Prime carburant 2026 : montant, conditions et simulateur d’exonération

La prime carburant 2026 permet à votre employeur de prendre en charge une partie de vos frais de trajet domicile-travail. Jusqu’à 300 € par an exonérés d’impôt et de cotisations pour un véhicule thermique, 600 € en électrique. Depuis 2025, quatre conditions d’éligibilité restreignent l’accès au dispositif. Plafonds, cumul avec le forfait mobilités durables et simulateur de gain net.

La prime carburant est l’un des dispositifs les plus sous-utilisés en entreprise. Versée par l’employeur, elle couvre tout ou partie des frais de carburant pour les trajets domicile-travail. Pourtant, la confusion persiste : beaucoup de salariés la confondent avec le chèque carburant de 100 € distribué par l’État en 2022, définitivement supprimé depuis. Deux dispositifs distincts, un seul encore actif.

La prime carburant n’est pas le chèque carburant de l’État

En 2022, face à la flambée des prix à la pompe, le gouvernement avait distribué un chèque carburant de 100 € aux ménages dont le revenu fiscal de référence ne dépassait pas 14 700 €. Ce coup de pouce ponctuel a pris fin en 2023 et n’a jamais été reconduit.

La prime carburant dont il est question ici fonctionne différemment. C’est une aide versée par l’employeur, sur la base du volontariat ou d’un accord collectif. Le chèque État était universel (sous conditions de ressources). La prime carburant employeur est liée au contrat de travail et aux conditions de déplacement du salarié. Quand quelqu’un cherche « prime carburant 2026 », c’est bien de cette aide employeur qu’il s’agit.

Quatre conditions d’éligibilité depuis 2025

Jusqu’en 2024, tout salarié utilisant son véhicule personnel pour ses trajets domicile-travail pouvait prétendre à la prime carburant. Les règles ont changé en 2025. Désormais, le salarié doit remplir au moins une des quatre conditions suivantes.

Les quatre critères (un seul suffit)

  • Zone blanche transport : le domicile ou le lieu de travail se situe dans une commune non desservie par un service de transport collectif régulier
  • Hors grande agglomération : le domicile ou le lieu de travail est situé en dehors d’une agglomération de plus de 100 000 habitants
  • Horaires atypiques : le travail de nuit, les horaires décalés ou les astreintes rendent les transports en commun inutilisables
  • Multi-sites : le salarié travaille sur plusieurs lieux sans transport organisé par l’employeur

En pratique, un salarié vivant en zone rurale ou périurbaine remplit presque toujours l’un de ces critères. Les exclus sont principalement les salariés des grandes métropoles bien desservies par le métro, le tramway ou le bus.

Les exclusions

Même en remplissant une condition, deux catégories de salariés restent exclues : ceux qui disposent d’un véhicule de fonction avec carburant pris en charge, et ceux dont les frais de transport sont déjà intégralement couverts par l’entreprise (navette, carte carburant illimitée).

Montant et plafonds d’exonération 2026

L’employeur fixe librement le montant de la prime. Il n’existe ni plancher ni plafond légal sur la somme versée. La contrainte porte uniquement sur l’exonération fiscale et sociale.

Type de véhicule Plafond exonéré (par an, par salarié)
Thermique (essence, diesel, GPL) 300 €
Électrique, hybride rechargeable, hydrogène 600 €
Au-delà de ces plafonds, le surplus est soumis à l’IR et aux cotisations sociales.

Concrètement, un employeur peut verser 500 € à un salarié roulant en essence. Les 300 premiers euros sont exonérés. Les 200 € restants sont traités comme un complément de salaire : soumis aux cotisations salariales et patronales, et ajoutés au revenu imposable.

Cumul avec le forfait mobilités durables et l’abonnement transport

La prime carburant ne fonctionne pas en vase clos. Elle se cumule avec d’autres dispositifs de prise en charge des déplacements, mais dans des limites précises. Le plafond global d’exonération de l’ensemble des aides mobilité est fixé à 900 € par an.

Combinaison Plafond exonéré total
Prime carburant seule 300 € (600 € électrique)
Forfait mobilités durables (FMD) seul 600 €
Prime carburant + FMD 900 € (dont max 300 € de prime)
Prime carburant + abonnement transport (50 %) 900 €
FMD + abonnement transport (50 %) 900 €
Le plafond de 900 € s’applique au total des aides mobilité exonérées.

Le forfait mobilités durables concerne les salariés qui utilisent un vélo, une trottinette, le covoiturage ou un service d’autopartage pour leurs trajets domicile-travail. Si votre employeur propose les deux aides, vous pouvez cumuler : 300 € de prime carburant + 600 € de FMD = 900 € exonérés au total.

Prime carburant vs forfait mobilités durables

Prime carburant
Pour qui : salariés en voiture ou moto
Plafond exonéré : 300 € (600 € électrique)
Véhicule : thermique, électrique, hybride
Justificatif : domicile + contrat de travail
Mise en place : accord ou décision employeur
Forfait mobilités durables
Pour qui : vélo, trottinette, covoiturage
Plafond exonéré : 600 €
Véhicule : modes doux et partagés
Justificatif : attestation sur l’honneur
Mise en place : accord ou décision employeur

PRIME CARBURANT 2026 : LES CHIFFRES CLÉS

300 €Plafond exonéré (véhicule thermique)
600 €Plafond exonéré (véhicule électrique)
900 €Plafond cumul global (prime + FMD + transport)
4Conditions d’éligibilité (1 seule requise)

Simulateur de prime carburant 2026

Saisissez le montant proposé par votre employeur et votre situation. Le simulateur calcule la part exonérée, la part imposable et votre gain net réel après impôt et cotisations. Si vous touchez aussi le forfait mobilités durables, cochez la case pour intégrer le plafond cumulé.

