Impôt sur le revenu par département : de 1 942 € dans la Creuse à 13 381 € à Paris

En France, l’impôt sur le revenu moyen par foyer imposé oscille entre 1 942 euros dans la Creuse et 13 381 euros à Paris. Un rapport de 1 à 6,9 entre le haut et le bas du classement, pour un même impôt national, calculé selon un barème identique sur tout le territoire. Ce premier Baromètre ADCF de l’impôt sur le revenu par département passe au crible les données officielles IRCOM 2024 (revenus 2023) publiées par la DGFiP pour les 96 départements métropolitains.

Ce qu’il faut retenir : l’IR moyen par foyer imposé s’établit à 4 458 euros au niveau national, mais ce chiffre masque des écarts spectaculaires. Paris domine avec 13 381 euros, trois fois la moyenne nationale, tandis que la Creuse ferme la marche à 1 942 euros. La carte révèle une concentration géographique marquée : l’Ile-de-France, le couloir rhodanien et la Côte d’Azur concentrent l’essentiel de l’impôt collecté.

LES CHIFFRES CLÉS DU BAROMÈTRE ADCF 2026

40,9 M Foyers fiscaux
en France (2023)
45,3 % Part des foyers
effectivement imposés
4 458 € IR moyen par foyer imposé
(moyenne nationale)
82,7 Md€ Recettes totales
de l’impôt sur le revenu

Avec 82,7 milliards d’euros de recettes en 2023, l’impôt sur le revenu reste le deuxième poste de recettes fiscales de l’État, derrière la TVA. Sur 40,9 millions de foyers fiscaux, seuls 18,6 millions sont effectivement imposés, soit 45,3 % du total. Le montant acquitté par chaque foyer dépend directement de ses revenus, de sa composition familiale et des réductions ou crédits d’impôt déclarés. Or ces paramètres varient considérablement d’un département à l’autre.

Le classement qui suit le confirme. Les départements franciliens, portés par des revenus salariaux et patrimoniaux très élevés, dominent le haut du tableau avec des IR moyens dépassant 4 000 euros. A l’opposé, les départements ruraux du Massif central et du sud-ouest, où moins de 40 % des foyers sont imposés, affichent des montants inférieurs à 2 500 euros.

Carte de l’impôt sur le revenu : les 96 départements comparés

IR moyen par foyer imposé (€)
1 942€
13 381€
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Chaque département affiche son IR moyen par foyer imposé, le RFR moyen, le taux de foyers imposés et le classement national.

Top 5 — IR le plus élevé

Bottom 5 — IR le plus faible

IR moyen
RFR moyen
% imposés
Sources : IRCOM 2024 (revenus 2023) — DGFiP, fichier open data · Calcul ADCF.org · 96 départements métropolitains

Méthodologie : l’IR moyen est calculé en divisant le montant total de l’impôt net par le nombre de foyers imposés dans chaque département. Le RFR moyen correspond au revenu fiscal de référence total divisé par le nombre de foyers fiscaux (imposés et non imposés). Le taux d’imposition est le rapport entre le nombre de foyers imposés et le nombre total de foyers fiscaux. Périmètre : 96 départements de France métropolitaine (y compris Corse-du-Sud et Haute-Corse). Les DOM (971 à 976) ne sont pas inclus en raison de régimes fiscaux spécifiques. Le pourcentage de retraités est issu du même fichier IRCOM. Classement établi par ADCF.org — données les plus récentes disponibles à date de publication (mars 2026).

Paris et les Hauts-de-Seine concentrent à eux seuls 27 % de l’IR national

Le poids écrasant de la capitale dans les recettes fiscales

Paris (75) écrase le classement avec un IR moyen de 13 381 euros par foyer imposé, soit trois fois la moyenne nationale. La capitale concentre les sièges sociaux du CAC 40, les cabinets de conseil et d’avocats, le secteur bancaire et les rémunérations les plus élevées du pays. Les revenus du patrimoine immobilier et financier y sont également très concentrés. Le revenu fiscal de référence (RFR) moyen parisien atteint 53 304 euros, contre 31 528 euros au niveau national. Avec 1,49 million de foyers fiscaux dont 58,2 % sont imposés, Paris génère à elle seule un volume d’IR considérable.

