Répression des fraudes : 202 millions d’euros de sanctions en 2025, un record

DGCCRF • Bilan 2025 • Sanctions

202 millions d’euros de sanctions :
un record pour la répression des fraudes

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202 M€

de sanctions
en 2025

58 000

établissements
contrôlés

460 000

signalements
consommateurs

26 %

des contrôles
avec sanctions

La DGCCRF a infligé 202 millions d’euros de sanctions en 2025, contre 81 millions en 2023. Malgré une baisse de 13 % des contrôles, le taux de sanctions est passé de 21 à 26 % grâce à un ciblage plus précis. Les 460 000 signalements des consommateurs via SignalConso ont joué un rôle central.

Karim reçoit un appel : un « installateur agréé MaPrimeRénov’ » lui propose l’isolation de ses combles pour 1 €. Il signale l’appel sur SignalConso. En 2025, 113 926 signalements de démarchage comme le sien ont été déposés sur la plateforme, soit 4 fois plus qu’en 2023. La DGCCRF a infligé 11 millions d’euros d’amendes au secteur du démarchage.

202 millions d’euros de sanctions, un record absolu

La répression des fraudes a infligé 202 millions d’euros d’amendes administratives et de transactions pénales en 2025, selon son rapport d’activité publié en juin 2026. Le montant a été multiplié par 2,5 en deux ans (81 millions en 2023). Le nombre d’établissements contrôlés a pourtant reculé de 67 000 à 58 000 sur la même période, une baisse de 13 %.

Moins de contrôles, mais 5 points de sanctions en plus

Le taux de contrôles aboutissant à des suites correctives ou répressives est passé de 21 % en 2023 à 26 % en 2025. Sur les 58 000 établissements contrôlés, 15 000 ont fait l’objet de suites, soit 1 entreprise sur 4. Sarah Lacoche, directrice générale de la DGCCRF, résume la stratégie : « L’enjeu, c’est d’arriver à concentrer nos moyens là où c’est important et là où on peut avoir des résultats pour les entreprises et pour les consommateurs. » L’organisme fonctionne avec environ 3 000 agents, un effectif stable depuis plusieurs années.

Montant des sanctions DGCCRF : 2023 vs 2025 Amendes administratives et transactions pénales (en millions d’euros) 2023 2025 Total sanctions 81 M€ 202 M€ (x2,5) Établissements contrôlés 67 000 58 000 (-13 %) Taux de sanctions 21 % 26 % (+5 pts) Signalements consommateurs ~288 000 460 000 (+60 %) adcf.org
La loi antifraude renforce l’arsenal
Le projet de loi antifraude sociale et fiscale déposé en mai 2026 vise à élargir les pouvoirs de contrôle, y compris le croisement automatisé de fichiers. La DGCCRF pourrait voir ses prérogatives étendues aux fraudes numériques transfrontalières.

Shein, démarcheurs, influenceurs : les cibles prioritaires de 2025

41 millions d’euros pour Shein, plus lourde amende de l’année

La plateforme de fast fashion chinoise Shein a écopé de 41 millions d’euros d’amendes pour pratiques commerciales trompeuses et allégations environnementales injustifiées. Ce seul dossier représente 20 % du total des sanctions 2025. Sarah Lacoche précise : « Il s’agit de réseaux très frauduleux. Les sanctions sont lourdes. »

Le démarchage téléphonique, première source de signalements

Les signalements de démarchage abusif ont été multipliés par 4 en deux ans : 113 926 en 2025 contre 27 974 en 2023. La DGCCRF a contrôlé 6 300 professionnels du secteur et infligé 11 millions d’euros d’amendes, principalement dans la rénovation énergétique. Depuis juillet 2025, le démarchage téléphonique non sollicité est totalement interdit en France.

129 influenceurs épinglés sur 280 contrôlés

Sur 280 influenceurs professionnels contrôlés, 46 % présentaient des anomalies : défaut de mention publicitaire, promotions trompeuses sur des produits de santé ou financiers. La DGCCRF a engagé des suites correctives et répressives. La fraude numérique reste un chantier prioritaire, avec 96 signalements de fraude documentaire transmis à l’autorité judiciaire.

