Les factures de gaz vont augmenter d’environ 15 % en mai 2026 pour les 6 millions de foyers en contrat indexé. La hausse est liée à la flambée du gaz européen (+35 % en une journée) après l’attaque iranienne sur le complexe gazier de Ras Laffan au Qatar. Les 40 % de Français en contrat à prix fixe ne sont pas concernés.
La présidente de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), Emmanuelle Wargon, a confirmé ce vendredi 20 mars sur RMC qu’une hausse des factures de gaz était inévitable en mai. Interrogée sur un chiffre de 15 %, elle a répondu : « On est dans cette zone-là ».
La cause est géopolitique. L’attaque iranienne contre le complexe gazier de Ras Laffan, au Qatar, a fait bondir le prix du gaz européen (TTF) de 35 % en une seule journée, atteignant 61,85 €/MWh. Ce prix de marché se répercute sur les factures des consommateurs avec un décalage de deux mois : les cours de mars impacteront les factures de mai.
L’impact sur votre facture dépend de votre contrat
Tous les foyers ne seront pas touchés de la même manière. Le type de contrat détermine l’exposition à la hausse.
| Type de contrat | Part des foyers | Impact en mai |
|---|---|---|
| Contrat indexé (prix variable) | ~60 % | +15 % sur la facture |
| Contrat à prix fixe | ~40 % | Aucun impact jusqu’à la fin du contrat |
Pour un foyer de 4 personnes consommant 10 000 kWh/an de gaz (chauffage + eau chaude + cuisson), une hausse de 15 % représente environ 130 € de plus par an. Si les prix restent élevés, la facture pourrait grimper de 260 à 525 € sur l’année complète.
Mai n’est pas la saison du chauffage, mais le risque est à l’automne
Emmanuelle Wargon a tempéré l’inquiétude : « Mai, ce n’est pas la saison du chauffage ». La consommation de gaz est naturellement basse au printemps, ce qui limite l’impact réel sur les factures.
Le vrai risque se situe à l’automne. « Si les prix du gaz sont toujours élevés au moment où il recommence à faire froid et que ça s’accumule sur toute l’année, l’impact sera plus significatif », a prévenu la présidente de la CRE. Un scénario de prix durablement hauts pourrait alourdir la facture annuelle de 400 à 500 € pour un foyer chauffé au gaz.
L’électricité n’est pas concernée
Bonne nouvelle pour les foyers chauffés à l’électricité : les tarifs restent stables. La situation est « très différente de 2022 », selon Emmanuelle Wargon. La France produit suffisamment d’électricité grâce au nucléaire et aux renouvelables, sans avoir besoin d’importer. Le prix de l’électricité française est actuellement plus bas que dans le reste de l’Europe.
Ce que vous pouvez faire maintenant
- Vérifiez votre type de contrat (indexé ou fixe) sur votre dernière facture ou votre espace client
- Comparez les offres sur le comparateur du médiateur de l’énergie
- Basculez en prix fixe si votre contrat le permet (sans frais de résiliation pour les particuliers)
- Réclamez votre chèque énergie si vous y avez droit (conditions et montants 2026)
Sources : Commission de régulation de l’énergie (CRE), d’après les déclarations d’Emmanuelle Wargon sur RMC le 20 mars 2026.





