Face aux interrogations sur le pouvoir d’achat, évaluer l’incidence de chaque changement retraite 2026 sur le montant des pensions et l’âge légal s’avère nécessaire pour les assurés. Ce dossier technique expose la suspension de la réforme, la revalorisation du régime de base et le gel de l’Agirc-Arrco. L’article détaille les nouvelles règles de calcul pour les mères de famille et les carrières longues afin de clarifier les droits ouverts dès janvier.
Revalorisation des pensions en 2026 : entre hausse modérée et gel partiel
La revalorisation de 0,9 % pour les pensions de base
Le 1er janvier 2026 marque une hausse de 0,9 % pour les pensions de base des ex-salariés du privé et des fonctionnaires. Ce coup de pouce ne sera toutefois visible que sur le versement effectué en février.
Prenons un exemple concret : une retraite de 1 500 € brut mensuel augmentera mécaniquement d’environ 13,50 €. Ce taux s’aligne sur l’inflation et est inscrit dans la Loi de Financement de la Sécurité Sociale 2026.
Cette règle s’applique uniformément aux anciens salariés du privé comme aux fonctionnaires.
Le gel de la complémentaire Agirc-Arrco : un coup dur pour le privé
Si le régime de base progresse, la situation est moins rose pour la complémentaire avec un gel de la retraite Agirc-Arrco pour les ex-salariés du privé.
Ce blocage s’étend du 1er novembre 2025 au 31 octobre 2026. Cette stagnation survient faute d’accord entre les partenaires sociaux, impactant directement 14 millions de retraités.
Le résultat est sans appel : le gain de pouvoir d’achat restera très limité pour ces retraités.
L’effet domino sur les minima et la validation de trimestres
La hausse du régime de base ne vient pas seule, elle déclenche une série de réajustements en cascade sur le système. Plusieurs seuils et prestations sociales suivent ce mouvement.
Voici les paramètres financiers qui évoluent directement de cette revalorisation :
- Le minimum contributif (MiCo).
- L’Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées (Aspa), aussi connue comme le minimum vieillesse.
- Les plafonds de ressources pour la pension de réversion (pour les nouvelles attributions).
- Le montant de revenu brut nécessaire pour valider un trimestre de cotisation.
Âge de départ à la retraite : la suspension de la réforme change la donne
Au-delà des montants, c’est aussi le calendrier de départ qui connaît un ajustement majeur en 2026.
Un report de l’âge légal figé à 62 ans et 9 mois
Le fait marquant de cette année est la suspension de la réforme des retraites de 2023, souvent désignée comme la « réforme Borne ». Par conséquent, l’âge légal de départ se trouve gelé à 62 ans et 9 mois jusqu’à la fin de l’année 2027.
Il est à noter que cette suspension est temporaire, dans l’attente de l’élection présidentielle de 2027, et qu’elle prendra effet concrètement à partir du 1er septembre 2026.
Toutefois, la condition de durée de cotisation pour une retraite à taux plein ne change pas et reste fixée à 170 trimestres.
Qui sont les grands gagnants de cette suspension ?
Les principaux bénéficiaires de ce changement retraite 2026 sont les personnes nées en 1964 et au début de l’année 1965. Ces générations pourront partir plus tôt que ce que prévoyait la réforme initiale.
Voici le gain concret pour ces assurés :
- Génération 1964 : départ possible à 62 ans et 9 mois au lieu de 63 ans.
- Génération début 1965 : départ possible à 62 ans et 9 mois au lieu de 63 ans et 3 mois (un gain de 6 mois).
- Départs avant septembre 2026 : aucun impact, le calendrier antérieur s’applique.
L’âge du taux plein automatique reste inchangé
Cette suspension ne concerne toutefois pas tous les paramètres de l’âge de départ.
Il convient de préciser que l’âge d’obtention automatique d’une retraite à taux plein, sans condition de trimestres, reste fixé à 67 ans. Ce seuil n’est pas affecté par la mesure de suspension adoptée dans le PLFSS 2026.
