DPE : le coefficient de l’électricité pourrait encore baisser, 380 000 passoires en moins

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DPE : le coefficient de l’électricité pourrait encore baisser

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1,9 → 1,7

Baisse du CEP envisagée

380 000

Passoires thermiques en moins

Objectif : 1

Aligner électricité et gaz

Le gouvernement envisage une nouvelle baisse du coefficient d’énergie primaire (CEP) de l’électricité dans le calcul du DPE. Après le passage de 2,3 à 1,9 en janvier 2026, le CEP pourrait descendre à 1,7 – voire 1 à terme. Résultat : des centaines de milliers de logements électriques sortiraient des classes F et G sans aucun travaux. Mais cette évolution fait débat.

Ce qui change : le coefficient d’énergie primaire expliqué

Le DPE classe votre logement de A à G en fonction de sa consommation d’énergie et de ses émissions de CO2. Mais la consommation affichée n’est pas celle de votre compteur : elle est multipliée par un coefficient d’énergie primaire (CEP). Ce coefficient traduit les pertes liées à la production et au transport de l’énergie.

Concrètement, chaque kWh d’électricité consommé dans votre logement compte pour 1,9 kWh dans le DPE depuis janvier 2026 (contre 2,3 avant). Pour le gaz, ce coefficient est de 1. Résultat : à consommation réelle égale, un logement chauffé à l’électricité est mécaniquement moins bien classé qu’un logement au gaz.

Évolution du coefficient d’énergie primaire (CEP) de l’électricité Avant 2026 2,3 Depuis jan. 2026 1,9 Projet 1,7 Objectif UE 1,0 Gaz = 1,0 Défavorable Favorable adcf.org

Le plan du gouvernement : de 1,9 à 1,7 puis vers 1

Noyée dans le plan d’électrification des usages publié par le gouvernement, une mesure repérée par Médiapart prévoit d' »étudier un rééquilibrage du DPE pour les logements chauffés à l’électricité ». Deux étapes se dessinent :

  • À court terme : abaisser le CEP de 1,9 à 1,7. Le cadre européen le permet déjà. Selon la start-up Krno, spécialisée dans l’analyse des DPE, cette baisse ferait sortir 380 000 logements des classes F et G
  • À moyen terme : proposer à la Commission européenne d’aligner le CEP de l’électricité sur celui du gaz (1,0). Un changement radical qui supprimerait tout désavantage pour le chauffage électrique dans le DPE

Pour les propriétaires de logements classés F ou G, c’est une bonne nouvelle potentielle : certains pourraient voir leur bien reclassé en E ou D sans réaliser de travaux. Pour les bailleurs, cela signifie aussi échapper à l’interdiction de location des passoires thermiques.

Ce que ça change concrètement pour votre logement

Exemple

Appartement 60 m², chauffage électrique, 10 000 kWh/an réels

Avec CEP à 2,3 (avant 2026)23 000 kWh EP = 383 kWh/m² → Classe F
Avec CEP à 1,9 (depuis jan. 2026)19 000 kWh EP = 317 kWh/m² → Classe E
Avec CEP à 1,7 (projet)17 000 kWh EP = 283 kWh/m² → Classe D
Avec CEP à 1,0 (objectif)10 000 kWh EP = 167 kWh/m² → Classe C

Même consommation réelle, note différente

De F à C selon le coefficient choisi

Sans changer un seul radiateur

Les critiques : une réforme en trompe-l’oeil ?

L’UFC Que Choisir et la CLCV avaient déjà vivement critiqué la première baisse du CEP (de 2,3 à 1,9) fin 2025. Leur argument principal : cette réforme ne change ni les consommations réelles, ni les factures. Un logement qui passe de F à E consomme toujours autant – seule l’étiquette change.

Votre facture ne change pas
Que le coefficient soit à 2,3, 1,9 ou 1,7, votre consommation réelle et votre facture d’électricité restent strictement identiques. Seule la note du DPE évolue. Pour un locataire, un logement reclassé de F à D ne signifie pas un logement mieux isolé. Avant de signer un bail, vérifiez toujours la consommation en kWh d’énergie finale (pas primaire) et connaissez vos droits sur le préavis.

Les associations pointent aussi le risque de brouiller la lisibilité du DPE. Les acheteurs et locataires pourraient être « induits en erreur par des étiquettes très flatteuses, masquant des factures de chauffage anormalement élevées ».

De son côté, la start-up Krno rappelle la réalité physique : quand 1 kWh d’électricité arrive à votre prise, EDF a prélevé en amont 2,55 kWh d’énergie primaire (pertes thermiques, lignes haute tension, transformateurs). Le coefficient réglementaire actuel de 1,9 est donc déjà en dessous de la réalité physique. Le baisser encore relève de « choix politiques, défendables mais pas scientifiques ».

Qui est concerné et quand

SituationImpact potentiel
Propriétaire, logement électrique classé F ou GReclassement possible en E ou D sans travaux. Plus besoin de rénover pour vendre ou louer
Bailleur, passoire thermique électriqueÉchapper à l’interdiction de location (G interdit depuis 2025, F prévu 2028)
Locataire d’un logement électriqueÉtiquette améliorée, mais facture identique. Vigilance sur la consommation réelle
Logement chauffé au gazAucun changement. Le CEP du gaz reste à 1. L’écart avec l’électricité se réduit
Acheteur immobilierRegarder la consommation en kWh (énergie finale), pas seulement la lettre
💡
Faut-il reporter ses travaux de rénovation ?
Si votre logement est classé F ou G et chauffé à l’électricité, la tentation est d’attendre un éventuel reclassement. Mais rien n’est acté : le gouvernement parle d' »étudier » la mesure. Les travaux d’isolation restent le seul moyen de réduire vos factures d’électricité réellement. Et les aides (MaPrimeRénov’) risquent de baisser si votre logement change de classe.
Impact sur le prix de vente
Selon plusieurs études, la différence de prix entre un logement classé D et un classé F peut atteindre 10 à 15 %. Un reclassement automatique du DPE pourrait donc revaloriser les biens électriques sur le marché immobilier – un point à surveiller si vous envisagez de vendre votre bien. Les taux de crédit immobilier jouent aussi dans la balance.

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