Retraite anticipée • Maladie et handicap 2026
Trois dispositifs pour partir avant l’âge légal
55 ans
Handicap (incapacité ≥ 50 %)
60 ans
Maladie professionnelle (≥ 20 %)
62 ans
Inaptitude au travail (≥ 50 %)
Taux plein
Sans décote dans les 3 cas
Trois dispositifs permettent de partir à la retraite avant l’âge légal pour raison de santé. Le départ peut intervenir dès 55 ans en cas de handicap (incapacité ≥ 50 %), dès 60 ans pour une maladie professionnelle (incapacité ≥ 20 %) et dès 62 ans pour inaptitude au travail. Dans les trois cas, la pension est calculée au taux plein, sans décote.
Ce n’est pas une maladie spécifique qui ouvre le droit à un départ anticipé, mais le taux d’incapacité permanente qui en résulte. Cancers, sclérose en plaques, maladie de Parkinson, insuffisance cardiaque, BPCO, diabète sévère, maladies psychiatriques, ces pathologies peuvent toutes justifier un départ anticipé, à condition que le taux d’incapacité reconnu atteigne les seuils requis.
La retraite anticipée pour handicap permet un départ dès 55 ans
Ce dispositif concerne les assurés dont le taux d’incapacité permanente atteint au moins 50 %, reconnu par la CDAPH (Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées) ou la MDPH. Le départ est possible à partir de 55 ans, soit 9 ans avant l’âge légal.
Deux conditions cumulatives doivent être remplies :
- Un taux d’incapacité d’au moins 50 % pendant toute la durée d’assurance requise
- Un nombre minimum de trimestres cotisés en situation de handicap (variable selon l’année de naissance, consultable sur Info-retraite.fr)
La pension est calculée au taux plein de 50 %, sans décote. Elle reste toutefois calculée au prorata des trimestres validés par rapport aux trimestres requis pour la génération concernée.
Les pathologies les plus fréquemment concernées
Toute maladie générant un taux d’incapacité d’au moins 50 % est éligible. Les pathologies les plus souvent reconnues :
- Cancers évolutifs (traitement en cours ou séquelles invalidantes)
- Sclérose en plaques et sclérose latérale amyotrophique (SLA)
- Maladie de Parkinson
- Insuffisance cardiaque sévère, valvulopathies graves, coronaropathies
- Insuffisance rénale chronique (dialyse ou greffe)
- BPCO avancée, asthme sévère, mucoviscidose
- Diabète sévère avec complications (neuropathie, rétinopathie)
- VIH symptomatique
- Cécité totale
- Polyarthrite rhumatoïde sévère
- Pathologies psychiatriques graves (schizophrénie, troubles bipolaires sévères)
- Maladies neurodégénératives (Alzheimer précoce, Huntington)
La maladie professionnelle permet un départ à 60 ans
Les salariés atteints d’une maladie professionnelle reconnue ou victimes d’un accident du travail ayant entraîné une incapacité permanente peuvent partir avant l’âge légal. Deux cas de figure :
- Taux d’incapacité ≥ 20 % : départ possible à 60 ans, sans condition d’exposition
- Taux entre 10 et 19 % : départ possible 2 ans avant l’âge légal, à condition de justifier d’au moins 17 ans d’exposition aux facteurs de risque professionnel
Les facteurs de risque reconnus : manutentions manuelles, postures pénibles, vibrations mécaniques, agents chimiques dangereux, températures extrêmes, bruit (≥ 81 dB), travail de nuit, travail en équipes alternantes, travail répétitif. Les accidents de trajet sont exclus du dispositif.
Point important : plusieurs taux d’incapacité peuvent être cumulés pour atteindre le seuil requis, à condition qu’au moins l’un d’entre eux atteigne 10 %. Par exemple, un taux de 12 % pour une maladie professionnelle et un taux de 13 % pour un accident du travail donnent un cumul de 25 %, qui ouvre le droit au départ à 60 ans.
La pension est calculée au taux plein. Les périodes d’arrêt pour maladie professionnelle valident des trimestres retraite et des points Agirc-Arrco (via le mécanisme des points gratuits).
La retraite pour inaptitude au travail s’applique dès 62 ans
Les personnes reconnues inaptes au travail (incapacité d’au moins 50 % constatée par le médecin-conseil de la caisse) peuvent partir à 62 ans avec une pension au taux plein. Trois cas dispensent du contrôle médical :
- Reconnaissance d’invalidité antérieure (catégorie 1, 2 ou 3)
- Bénéficiaire de l’AAH
- Titulaire de la carte mobilité inclusion mention « invalidité » (taux ≥ 80 %)
La pension peut être majorée au titre du minimum contributif si le nombre de trimestres est insuffisant pour atteindre le montant plancher. La retraite pour inaptitude n’est pas cumulable avec une pension d’invalidité : celle-ci est suspendue au moment du départ en retraite (les avantages annexes comme la carte mobilité inclusion sont conservés). En revanche, les rentes AT-MP sont acquises à vie et versées en plus de la pension de retraite.