Mères de famille et carrières longues : de nouveaux droits spécifiques en 2026
En marge des ajustements globaux, ce changement retraite 2026 cible des situations précises, offrant de nouveaux droits aux mères et aux travailleurs précoces.
Mères de famille : un calcul de pension plus avantageux ?
Le mode de calcul évolue pour tenter de corriger les inégalités de carrière. La pension de base se basera désormais sur les 24 meilleures années pour les mères d’un enfant, et sur les 23 meilleures années pour celles ayant au moins deux enfants.
Toutefois, la prudence s’impose quant aux retombées réelles. Un expert qualifie cette mesure de « chimère », estimant que l’impact sur le montant final sera souvent faible pour la majorité des assurées.
Ces nouvelles règles de calcul s’appliquent aux retraites liquidées à partir de 2026.
Carrières longues : la prise en compte des trimestres pour enfant
Une modification technique intervient pour les assurés éligibles au dispositif de départ anticipé pour carrière longue.
Il sera désormais possible d’intégrer les trimestres de majoration de durée d’assurance pour enfant. La naissance, l’éducation ou l’adoption entrent dans le calcul, dans la limite de deux trimestres, facilitant l’atteinte du seuil requis.
Cette disposition concerne les retraites prenant effet à compter de septembre 2026.
Congé de naissance et indemnités : des trimestres en plus
L’année 2026 marque aussi la création d’un nouveau congé de naissance indemnisé dont l’impact sera positif pour la retraite.
Voici les périodes spécifiques qui généreront désormais de nouveaux droits pour les assurés :
- Nouveau congé de naissance : les périodes indemnisées compteront pour la retraite.
- Indemnités journalières (maladie/maternité) : elles valideront désormais un trimestre assimilé, même sans revenu associé.
Cumul emploi-retraite et minimum contributif : les autres ajustements de 2026
Enfin, d’autres dispositifs importants sont modifiés, affectant à la fois ceux qui souhaitent continuer une activité et ceux ayant eu de faibles revenus.
Cumul emploi-retraite : un « effet d’aubaine » avant la réforme de 2027
Les règles du cumul emploi-retraite vont être durcies pour réaliser des économies. Le futur système fonctionnera par paliers d’âge et le cumul avant 67 ans sera désormais plafonné, abandonnant définitivement la notion de taux plein.
Rassurez-vous, ces nouvelles règles ne s’appliqueront qu’aux retraites liquidées à partir du 1er janvier 2027. Si vous êtes déjà retraité ou partez avant cette date, rien ne change pour vous.
C’est un « petit effet d’aubaine » pour ceux qui partent en 2026. Ils esquivent les nouvelles règles du cumul emploi-retraite et gardent le système actuel, bien plus souple.
Le minimum contributif (MiCo) revalorisé et indexé
Une nouveauté technique change la donne : l’indexation automatique du minimum contributif (MiCo) sur le SMIC. Cela vient s’ajouter à la revalorisation annuelle classique pour soutenir plus efficacement les petites pensions.
Voici les chiffres : les montants bruts mensuels pour 2026 s’élèvent à 756,29 € pour le MiCo simple. Pour le MiCo majoré, accessible après au moins 120 trimestres cotisés, le seuil grimpe à 903,93 €.
Gardez à l’esprit l’existence d’un plafond global de pension (base + complémentaire) de 1 410,89 €. Au-delà, le MiCo peut être réduit. Précisons que les retraités d’avant 2026 ne sont pas concernés par ce nouveau calcul.
L’année 2026 constitue une période de transition majeure pour les retraités. Entre une revalorisation limitée des pensions de base et le gel des complémentaires, l’évolution du pouvoir d’achat reste contrastée. Par ailleurs, la suspension temporaire du report de l’âge légal et les ajustements pour les carrières longues redessinent les perspectives de départ à court terme.





