Dix droits oubliés des retraités : près de 30 000 € récupérables sur cinq ans

Retraite • Guide 2026

Dix droits oubliés des retraités :
plus de 30 000 € récupérables

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50 %

des éligibles ASPA
ne la demandent pas

5 644 €

abattement 65 ans
pour un couple

15 400 €

aide maximale
MaPrimeAdapt’

348 000

seniors touchés par
la réforme CESU

L’abattement fiscal des plus de 65 ans atteint 5 644 € pour un couple. L’exonération de taxe foncière à 75 ans supprime 100 % de la facture. Le crédit d’impôt rembourse 50 % des frais d’aide à domicile. L’ASPA garantit 1 043 €/mois aux retraités modestes. Et un droit disparait en juillet 2026 pour 348 000 seniors.

Michel et Françoise, 68 et 72 ans, retraités à Limoges. Pension combinée du foyer : 2 400 euros par mois. Trois enfants. Une aide-ménagère deux fois par semaine. Leur maison est payée, leur déclaration d’impôts à jour, leur mutuelle en règle. Tout semble en ordre. Le couple passe pourtant à côté de près de 30 000 euros sur cinq ans, répartis entre dix droits inscrits dans la loi, non réclamés faute d’information.

Trois avantages fiscaux réduisent l’impôt dès 65 ans

L’abattement de l’article 157 bis peut atteindre 5 644 € pour un couple

L’article 157 bis du code général des impôts prévoit un abattement automatique sur le revenu net global dès 65 ans révolus au 31 décembre. Le montant dépend du revenu : 2 822 € si le revenu net global ne dépasse pas 17 670 €, 1 411 € entre 17 670 et 28 430 €. Au-delà, zéro. Et le seuil tombe d’un coup, pas progressivement.

Quand les deux conjoints ont plus de 65 ans, l’abattement se double : jusqu’à 5 644 € retirés de la base imposable. Michel et Françoise, avec un revenu net global d’environ 26 000 €, se situent dans la fourchette à 1 411 € par personne. Économie calculée : 311 € d’impôt en moins par an. Le problème : l’abattement est censé être automatique, mais il ne corrige pas ce qu’il ne voit pas. Un changement de revenus (arrêt d’une pension complémentaire, passage sous le seuil) peut passer inaperçu du système.

💡
Vérification en 30 secondes
Ouvrir le dernier avis d’imposition et chercher la ligne « abattement personnes âgées ou invalides ». Si elle est absente et que les conditions d’âge et de revenus sont remplies, contacter le centre des impôts.

La taxe foncière tombe à zéro après 75 ans

Deux mécanismes coexistent. Entre 65 et 74 ans, un dégrèvement automatique de 100 € s’applique si le revenu fiscal de référence reste sous 12 679 € pour une part (majoré de 3 386 € par demi-part). À partir de 75 ans au 1er janvier, mêmes seuils, mais l’exonération est totale sur la résidence principale. Ce droit persiste même en cas de départ en maison de retraite, à condition que le logement reste vide ou occupé par le conjoint.

Le piège classique : une vente d’actions ou un rachat d’assurance-vie gonfle le revenu fiscal de référence pour une seule année. L’exonération saute. L’avis de taxe foncière arrive à 900, parfois 1 200 €. L’année suivante, le revenu redescend, l’exonération revient. Mais personne ne signale la possibilité de demander un dégrèvement gracieux en prouvant le caractère exceptionnel du dépassement.

Le mécanisme de lissage de la CSG protège contre les pics de revenus

Quatre taux de CSG s’appliquent aux pensions en 2026 : 0 %, 3,8 %, 6,6 % et 8,3 %, selon le revenu fiscal de référence. Le mécanisme de lissage prévoit qu’un changement de tranche lié à un pic ponctuel de revenus (vente d’un garage, héritage, rachat d’assurance-vie) ne prend effet que si le dépassement se répète deux années consécutives. Dans le cas contraire, l’ancien taux est maintenu.

Michel a vendu un garage en 2024. Sa CSG est passée de 3,8 % à 6,6 %. Son revenu est retombé en 2025 : il avait droit au lissage. Il ne l’a pas demandé. Différence estimée : 470 €. La démarche se fait auprès de la caisse de retraite en demandant la vérification du « mécanisme de lissage sur deux années consécutives ».