Les Hauts-de-Seine (92) suivent avec 10 379 euros d’IR moyen. L’effet La Défense joue à plein : premier quartier d’affaires européen, il concentre les directions financières et juridiques des grands groupes, les activités de conseil et de gestion d’actifs. Le taux de foyers imposés y est le plus élevé de France : 61,7 %. A eux deux, Paris et les Hauts-de-Seine versent environ 27 % de l’impôt sur le revenu national.

Les Yvelines (78) complètent le podium avec 7 693 euros, portés par le cadre de vie résidentiel haut de gamme de Versailles, Saint-Germain-en-Laye ou Le Chesnay-Rocquencourt, et par un tissu économique diversifié (défense, automobile, ingénierie). Le RFR moyen y atteint 45 381 euros.

La Côte d’Azur dans le top 5 grâce aux revenus du patrimoine

La présence des Alpes-Maritimes (06) en 5e position avec 5 233 euros d’IR moyen apporte un éclairage distinct. Ce département ne doit pas son rang aux seuls salaires. La proportion de retraités parmi les foyers fiscaux y est l’une des plus élevées de métropole (35,5 %), mais il s’agit de retraités aisés, détenteurs de patrimoine immobilier et financier sur la Riviera. Les revenus du capital y tirent le RFR moyen au-dessus de la moyenne nationale (32 954 euros), alors même que le taux de foyers imposés reste modéré (48,3 %).

RangDépartementIR moyenRFR moyen% imposésVs. nationale
175 – Paris13 381 €53 304 €58,2 %+8 923 €
292 – Hauts-de-Seine10 379 €51 148 €61,7 %+5 921 €
378 – Yvelines7 693 €45 381 €59,0 %+3 235 €
494 – Val-de-Marne5 592 €34 743 €51,6 %+1 134 €
506 – Alpes-Maritimes5 233 €32 954 €48,3 %+775 €
669 – Rhône5 104 €35 227 €51,0 %+646 €
713 – Bouches-du-Rhône5 021 €31 629 €44,8 %+563 €
868 – Haut-Rhin4 860 €35 751 €50,9 %+402 €
983 – Var4 468 €31 739 €45,6 %+10 €
1091 – Essonne4 452 €34 376 €53,1 %-6 €

Le bas du classement : des territoires ruraux où moins de 40 % des foyers sont imposés

La Creuse dernière avec 1 942 euros d’IR moyen et seulement 36 % de foyers imposés

A l’autre extrémité du classement, la Creuse (23) affiche un IR moyen de 1 942 euros par foyer imposé, soit 6,9 fois moins que Paris. Le RFR moyen y plafonne à 23 238 euros, le plus bas de métropole, et seuls 36 % des foyers sont effectivement imposés. Près d’un foyer fiscal creusois sur deux est un foyer de retraité (48 %), avec des pensions modestes issues de carrières agricoles ou de services peu qualifiés.

La Lozère (48), avant-dernière à 2 167 euros, présente un profil comparable : un département de 47 000 foyers fiscaux, le plus petit de métropole, à dominante rurale et agricole. L’Aveyron (12), l’Ariège (09) et le Cantal (15) partagent la même configuration : des revenus faibles tirés de l’agriculture et de l’élevage, un tissu d’emploi peu diversifié, et une proportion de retraités très élevée (autour de 44 %).

Le lien entre taux d’imposition et IR moyen est direct. Dans les dix derniers départements du classement, moins de 41 % des foyers sont imposés. A Paris, ce taux atteint 58,2 %. Un écart qui reflète la structure des revenus : dans les territoires ruraux, une large part des foyers déclare des revenus inférieurs au seuil d’imposition, ce qui réduit mécaniquement le nombre de contribuables et concentre l’impôt sur un nombre restreint de foyers aux revenus modestes.

RangDépartementIR moyenRFR moyen% imposésVs. nationale
8770 – Haute-Saône2 499 €27 009 €41,7 %-1 959 €
8852 – Haute-Marne2 497 €25 845 €40,7 %-1 961 €
8936 – Indre2 417 €25 288 €39,7 %-2 041 €
9065 – Hautes-Pyrénées2 341 €25 165 €39,3 %-2 117 €
9143 – Haute-Loire2 332 €27 325 €40,3 %-2 126 €
9215 – Cantal2 302 €25 896 €39,9 %-2 156 €
9309 – Ariège2 250 €23 792 €36,5 %-2 208 €
9412 – Aveyron2 248 €27 061 €40,2 %-2 210 €
9548 – Lozère2 167 €25 477 €39,4 %-2 291 €
9623 – Creuse1 942 €23 238 €36,0 %-2 516 €

Le classement complet des 96 départements métropolitains

Le tableau ci-dessous présente l’intégralité du classement, avec l’IR moyen par foyer imposé, le RFR moyen par foyer, le taux de foyers imposés, l’écart à la moyenne nationale (4 458 euros) et un indicateur de profil. Les données sont issues du fichier IRCOM 2024 (revenus 2023) de la Direction générale des finances publiques.

