Un apprenti de 20 ans en deuxième année touche 929,75 € brut par mois en 2026. Un alternant en contrat pro du même âge, diplômé d’un bac pro : 1 458,42 €. Presque 530 € d’écart pour le même âge, et personne ne pose la différence à plat.
Le problème, c’est que tous les sites affichent du brut. Personne ne montre le net réel, encore moins les aides auxquelles vous avez droit à côté. On corrige ça.
Calculez votre salaire net en alternanceSimulateur à jour au 1er janvier 2026 · SMIC : 1 823,03 €
Grille de salaire en contrat d’apprentissage 2026
La rémunération minimale d’un apprenti dépend de deux variables : son âge au moment de l’exécution du contrat et l’année de formation en cours. Tous les montants ci-dessous correspondent à un temps plein de 35 heures par semaine, calculés sur le SMIC brut mensuel 2026 fixé à 1 823,03 € depuis le 1er janvier.
| Tranche d’âge | 1ère année | 2ème année | 3ème année |
|---|---|---|---|
| Moins de 18 ans | 27 % → 492,22 € | 39 % → 710,98 € | 55 % → 1 002,67 € |
| 18 à 20 ans | 43 % → 783,90 € | 51 % → 929,75 € | 67 % → 1 221,43 € |
| 21 à 25 ans | 53 % → 966,21 € | 61 % → 1 112,05 € | 78 % → 1 421,96 € |
| 26 ans et plus | 100 % → 1 823,03 € | 100 % → 1 823,03 € | 100 % → 1 823,03 € |
Les apprentis de 21 ans et plus bénéficient d’une garantie supplémentaire : leur pourcentage s’applique au SMIC ou au salaire minimum conventionnel (SMC) de leur branche, si celui-ci est plus élevé. Un apprenti de 22 ans dans la métallurgie, où le SMC dépasse régulièrement le SMIC, touchera plus que les montants affichés dans cette grille.
Le salaire évolue automatiquement à chaque nouvelle année de contrat et à chaque changement de tranche d’âge. Vous passez de 20 à 21 ans en cours de 2ème année ? Votre rémunération bascule de 51 % à 61 % du SMIC le premier jour du mois suivant votre anniversaire.
Grille de salaire en contrat de professionnalisation 2026
Le contrat pro fonctionne différemment. La rémunération dépend de l’âge et du niveau de diplôme au moment de la signature. Contrairement à l’apprentissage, le salaire ne progresse pas automatiquement chaque année : il reste fixe pendant toute la durée du contrat, sauf disposition plus favorable de la convention collective.
| Tranche d’âge | Sans bac professionnel | Bac pro ou diplôme supérieur |
|---|---|---|
| Moins de 21 ans | 55 % → 1 002,67 € | 65 % → 1 184,97 € |
| 21 à 25 ans | 70 % → 1 276,12 € | 80 % → 1 458,42 € |
| 26 ans et plus | 100 % du SMIC (1 823,03 €) ou 85 % du SMC si plus favorable | |
En pratique, beaucoup de conventions collectives prévoient des minima supérieurs à ces planchers légaux. Vérifiez la vôtre avant de signer : certaines branches (banque, pharmacie, BTP) imposent des majorations de 5 à 15 points. Si vous quittez ensuite ce poste, les règles de calcul de l’indemnité de rupture conventionnelle s’appuient d’ailleurs sur ce salaire conventionnel, pas sur le SMIC.
Apprentissage ou contrat pro, le choix qui change la donne
Les deux contrats n’ouvrent pas les mêmes droits. L’apprentissage offre des cotisations allégées (net proche du brut sous un certain seuil), une exonération d’impôt sur le revenu et une revalorisation annuelle automatique. Le contrat pro verse un brut plus élevé, mais les cotisations salariales classiques grignotent la différence et le montant reste figé sur toute la durée du contrat.
Prenons un alternant de 19 ans sans bac pro en première année. En apprentissage : 783,90 € brut = 783,90 € net (sous le seuil de cotisations). En contrat pro : 1 002,67 € brut, moins ~22 % de cotisations = 782,08 € net. Quasi-identique la première année. La différence se creuse dès la deuxième année, puisque l’apprenti passe à 929,75 € alors que le contrat pro reste à 1 002,67 € brut.
Du brut au net en alternance, le vrai calcul
C’est le vrai angle mort de tous les guides sur le sujet. Les grilles affichent du brut, mais c’est le net sur votre compte en banque qui détermine votre budget réel.