CibleMontant des sanctionsDétail
Shein (fast fashion)41 M€Pratiques commerciales trompeuses, greenwashing
Démarchage téléphonique11 M€6 300 pros contrôlés, rénovation énergétique en tête
Numéros surtaxés2 M€Avoirs saisis
4 banques0,9 M€Pratiques commerciales non conformes
Autres dossiers147 M€Commande publique, agriculture, sécurité des produits
Total 2025202 M€x2,5 vs 2023 (81 M€)
Démarchage interdit depuis juillet 2025
Tout appel téléphonique non sollicité à des fins commerciales est désormais illégal en France. Un consommateur qui reçoit ce type d’appel peut le signaler sur signal.conso.gouv.fr. En 2025, la DGCCRF a traité 113 926 signalements de démarchage, 4 fois plus qu’en 2023.

SignalConso, l’arme des consommateurs contre les pratiques abusives

La plateforme SignalConso (signal.conso.gouv.fr) a traité plus de 460 000 signalements en 2025, soit 60 % de plus qu’en 2023. Depuis son lancement, près de 2 millions de signalements ont été enregistrés. Plus de 100 000 entreprises sont inscrites sur la plateforme et répondent en moyenne sous 12 jours. Le bilan de la DGCCRF fait état de 300 000 problèmes résolus directement entre consommateurs et professionnels sans intervention administrative.

L’augmentation des signalements alimente directement le ciblage des contrôles. Les remontées des consommateurs sur les secteurs de la rénovation énergétique, du e-commerce et des services financiers ont orienté les enquêtes de terrain. Le montant record des sanctions reflète aussi des enquêtes plus longues et plus approfondies, débouchant sur des infractions plus graves. Les mesures de soutien au pouvoir d’achat complètent cette protection en agissant sur les prix, tandis que la DGCCRF agit sur les pratiques.

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Signaler gratuitement sur SignalConso
La plateforme signal.conso.gouv.fr est ouverte à tous, gratuite et utilisable de manière anonyme. Le signalement peut concerner un produit dangereux, une publicité trompeuse, un démarchage abusif, un problème d’hygiène ou toute pratique commerciale douteuse. L’entreprise concernée reçoit le signalement et dispose de 12 jours pour répondre.

450 produits dangereux retirés du marché

Au-delà des sanctions financières, la DGCCRF a fait retirer plus de 450 références du marché en 2025, représentant plus de 2 millions d’unités déjà vendues. Les contrôles de sécurité portent sur les jouets, les cosmétiques, les appareils électroniques et les petits colis importés. La montée du e-commerce transfrontalier, avec des plateformes comme Shein ou Temu, a multiplié les points d’entrée de produits non conformes aux normes européennes. En parallèle, la hausse de l’inflation à 2,4 % en mai 2026 renforce la tentation des achats à bas prix sur ces plateformes, ce qui rend le contrôle d’autant plus critique.

Questions fréquentes

La direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) contrôle les pratiques commerciales des entreprises, vérifie la sécurité des produits et sanctionne les fraudes. Rattachée à Bercy, elle compte environ 3 000 agents et peut infliger des amendes administratives ou engager des poursuites pénales.

La plateforme SignalConso (signal.conso.gouv.fr) permet de déposer un signalement en ligne. En 2025, plus de 460 000 signalements ont été traités. Le signalement est gratuit, anonyme si souhaité, et déclenche une réponse de l’entreprise sous 12 jours en moyenne. Plus de 100 000 entreprises sont inscrites sur la plateforme.

Le démarchage téléphonique (rénovation énergétique, assurances) arrive en tête avec 113 926 signalements et 11 millions d’euros d’amendes. Les plateformes de fast fashion (Shein, 41 millions), le marketing d’influence (280 contrôlés, 46 % d’anomalies) et les numéros surtaxés (2 millions saisis) suivent.

Non directement. Les amendes administratives alimentent le budget de l’État. Les consommateurs lésés peuvent obtenir réparation via une action en justice ou une médiation. SignalConso favorise la résolution amiable : plus de 300 000 problèmes ont été résolus directement entre consommateurs et entreprises depuis le lancement.

Depuis juillet 2025, le démarchage téléphonique non sollicité est totalement interdit. Avant cette date, seule l’inscription sur Bloctel protégeait partiellement les consommateurs. En 2025, les signalements de démarchage abusif ont été multipliés par 4 par rapport à 2023, signe que les pratiques persistent malgré l’interdiction.

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