Le crédit d’impôt couvre la moitié des frais d’aide à domicile

L’emploi d’un salarié à domicile (ménage, jardinage, aide à la toilette) ouvre droit à un crédit d’impôt égal à 50 % des dépenses engagées. Plafond de base : 12 000 €/an, majoré à 15 000 € lorsqu’un membre du foyer a plus de 65 ans. Le mot « crédit » (et non « réduction ») signifie que même les foyers non imposables reçoivent un virement de l’administration.

Michel et Françoise dépensent 8 000 €/an pour leur aide-ménagère. Crédit d’impôt : 4 000 € par an, versés sur leur compte. Le dispositif d’avance immédiate permet de ne payer que 50 % à chaque intervention, sans attendre le remboursement annuel.

Réversion, ASPA, majoration : trois droits qui ne se versent pas seuls

La pension de réversion n’est rétroactive que sur 12 mois

La réversion représente 54 % de la retraite de base du conjoint décédé (régime général). Conditions : avoir été marié (le PACS et le concubinage sont exclus) et disposer de ressources inférieures à 25 001,60 €/an (personne seule) ou 40 002,56 €/an (couple). Le minimum garanti s’élève à 334,92 €/mois pour 60 trimestres cotisés.

Le délai est critique : la réversion n’est rétroactive que sur 12 mois. Chaque mois de retard au-delà est une perte définitive. Un dossier envoyé quatorze mois après le décès = deux mois de pension effacés. Personne n’appelle les ayants droit : la demande de réversion est à l’initiative du survivant.

L’ASPA reste ignorée par la moitié des éligibles

L’allocation de solidarité aux personnes âgées complète les revenus jusqu’à 1 043,59 €/mois (personne seule) ou 1 620,18 €/mois (couple). Condition : avoir 65 ans ou plus et des ressources inférieures à ces plafonds. Le frère de Michel, André, pension de 800 €/mois, pourrait recevoir 243 € supplémentaires chaque mois, soit 2 923 €/an.

Le frein principal : la crainte de la récupération sur succession. Le seuil a été relevé à 108 000 €. En dessous de ce montant de patrimoine, l’État ne récupère rien. André, dont l’appartement vaut 85 000 €, n’est pas concerné. Selon la DREES, 50 % des éligibles ne déposent pas de demande. Le minimum vieillesse n’est pas rétroactif : chaque mois perdu l’est définitivement.

Réversion et ASPA : deux compteurs qui tournent
La réversion n’est rétroactive que sur 12 mois. L’ASPA ne l’est pas du tout. Dans les deux cas, chaque mois sans demande est un mois perdu.

La majoration pour trois enfants peut manquer sur la complémentaire

Tout retraité ayant élevé au moins trois enfants pendant neuf ans avant leurs 16 ans bénéficie d’une majoration de 10 % de la pension de base. Le droit est automatique sur la retraite Cnav. Il ne l’est pas toujours sur la complémentaire Agirc-Arrco. La caisse de Françoise n’avait pas appliqué la majoration : 300 €/an non versés depuis le départ en retraite. La vérification se fait en comparant le relevé de pension de base et le relevé complémentaire.

MaPrimeAdapt’ prend en charge jusqu’à 70 % des travaux d’adaptation

À partir de 70 ans, les propriétaires occupants et les locataires (avec accord du bailleur) peuvent faire adapter leur logement : douche à l’italienne, monte-escalier, barres d’appui, élargissement des portes. L’État prend en charge 50 % des travaux pour les ménages modestes et 70 % pour les très modestes, dans la limite de 22 000 € HT. L’aide maximale atteint 15 400 € pour les revenus les plus faibles.

Françoise, 72 ans, vit dans une maison avec une baignoire haute. Coût estimé des travaux de la salle de bain : 12 000 €. Aide potentielle au taux « modestes » : 6 000 €. La demande s’effectue sur la plateforme France Rénov’, avec un diagnostic préalable obligatoire réalisé par un assistant à maîtrise d’ouvrage (AMO).

Deux fenêtres de transmission familiale se ferment d’ici fin 2026

Le mécanisme permanent d’abord : chaque parent peut donner 100 000 € à chaque enfant tous les quinze ans sans droits de donation (article 779 I du CGI). Par-dessus, le « don Sarkozy » de l’article 790 G permet un supplément de 31 865 € par enfant, réservé aux donateurs de moins de 80 ans. Un couple avec trois enfants peut transmettre 791 190 € en franchise totale.

