intègre également des arrondissements et communes périurbaines à forte densité, marqués par la pauvreté structurelle. Marseille 3e arrondissement (344 € d’impôt moyen, 9e place) constitue le cas le plus visible : avec 34 596 foyers fiscaux, c’est de loin la plus grande entité du classement. Le RFR moyen y atteint 13 012 €, et seuls 19 % des foyers paient l’impôt sur le revenu.
À côté des grandes banlieues, des petites communes rurales paupérisées figurent également dans le classement : Sainte-Foy-la-Grande (Gironde, 333 €), Frévent (Pas-de-Calais, 349 €) et Grenay (Pas-de-Calais, 349 €). Ces communes cumulent les indicateurs économiques défavorables : taux de chômage supérieur à la moyenne nationale, population vieillissante, faible présence de cadres et professions intellectuelles supérieures.
Le classement complet des arrondissements marseillais selon le critère de la part des foyers non-imposés place Marseille 3e en deuxième position nationale (80,9 % de foyers non imposés), juste après La Grand-Combe (83 %). Marseille 14e (75,8 %) et Marseille 15e (77,1 %) figurent également dans le top 20 sur ce critère, illustrant la persistance d’une fracture sociale marquée à l’échelle municipale. Pour situer ces niveaux dans le contexte fiscal 2026, voir aussi notre dossier sur la fiscalité du patrimoine en France.
Méthodologie
L’étude repose sur le fichier IRCOM 2025 (Impôt sur le Revenu par Commune) publié par la DGFiP le 7 avril 2026, qui détaille pour chacune des 35 000 communes françaises le nombre de foyers fiscaux et le montant total de l’impôt net acquitté au titre des revenus 2024. Pour mieux comprendre la mécanique de calcul de l’impôt sur le revenu, consulter notre simulateur d’impôt 2026. L’impôt moyen par foyer est calculé en divisant l’impôt net total par le nombre total de foyers fiscaux (imposés et non imposés confondus).
Le filtre des 1 000 foyers fiscaux minimum est appliqué pour neutraliser les volatilités statistiques liées aux toutes petites communes (où l’arrivée ou le départ d’un seul foyer aisé peut bouleverser la moyenne). Cette méthodologie de filtrage des petites communes est l’approche standard pour ce type d’analyse statistique. Sur les 35 000 communes françaises, 6 137 communes de France métropolitaine répondent à ce critère, totalisant la quasi-totalité de la population fiscale active.
Les communes des départements et régions d’Outre-mer (codes 97x) ont été exclues du classement métropolitain présenté ici, mais figurent en tête du classement national tous territoires confondus. Les arrondissements de Paris, Lyon et Marseille font l’objet d’une publication individuelle dans le fichier IRCOM, ce qui explique leur présence dans le classement aux côtés des communes de plein exercice.
Foire aux questions
La Grand-Combe, dans le Gard, occupe la première place du classement avec un impôt moyen de seulement 187 € par foyer fiscal en 2025 (sur les revenus 2024), soit douze fois moins que la moyenne nationale (2 389 €). Cette ancienne cité minière compte 2 882 foyers fiscaux dont seulement 17 % sont imposables, illustrant la situation économique fragile héritée de la fermeture des houillères du bassin cévenol dans les années 1980.
Quatre communes de Moselle et Meurthe-et-Moselle (Villerupt, Audun-le-Tiche, Piennes, Saulnes) figurent dans le classement malgré des revenus moyens élevés (jusqu’à 39 611 € de RFR à Ottange). Cette particularité s’explique par la convention fiscale franco-luxembourgeoise qui prévoit l’imposition des salaires des frontaliers dans le pays d’emploi. Les revenus déclarés en France apparaissent dans les statistiques DGFiP, mais l’impôt correspondant est versé au Trésor luxembourgeois.
Trois zones géographiques concentrent les communes les moins taxées en France métropolitaine. Les anciens bassins miniers du Nord et du Pas-de-Calais (Marles-les-Mines, Lourches, Sallaumines, Denain) en regroupent six dans le top 15. Les anciennes cités minières du Gard et de l’Aveyron (La Grand-Combe, Les Salles-du-Gardon, Cransac) suivent. Enfin, la zone frontalière luxembourgeoise (Moselle, Meurthe-et-Moselle) apporte trois communes au classement, par effet de convention fiscale.
Selon les dernières données IRCOM publiées par la DGFiP en avril 2026, l’impôt moyen par foyer fiscal s’établit à 2 389 € pour les communes françaises de plus de 1 000 foyers en métropole. Ce chiffre cache de fortes disparités : 47,9 % des foyers paient effectivement l’impôt sur le revenu, tandis que les autres en sont exonérés. La part de foyers imposés varie de 17 % dans les communes les moins riches à plus de 60 % dans les villes aisées.
Le classement repose sur le fichier IRCOM 2025 publié par la DGFiP le 7 avril 2026, qui détaille pour chaque commune le nombre de foyers fiscaux et le montant total de l’impôt net acquitté. L’impôt moyen est calculé en divisant l’impôt net total de la commune par le nombre de foyers fiscaux (imposés ou non). Le filtre des communes de plus de 1 000 foyers fiscaux est appliqué pour éviter les volatilités liées aux toutes petites communes, conformément à la méthodologie standard utilisée par les médias économiques.
Sources : DGFiP IRCOM 2025 (data.gouv.fr), Convention fiscale franco-luxembourgeoise du 20 mars 2018