RangDépartementIR moyenRFR moyen% imposésVs. moy.Profil
175 – Paris13 381 €53 304 €58,2 %+8 923 €Très élevé
292 – Hauts-de-Seine10 379 €51 148 €61,7 %+5 921 €Très élevé
378 – Yvelines7 693 €45 381 €59,0 %+3 235 €Très élevé
494 – Val-de-Marne5 592 €34 743 €51,6 %+1 134 €Très élevé
506 – Alpes-Maritimes5 233 €32 954 €48,3 %+775 €Très élevé
669 – Rhône5 104 €35 227 €51,0 %+646 €Très élevé
713 – Bouches-du-Rhône5 021 €31 629 €44,8 %+563 €Très élevé
868 – Haut-Rhin4 860 €35 751 €50,9 %+402 €Très élevé
983 – Var4 468 €31 739 €45,6 %+10 €Très élevé
1091 – Essonne4 452 €34 376 €53,1 %-6 €Très élevé
1174 – Haute-Savoie4 420 €43 401 €50,8 %-38 €Très élevé
122A – Corse-du-Sud4 379 €30 418 €46,3 %-79 €Très élevé
1351 – Marne4 353 €31 449 €46,9 %-105 €Très élevé
1495 – Val-d’Oise4 215 €31 420 €47,4 %-243 €Très élevé
1531 – Haute-Garonne4 185 €31 832 €48,5 %-273 €Très élevé
1633 – Gironde4 143 €31 984 €47,7 %-315 €Très élevé
1725 – Doubs4 099 €32 879 €50,4 %-359 €Très élevé
1834 – Hérault4 032 €28 372 €40,8 %-426 €Très élevé
1967 – Bas-Rhin3 908 €32 314 €49,4 %-550 €Très élevé
2077 – Seine-et-Marne3 908 €32 736 €51,3 %-550 €Élevé
2101 – Ain3 883 €36 648 €48,5 %-575 €Élevé
2259 – Nord3 784 €28 115 €40,4 %-674 €Élevé
232B – Haute-Corse3 781 €26 965 €40,9 %-677 €Élevé
2421 – Côte-d’Or3 773 €31 659 €49,4 %-685 €Élevé
2590 – Terr. de Belfort3 766 €30 480 €47,3 %-692 €Élevé
2660 – Oise3 760 €30 750 €46,6 %-698 €Élevé
2710 – Aube3 754 €28 125 €41,9 %-704 €Élevé
2864 – Pyrénées-Atlantiques3 717 €31 169 €45,8 %-741 €Élevé
2973 – Savoie3 711 €33 670 €52,6 %-747 €Élevé
3038 – Isère3 646 €32 560 €49,6 %-812 €Élevé
3144 – Loire-Atlantique3 628 €32 887 €49,3 %-830 €Élevé
3235 – Ille-et-Vilaine3 548 €32 334 €48,2 %-910 €Élevé
3314 – Calvados3 523 €29 993 €45,0 %-935 €Élevé
3417 – Charente-Maritime3 482 €29 599 €44,1 %-976 €Élevé
3554 – Meurthe-et-Moselle3 473 €29 967 €43,0 %-985 €Élevé
3693 – Seine-Saint-Denis3 470 €24 527 €38,3 %-988 €Élevé
3776 – Seine-Maritime3 448 €28 783 €43,5 %-1 010 €Élevé
3837 – Indre-et-Loire3 424 €30 383 €46,2 %-1 034 €Moyen
3984 – Vaucluse3 412 €27 392 €39,8 %-1 046 €Moyen
4030 – Gard3 398 €26 888 €38,7 %-1 060 €Moyen
4180 – Somme3 386 €27 394 €40,7 %-1 072 €Moyen
4228 – Eure-et-Loir3 300 €30 329 €47,2 %-1 158 €Moyen
4345 – Loiret3 275 €30 278 €47,6 %-1 183 €Moyen
4427 – Eure3 252 €29 404 €44,7 %-1 206 €Moyen
4563 – Puy-de-Dôme3 246 €29 415 €46,1 %-1 212 €Moyen
4657 – Moselle3 221 €30 533 €40,3 %-1 237 €Moyen
4766 – Pyrénées-Orientales3 192 €24 982 €36,5 %-1 266 €Moyen
4826 – Drôme3 179 €29 048 €42,8 %-1 279 €Moyen