L’ALD ne donne pas automatiquement droit à un départ anticipé
L’affection longue durée (ALD) prise en charge à 100 % par la Sécurité sociale ne confère pas automatiquement un droit à la retraite anticipée. C’est le taux d’incapacité résultant de la pathologie qui détermine l’éligibilité. Toutefois, de nombreuses maladies classées en ALD (cancers, diabète, insuffisance cardiaque, sclérose en plaques) génèrent fréquemment un taux supérieur à 50 %.
Les périodes d’arrêt maladie en ALD ne sont pas perdues pour la retraite. Elles valident des trimestres (1 trimestre tous les 60 jours d’indemnisation journalière) et des points de retraite complémentaire via le dispositif des points gratuits.
Longue maladie, CLD et retraite dans la fonction publique
Les fonctionnaires en congé longue maladie (CLM, 3 ans maximum) ou en congé longue durée (CLD, 5 ans maximum) continuent de cotiser pour la retraite. Ces périodes de longue maladie valident des trimestres. Le passage en CLD peut toutefois entraîner une perte de poste. Les agents en catégorie active ou super-active peuvent cumuler ce dispositif avec un départ anticipé lié à leur métier.
Les démarches pour demander un départ anticipé
La demande doit être anticipée d’au moins 5 mois avant la date de départ souhaitée (source : Assurance retraite). Les étapes :
- Obtenir l’évaluation du taux d’incapacité auprès de la CDAPH/MDPH (délai moyen : 4 à 6 mois)
- Vérifier son relevé de carrière sur Info-retraite.fr pour s’assurer que les trimestres cotisés en situation de handicap sont bien reportés
- Demander une attestation de départ anticipé auprès de la Carsat (caisse d’assurance retraite)
- Déposer la demande unique de retraite en ligne sur Info-retraite.fr ou auprès de sa caisse
Documents à fournir : compte rendu hospitalier récent, bilan médical, attestation CDAPH/MDPH, relevé de carrière, pièce d’identité. Le délai de traitement est de 3 à 6 mois en moyenne.
Questions fréquentes
Ce n’est pas une maladie spécifique qui ouvre le droit, mais le taux d’incapacité permanente qui en résulte. Un taux d’au moins 50 % (reconnu par la CDAPH ou la MDPH) permet un départ dès 55 ans au titre du handicap. Un taux d’au moins 10 % d’origine professionnelle (maladie professionnelle ou accident du travail) permet un départ à 60 ans. Les pathologies les plus fréquemment concernées sont les cancers évolutifs, la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson, l’insuffisance cardiaque sévère, l’insuffisance rénale chronique, la BPCO, le diabète sévère et les maladies psychiatriques graves.
Oui, si vous justifiez d’un taux d’incapacité permanente d’au moins 50 % et d’un nombre minimum de trimestres cotisés en situation de handicap. Ce dispositif, appelé retraite anticipée pour assuré handicapé, permet un départ dès 55 ans avec une pension calculée au taux plein (50 %), sans décote. La reconnaissance doit être attestée par la CDAPH ou la MDPH.
Un salarié atteint d’une maladie professionnelle reconnue avec un taux d’incapacité permanente d’au moins 20 % peut partir à 60 ans, soit 4 ans avant l’âge légal. Avec un taux entre 10 et 19 %, le départ est possible 2 ans avant l’âge légal, à condition de justifier d’au moins 17 ans d’exposition aux facteurs de risque professionnel. La pension est calculée au taux plein.
La retraite pour inaptitude concerne les personnes reconnues inaptes au travail (taux d’incapacité d’au moins 50 %) à partir de 62 ans. La retraite anticipée handicap permet un départ dès 55 ans, mais exige en plus d’avoir cotisé un nombre minimum de trimestres pendant la période de handicap. Dans les deux cas, la pension est calculée au taux plein sans décote.
L’ALD en elle-même ne donne pas automatiquement droit à un départ anticipé. C’est le taux d’incapacité qui détermine l’éligibilité. Toutefois, de nombreuses pathologies en ALD (cancers, diabète, insuffisance cardiaque, sclérose en plaques) génèrent un taux d’incapacité d’au moins 50 %, ce qui ouvre le droit à la retraite anticipée handicap. Les périodes d’arrêt maladie en ALD valident des trimestres retraite (1 trimestre tous les 60 jours d’indemnisation).
Quatre étapes : obtenir une évaluation du taux d’incapacité auprès de la CDAPH ou de la MDPH, vérifier son relevé de carrière sur Info-retraite.fr, demander une attestation de départ anticipé auprès de la Carsat (6 mois avant la date souhaitée), puis déposer la demande unique de retraite. Le délai de traitement est de 3 à 6 mois en moyenne. Les documents à fournir incluent le compte rendu hospitalier, le bilan médical récent et l’attestation CDAPH/MDPH.
Sources : service-public.gouv.fr (retraite anticipée handicap), service-public.gouv.fr (incapacité professionnelle), Assurance retraite





