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Environnement et énergie

Zones d’activités économiques et mobilités : une pluralité de solutions à déployer

Le groupe de travail Territoires d’industrie et Transition écologique qui s’est réuni le 17 mai a mis en évidence le besoin de mobiliser une pluralité de solutions territorialisées pour permettre une meilleure desserte et une décarbonation de la mobilité des salariés. Retour sur les expériences présentées à cette occasion.

Nombre d’intercommunalités font face à un double enjeu de meilleure desserte et de décarbonation des mobilités vers les ZAE. Celles-ci, souvent éloignées des centres-villes, soumises à des déplacements aux horaires atypiques, souffrent régulièrement d’un manque de dessertes en transports collectifs. En conséquence, ces zones se caractérisent par un important recours à l’autosolisme et font obstacle à la transition écologique (PCAET, mise en place de zones à faible émission) mais aussi à l’attractivité de la zone et de ses emplois (la loi LOM a par exemple introduit la mobilité dans les négociations salariales dans les entreprises de plus de 50 salariés).

Les intercommunalités ont un rôle croissant à jouer dans la mise en place de solutions de mobilité décarbonées vers les ZAE, à la fois du fait de leur compétence d’aménagement et gestion de ces zones (NOTRe), mais aussi au travers de leurs compétences en matière de mobilités (LOM). De fait, si les intercommunalités peuvent elles-mêmes déployer un certain nombre de solutions (développement d’infrastructures cyclables, de solutions de covoiturage, de transport à la demande), elles peuvent également s’appuyer sur les entreprises et les salariés pour faire émerger des solutions nouvelles.

Le déploiement d’installations de recharges pour véhicules électriques (IRVE) a ainsi été abordé par la Direction Générale de l’Energie et du Climat comme un des leviers de massification des transports décarbonés, en particulier du fait de l’obligation pour les entreprises disposant d’une flotte de véhicules d’électrifier une partie de celle-ci, et d’équiper 5 % de leurs places de stationnement de bornes de recharge pour véhicules électriques. Cette obligation constitue deux occasions d’ouvrir au public des lieux de recharge. Pour ce faire, le dispositif Advenir réserve 200 millions d’euros jusqu’en 2025 pour faciliter l’installation de ces IRVE.

 

Co-construire des solutions avec les entreprises

En parallèle des questions d’infrastructures, le désenclavement des ZAE repose sur le déploiement d’un bouquet de solutions de mobilités à construire avec les employeurs. La CCI de Seine-et-Marne a ainsi pris pour exemple les Plans de mobilité employeurs communs (PDMEC) : à la croisée entre demande des entreprises, des collectivités et des salariés, ces plans permettent de dépasser le cadre de l’entreprise individuelle au profit d’une approche collective des moyens de transport. Le rapprochement avec la CCI facilite la mobilisation des co-financements et des autres partenaires publics.

Autorité organisatrice des mobilités du bassin toulousain, Tisséo Collectivités a également souligné l’importance d’une gouvernance élargie autour de ces questions, avec en l’occurrence une série de quatre collèges permettant de représenter les intérêts économiques, professionnels, financiers et techniques. La liaison avec les grands employeurs est tout particulièrement importante, à la fois pour des enjeux financiers (versement mobilité, tarification, commande publique, évolutions juridiques) que pour des enjeux techniques (desserte des ZAE, offre de services à destination des salariés…).

 

Adapter les solutions à la typologie du territoire

La Communauté d’agglomération de Vesoul a mis en place depuis 2021 « Flexo », un service de transport à la demande (TAD) pour les salariés des sites de PSA Vesoul et Stellantis. Ce service de bus roulant à l’huile végétale et financé par l’intercommunalité dessert quatre arrêts à proximité des portes du site, et peut réaliser un arrêt dans toutes les communes de l'agglomération. Accessible du lundi au samedi pour un euro, le service doit être réservé la veille pour le lendemain.

Située à équidistance de Nantes, Cholet et la Roche-sur-Yon, la Communauté d’agglomération Terres de Montaigu compte près d’un tiers de ses emplois dans les ZAE du territoire. Dotée de trois gares, d’un pôle d’échanges multimodal ainsi que d’un réseau cyclable, l’intercommunalité fait pourtant le constat que plus de 60 % des déplacements sur le territoire sont réalisés en voiture, dont un tiers est imputable à l’activité professionnelle. Dans le cadre de Territoires d’industrie, l’intercommunalité a identifié des freins au recrutement liés aux problèmes de mobilité entre les gares et les ZAE, illustrés par la saturation récurrente des parkings. En réponse, des politiques de mobilité structurantes ont été mises en œuvre au travers du PCAET et du schéma Vélo.

L’intercommunalité développe fortement le covoiturage, avec l’appui de la région Pays de la Loire et à la demande des entreprises du territoire. L’intercommunalité a ainsi travaillé avec les industriels afin de dimensionner la solution à déployer (fonctionnalité, ergonomie, communication, représentativité du territoire, modalités financières, note globale, références). Ces critères permettront de sélectionner un prestataire pour une durée d’engagement d’un an. La pertinence de l’outil repose d’une part sur son incitation financière (le conducteur perçoit 2,50 € par passager et par trajet effectué quotidiennement) et d’autre part, le soutien de la région ainsi que la mobilisation des industriels qui participent à la définition du besoin mais aussi à l’animation du dispositif. L’enjeu reste de faire connaitre et faire adhérer durablement les utilisateurs de telles solutions.

 

Documents à télécharger :

 

Contacts : Anaëlle Contrepois, a.contrepois@adcf.asso.fr ; Lucas Chevrier, l.chevrier@adcf.asso.fr ; Carole Ropars, c.ropars@adcf.asso.fr.

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