4939 – Jura3 099 €29 974 €46,7 %-1 359 €Moyen
5056 – Morbihan3 082 €30 637 €46,8 %-1 376 €Moyen
5189 – Yonne3 021 €27 357 €43,1 %-1 437 €Moyen
5204 – Alpes-de-Hte-Provence3 015 €27 206 €40,3 %-1 443 €Moyen
5302 – Aisne2 990 €25 699 €38,0 %-1 468 €Moyen
5429 – Finistère2 981 €29 996 €46,8 %-1 477 €Moyen
5540 – Landes2 975 €29 136 €43,6 %-1 483 €Moyen
5662 – Pas-de-Calais2 936 €25 973 €37,4 %-1 522 €Moyen
5742 – Loire2 932 €28 152 €41,5 %-1 526 €Moyen
5849 – Maine-et-Loire2 895 €29 839 €43,0 %-1 563 €Sous moy.
5916 – Charente2 882 €27 125 €41,6 %-1 576 €Sous moy.
6041 – Loir-et-Cher2 861 €28 630 €44,5 %-1 597 €Sous moy.
6171 – Saône-et-Loire2 859 €28 298 €43,5 %-1 599 €Sous moy.
6218 – Cher2 840 €27 006 €42,7 %-1 618 €Sous moy.
6308 – Ardennes2 814 €25 627 €37,9 %-1 644 €Sous moy.
6481 – Tarn2 813 €27 180 €39,1 %-1 645 €Sous moy.
6587 – Haute-Vienne2 805 €27 002 €42,2 %-1 653 €Sous moy.
6688 – Vosges2 804 €26 839 €40,8 %-1 654 €Sous moy.
6786 – Vienne2 794 €27 378 €42,4 %-1 664 €Sous moy.
6822 – Côtes-d’Armor2 779 €29 051 €44,3 %-1 679 €Sous moy.
6950 – Manche2 767 €28 997 €44,2 %-1 691 €Sous moy.
7011 – Aude2 751 €24 697 €35,8 %-1 707 €Sous moy.
7132 – Gers2 743 €26 772 €39,7 %-1 715 €Sous moy.
7282 – Tarn-et-Garonne2 743 €26 656 €39,2 %-1 715 €Sous moy.
7305 – Hautes-Alpes2 715 €27 815 €43,4 %-1 743 €Sous moy.
7485 – Vendée2 714 €30 652 €45,1 %-1 744 €Sous moy.
7547 – Lot-et-Garonne2 700 €25 879 €38,0 %-1 758 €Sous moy.
7679 – Deux-Sèvres2 693 €28 410 €42,3 %-1 765 €Sous moy.
7755 – Meuse2 682 €26 929 €41,0 %-1 776 €Faible
7872 – Sarthe2 653 €28 193 €43,2 %-1 805 €Faible
7961 – Orne2 633 €26 545 €39,8 %-1 825 €Faible
8007 – Ardèche2 630 €27 296 €41,3 %-1 828 €Faible
8158 – Nièvre2 605 €25 115 €40,3 %-1 853 €Faible
8246 – Lot2 573 €26 866 €40,9 %-1 885 €Faible
8324 – Dordogne2 559 €25 945 €38,8 %-1 899 €Faible
8419 – Corrèze2 558 €27 241 €42,5 %-1 900 €Faible
8503 – Allier2 522 €25 656 €40,1 %-1 936 €Faible
8653 – Mayenne2 508 €29 060 €42,4 %-1 950 €Faible
8770 – Haute-Saône2 499 €27 009 €41,7 %-1 959 €Faible
8852 – Haute-Marne2 497 €25 845 €40,7 %-1 961 €Faible
8936 – Indre2 417 €25 288 €39,7 %-2 041 €Faible
9065 – Hautes-Pyrénées2 341 €25 165 €39,3 %-2 117 €Faible
9143 – Haute-Loire2 332 €27 325 €40,3 %-2 126 €Faible
9215 – Cantal2 302 €25 896 €39,9 %-2 156 €Très faible
9309 – Ariège2 250 €23 792 €36,5 %-2 208 €Très faible
9412 – Aveyron2 248 €27 061 €40,2 %-2 210 €Très faible
9548 – Lozère2 167 €25 477 €39,4 %-2 291 €Très faible
9623 – Creuse1 942 €23 238 €36,0 %-2 516 €Très faible

