Inflation • INSEE • Mai 2026
L’inflation accélère à 2,4 %
sur un an en mai 2026
2,4 %
inflation sur un an
(mai 2026)
+16,8 %
énergie
sur un an
720 €
surcoût annuel
(ménage à 2 500 €/mois)
+2,41 %
SMIC revalorisé
au 1er juin
L’INSEE confirme une inflation de 2,4 % sur un an en mai 2026, après 2,2 % en avril. L’accélération est portée par l’énergie (+16,8 %) et les services (+2,0 %). Pour un ménage dépensant 2 500 € par mois, le surcoût annuel atteint 720 €.
Marc, agent territorial à Nantes, n’a pas changé ses habitudes. Même trajet quotidien, mêmes courses au supermarché. Son plein de gazole coûte 38 % de plus qu’il y a un an, les produits frais 4,1 % de plus. Sur 12 mois, son budget a fondu de près de 720 € sans qu’il ait ajouté quoi que ce soit au panier.
L’énergie propulse l’indice des prix au plus haut de l’année
L’indice des prix à la consommation (IPC) a progressé de 2,4 % sur un an en mai 2026, selon les estimations provisoires de l’INSEE publiées le 12 juin. C’est le niveau le plus élevé depuis le début de l’année : en janvier, le glissement annuel n’était que de 0,3 %. La hausse a été multipliée par 8 en 5 mois.
Le gaz repart à la hausse après un mois de baisse
Le poste énergie affiche +16,8 % sur un an, loin devant les autres composantes. Le gaz naturel a bondi de 11,3 % sur un an en mai, après un recul de 3,1 % en avril. Ce retournement s’explique par la fin des contrats à prix réduits et les tensions persistantes sur les marchés liées au conflit au Moyen-Orient.
Les carburants restent le premier facteur de tension
Les produits pétroliers progressent de 31,1 % sur un an. Le gazole, carburant le plus consommé en France, affiche +38 %. Les combustibles liquides (fioul domestique) grimpent de 57,4 %. Pour un ménage dépensant 200 € par mois en énergie, la facture supplémentaire atteint 34 € par mois, soit 403 € sur l’année. Le coût de la vie varie selon les territoires, mais le poste énergie frappe partout.
Services et alimentation maintiennent la pression
Les services mobiles bondissent de 25,8 %
Le poste services accélère à +2,0 % sur un an, contre +1,8 % en avril. Le détail révèle des mouvements brusques : les services de communication grimpent de 9,5 % (contre 3,8 % en avril), tirés par les services mobiles à +25,8 %. Le transport aérien progresse de 6,8 %. La restauration ralentit légèrement à +1,9 %.
Les produits frais augmentent de 4,1 %
L’alimentation dans son ensemble progresse de 1,2 % sur un an, un rythme stable. Mais le détail masque des disparités : les produits frais bondissent de 4,1 %, la viande de 2,9 %. Les produits laitiers (+0,5 %) et le pain (+0,2 %) restent modérés. Les prix en grande distribution ont même reculé de 0,1 %, signe que la guerre des prix entre enseignes contient partiellement la hausse.
| Poste | Variation annuelle (mai 2026) | Variation annuelle (avril 2026) |
|---|---|---|
| Énergie | +16,8 % | +14,6 % |
| Tabac | +3,2 % | +3,2 % |
| Produits frais | +4,1 % | +3,8 % |
| Services | +2,0 % | +1,8 % |
| Alimentation (hors frais) | +0,8 % | +0,9 % |
| Produits manufacturés | -0,6 % | -0,5 % |
| IPC global | +2,4 % | +2,2 % |
Le SMIC revalorisé de 2,41 % compense l’inflation, sans plus
Le franchissement du seuil de 2 % d’inflation sur le panier des 20 % de ménages les plus modestes a déclenché la revalorisation de 2,41 % du SMIC au 1er juin 2026. Le salaire minimum net passe à 1 477,93 € par mois, un gain de 34,82 € nets mensuels pour plus de 3 millions de salariés.
Le calcul est serré : la hausse du SMIC représente 418 € sur l’année. L’inflation à 2,4 % appliquée au même salaire coûte 426 €. Le pouvoir d’achat est préservé à 8 € près, sans amélioration. La CGT réclame une hausse plus significative pour compenser les pertes accumulées depuis 2022.
L’épargne réglementée ne protège plus le pouvoir d’achat
Le Livret A rapporte 1,5 % net depuis février 2026. Face à une inflation à 2,4 %, le rendement réel est négatif de 0,9 point. Un épargnant au plafond de 22 950 € perçoit 344 € d’intérêts, mais perd 207 € de pouvoir d’achat. Son épargne fond en termes réels.
La hausse anticipée du taux du Livret A à 1,8 % au 1er août réduirait cette perte à 138 € sans l’effacer. Seul le LEP, dont le taux pourrait passer de 2,5 % à 2,8 %, offrirait un rendement proche de l’inflation, accessible aux ménages dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas 22 419 € (personne seule).
Questions fréquentes
La trajectoire est haussière depuis janvier 2026 (0,3 %) avec une accélération chaque mois. L’INSEE ne publie pas de prévision, mais la Banque de France tablait sur une inflation moyenne de 1,5 % en 2026, un chiffre déjà dépassé. Le poste énergie, lié au conflit au Moyen-Orient, reste le principal facteur d’incertitude.
Le Livret A rapporte actuellement 1,5 % net. Avec une inflation à 2,4 %, le rendement réel est négatif : un épargnant au plafond (22 950 euros) perd 207 euros de pouvoir d’achat par an. La Caisse des dépôts anticipe un relèvement du taux à 1,8 % au 1er août, ce qui réduirait la perte à 138 euros sans l’effacer.
Oui. Le Code du travail prévoit une revalorisation automatique du SMIC dès que l’indice des prix à la consommation des 20 % de ménages les plus modestes dépasse 2 %. Ce seuil a été franchi en avril 2026, déclenchant une hausse de 2,41 % au 1er juin. Le nouveau SMIC net mensuel est de 1 477,93 euros.
L’énergie domine avec +16,8 % sur un an, tirée par les produits pétroliers (+31,1 %) et le rebond du gaz (+11,3 %). Les produits frais augmentent de 4,1 %. Les services accélèrent à +2,0 %, portés par les services mobiles (+25,8 %). Seuls les produits manufacturés reculent légèrement (-0,6 %).
L’indice harmonisé (IPCH) atteint 2,8 % en France en mai 2026, contre 2,5 % en avril. Ce chiffre place la France au-dessus de l’objectif de 2 % de la BCE. La comparaison précise avec les autres pays de la zone euro sera publiée par Eurostat fin juin.
Sources : INSEE, Informations rapides n° 136