Cotisations des apprentis depuis la réforme de mars 2025
Jusqu’au 28 février 2025, un apprenti ne payait aucune cotisation salariale tant que son salaire restait sous 79 % du SMIC. Depuis le 1er mars 2025, le seuil a été abaissé à 50 % du SMIC, soit 911,52 € brut en 2026. Ce changement touche tous les nouveaux contrats signés à partir de cette date.
Le mécanisme reste le même : sous le seuil, aucune cotisation ni CSG/CRDS, votre net est strictement égal à votre brut. Au-dessus, les cotisations d’environ 22 % s’appliquent uniquement sur la part excédentaire.
Exemple concret : un apprenti de 22 ans en 2ème année touche 1 112,05 € brut. La part au-dessus du seuil est de 200,53 €. Les cotisations sur cette tranche représentent environ 44 €. Son net mensuel : 1 068 €, soit 96 % du brut. Loin des 78 % d’un salarié classique.
Pour les contrats signés avant le 1er mars 2025, l’ancien seuil de 79 % du SMIC (1 440,19 €) continue de s’appliquer jusqu’à la fin du contrat.
Cotisations en contrat de professionnalisation
Pas de régime spécifique. Les cotisations salariales standards s’appliquent sur l’intégralité du brut, comme pour n’importe quel CDD ou CDI. Le taux varie légèrement selon la branche, mais tourne autour de 22 %.
Un alternant en contrat pro de 20 ans avec un bac pro touche 1 184,97 € brut. Après cotisations : environ 924 € net. Comparez avec un apprenti du même âge en 2ème année (929,75 € brut, ~930 € net grâce aux cotisations allégées) : le net est quasiment identique malgré un brut inférieur de 255 €.
Le vrai salaire d’un alternant dépasse la fiche de paie
Le net mensuel ne raconte qu’une partie de l’histoire. Votre fiche de paie omet tout ce qui tombe à côté.
Commençons par le plus gros levier : la prime d’activité. Accessible dès 18 ans si votre salaire net dépasse 1 117,26 € par mois, elle rapporte entre 100 et 200 € mensuels à un alternant vivant seul. Un apprenti de 23 ans en 3ème année (1 421,96 € brut, ~1 350 € net) y a droit. Demande sur caf.fr, montant révisé chaque trimestre.
Côté employeur, deux obligations souvent sous-estimées. Le remboursement transport couvre 50 % de votre abonnement (43,20 € sur un Navigo à 86,40 €), net et exonéré de cotisations. Et la mutuelle d’entreprise, financée à 50 % minimum par l’employeur, vous fait économiser 30 à 50 € par mois par rapport à une complémentaire individuelle.
Si votre entreprise propose des tickets restaurant, ajoutez 80 à 100 € mensuels de pouvoir d’achat (part employeur exonérée jusqu’à 7,26 € par titre en 2026, soit 4 à 5 € net par jour travaillé).
Résultat concret : un apprenti de 22 ans en 2ème année à Paris, avec prime d’activité, Navigo et tickets resto, atteint 1 350 € de revenu mensuel réel. Sa grille affiche 1 112 € brut. Les 238 € d’écart, c’est ce que vous laissez sur la table si vous ne faites pas les démarches. Et ces revenus complémentaires ne sont pas imposables : la pression fiscale varie déjà fortement d’un département à l’autre, inutile de l’alourdir par négligence.
Fiscalité de l’apprenti, une exonération que la plupart ignorent
Les salaires versés dans le cadre d’un contrat d’apprentissage sont exonérés d’impôt sur le revenu dans la limite de 21 876 € par an (1 SMIC annuel 2026). En dessous de ce plafond, vous n’avez rien à déclarer aux impôts sur ces revenus.
Seule la fraction au-dessus est imposable. Un apprenti de 26 ans au SMIC (1 823,03 € × 12 = 21 876,36 €) dépasse le plafond de… 36 centimes. Autant dire rien.
Cette exonération concerne uniquement les contrats d’apprentissage. Les alternants en contrat de professionnalisation déclarent l’intégralité de leurs revenus et paient l’impôt selon le barème classique. Si vous êtes rattaché au foyer fiscal de vos parents, vos revenus d’apprentissage n’augmentent pas leur impôt tant que vous restez sous le plafond.
Pour votre déclaration, ne reportez que la part au-dessus de 21 876 €. Si votre employeur pré-remplit la case 1AJ avec le montant total, corrigez-le manuellement. Si vous débutez dans la vie active et que la fiscalité des transmissions vous semble lointaine, gardez au moins ce réflexe : vérifier votre déclaration pré-remplie chaque année.