Ce qui change pour votre déclaration en 2026

Le barème 2026 revalorisé de 0,9 %

Le barème de l’impôt sur le revenu 2026 (applicable aux revenus 2025) a été revalorisé de +0,9 % pour tenir compte de l’inflation. Les tranches marginales d’imposition s’établissent comme suit :

Tranche de revenu imposable (par part)Taux marginal
Jusqu’à 11 600 €0 %
De 11 601 à 29 579 €11 %
De 29 580 à 84 577 €30 %
De 84 578 à 181 917 €41 %
Au-delà de 181 917 €45 %

La contribution différentielle sur les hauts revenus devient permanente

La CDHR (contribution différentielle sur les hauts revenus), instaurée initialement de manière temporaire, est désormais pérennisée. Elle impose un taux d’imposition minimum de 20 % pour les contribuables dont le RFR dépasse 250 000 euros pour une personne seule ou 500 000 euros pour un couple. Les foyers concernés, essentiellement concentrés à Paris et dans les Hauts-de-Seine, devront s’acquitter d’un complément si leur taux effectif d’imposition se situe en dessous de ce seuil.

Deux mesures nouvelles pour les particuliers

Le plafond des dons ouvrant droit à la réduction d’impôt « Coluche » (aide aux personnes en difficulté) est doublé à 2 000 euros (contre 1 000 euros précédemment), avec une réduction de 75 % du montant du don. L’abattement de 10 % sur les pensions de retraite est quant à lui maintenu : le gouvernement avait envisagé sa suppression, mais a finalement reculé face à l’opposition parlementaire. A noter que les frais de succession restent un sujet connexe à surveiller, tout comme le rendement des livrets d’épargne réglementée qui influence indirectement le RFR des ménages.

Le calendrier de la déclaration 2026

La déclaration de revenus 2026 ouvre le 9 avril 2026. Les dates limites de déclaration en ligne dépendent du département de résidence :

ZoneDépartementsDate limite
Zone 101 à 19 + non-résidents21 mai 2026
Zone 220 à 54 (dont 2A et 2B)28 mai 2026
Zone 355 à 9764 juin 2026

Trois facteurs structurels expliquent les écarts entre départements

Le niveau des salaires et la structure de l’emploi local

Le premier facteur, et le plus déterminant, est le niveau des revenus d’activité. L’impôt sur le revenu est progressif : plus les revenus sont élevés, plus le taux marginal d’imposition augmente. Un département où la finance, le conseil, la tech et les sièges sociaux dominent l’emploi produit mécaniquement des revenus imposables — et donc un IR moyen — nettement supérieurs à la moyenne.

Les données IRCOM le confirment. Les cinq premiers départements du classement (Paris, Hauts-de-Seine, Yvelines, Val-de-Marne, Alpes-Maritimes) affichent un RFR moyen compris entre 32 954 et 53 304 euros, soit 1,05 à 1,7 fois la moyenne nationale. A l’opposé, les cinq derniers (Creuse, Lozère, Aveyron, Ariège, Cantal) plafonnent entre 23 238 et 27 061 euros. Dans les territoires ruraux, l’emploi se concentre dans l’agriculture, le tourisme saisonnier et les services de proximité, des secteurs à rémunération modeste qui génèrent des bases imposables faibles.

La proportion de retraités parmi les foyers fiscaux

Le deuxième facteur structurel est la part des retraités dans la population fiscale de chaque département. Les retraités déclarent en moyenne un RFR inférieur à celui des actifs, en raison de pensions plus faibles que les salaires d’activité et de l’abattement de 10 % dont ils bénéficient.

Dans les départements du bas du classement, la proportion de retraités est systématiquement élevée. La Creuse compte 48 % de foyers de retraités, le Cantal 46 %, la Nièvre 46,9 %. A Paris, ce taux tombe à 23,4 %. Cette corrélation n’est pas parfaite — la Charente-Maritime, avec 44,2 % de retraités, se classe au 34e rang — mais elle dessine une tendance nette : les départements vieillissants et ruraux cumulent des pensions modestes et un nombre restreint de foyers imposés.

