PER & Fiscalité • Loi de finances 2026
PER après 70 ans : la déduction fiscale
supprimée depuis le 1er janvier 2026
70 ans
seuil de suppression
de la déduction
38 448 €
plafond de déduction
annuel (avant 70 ans)
3 → 5 ans
report des droits
non utilisés
30 %
fraction RVTO imposable
à 70 ans et plus
Depuis le 1er janvier 2026, les versements volontaires sur un PER effectués après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable. Le plafond de déduction avant cet âge atteint 38 448 € en 2026, et le délai de report des droits non utilisés passe de 3 à 5 ans.
Bernard, 71 ans, versait chaque année 8 000 € sur son PER individuel. À un taux marginal d’imposition de 30 %, cette opération lui économisait 2 400 € d’impôt par an. Depuis le 1er janvier 2026, cette réduction a disparu. La loi de finances 2026 a supprimé la déduction fiscale des versements volontaires effectués après 70 ans sur un plan d’épargne retraite, qu’il soit individuel ou collectif.
La déduction fiscale des versements PER s’arrête à 70 ans
Jusqu’au 31 décembre 2025, aucune limite d’âge ne conditionnait la déductibilité des versements volontaires sur un PER. Un retraité de 75 ans pouvait verser 10 000 € et déduire cette somme de son revenu imposable, générant une économie d’impôt immédiate de 3 000 € à un TMI de 30 %, ou de 4 100 € à un TMI de 41 %.
La loi de finances 2026 a fermé cette possibilité. Les versements restent autorisés après 70 ans, mais ils n’ouvrent plus droit à la déduction. Les primes versées après cet âge sont traitées comme des versements non déductibles, avec la fiscalité correspondante à la sortie.
La fiscalité à la sortie est en revanche allégée
La contrepartie des versements non déduits : une fiscalité plus douce au moment de récupérer l’argent.
Sortie en capital : seuls les gains sont taxés
Pour les versements non déduits, la part correspondant au capital versé est totalement exonérée d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Seules les éventuelles plus-values sont soumises au PFU de 31,4 % (12,8 % d’IR + 18,6 % de PS). Sur un versement de 10 000 € ayant généré 3 000 € de gains, l’impôt se limite à 942 € (31,4 % × 3 000). Les 10 000 € de capital sortent nets.
Sortie en rente : la fraction RVTO réduit la base imposable
Pour une sortie en rente viagère, les versements non déduits relèvent du régime de la rente viagère à titre onéreux (RVTO). Seule une fraction de la rente est imposable, déterminée par l’âge du bénéficiaire au moment du départ en rente : 70 % avant 50 ans, 50 % entre 50 et 59 ans, 40 % entre 60 et 69 ans, et 30 % à partir de 70 ans. En comparaison, une rente issue de versements déduits est imposée comme une pension de retraite (90 % de la rente après abattement de 10 %).
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Les plafonds de déduction avant 70 ans et le nouveau report de 5 ans
Pour les épargnants de moins de 70 ans, la déduction fiscale reste entièrement disponible. Le plafond de déduction pour 2026 est fixé à 10 % des revenus professionnels de l’année précédente, avec un maximum de 38 448 €. Si ce calcul aboutit à un montant inférieur, un plancher de 4 806 € (10 % du PASS) s’applique.
Autre changement de la loi de finances 2026 : le délai de report des droits de déduction non utilisés passe de 3 à 5 ans. Un épargnant qui n’a pas versé le maximum une année donnée peut désormais rattraper ce droit sur les cinq exercices suivants, au lieu de trois auparavant. Pour les épargnants approchant des 70 ans, ce report permet de concentrer des versements importants sur les dernières années de déductibilité.
Quelle stratégie après 70 ans
Le PER conserve un intérêt après 70 ans pour la capitalisation : les gains fructifient sans impôt annuel, et la sortie en capital bénéficie de l’exonération des versements. Pour les épargnants qui privilégient la transmission, l’assurance-vie reste une alternative avec l’abattement de 152 500 € par bénéficiaire (pour les versements avant 70 ans) et une fiscalité spécifique au-delà.
La question à se poser après 70 ans : l’argent versé sur le PER sera-t-il récupéré en capital (sortie favorable) ou en rente (RVTO à 30 % seulement) ? Dans les deux cas, la fiscalité de sortie reste plus légère que pour des versements déduits. La différence est l’absence d’économie d’impôt à l’entrée, ce qui réduit l’intérêt global du produit par rapport à ce qu’il offrait avant la réforme. Pour préparer sa retraite sur le plan fiscal, le PER reste un outil puissant avant 70 ans.
Questions fréquentes
Oui, le PER peut être conservé et alimenté après 70 ans. Seule la déduction fiscale des versements volontaires est supprimée depuis la loi de finances 2026. Les versements restent possibles, mais ils ne réduisent plus le revenu imposable.
Pour les versements effectués après 70 ans (non déduits), le capital correspondant aux versements est totalement exonéré d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Seules les plus-values réalisées sont soumises au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 %.
La RVTO s’applique aux rentes issues de versements non déduits. Seule une fraction de la rente est imposable, variable selon l’âge au moment du départ en rente : 70 % avant 50 ans, 50 % entre 50 et 59 ans, 40 % entre 60 et 69 ans, et 30 % à partir de 70 ans. Le reste est exonéré.
Le plafond est de 10 % des revenus professionnels de l’année précédente, avec un maximum de 38 448 euros pour 2026. Si ce calcul est moins avantageux, un plancher de 4 806 euros (10 % du PASS) s’applique. Le délai de report des droits non utilisés passe de 3 à 5 ans depuis la loi de finances 2026.
Le PER conserve un intérêt pour la capitalisation (les gains fructifient sans fiscalité annuelle) et la sortie en capital (versements exonérés, seuls les gains taxés au PFU). Sans la déduction à l’entrée, l’avantage est réduit. L’assurance-vie reste une alternative avec ses propres avantages fiscaux après 8 ans de détention.