Simulateur de prime carburant 2026

Estimation indicative. Cotisations salariales estimées à 22 % sur la part imposable.

Comment obtenir la prime carburant

La prime carburant n’est jamais automatique. Selon que vous êtes salarié ou employeur, la démarche diffère.

Côté salarié

Vérifiez d’abord si votre entreprise propose déjà la prime (convention collective, accord d’entreprise ou note interne). Si elle ne la propose pas, rien n’interdit de la suggérer à votre employeur ou au CSE : le dispositif est avantageux des deux côtés (exonération de cotisations patronales pour l’entreprise).

Conservez un justificatif de domicile et votre contrat de travail (pour prouver la distance). L’employeur peut aussi demander la carte grise du véhicule.

Côté employeur

Deux options de mise en place : un accord collectif (accord d’entreprise ou de branche) ou une décision unilatérale après consultation du CSE. Le montant et les conditions doivent être identiques pour tous les salariés éligibles d’une même catégorie. La prime apparaît sur le bulletin de paie. En cas de traitement inégalitaire, l’amende atteint 750 € par salarié concerné (3 750 € pour une personne morale).

Impact sur la déclaration d’impôts

La part exonérée de la prime carburant est invisible pour le fisc. Elle n’apparaît pas dans votre revenu imposable et n’a aucune incidence sur votre quotient familial ni sur votre taux de prélèvement à la source. La part excédentaire, elle, s’ajoute au cumul net fiscal du bulletin de paie.

Point de vigilance si vous optez pour les frais réels : la prime carburant reçue doit être déduite de vos frais déductibles. Si vous déclarez 5 000 € d’indemnités kilométriques via le barème kilométrique et que vous avez touché 300 € de prime carburant, le montant déductible tombe à 4 700 €. Le barème des frais de carburant suit la même logique.

Pour un salarié qui ne déclare pas de frais réels et conserve l’abattement forfaitaire de 10 %, la prime carburant exonérée est un bonus pur. Elle s’ajoute au salaire net sans alourdir l’impôt. C’est l’un des rares dispositifs où employeur et salarié y gagnent simultanément.

Trois scénarios concrets

Sophie, aide-soignante en zone rurale. Elle roule 60 km aller-retour par jour avec sa Clio diesel 5 CV, 200 jours par an. Son employeur (EHPAD) met en place la prime carburant : 300 € par an. La totalité est exonérée. Gain net pour Sophie : 300 €. En parallèle, elle déclare ses frais réels via le barème kilométrique (12 000 km × 5 CV = 5 679 €), dont elle déduit les 300 € : 5 379 € déductibles.

Marc, développeur en télétravail partiel. Il vient au bureau 3 jours par semaine, 20 km en Tesla Model 3. Son entreprise (startup) lui verse 600 € de prime carburant (véhicule électrique). La totalité est exonérée. Marc garde l’abattement de 10 % : la prime est un bonus net supplémentaire. Gain : 600 €.

Laura, commerciale multi-sites. Son employeur verse 800 € de prime carburant (véhicule essence). Les 300 premiers euros sont exonérés. Les 500 € restants sont soumis aux cotisations (~110 €) et à l’IR à 30 % (~150 €). Gain net : environ 540 € sur les 800 € bruts.

Questions fréquentes sur la prime carburant

Les réponses ci-dessous couvrent les situations les plus courantes. Si votre cas implique un cumul de dispositifs, le simulateur ci-dessus intègre les plafonds combinés.

Non. C’est un dispositif facultatif. L’employeur choisit de le mettre en place ou non, par accord collectif ou par décision unilatérale après consultation du CSE. En revanche, s’il décide de la proposer, il doit en faire bénéficier tous les salariés éligibles dans les mêmes conditions. Un traitement inégalitaire expose à une amende de 750 € par salarié (3 750 € pour une personne morale).

Aucun plafond légal ne limite le montant versé. L’employeur fixe la somme librement. Seule l’exonération fiscale et sociale est plafonnée : 300 €/an pour un véhicule thermique, 600 €/an pour un véhicule électrique ou hybride rechargeable. Au-delà, la différence est soumise à l’impôt et aux cotisations.

Dans la limite des plafonds (300 ou 600 €), la prime est totalement exonérée d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales. Elle n’apparaît pas dans votre revenu imposable. La fraction qui dépasse le plafond est traitée comme un complément de salaire : soumise à l’IR et aux cotisations.

Oui. Les deux dispositifs sont cumulables. Le plafond global d’exonération (prime carburant + FMD + prise en charge transport en commun) est de 900 € par an. La part de la prime carburant reste plafonnée à 300 € (ou 600 € électrique) dans ce total. Exemple : 300 € de prime carburant + 600 € de FMD = 900 € exonérés.

Non. Le chèque carburant était une aide exceptionnelle de l’État distribuée en 2022 aux ménages modestes (revenu fiscal < 14 700 €). Ce dispositif ponctuel n'a pas été reconduit. La prime carburant employeur est le seul dispositif carburant encore actif en 2026.

Oui. La prime carburant est ouverte à tous les salariés de l’entreprise, quel que soit le type de contrat : CDI, CDD, intérim, temps partiel, apprentissage ou contrat de professionnalisation. La seule condition est de remplir au moins l’un des quatre critères d’éligibilité liés au trajet domicile-travail.

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