Les revenus du patrimoine et du capital concentrés dans quelques départements

Le troisième facteur explique le décrochage spectaculaire de Paris et des Hauts-de-Seine par rapport au reste du classement. Au-delà des salaires élevés, ces deux départements concentrent une part disproportionnée des revenus du patrimoine : dividendes, plus-values mobilières, revenus fonciers, assurance-vie. Le prix de l’immobilier parisien (autour de 10 000 euros/m²) génère des revenus fonciers élevés pour les propriétaires bailleurs. Les cadres dirigeants et les professions libérales de la capitale détiennent également une part significative des portefeuilles financiers du pays.

Les Alpes-Maritimes (06) illustrent un autre mécanisme : la concentration de retraités fortunés sur la Côte d’Azur, détenteurs de patrimoine immobilier et financier acquis au cours de carrières dans les grandes métropoles. Leur RFR, gonflé par les revenus du capital, tire l’IR moyen du département vers le haut malgré un taux de foyers imposés modéré (48,3 %). Un phénomène similaire, à plus petite échelle, s’observe dans le Var (83), 9e du classement avec un taux de retraités de 41,8 % — le deuxième plus élevé de métropole après la Nièvre.

Le cas de la Haute-Savoie : ce département affiche un RFR moyen de 43 401 euros, le 3e plus élevé de France, mais ne se classe que 11e en IR moyen (4 420 euros). L’explication tient aux travailleurs frontaliers : près de 100 000 résidents du département travaillent en Suisse, où leurs revenus sont imposés à la source. Leur RFR français est élevé mais leur IR est réduit, grâce au crédit d’impôt pour double imposition. La Haute-Savoie est le département qui incarne le mieux la différence entre revenu et impôt effectivement payé.

Questions fréquentes sur l’impôt sur le revenu par département

Quel est le montant moyen de l’impôt sur le revenu en France ?

L’impôt sur le revenu moyen par foyer imposé s’établit à 4 458 euros selon les données IRCOM 2024 (revenus 2023) de la DGFiP. Sur 40,9 millions de foyers fiscaux, 18,6 millions sont effectivement imposés, soit 45,3 %. Le montant total de l’IR collecté atteint 82,7 milliards d’euros, ce qui en fait le deuxième poste de recettes fiscales de l’État après la TVA.

Quel département paie le plus d’impôt sur le revenu ?

Paris (75) domine le classement avec un IR moyen de 13 381 euros par foyer imposé, soit trois fois la moyenne nationale. Les Hauts-de-Seine (92) suivent à 10 379 euros et les Yvelines (78) complètent le podium à 7 693 euros. Ces trois départements concentrent à eux seuls plus du quart des recettes de l’IR national, grâce à la conjonction de salaires élevés, de revenus du patrimoine et d’un taux d’imposition supérieur à la moyenne.

Quel département paie le moins d’impôt sur le revenu ?

La Creuse (23) ferme le classement avec un IR moyen de 1 942 euros par foyer imposé, suivie de la Lozère (2 167 euros) et de l’Aveyron (2 248 euros). Dans ces départements ruraux du Massif central, moins de 40 % des foyers sont imposés et les revenus proviennent majoritairement de l’agriculture, de petites retraites et de services peu qualifiés.

Combien de foyers fiscaux sont imposables en France ?

18,6 millions de foyers fiscaux sur 40,9 millions sont effectivement imposés à l’impôt sur le revenu, soit 45,3 % du total (données IRCOM 2024, revenus 2023). Le taux varie fortement d’un département à l’autre : 61,7 % dans les Hauts-de-Seine, contre seulement 36 % dans la Creuse. Un foyer est non imposable lorsque son revenu net imposable, après abattements et déductions, se situe en dessous du seuil de la première tranche (11 600 euros par part en 2026).

Quand ouvre la déclaration d’impôts 2026 ?

La déclaration de revenus 2026 ouvre le 9 avril 2026. Les dates limites de déclaration en ligne sont : 21 mai pour les départements 01 à 19 (zone 1), 28 mai pour les départements 20 à 54 (zone 2) et 4 juin pour les départements 55 à 976 (zone 3). La déclaration papier, réservée aux contribuables ne pouvant utiliser internet, doit être déposée avant le 21 mai 2026 quelle que soit la zone.

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