Le mécanisme temporaire ensuite : l’article 790 A bis du CGI, créé par la loi de finances 2025, autorise un don supplémentaire de 100 000 € par donateur (plafonné à 300 000 € par bénéficiaire tous donateurs confondus), à condition que les fonds servent à l’achat d’un logement neuf ou à des travaux de rénovation énergétique dans les six mois. Ce dispositif a démarré le 15 février 2025 et s’arrête le 31 décembre 2026.

Deux dates à retenir pour la transmission
Le don Sarkozy (31 865 €/enfant) disparaît au 80e anniversaire du donateur. Le dispositif 790 A bis (100 000 €/enfant pour le logement neuf) expire le 31 décembre 2026. Ces deux enveloppes se cumulent avec l’abattement classique de 100 000 €.

L’exonération CESU disparaît pour les 70-79 ans en juillet 2026

Jusqu’ici, tout employeur de 70 ans ou plus utilisant le CESU bénéficiait d’une exonération de cotisations patronales. Le décret publié au Journal officiel le 10 avril 2026 relève cet âge à 80 ans à compter de juillet 2026. Les 348 000 employeurs de 70 à 79 ans subiront un surcoût de 100 à 250 € par mois selon le volume horaire. L’exonération reste en place pour les bénéficiaires de l’APA ou de la PCH.

Bilan : cas type d'un couple retraité (pension 2 400 €/mois, 3 enfants) Gains cumulés sur cinq ans (estimation basse) Crédit d'impôt domicile 20 000 € MaPrimeAdapt' 6 000 € ponctuel Abattement 65 ans 1 555 € Majoration 3 enfants 1 500 € Lissage CSG 470 € ponctuel TOTAL 5 ANS 29 525 € Hypothèses : pension brute 2 400 €/mois (couple), RNG ~26 000 €, aide-ménagère 8 000 €/an, travaux salle de bain 12 000 € Hors exonération taxe foncière (pas encore 75 ans), hors donation (dépend du patrimoine), hors ASPA (revenus trop élevés) ⚠ Non inclus : la donation (art. 790 G + 790 A bis) peut représenter 131 865 € supplémentaires par enfant en franchise de droits adcf.org

Récapitulatif des dix droits, conditions et montants

DroitÂgeGain estiméDémarche
Abattement 157 bis65 ansJusqu’à 5 644 €/an d’abattement (couple)Automatique (vérifier avis)
Taxe foncière75 ansExonération totale (100 € dès 65 ans)Automatique
Lissage CSGTout retraitéVariable (ex. : 470 €)Demande à la caisse
Crédit impôt domicileTout âge50 % des dépenses (max 6 000-7 500 €)Déclaration case 7DB
Pension de réversion55 ans54 % pension base (min. 334,92 €/mois)Demande dans les 12 mois
ASPA65 ansJusqu’à 1 043,59 €/moisFormulaire Cerfa 13710
Majoration 3 enfantsTout retraité+10 % de la pension de baseVérifier relevé complémentaire
MaPrimeAdapt’70 ans50-70 % des travaux (max 15 400 €)France Rénov’
Don familial (790 G)Donateur < 80 ans31 865 €/enfant supplémentairesDéclaration notariale
Don logement (790 A bis)Tout âge100 000 €/enfant (fin 31/12/2026)Acte dans les 6 mois

Questions fréquentes

Oui, l’administration applique automatiquement l’abattement de l’article 157 bis du CGI si le revenu net global ne dépasse pas 28 430 €. Il est recommandé de vérifier sa présence sur l’avis d’imposition, ligne « abattement personnes âgées ou invalides ».

Le revenu fiscal de référence ne doit pas dépasser 12 679 € pour une part (revenus 2024, taxe 2025), majoré de 3 386 € par demi-part supplémentaire. L’exonération est automatique et porte sur la résidence principale.

Oui, mais uniquement sur la part de l’actif net successoral qui dépasse 108 000 €. Si le patrimoine du bénéficiaire est inférieur à ce seuil, l’État ne récupère rien.

Oui, à condition d’obtenir l’accord écrit du bailleur. Les mêmes conditions d’âge (70 ans ou plus) et de revenus s’appliquent. Le taux de prise en charge est de 50 % (ménages modestes) ou 70 % (très modestes), dans la limite de 22 000 € de travaux.

L’exonération passe de 70 à 80 ans à compter de juillet 2026, conformément au décret publié au Journal officiel le 10 avril 2026. Les 348 000 employeurs concernés (70-79 ans) subiront un surcoût de 100 à 250 € par mois selon le volume horaire.

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