Pouvoir d’achat • Titres-restaurants • Réforme 2026
Titres-restaurants : supermarchés pérennisés,
fin du papier en 2028
25 €
plafond journalier
(inchangé)
7,18 €
part employeur
exonérée max
2028
fin du format
papier
sept. 2026
débat
parlementaire
Une proposition de loi déposée le 9 juin 2026 prévoit de pérenniser l’utilisation des titres-restaurants en supermarché, d’imposer la dématérialisation au 1er janvier 2028 et d’autoriser leur usage le dimanche. Le texte sera débattu en septembre. Sans cette réforme, l’autorisation d’utiliser les titres en grande surface expire fin 2026.
Nadia, secrétaire médicale, reçoit 9 € de titres-restaurants par jour travaillé. Elle les utilise au Carrefour à côté de chez elle pour ses courses alimentaires du soir. Si la dérogation supermarché n’est pas pérennisée, elle devra revenir au sandwich du midi ou payer en espèces au supermarché et laisser ses titres dormir. Avec 220 jours travaillés par an, ses titres représentent 1 980 € de pouvoir d’achat alimentaire.
Les supermarchés pérennisés dans la loi
Depuis 2022, une dérogation temporaire autorise l’utilisation des titres-restaurants pour des achats alimentaires en grande surface. Cette mesure, reconduite chaque année, arrive à échéance fin 2026. La proposition de loi du député Christophe Naegelen (groupe Liot) vise à graver cet usage dans la loi, sans date d’expiration.
La distinction entre restaurants et supermarchés reste un sujet de tension. Les restaurateurs considèrent que le titre-restaurant a été créé pour financer la pause déjeuner au restaurant, pas les courses au supermarché. Mais l’usage a basculé : une majorité de salariés utilisent désormais leurs titres pour des achats alimentaires en grande surface plutôt qu’au restaurant.
Fin du papier au 1er janvier 2028
La proposition de loi fixe au 1er janvier 2028 la fin de l’émission de titres-restaurants au format papier. Les carnets de chèques déjeuner, encore utilisés par une partie des salariés, seront remplacés par des cartes ou des applications. Les titres papier déjà en circulation resteront utilisables jusqu’à leur date d’expiration.
La dématérialisation répond à un double objectif : réduire les coûts de gestion pour les employeurs et les émetteurs, et faciliter le contrôle des produits achetés (seuls les produits alimentaires sont éligibles). Elle pose la question de l’accès au dispositif pour les salariés peu à l’aise avec le numérique, un point que le débat parlementaire devra trancher.
Transparence sur les commissions des émetteurs
Le texte prévoit également de renforcer la transparence sur les commissions prélevées par les sociétés émettrices (Edenred, Sodexo, Up, Natixis). Les remises et rabais accordés lors de la cession des titres aux employeurs seraient supprimés. Ces pratiques commerciales, opaques pour les salariés, créent un écart entre la valeur faciale du titre et le coût réel pour l’employeur.
Le ministre du Commerce Serge Papin, successeur de Véronique Louwagie qui avait esquissé les grandes lignes de la réforme en juin 2025, soutient le texte. Le débat parlementaire de septembre devra arbitrer entre les intérêts des restaurateurs, ceux de la grande distribution et ceux des salariés.
Ce que le titre-restaurant rapporte au salarié
La part employeur du titre-restaurant est exonérée d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales dans la limite de 7,18 € par titre en 2026. L’employeur prend en charge 50 à 60 % de la valeur du titre. Sur un titre à 9 € avec 60 % de prise en charge employeur (5,40 €), le salarié paie 3,60 € de sa poche et reçoit 9 € de pouvoir d’achat alimentaire.
Sur 220 jours travaillés par an, un titre à 9 € représente 1 980 € d’achats alimentaires, dont 1 188 € financés par l’employeur. L’avantage fiscal est significatif : la part employeur (5,40 € par jour) échappe à l’impôt sur le revenu, ce qui représente une économie de 237 à 356 € par an selon la tranche marginale d’imposition du salarié (20 à 30 %).
Questions fréquentes
C’est l’objectif de la proposition de loi déposée le 9 juin 2026. L’utilisation en supermarché, autorisée temporairement depuis 2022, doit être pérennisée. Sans cette réforme, elle prend fin à la fin de l’année 2026. Le texte sera débattu en septembre 2026.
La proposition de loi prévoit la fin de l’émission de titres-restaurants au format papier au 1er janvier 2028. Les titres papier déjà en circulation resteront utilisables jusqu’à leur date d’expiration, mais aucun nouveau carnet ne sera émis après cette date.
Oui. Le gouvernement prévoit d’autoriser l’utilisation des titres-restaurants le dimanche par décret, sans attendre le vote de la loi. Cette mesure était réclamée par les salariés travaillant le week-end.
La proposition de loi ne modifie pas le plafond journalier d’utilisation (25 € par jour actuellement). Elle porte sur les modalités d’utilisation (supermarchés, dimanche, dématérialisation) et sur la transparence des commissions prélevées par les émetteurs.
La part employeur du titre-restaurant est exonérée d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales, dans la limite de 7,18 € par titre en 2026. Au-delà de ce plafond, l’excédent est réintégré dans le revenu imposable du salarié.





