Le décret sur les carrières longues précise les nouvelles règles applicables au 1er septembre 2026. Surprise, les natifs de 1964 et 1965 ne gagnent finalement pas de trimestre sur l’âge de départ, contrairement aux annonces. Seule la durée de cotisation est allégée. Les générations 1966 à 1970 conservent leur gain d’un trimestre sur l’âge. Un second décret est attendu pour les mères de famille.
Le premier décret d’application de la loi de suspension de la réforme des retraites vient d’être dévoilé, d’abord consulté par Ouest-France puis détaillé par Capital. Ce texte concerne un dispositif qui représente 120 000 départs chaque année, le départ anticipé pour carrière longue, réservé aux actifs ayant validé 5 trimestres avant 20 ans.
Les ajustements sont plus nuancés que ce qui avait été présenté lors du vote de la loi. Voici ce que le décret change concrètement, génération par génération.
Les natifs de 1964 et 1965 ne gagnent pas sur l’âge, contrairement aux annonces
C’est la principale surprise du décret. La loi de suspension prévoyait un gain d’un trimestre sur l’âge légal pour les générations 1964 à 1968. Le décret précise que pour les natifs de 1964 et 1965, cet abaissement n’a pas de portée réelle compte tenu de la date d’entrée en vigueur (1er septembre 2026).
Comme l’explique Claude Wagner, de la CFDT retraités, « L’abaissement de l’âge d’un trimestre ne leur apportait pas de gain, vu la date tardive d’entrée en vigueur de la loi. Certains étaient même déjà partis à la retraite. »
| Génération | Âge minimum carrière longue | Changement vs réforme 2023 |
|---|---|---|
| 1964 | 60 ans et 6 mois | Inchangé |
| 1965 (sauf décembre) | 60 ans et 9 mois | Inchangé |
| Décembre 1965 | 60 ans et 8 mois | -1 mois (pour permettre le départ au 1er sept.) |
| 1966 à 1970 | Abaissé d’un trimestre | -3 mois |
La durée de cotisation allégée pour les générations 1964 et 1965
Si les natifs de 1964-1965 ne gagnent rien sur l’âge, ils bénéficient en revanche d’un allègement de la durée de cotisation requise.
| Génération | Trimestres (réforme 2023) | Trimestres (décret 2026) | Gain |
|---|---|---|---|
| 1964 | 171 | 170 | -1 trimestre |
| 1er trimestre 1965 | 172 | 170 | -2 trimestres |
| Reste de 1965 | 172 | 171 | -1 trimestre |
| 1966 et après | Selon année | Inchangé | Aucun |
Le gain le plus notable concerne les natifs du premier trimestre 1965, qui passent de 172 à 170 trimestres requis, soit un allègement de 2 trimestres (environ 6 mois de cotisation en moins). Pour les générations à partir de 1966, aucun allègement de durée n’est prévu par ce décret.
CARRIÈRE LONGUE : LE DÉCRET EN CHIFFRES
Un second décret attendu pour les mères de famille
Le décret sur les carrières longues n’est que le premier d’une série. D’autres textes sont en préparation, notamment un décret spécifique pour les mères de famille, qui pourrait accorder :
- Deux trimestres supplémentaires de durée d’assurance
- Un mode de calcul de pension plus favorable, basé sur les 23 ou 24 meilleures années au lieu de 25 actuellement
Ce dernier point serait une mesure significative : le calcul sur les 25 meilleures années peut pénaliser les femmes ayant eu des interruptions de carrière pour élever leurs enfants. Passer à 23 ou 24 ans permettrait d’exclure une ou deux mauvaises années du calcul, avec un impact direct sur le montant de la pension.
Questions fréquentes sur le décret carrière longue
Les nouvelles règles s’appliquent aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Le décret est en cours de publication.
Non. Leur âge minimum reste à 60 ans et 6 mois (1964) et 60 ans et 9 mois (1965). Seule exception : les nés en décembre 1965 passent à 60 ans et 8 mois.
Natifs 1964 : 170 trimestres (-1). Natifs 1er trimestre 1965 : 170 trimestres (-2). À partir de 1966 : aucun allègement supplémentaire.
Un décret spécifique est attendu : 2 trimestres supplémentaires et un calcul de pension sur les 23 ou 24 meilleures années au lieu de 25.
Les assurés ayant validé 5 trimestres avant 20 ans. Environ 120 000 départs par an en France.





