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Transports et mobilité

La planification climat, une occasion de réfléchir à l’écomobilité en milieu rural

Dans la communauté de communes de l’Ernée, qui franchit juste le seuil de 20 000 habitants rendant le Plan climat obligatoire, l’élaboration de ce document, mutualisée avec deux autres communautés de communes, a été un accélérateur de l’engagement dans des actions de mobilités.

Sur le territoire de la communauté de l’Ernée où se croisent la route nationale de Paris à Brest et la route reliant Laval à la Bretagne et la Normandie, il était difficile de promouvoir le recours aux mobilités douces, alors que les poids-lourds constituent 15 % du trafic. Les trois années d’élaboration du PCAET, et l’engagement de travaux de déviations routières, ont permis de développer des actions en faveur de l’écomobilité.

Au cours des diverses réunions de concertation lors de l’élaboration du PCAET, les freins au développement de l’écomobilité ont été identifiés à travers les contributions du public et d’associations, principalement pour des raisons de sécurité routière. Également consultés, les chefs d’entreprises ont mis en garde contre l’accroissement du coût des transports pour leurs salariés et son impact sur l’attractivité de l’emploi dans le territoire. 

Adapter la mobilité pour qu’elle soit en adéquation avec le territoire rural constitue ainsi l’un des cinq axes du plan d’actions 2021-2026. Première action, la communauté de communes a fait le choix par anticipation, dès début 2020, de se doter de la compétence d’autorité organisatrice de la mobilité. Et première traduction très concrète : elle a mis en place une prime à l’achat d’un vélo électrique qui a connu un grand succès, mobilisée par près de 140 habitants, au-delà de l’enveloppe prédéfinie. 

 

Mener un raisonnement global

Il est surtout apparu que réfléchir aux mobilités à l’occasion de la planification climat était l’opportunité de mener un raisonnement global, qui ne se limite pas au « dur » de la compétence : le développement d’espaces de coworking et le soutien aux circuits courts – via une autre planification, encore, le PAT (plan alimentaire territorial) – figurent en bonne place dans les fiches actions Mobilités.

« Dans notre territoire rural, la relative dispersion de la propriété des terres conduit les exploitants agricoles à des déplacements qui pourraient être réduits, ne serait-ce que par une meilleure connaissance du qui exploite où », souligne le président de la communauté de communes, Gilles Ligot, qui pointe également un autre enjeu : « Pour réduire les déplacements et notamment la part de la voiture, on peut aussi chercher à rapprocher logements et emplois ; c’est un axe de travail pour notre territoire qui prévoit de requalifier des logements existants situés à proximité des pôles d’activités. »

Enfin, la taille modeste de l’intercommunalité ne l’a pas empêché d’agir pour la décarbonation de ses propres mobilités. En commençant à se doter de véhicules électriques pour ses services, en poursuivant la pratique du télétravail généralisée à l’occasion de la crise sanitaire et en s’équipant d’un outil de visioconférence.

Une planification succède désormais à une autre : alors que le PCAET a été approuvé le 12 avril dernier, la communauté de communes de l’Ernée s’est lancée depuis quelques mois dans la conception de son plan de mobilité simplifié (PDMS). Il prend appui sur une enquête qui a recueilli 600 réponses, ce qui confirme l’importance de ces enjeux parmi les préoccupations des habitants.

 

Contact : Bertrand Macé, b.mace@adcf.asso.fr

 

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